DOSSIER : Le maître des illusions – Donna Tartt

** Attention cet article contient des spoilers pour ceux qui n’ont pas lu le livre**

Pour ceux qui ne lisent pas les articles dans le bon ordre (shaaaame) : la critique du maitre des illusions est ICI.

Pourquoi Le maitre des illusions est mon livre préféré ? Oui oui la question a le mérite d’être posée !

On peut réellement parler de chef d’œuvre, voire de classique, parce que l’histoire n’est pas clairement datée, elle pourrait se passer aujourd’hui comme dans 20 ans. Ces étudiants désabusés par la vanité de la vie et le manque de sens de leur existence  essaient d’y trouver une échappatoire. Et puis la situation leur échappe et devient hors de contrôle. Le narrateur nous plonge dès le début dans cette angoisse qui ne quitte pas Richard tout au long du livre. Il explique d’ailleurs que sa vie était « compromise de façon subtile et essentielle ». En effet, comment échapper à ce sentiment qui fait que l’on a l’impression que son avenir est tout tracé, que finalement la liberté n’est qu’illusoire et qu’au fond, on nait on meurt et ce qu’on fait entre les deux n’a pas tant d’importance ? Pour échapper à cette pensée et regagner le contrôle (parce que c’est aussi de cela qu’il s’agit : regagner le contrôle sur son existence) le groupe d’étudiants décide de se plonger régulièrement dans un état qui leur permet d’oublier leur état de mortel. Ils le font d’abord via le divertissement de manière assez transgressive (grâce à une consommation récréative de drogues/alcool) qui va petit à petit avoir des dérives mortifères. Ils flirtent symboliquement (via les drogues) puis effectivement (via le meurtre) avec la mort.

Ils poussent l’idée à son paroxysme en partant du principe que pour se sentir vraiment vivant il faut expérimenter le fameux rituel dionysiaque : la bacchanale qui consiste à se mettre dans un autre état de conscience pour jouir d’une liberté totale (tout en choisissant les modalités et le cadre de ce rituel cela dit!).

L’idée est que ce n’est que dans cet état altéré de conscience qu’ils peuvent vraiment se réaliser. Mais évidemment cette croyance est fausse parce que cet état de conscience altéré est par essence éphémère et qu’ensuite retourner à la vraie vie et assumer la conséquence de leurs actes sera nécessairement douloureux. Pourquoi ? Parce que le retour à la réalité est toujours extrêmement difficile quand on a connu cette liberté permise (et souvent promise) par l’usage des drogues. Et aussi parce que lors du retour à la réalité il faut assumer ce qu’il s’est passé pendant ce moment de « folie ». Comment les protagonistes gèrent ce retour à la réalité ? Chacun à sa manière. Pour certains c’est l’horreur, pour d’autres une révélation… Tout étant évidemment décrit de manière crédible et juste passionnante.

 Le premier meurtre

Les détails de ce qui s’est passé au fond cette nuit-là (à la Bacchanale) n’ont pas tant d’importance. D’ailleurs, l’auteur ne s’y attarde pas plus que ça finalement. C’est le moment de la fracture, du basculement qui importe. Ce moment où tout est possible et où l’on peut sortir du carcan des conventions sociales d’une vie fade et prédestinée, où on peut jouir d’une liberté totale.

Evidemment, le problème avec la bacchanale vient du fait que ce n’est qu’un moment passager. C’est aussi ce qui en fait son attractivité. On peut d’ailleurs y voir une analogie avec la vie et le problème intrinsèque que pose le concept de la vie éternelle auquel ils attachent tous tant d’importance. Puisque la vie n’est pas la vie sans la mort. La liberté totale dont ils croient jouir pendant la Bacchanale ne l’est pas tant que ça puisqu’elle est éphémère. Et puis est-ce vraiment de la liberté (de la perte totale de contrôle de soi) si on est voué à retourner à sa vie par la suite ? Est-ce seulement possible de revenir à sa vie d’avant ?

Parce qu’après il faut assumer. Assumer avoir perdu le contrôle, assumer cette excitation perverse et surtout assumer avoir aimé faire le mal. Et c’est justement ça qui est important au fond. Ce qu’ils font après ce premier meurtre, comment ils gèrent l’après. S’ils se perdent dans l’oubli et essaient de retourner à leur vie de débauche parce qu’ils savent que ce ne sont que des êtres humains et qu’il n’y a ni rédemption, ni vie éternelle, ni bonheur possible. Juste une pale imitation d’une vie désincarnée (avec drogues, alcools, etc). Soit (et c’est cette solution là qu’ils ont choisi d’après moi) ils épousent le mal parce que c’est leur seul moyen de se sentir vivants.

