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Nous étions deux – José Frèches

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Ils étaient deux. Ne faisaient qu’un. Et José Frèches croyait qu’ils avaient l’éternité devant eux. Mais le 29 novembre 2011, à l’âge de 61 ans, il disait adieu à son jumeau. Ce jour-là, il crut mourir aussi…

Comment rester debout sans son « pareil », son frère miroir, son premier rival ? Longtemps l’écrivain s’est enfermé dans le silence.  Jusqu’à ce livre… et ce miracle : en racontant Jean-Benoît, l’auteur s’est révélé à lui-même. Il a renoué avec la vie.

Nous étions deux est une confession bouleversante. Sur le bonheur et la malédiction des jumeaux, et, au-delà, sur tous ces orphelins qui, un jour, ont perdu leur âme sœur.

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C’est toujours un peu compliqué de faire une critique sur un témoignage. Comment juger de la vie de quelqu’un d’autre, de l’authenticité de ses sentiments, de la pureté de ses intentions? C’est un exercice assez difficile. Se pose aussi la question de savoir pourquoi l’auteur a écrit ce livre (pourquoi il l’a publié je veux dire). Pour rendre hommage à son frère? Pour parler de la gémméléité?

J’ai essayé de me plonger dans ce livre avec la plus grande neutralité. Sans préconçus. Avec tout de même l’idée d’en apprendre plus sur la relation intime qui peut se nouer entre des jumeaux, la fusion, la fission, le deuil d’un autre soi-même. Ces questions me semblaient fascinantes et je m’attendais à trouver beaucoup de réponses à travers un récit de vie.

J’ai finalement été plutôt déçue, agacée par moments, par la lecture de ce livre. Il revêt un côté très scolaire, loin du témoignage qui prends aux tripes que je m’attendais à lire. Je rejoins d’autres critiques sur le fameux chapitre sur « les médailles »… Pages interminables (quelle utilité) dans laquelle l’auteur explique comment, grâce à ces relations avec tel et tel homme politique, il a réussi à obtenir les plus belles médailles pour son frère et lui. Ce qui, finalement, me fait réaliser une fois de plus, le côté superficiel de ces récompenses. Bref.

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Le livre est bien écrit, certes, mais on est loin d’un témoignage sur les jumeaux. Le thème peut apparaître ici et là dans le récit comme fil conducteur mais sans jamais être tellement approfondi. Une déception pour ma part.

Nota Bene : A lire avec sa soeur jumelle, née sous le signe des gémeaux. Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do.

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Editeur : XO EDITIONS
Date parution : 09/05/19
ISBN : 9782374480442
Nb de pages : 216 pages

Nous traverserons ensemble – Denis Lemasson

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En plein Paris, Zaher, un jeune réfugié afghan, meurt poignardé sous les yeux de Luc, qui échoue à le réanimer. Pourquoi a t’il été assassiné ? Qui était-il ? Luc reconstitue le parcours de la victime et découvre, au fil de ses rencontres dans les rues de la capitale, le monde invisible des exilés.

A son enquête se mêlent les voix d’un gamin de Kaboul et d’un mystérieux traducteur afghan qui relatent leur stupéfiante odyssée pour rejoindre Paris. Luc en est convaincu : ce n’est qu’en comprenant l’histoire de ces destins brisés par la guerre qu’il approchera la vérité du meurtre.

Par ce roman choral tendu et poignant, Denis Lemasson, médecin et écrivain, qui a travaillé en Afghanistan pour Médecins sans Frontières, donne vie, voix et corps à un des enjeux majeurs de notre époque.

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Ce qui suit n’est pas une invention. L’histoire est vraie. Vraie, si la vérité se raconte avec ce condensé qui subsiste quand on presse le réel comme une éponge : ce qui nous anime et, au bout du compte, nous tue.

L’auteur nous averti dès le préambule. Ce qui suit n’est pas une invention.

J’ai été bouleversée par ce livre. Que dire sinon que c’est un témoignage juste, authentique, rempli de vérité. Le personnage principal, qui ressemble étrangement à l’auteur, nous entraine presque malgré nous dans ce Paris que l’on ne connait pas ou très peu. Ou plutôt dans ce Paris que l’on ne veut pas connaître. Qui aurait envie de savoir que ce sont des centaines de personnes qui vivent dans cette société parallèle ? On passe devant eux sans les voir. Eux, les invisibles, les oubliés, les réfugiés qui fuient une réalité souillée par la guerre et des luttes intestines.

