Un employé modèle – Paul Cleave

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Christchurch, Nouvelle-Zélande. Joe Middleton contrôle les moindres aspects de son existence. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, il travaille comme homme de ménage au commissariat central de la ville. Ce qui lui permet d’être au fait des enquêtes criminelles en cours. En particulier celle relative au Boucher de Christchurch, un serial killer sanguinaire accusé d’avoir tué sept femmes dans des conditions atroces. Même si les modes opératoires sont semblables, Joe sait qu’une de ces femmes n’a pas été tuée par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu’il est le Boucher de Christchurch. Contrarié par ce coup du sort, Joe décide de mener sa propre enquête afin de démasquer lui-même le plagiaire. Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la responsabilité des autres meurtres. Variation sublime sur le thème du tueur en série, ce roman d’une originalité confondante transfigure tous les clichés du genre et révèle un nouvel auteur, dont on n’a pas fini d’entendre parler.

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J’ai apporté le magazine de mots croisés de Daniela pour tuer le temps et garder mon cerveau en alerte. Déjà quatre de finis. Un être omniscient en anglais. Trois lettres. Lettre du milieu, un O. Joe.

Paul Cleave ne nous présente pas Dieu mais Joe dans ce thriller délicieux qui renouvelle le genre.

Joe est homme de ménage au commissariat d’une petite ville néo zélandaise. Il observe avec ses grands yeux écarquillés et son air benêt l’avancée de l’enquête sur le boucher de Christchurch qui semble prendre un malin plaisir à échapper à la police et à terroriser la population. Son personnage de Joe-le-lent est tellement crédible que personne n’oserait suspecter qu’il joue la comédie. Personne et surtout pas Sally qui par bonté chrétienne s’évertue à lui apporter régulièrement son déjeuner le midi.

C’est assez jouissif de voir comment Joe, par petites touches de cynisme et d’humour noir, tourne en ridicule le travail de la police en opérant sous leur nez. Parce que c’est lui le boucher de Christchurch qui passe de Joe-le-lent à Hannibal Lecter en l’espace de quelques secondes. Il tue parce que ça l’amuse. Pourquoi se priver après tout, c’est un hobby comme un autre.

J’aime les femmes et j’aime leur faire des choses qu’elles ne veulent pas me laisser faire. Il doit y avoir 2 ou 3 milliards de femmes sur cette terre. En tuer une par mois, c’est pas grand-chose. C’est juste une question de perspective.

Lorsqu’on l’accuse à tort du meurtre d’une victime qui semble s’y méprendre à l’une des siennes, Joe est furieux. Il décide alors de mener l’enquête et d’éliminer (pas littéralement! ) les suspects de sa liste. Au-delà de l’enquête et des péripéties de son quotidien de sérial killer, ce sont peut-être les repas hebdomadaires qu’il passe chez sa mère que j’ai préféré. Ces repas ou cette femme affreuse lui cuisine avec une constance insupportable du pain de viande en ne manquant pas de lui faire remarquer à chaque fois que c’est son plat préféré. Les personnages secondaires dans ce thriller sont extrêmement intéressants, de la mère de Joe à la bienheureuse Sally ou la mystérieuse Mélissa. Joe est finalement peut-être un homme comme un autre, c’est ça le pire.

Je ne suis pas un animal. Je ne tuerais pas quelqu’un juste parce qu’il passe par là. Je hais les types comme ça. C’est ce qui me distingue des autres. C’est mon humanité.

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Un thriller rafraîchissant. J’ai beaucoup aimé lire cette histoire du point de vue du serial killer, c’est un éclairage original qui est à la fois terrifiant et extrêmement drôle. A ma grande surprise je me suis finalement attachée à Joe (et ce n’était pas gagné d’avance!). On en arrive presque à espérer qu’il ne se fasse pas prendre.

Nota Bene A lire dans la salle d’attente d’un entretien d’embauche avec un air benêt accroché sur le visage.

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : SONATINE
Date parution : 20/05/10
ISBN : 9782355840333
Nb de pages : 423 pages

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Jeux de miroirs – E.O Chirovici

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SynopsisV2

Un agent littéraire, Peter Katz, reçoit un manuscrit intitulé Jeux de miroirs qui l’intrigue immédiatement. En effet, l’un des personnages n’est autre que le professeur Wieder, ponte de la psychologie cognitive, brutalement assassiné à la fin des années quatre-vingt et dont le meurtre ne fut jamais élucidé. Se pourrait-il que ce roman contienne des révélations sur cette affaire qui avait tenu en haleine les États-Unis ?

Persuadé d’avoir entre les mains un futur best-seller qui dévoilera enfin la clef de l’intrigue, l’agent tente d’en savoir plus. Mais l’auteur du manuscrit est décédé et le texte inachevé. Qu’à cela ne tienne, Katz embauche un journaliste d’investigation pour écrire la suite du livre. Mais, de souvenirs en faux-semblants, celui-ci va se retrouver pris au piège d’un maelström de fausses pistes.

Et si la vérité n’était qu’une histoire parmi d’autres ?