Ca recoupe un peu finalement ce que disait Nietzsche « Si tu plonges longuement ton regard dans l’abîme, l’abîme finit par ancrer son regard en toi ». En tuant, en s’autorisant à tuer, ils se sont laissé dévorer par l’abîme en quelque sorte. Il n’y a rien de plus significatif ‘dans une vie vide de sens dans laquelle ils sont confinés) que de tuer quelqu’un (réellement ou symboliquement) pour se sentir vivant je pense. Et c’est peut-être cela que recherchait inconsciemment Richard : se sentir vivant, appartenir à cette élite qu’il admirait et prendre la place de Bunny quand l’opportunité s’est présentée. C’est surement pour cette raison en partie qu’il a adhéré au plan d’Henri.

Les personnages

Le personnage de Richard est le plus intriguant selon moi. Finalement c’est plus un anti-héros qu’autre chose. Au début il inspire la sympathie. L’auteure fait tout pour : il est pauvre, brillant, paumé dans ses études. Il veut juste partir de chez lui et se sentir intégré, faire partie de quelque chose de grand, qui le dépasse. Tout le monde peut s’y retrouver et faire preuve d’un minimum d’empathie. Il y a donc RICHARD, l’anti-héros et les autres :

  • HENRI: L’intellectuel peu voire pas du tout sympathique. Profondément lassé et déconnecté de la réalité et qui utilise les drogues pour éviter d’y être confronté. C’est un peu ce qu’il fait (de manière plus saine je vous l’accorde) en passant sa vie dans les livres et l’étude des langues anciennes. Personnage intéressant qui semble à part au début mais qui se révèle fascinant. Il est le leader de la petite bande grâce à trois qualités fondamentales : sa froideur (presque analytique – celui qui résous les problèmes), son intelligence décalée (qui impressionne les autres) et sa richesse (qui lui permet d’avoir un certain poids dans les décisions et dans la dynamique du groupe)
  • LES JUMEAUX : Charles et Camilla, véritable binôme, entité presque allégorique, toujours vêtue de blanc, a priori sympathique mais qui n’existe pas trop en dehors d’une relation quasi-exclusive, incestueuse parfois. On les découvre à travers les yeux de Richard, fasciné par la beauté de Camilla

    Elle n’était plus son personnage habituel, inaccessible et lumineux, mais plutôt une apparition un peu brumeuse et d’une tendresse ineffable, toute en poignets fragiles, en creux ombrés et en cheveux ébouriffés, l’adorable et pâle Camilla qui se cachait dans le boudoir de mes rêves mélancoliques. 

  • FRANCIS : Le personnage qui m’a peut-être le moins séduite, le dandy perpétuellement angoissé.
  • BUNNY : Celui a l’apparence de la bonhomie. Celui qui nous apparaît comme le good guy et qui inclut d’emblée Richard dans la bande. Celui dont la gentillesse et la désinvolture n’est qu’une apparence. A l’origine la gentillesse est une vertu. Beaucoup l’oublient et la confondent avec de la niaiserie ou de la stupidité (« elle est gentille ») alors que la gentillesse, la vraie, la désintéressée est belle vertueuse et révélatrice d’une grandeur d’âme dont peu savent faire preuve. Mais souvent la gentillesse cache des dessins plus obscurs/pervers et c’est le cas chez Bunny qui utilise son sourire comme une arme. Une arme pour gagner la confiance de l’autre, trouver sa faille et la titiller jusqu’à le détruire. Tout en subtilité. En faisant mine de ne pas y toucher. Avec un sourire en prime ! Evidemment le portrait est noirci par Richard (le narrateur) qui inconsciemment cherche peut-être à justifier ses actes (même si on voit par la suite que ce n’est pas la culpabilité qui l’étouffe). Bunny reste cette personne que tout le monde aime parce que personne ne le connaît vraiment. C’est facile de faire illusion à distance mais ses « amis » ne sont pas dupes et comprennent avec effroi la menace qu’il représente.

C’est finalement aussi cela qui est terrible dans ce livre. Ce n’est pas tant le meurtre originel du paysan qui est la cause de tous leurs malheurs. Quand on y réfléchit ils n’ont jamais été soupçonnés ! C’est Bunny le problème, Bunny qui a été exclus de la Bacchanale et qui tient là sa vengeance malsaine tout en art et manière. En dissimulant des menaces à peine voilées derrière un sourire ou une plaisanterie. Est-ce que Bunny voulait juste les punir ou avait-il un cas de conscience (devenant de fait le seul à prendre la mesure de leurs actes) ? Autre question : Est-ce que la menace de Bunny était aussi réelle que ça ? Est-ce que Henri n’a pas exagéré cette menace pour avoir une raison de commettre un nouveau meurtre (et se débarrasser du problème Bunny de manière définitive ? Est-ce que les autres ont participé par peur de Bunny ou par fascination pour le projet morbide de Henri ?