Luc, médecin humanitaire revenu exercer à Paris, se rend un dimanche matin de 2009 avec sa fille de quatre ans, Manon, dans un square à côté de la Gare de l’Est. C’est alors qu’il aperçoit, gisant sur la pelouse, un corps immobile poignardé de quelques coups de couteau. Ce corps c’est celui de Zaher, jeune réfugié afghan. Luc n’arrivera pas à le sauver malgré ses réflexes de médecin. Il veut comprendre. Qui était Zaher ? Pourquoi a-t-il été assassiné ? Quelle est son histoire ?

Déterminé, Luc mènera l’enquête jusque dans le Paris des réfugiés envers et contre tout. Nous traverserons ensemble, une Odyssée particulièrement marquante par bien des aspects.

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On parle toujours DES migrants, DES réfugiés. Au pluriel. Ils sont si nombreux à affluer constamment en Europe dans l’espoir d’une vie meilleure. Ce récit replace l’humain, l’individu, au centre de l’Histoire. Ce ne sont pas DES migrants, c’est UN gosse qui veut échapper à la guerre, c’est UN homme qui crève de peur de se faire tuer en bas de chez lui et qui abandonne sa maison, son métier, son pays pour survivre. Parce que ça ne pourra pas être pire ailleurs. C’est aussi UN homme qui veut comprendre. Une grande claque qui m’a donné des insomnies. Un livre que tout le monde devrait lire.

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A lire pour tordre le coup à certains préjugés et ne pas tomber dans des amalgames trop faciles. A lire en écoutant Manhattan-Kaboul de Renaud et Axelle Red.

Ma note :quatresurcinq


Editeur : PLON
Date parution : 14/01/16
ISBN : 9782259230377
Nb de pages : 395 pages

4 Décembre – Nathalie Rykiel

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Etre bien à soixante ans, ce n’est sûrement pas ressembler à une jeune fille. C’est plutôt qu’une jeune fille ait envie de vous ressembler, quand elle aura soixante ans.

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Antipathique – Pauvre petite fille riche. C’est vrai qu’elle a tout Nathalie. Tout sauf l’essentiel. Elle a le patronyme, les paillettes, les vacances. Elle a les podiums, le succès, l’élégance. Tout en ambivalence.

Elle rêve de liberté mais elle reste tiraillée entre un père aux abonnés absents qui la voit mais ne la regarde pas, trop occupé à admirer son frère, et une mère qui règne en égérie sur le trône de la maison Rykiel. Pas de place pour une autre, même pour sa fille. Pourtant elle est là Nathalie, elle crève d’envie qu’on la remarque, spectatrice désavouée de sa propre vie.

Authentique – Elle se cherche, se perd, se trouve, se cherche à nouveau. Elle est Rykiel, elle est Nathalie. Entre désinvolture et assurance, elle expérimente avec style. Ses amants, ses envies, ses désillusions. Nathalie se dévoile, veut prouver sa sincérité et sa légitimité. Trop peut-être.

Son histoire de femme reste finalement l’histoire d’une petite fille. L’histoire d’une tragédie œdipienne, d’un père parti trop tôt et d’une mère érigée en symbole. A 60 ans elle fait enfin la paix avec son passé. Elle s’empare de la couronne. C’est à son tour de briller, de ne plus être Rykiel mais d’être Nathalie, la « fille de » qui a prouvé qu’elle pouvait, elle aussi, imposer son style.

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Amoureux de la littérature et des phrases sujet-verbe-complément, passez votre chemin ce livre n’est pas fait pour vous. Du haut de sa tour d’ivoire Rykiel fille dévoile ses secrets, parfois à la première personne, souvent à la troisième. Mais elle (elle=moi) lui pardonne, parce que Nathalie est je cite « Pilates plutôt que yoga. Mer et soleil. Le chocolat ». Nathalie Rykiel aime le chocolat #rassurée. C’était la véritable info du livre.

NB3

A lire si et seulement si vous faites partie du Gotha ou, si vous faites partie de la plèbe, vous assumez de lire un livre rose bonbon dans le métro.

Ma note :

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Editeur : PLON
Date parution : 01/10/15
ISBN : 9782259241359
Nb de pages : 200 pages