On pourrait dire pour leur défense qu’ils avaient trop bu/consommé ou qu’ils n’avaient pas l’esprit clair à ce moment là mais non. M’est avis qu’ils savaient exactement ce qu’ils faisaient et les conséquences de leurs actes. Ils l’ont fait parce qu’ils le voulaient. Point. D’ailleurs, aucun d’entre eux n’a eu de sursaut de conscience. Ils ont tous approuvé le plan machiavélique d’Henri sans l’ombre d’une hésitation et avec une sérénité presque troublante.

Encore une fois, c’est la question de l’après qui a été importante. Nouveau bouleversement, nouvelle fêlure. Un meurtre encore, mais prémédité cette fois. L’incarnation de leurs pulsions destructrices et de leurs fantasmes dans la réalité. Se sentir exister plus que jamais. Et la réalité est tellement intense et belle (parce que terrifiante cf cours de Julian) qu’il leur faut à nouveau des drogues pour s’y confronter. Mais ce n’est plus le même genre de consommation qu’auparavant. On passe d’une consommation récréative qui sert à rompre l’ennui du quotidien à une consommation frénétique pour oublier, gérer la situation (pas tant la culpabilité que la peur d’être pris). Ce qui n’a en fait rien à voir. A la Bacchanale, ils étaient dans un rêve, un moment hors du temps, presque innocent et sans conséquences. Au second meurtre, ils étaient dans la vraie vie, avec un vrai mort, la police, le système fédéral et les parents qui cherchent des réponses etc.

Quid de Julian et de ses cours ? Les cours de grec sont un peu le fil rouge du roman ou Julian enseigne les vertus de la perte de soi, de l’amoralité (immoralité ??) qu’il pratique lui-même. Julian, tout comme Henri et Richard ont des tendances sociopathes (manipulateurs, calculateurs et profondément amoraux). C’est d’ailleurs assez amusant que Julian développe la philosophie de Platon ou l’idée du bonheur se rapproche de la sérénité et de la contemplation alors que ses étudiants pratiques une conception plus N du bonheur (oscillant entre joie intense, peine extrême et apathie par les drogues).

Bref, ils sont tous à courir derrière une chimère et je trouvais magnifique le fait que ce livre se termine sur un rêve, la silhouette d’Henri qui s’éloigne…

Ce livre est réellement le plus beau texte qu’il m’ait été donné de lire, je n’ai jamais autant exaltée après une lecture! Au point de ne point de ne pas pouvoir parler d’autre chose pendant des semaines!

 

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Le maître des illusions – Donna Tartt

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En décrochant une bourse à l’université de Hampden, dans le Vermont, Richard Papen ne laisse pas grand chose derrière lui : la Californie, qui lui déplaît ; son adolescence, faite de souvenirs incolores ; et ses parents, avec qui il ne s’entend pas. Hampden est une porte de sortie inespérée, l’opportunité de vivre une nouvelle vie. Passées quelques semaines, il est bientôt attiré par un professeur atypique, Julian Morrow, esthète capricieux qui enseigne les lettres classiques à cinq étudiants apparemment très liés. Contre l’avis de ses professeurs, il tente de s’introduire dans le groupe de ces jeunes gens marginaux sur qui courent les plus folles rumeurs. Et il est loin d’imaginer ce que lui coûtera sa curiosité.

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Les choses terribles et sanglantes sont parfois les plus belles. 

Je vous le conseille vraiment parce que c’est un texte merveilleux tant sur le fond que sur la forme. Donna Tartt écrit de manière fluide, simple et très juste. Elle a surtout le mérite de réussir à créer une atmosphère, une ambiance particulière qui est à la fois, lourde, malsaine mais qui a aussi par moments des accents de légèreté et de poésie. Il ne suffit que de quelques pages pour entrer dans cet univers qu’elle dépeint avec talent.

J’errais comme un somnambule, abasourdi et ivre de beauté. Un groupe de filles aux joues rouges qui jouaient au football, queues de cheval au vent, leurs cris et leurs rires atténués par la prairie veloutée au déclin du jour. Des pommiers craquants sous les pommes, avec en dessous des fruits rouges tombés sur l’herbe, l’odeur lourde et sucrée des pommes qui pourrissaient par terre, le bourdonnement régulier des guêpes (…) Le choc de voir pour la première fois un bouleau se dresser dans le noir, le soir, aussi mince et indifférent qu’un fantôme. Et les nuits d’une ampleur inimaginable : noires et venteuses, énormes et agitées, traversées d’étoiles. 

Sur le fond c’est un véritable chef-d’œuvre parce que Donna Tartt aborde les sujets les plus fondamentaux de la vie (la mort, la vanité, la beauté, la culpabilité, la morale…) avec plusieurs niveaux de lecture, tout en finesse et subtilité. Le thème est vu est revu : l’histoire d’une bande d’étudiants riches et débauchés qui en arrive à tuer l’un des leurs (ce n’est pas un spoiler on le sait dès la 2ème ligne du texte).

Si le thème de départ paraît simpliste, c’est surtout le développement, la psychologie des personnages, qui est au cœur du livre. Le thème principal n’est pas tant le côté enquête puisque l’on sait dès le prologue qui sont les coupables, mais le pourquoi du meurtre et la gestion de l’après (comment vivre avec et assumer). Plus généralement, ce livre parle du moment particulier que constitue la fracture dans une vie. On pourrait même presque parler de fracture identitaire, du moment où une décision, un événement, nous transforme profondément. C’est finalement cela que l’on vit par les yeux de Richard (le narrateur) quelques années après les faits : comment il a été amené à traverser, à (sur)vivre cette fracture.

Richard, jeune boursier, quitte sa Californie natale pour étudier à l’université de Hampden dans le Vermont où très vite il est intrigué par un petit groupe d’étudiants qui se détache de l’ensemble de sa promotion. Fascinés par la culture classique, les grands philosophes grecs et le magnétisme de leur charismatique maitre à penser, Julian, ils décident d’explorer les limites de leur conscience en se livrant à des rituels anciens. Un soir, l’expérience tourne au drame lorsque quatre d’entre eux, sous l’influence de puissants psychotropes tuent un homme. Richard, le narrateur, nous compte alors comment le cinquième membre du groupe, Bunny, qui n’avait pas été convié à la Bacchanale (le fameux rituel), comprend ce qui s’est passé et se met progressivement à faire planer de manière cruelle et insidieuse la menace sur les autres, qui, impuissants, en arriveront à envisager l’inenvisageable…

Sur fond de cours de grec, de week-ends dans l’ivresse à la campagne et de sophistication extrême, le masque de perfection glacée des personnages se fissure. Irrémédiablement. On reste spectateur, à travers les yeux de Richard, de cette lente descente aux enfers, mécanique, qui les mènera à un destin tragique…

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Je reprendrai la critique d’Olivia de Lamberterie qui résume finalement mon ressenti « Le maître des illusions : un coup de maître ». Alors, pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, êtes vous prêts à quitter le monde phénoménal et à entrer dans le sublime?

Nota Bene : A lire et à relire, partout, tout le temps. Je l’ai lu en écoutant en boucle Lorde (Team, A world Alone) et Feder ft Lyse (Goodbye), musiques qui correspondent bien à l’ambiance du livre. Pour les passionnés ou les curieux vous pouvez vous rendre ici pour avoir un avis plus détaillé !

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Editeur : PLON
Date parution : 1993 (NED 2014)
ISBN : 9782259221917
Nb de pages : 600 pages

La porte – Magda Szabo

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« C’est moi qui ai tué Emerence. Je voulais la sauver, non la détruire, mais cela n’y change rien. » La Porte est une confession. La narratrice y retrace sa relation avec Emerence Szeredás, qui fut sa domestique pendant vingt ans. Tous les oppose : l’une est jeune, l’autre âgée ; l’une sait à peine lire, l’autre ne vit que par les mots ; l’une est forte tête mais d’une humilité rare, l’autre a l’orgueil de l’intellectuelle. Emerence revendique farouchement sa liberté, ses silences, sa solitude, et refuse à quiconque l’accès à son domicile. Quels secrets se cachent derrière la porte ?

Chef-d’oeuvre de la littérature hongroise dont le succès fut mondial, prix Femina étranger en 2003, La Porte a été élu meilleur livre de l’année 2015 par le New York Times.

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Quand j’étais étudiante je détestais Schopenhauer, plus tard j’ai compris que je devais retenir de sa théorie, que toute relation sentimentale est une possibilité d’agression, plus je laisse de gens m’approcher, plus il y a de voies par lesquelles le danger peut m’atteindre. Il ne me fut pas facile d’admettre que je devais en plus compter avec Emerence, son existence était devenue une des composantes de ma vie, et au début, je fus épouvantée à l’idée de la perdre si je lui survivais…

D’habitude on adore détester les romans qui reçoivent des prix parce qu’à chaque fois je me pose la même question : Est-ce qu’il y a eu connivence, est-ce vraiment mérité? Est-ce que je ne vais pas être un mouton si je trouve moi aussi que le dernier lauréat du Fémina est merveilleux?

Parfois il faut passer outre ses préjugés et reconnaître le talent lorsqu’il se présente à sa porte. La porte de Magda Szabo c’est un grand OUI ! C’est l’histoire racontée par l’écrivaine de son étrange relation entre elle et sa femme de ménage, la mystérieuse Emerence.

Tout de suite, on est intrigué par la personnalité de cette femme dont les codes nous échappent. On s’attache, on s’interroge, on comprends à demi-mots le pourquoi du comment mais surtout, on voit se dessiner sous nos yeux la relation complexe entre les deux femmes, faite de respect, de mépris, d’incompréhension mais aussi d’amitié. Un bras de fer qui parfois se transforme en main tendue. Un roman subtil et intelligent qui donne matière à réfléchir sur les mécanismes de l’emprise, la manipulation et l’amitié.

Ce livre est une perle brute et authentique où les sentiments ne sont pas épargnés (et c’est ça qui est extrêmement bien réussi au-delà du style précis de l’auteur). Emerence nous séduit, à sa manière, dans son orgueil, dans ses valeurs dont elle est si fière. Elle nous apprend beaucoup aussi, sur sa vision de la vie, sur ce qui compte vraiment.

Apprenez qu’on ne retient pas celui dont l’heure a sonné; parce que vous ne pouvez rien lui donner qui remplace la vie.

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En définitive, un très beau roman porté par le personnage mystérieux d’Emerence. Merci Elodie de m’avoir fait découvrir ce titre. Il y a relativement peu de romans qui me marqueront durablement mais celui-ci en fera définitivement partie. 🙂 Très bel achat pour ceux qui manquent d’inspiration pour les cadeaux de Noël!

Nota Bene : A lire, derrière la porte, à l’ombre des secrets.

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : LE LIVRE DE POCHE
Date parution : 2017
ISBN : 978-2253070221
Nb de pages : 352 pages

Un employé modèle – Paul Cleave

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Christchurch, Nouvelle-Zélande. Joe Middleton contrôle les moindres aspects de son existence. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, il travaille comme homme de ménage au commissariat central de la ville. Ce qui lui permet d’être au fait des enquêtes criminelles en cours. En particulier celle relative au Boucher de Christchurch, un serial killer sanguinaire accusé d’avoir tué sept femmes dans des conditions atroces. Même si les modes opératoires sont semblables, Joe sait qu’une de ces femmes n’a pas été tuée par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu’il est le Boucher de Christchurch. Contrarié par ce coup du sort, Joe décide de mener sa propre enquête afin de démasquer lui-même le plagiaire. Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la responsabilité des autres meurtres. Variation sublime sur le thème du tueur en série, ce roman d’une originalité confondante transfigure tous les clichés du genre et révèle un nouvel auteur, dont on n’a pas fini d’entendre parler.

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J’ai apporté le magazine de mots croisés de Daniela pour tuer le temps et garder mon cerveau en alerte. Déjà quatre de finis. Un être omniscient en anglais. Trois lettres. Lettre du milieu, un O. Joe.

Paul Cleave ne nous présente pas Dieu mais Joe dans ce thriller délicieux qui renouvelle le genre.

Joe est homme de ménage au commissariat d’une petite ville néo zélandaise. Il observe avec ses grands yeux écarquillés et son air benêt l’avancée de l’enquête sur le boucher de Christchurch qui semble prendre un malin plaisir à échapper à la police et à terroriser la population. Son personnage de Joe-le-lent est tellement crédible que personne n’oserait suspecter qu’il joue la comédie. Personne et surtout pas Sally qui par bonté chrétienne s’évertue à lui apporter régulièrement son déjeuner le midi.

C’est assez jouissif de voir comment Joe, par petites touches de cynisme et d’humour noir, tourne en ridicule le travail de la police en opérant sous leur nez. Parce que c’est lui le boucher de Christchurch qui passe de Joe-le-lent à Hannibal Lecter en l’espace de quelques secondes. Il tue parce que ça l’amuse. Pourquoi se priver après tout, c’est un hobby comme un autre.

J’aime les femmes et j’aime leur faire des choses qu’elles ne veulent pas me laisser faire. Il doit y avoir 2 ou 3 milliards de femmes sur cette terre. En tuer une par mois, c’est pas grand-chose. C’est juste une question de perspective.

Lorsqu’on l’accuse à tort du meurtre d’une victime qui semble s’y méprendre à l’une des siennes, Joe est furieux. Il décide alors de mener l’enquête et d’éliminer (pas littéralement! ) les suspects de sa liste. Au-delà de l’enquête et des péripéties de son quotidien de sérial killer, ce sont peut-être les repas hebdomadaires qu’il passe chez sa mère que j’ai préféré. Ces repas ou cette femme affreuse lui cuisine avec une constance insupportable du pain de viande en ne manquant pas de lui faire remarquer à chaque fois que c’est son plat préféré. Les personnages secondaires dans ce thriller sont extrêmement intéressants, de la mère de Joe à la bienheureuse Sally ou la mystérieuse Mélissa. Joe est finalement peut-être un homme comme un autre, c’est ça le pire.

Je ne suis pas un animal. Je ne tuerais pas quelqu’un juste parce qu’il passe par là. Je hais les types comme ça. C’est ce qui me distingue des autres. C’est mon humanité.

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Un thriller rafraîchissant. J’ai beaucoup aimé lire cette histoire du point de vue du serial killer, c’est un éclairage original qui est à la fois terrifiant et extrêmement drôle. A ma grande surprise je me suis finalement attachée à Joe (et ce n’était pas gagné d’avance!). On en arrive presque à espérer qu’il ne se fasse pas prendre.

Nota Bene A lire dans la salle d’attente d’un entretien d’embauche avec un air benêt accroché sur le visage.

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : SONATINE
Date parution : 20/05/10
ISBN : 9782355840333
Nb de pages : 423 pages

Jeux de miroirs – E.O Chirovici

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Un agent littéraire, Peter Katz, reçoit un manuscrit intitulé Jeux de miroirs qui l’intrigue immédiatement. En effet, l’un des personnages n’est autre que le professeur Wieder, ponte de la psychologie cognitive, brutalement assassiné à la fin des années quatre-vingt et dont le meurtre ne fut jamais élucidé. Se pourrait-il que ce roman contienne des révélations sur cette affaire qui avait tenu en haleine les États-Unis ?

Persuadé d’avoir entre les mains un futur best-seller qui dévoilera enfin la clef de l’intrigue, l’agent tente d’en savoir plus. Mais l’auteur du manuscrit est décédé et le texte inachevé. Qu’à cela ne tienne, Katz embauche un journaliste d’investigation pour écrire la suite du livre. Mais, de souvenirs en faux-semblants, celui-ci va se retrouver pris au piège d’un maelström de fausses pistes.

Et si la vérité n’était qu’une histoire parmi d’autres ?

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Je suis faible. Je suis faible car j’ai succombé malgré moi à la communication bien menée des Escales qui m’a fait comprendre sans subtilité qu’il fallait A-BSO-LU-MENT que je lise ce « roman évènement » de E.O Chirovoci (dont on rappelle ici que c’est le premier livre).

Un agent littéraire reçoit l’extrait d’un manuscrit dont le sujet est l’histoire d’un crime qui s’est déroulé il y a plus de 20 ans. Son auteur, Richard, a fait partie des principaux suspects pendant le déroulé de l’enquête. Le crime? C’est le meurtre d’un célèbre professeur de psychologie cognitive et  il semblerait que le manuscrit raconte ce qu’il s’est vraiment passé ce soir-là et révèle les clés pour trouver qui est le coupable. Malheureusement l’auteur du manuscrit décède avant d’avoir pu transmettre la fin du roman à son agent…

Le livre est découpé en trois parties, trois points de vues qui s’entrechoquent comme les parties d’un puzzle qui pourraient constituer le miroir de vérité. La première partie est l’extrait du manuscrit envoyé par Richard qui raconte les mois ayant précédé le drame. Les seconde et troisième parties sont celle d’un journaliste qui enquête sur la crédibilité à accorder au manuscrit et celle d’un policier à la retraite qui avait mené l’enquête à l’époque et qui cherche à résoudre définitivement l’affaire.

*

Ce livre m’a fait pensé à la série The Affair qui raconte une même histoire selon plusieurs points de vue. La vérité n’est pas une, elle est un ensemble de faits colorés, teintés de manière plus où moins prononcée par nos perceptions, nos a priori, nos valeurs. Cette histoire m’a particulièrement intéressée parce que je suis dingue de tout ce qui touche au fonctionnement de la mémoire. Le sujet est effleuré, on en parle sans en parler, par quelques touches. C’est peut-être mon seul regret, que l’intrigue n’aille pas plus loin dans l’exploration de ce sujet, de la manipulation de la mémoire. Somme toute ce n’était pas assez sordide et glauque à mon goût pourtant il y avait matière vu le sujet!

Finalement quelle est la vérité? La fin est sibylline. On sait mais on ne sait pas. La réalité des faits n’est qu’une version parmi tant d’autres. Il reste un doute légitime: et si la solution n’était qu’une nouvelle version de l’histoire.  Et si tout cela n’était qu’un autre jeu de miroirs?

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Au delà du thriller j’ai beaucoup aimé les questionnements suggérés par le livre. Si c’était possible, est-ce que l’on voudrait effacer les pires moments de sa vie de sa mémoire (dans la mesure où l’on peut injecter de faux souvenirs quid de l’opération inverse)? Est-ce que l’on serait encore nous-mêmes sans nos failles qui nous ont certainement autant voire plus construits que les évènements heureux? Tous ces sujets sont passionnants, je pourrais en parler pendant des heures et des heures. En attendant je vous conseille VIVEMENT de lire Jeux de Miroirs. Parole de poisson rouge vous vous en souviendrez encore longtemps!

*Mention spéciale à la couv ultra chatoyante!

Nota Bene A lire comme un funambule qui danse sur le fil entre réalité et imagination, en écoutant Business Transaction-Home Video

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : LES ESCALES
Date parution : 26/01/17
ISBN : 9782365693103
Nb de pages : 304 pages

 

Chanson douce – Leïla Slimani

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Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame. A travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

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Le bébé est mort. Il a suffi de quelques secondes. Le médecin a assuré qu’il n’avait pas souffert.

C’est la toute première phrase. Le livre s’ouvre sur un drame et le cri déchirant et presque animal d’une mère fait cette découverte macabre. Adam est mort et Mila est retrouvé dans un état critique. Quand à Louise, la nounou qui a tenté se poignarder après avoir commis ce double-meurtre, elle est encore vivante. « La mort, elle n’a su que la donner« .

Leïla Slimani nous plonge dans ce quotidien presque banal d’un couple bobo parisien et de leurs deux enfants. La mère Myriam décide après avoir eu Adam, son deuxième enfant de retourner travailler dans un cabinet d’avocat et ensemble ils décident d’engager une nounou. Louise semble être le choix idéal. Elle est douce, calme, adorable avec les enfants. Elle range la maison, prépare de bons petits plats lorsque le couple reçoit des invités. Petit à petit elle se rend indispensable jusqu’au point ou le couple l’emmènera en vacances avec eux tant elle semble faire partie de la famille. Mais c’est là que le bât blesse. Elle ne fait que « sembler » faire partie de la famille.

Petit à petit, par petites couches subtiles et tranchantes on voit se profiler le drame qui aura lieu, inéluctablement. Un livre qui m’a donné des frissons et qui mérite amplement sa réputation.

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J’avais beaucoup entendu parler de ce titre de la rentrée littéraire sur les blogs, la twittosphère et je n’ai absolument pas été déçue! Une fine analyse de la psychologie des personnages. Un livre où la question du pourquoi prime sur la question du qui. Je le recommande chaudement!

Nota Bene A lire en suçant son pouce, à écouter en s’endormant…

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : GALLIMARD
Date parution : 18/08/16
ISBN : 9782070196678
Nb de pages : 240 pages

Donato Carrisi, le maître du suspense

Il ne vous aura pas échappé que nous sommes en Octobre et qu’Octobre c’est le mois… roulement de tambour… d’Halloween! Halloween étant selon Le Petit Crayon (selon moi donc) considéré comme le meilleur jour de l’année, il fallait marquer l’évènement (rassurez-vous on fera aussi un petit article spécial Noël… cadeaux sapin Jésus guirlandes et compagnie). Comme vous pourrez le remarquer je fais généralement preuve d’un optimisme modéré à l’approche de cette “fête” de fin d’année mais, comme cette échéance n’est pas prête d’arriver, concentrons nous plutôt sur quelque chose de positif: l’Halloween cher à mon coeur (avec le super visuel de Cyntia!)

halloween

Pour mon deuxième focus auteur, après la dame au chapeau, j’ai choisi de vous parler de Donato Carrisi, LE maître du suspense et du thriller. Ayant été biberonnée aux Agatha Christie, Maxime Chattam etc dès le plus jeune âge je suis une fine connaisseuse du genre mais il faut reconnaître que je n’ai jamais été autant saisie par un thriller qu’à la lecture du dyptique de Donato Carrisi (à quand le tome 3 d’ailleurs??? Par pitié faites qu’il y ait un tome 3). Même si vous ne l’avez jamais lu vous n’êtes surement pas passé à côté de ses couvertures représentant des visages de poupées en porcelaine creepy à souhait (ou sinon vous vivez sur une autre planète)! Avant de vous faire le petit débrief de quelques bijoux de l’amico Donato (appelons le par son petit prénom #familiarité) faisons un récap de sa bio qui est elle aussi fort intéressante et apporte un éclairage lumineux sur son oeuvre.


Tout d’abord un petit mot sur l’auteur

donatocarrisi

J’adore ce portrait avec son petit sourire au coin du style “je ne fais pas qu’écrire des livres sur des sérial killer si vous saviez hahaha” *rire diabolique* La photo est donc réussie car il cultive son aura mystérieuse (espérons que ça ne soit qu’une aura cela dit en passant).

Donato Carrisi. Italien, né en 1973 (je vous laisse faire le calcul), je n’ai pas été faire la fouine sur tous les sites qui parlent de lui pour connaître sa bio en détail MAIS le point à retenir c’est qu’il a fait des études en criminologie et sciences du comportement. Et ça se ressent parfaitement dans son écriture. Donato sait de quoi il parle. Il est très pédagogue sans avoir ce côté prof qui explique tout ou ce côté technicien qui utilise des termes incompréhensibles pour mettre de la poudre aux yeux.

Carrisi est un prestidigitateur de génie mais c’est dans la construction de ses intrigues qu’il opère son tour de magie.

Il est à noter qu’il a reçu pour “Le Chuchoteur” (j’adore le titre italien “il suggeritore”) le prix polar SNCF et si j’en crois mon expérience c’est généralement un bon indicateur de la qualité d’un roman. (cf. l’excellentissime « Avant d’aller dormir »de SJ Watson).

Le but n’étant pas d’être exhaustive vous pourrez trouver plus d’infos sur Wikipédia ou sur son site (je suis gentille je vous ai mis les liens bande de feignasses).


La série du Chuchoteur

chuchoteur

Il y a certains thrillers qui nous emportent dès la première ligne. Cela  a été le cas  pour moi avec cette série magistrale.

L’intrigue du chuchoteur est glauque à souhait, 5 petites filles ont disparu, 5 petites fosses ont été creusées dans la clairière, au fond de chacune d’elles un petit bras a été trouvé, le gauche. Un sixième appartenant à une victime inconnue est retrouvé dans une sixième fosse. L’équipe en charge de l’enquête appelle Mila Vasquez, spécialiste des affaires d’enlèvement pour retrouver à temps la dernière victime. Je crois que j’ai retenu mon souffle pendant toute la lecture de ce roman. Carrisi tourne et retourne la situation dans tous les sens dans des intrigues à tiroirs qui s’encastrent parfaitement dans une intrigue plus générale. Le style est cash, documenté, précis. On ressort de cette lecture en réalisant que l’on vient de lire un chef d’oeuvre magistral. “Dieu se tait, le diable murmure”.

Le second tome remet en scène Mila, cette héroïne dépourvue d’empathie. Sept ans plus tard, elle porte encore sur elle les stigmates de l’affaire du Chuchoteur. L’intrigue, là-encore est saisissante et dès les premières pages on frissonne d’horreur et de plaisir. Le second tome traite du thème des disparitions. Lorsqu’il s’agit d’enfants on pense à une fugue où à un enlèvement mais il existe une autre catégorie de personnes qui disparaissent, des personnes qui partent comme ça du jour au lendemain et changent de vie sans laisser de traces. Ici, dans “Les limbes”, Mila cherche dans les visages, partout, la trace de ces personnes disparues. Mais un jour, ils se mettent à réapparaître et à commettre des meurtres. Encore une intrigue magistrale où l’auteur nous balade comme des marionnettes jusqu’à la fin. Oh mon dieu la fin. Que dire sinon que cette série est un incontournable.

Le simple fait de rédiger cet article me donne une terrible envie de connaitre la suite! C’est affreux de ne pas avoir de date de sortie (si vous voulez en terme de frustration c’est équivalent à l’attente d’une nouvelle saison de GOT multipliée par 6,66). Je vous conseille donc, si vous voulez vous mettre au Carrisi d’acheter/d’emprunter/de lire Le chuchoteur et L’écorchée en même temps parce que inévitablement vous aurez besoin de lire la suite MAIS il y a un pendant négatif…. l’intrigue finale reste en suspens…

A quand un troisième tome? (ceci est clairement un appel désespéré à l’auteur – Donato si tu me lis…)


Il serait malhonnête de réduire cet incroyable auteur uniquement à cette série mais je trouve que c’est la plus réussie. Vous pouvez également découvrir Malefico et le Tribunal des âmes que j’ai personnellement moins aimé. Pour avoir regardé le teaser de La fille dans le brouillard, ce nouvel opus me paraît prometteur mais sera-t-il à la hauteur du chuchoteur? Suspense!!

Suspense relatif car je publierai sa chronique dans quelques jours !