MonavisV2

Je suis faible. Je suis faible car j’ai succombé malgré moi à la communication bien menée des Escales qui m’a fait comprendre sans subtilité qu’il fallait A-BSO-LU-MENT que je lise ce « roman évènement » de E.O Chirovoci (dont on rappelle ici que c’est le premier livre).

Un agent littéraire reçoit l’extrait d’un manuscrit dont le sujet est l’histoire d’un crime qui s’est déroulé il y a plus de 20 ans. Son auteur, Richard, a fait partie des principaux suspects pendant le déroulé de l’enquête. Le crime? C’est le meurtre d’un célèbre professeur de psychologie cognitive et  il semblerait que le manuscrit raconte ce qu’il s’est vraiment passé ce soir-là et révèle les clés pour trouver qui est le coupable. Malheureusement l’auteur du manuscrit décède avant d’avoir pu transmettre la fin du roman à son agent…

Le livre est découpé en trois parties, trois points de vues qui s’entrechoquent comme les parties d’un puzzle qui pourraient constituer le miroir de vérité. La première partie est l’extrait du manuscrit envoyé par Richard qui raconte les mois ayant précédé le drame. Les seconde et troisième parties sont celle d’un journaliste qui enquête sur la crédibilité à accorder au manuscrit et celle d’un policier à la retraite qui avait mené l’enquête à l’époque et qui cherche à résoudre définitivement l’affaire.

*

Ce livre m’a fait pensé à la série The Affair qui raconte une même histoire selon plusieurs points de vue. La vérité n’est pas une, elle est un ensemble de faits colorés, teintés de manière plus où moins prononcée par nos perceptions, nos a priori, nos valeurs. Cette histoire m’a particulièrement intéressée parce que je suis dingue de tout ce qui touche au fonctionnement de la mémoire. Le sujet est effleuré, on en parle sans en parler, par quelques touches. C’est peut-être mon seul regret, que l’intrigue n’aille pas plus loin dans l’exploration de ce sujet, de la manipulation de la mémoire. Somme toute ce n’était pas assez sordide et glauque à mon goût pourtant il y avait matière vu le sujet!

Finalement quelle est la vérité? La fin est sibylline. On sait mais on ne sait pas. La réalité des faits n’est qu’une version parmi tant d’autres. Il reste un doute légitime: et si la solution n’était qu’une nouvelle version de l’histoire.  Et si tout cela n’était qu’un autre jeu de miroirs?

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Au delà du thriller j’ai beaucoup aimé les questionnements suggérés par le livre. Si c’était possible, est-ce que l’on voudrait effacer les pires moments de sa vie de sa mémoire (dans la mesure où l’on peut injecter de faux souvenirs quid de l’opération inverse)? Est-ce que l’on serait encore nous-mêmes sans nos failles qui nous ont certainement autant voire plus construits que les évènements heureux? Tous ces sujets sont passionnants, je pourrais en parler pendant des heures et des heures. En attendant je vous conseille VIVEMENT de lire Jeux de Miroirs. Parole de poisson rouge vous vous en souviendrez encore longtemps!

*Mention spéciale à la couv ultra chatoyante!

Nota Bene A lire comme un funambule qui danse sur le fil entre réalité et imagination, en écoutant Business Transaction-Home Video

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : LES ESCALES
Date parution : 26/01/17
ISBN : 9782365693103
Nb de pages : 304 pages

 

Chanson douce – Leïla Slimani

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Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame. A travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

MonavisV2

Le bébé est mort. Il a suffi de quelques secondes. Le médecin a assuré qu’il n’avait pas souffert.

C’est la toute première phrase. Le livre s’ouvre sur un drame et le cri déchirant et presque animal d’une mère fait cette découverte macabre. Adam est mort et Mila est retrouvé dans un état critique. Quand à Louise, la nounou qui a tenté se poignarder après avoir commis ce double-meurtre, elle est encore vivante. « La mort, elle n’a su que la donner« .

Leïla Slimani nous plonge dans ce quotidien presque banal d’un couple bobo parisien et de leurs deux enfants. La mère Myriam décide après avoir eu Adam, son deuxième enfant de retourner travailler dans un cabinet d’avocat et ensemble ils décident d’engager une nounou. Louise semble être le choix idéal. Elle est douce, calme, adorable avec les enfants. Elle range la maison, prépare de bons petits plats lorsque le couple reçoit des invités. Petit à petit elle se rend indispensable jusqu’au point ou le couple l’emmènera en vacances avec eux tant elle semble faire partie de la famille. Mais c’est là que le bât blesse. Elle ne fait que « sembler » faire partie de la famille.

Petit à petit, par petites couches subtiles et tranchantes on voit se profiler le drame qui aura lieu, inéluctablement. Un livre qui m’a donné des frissons et qui mérite amplement sa réputation.

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J’avais beaucoup entendu parler de ce titre de la rentrée littéraire sur les blogs, la twittosphère et je n’ai absolument pas été déçue! Une fine analyse de la psychologie des personnages. Un livre où la question du pourquoi prime sur la question du qui. Je le recommande chaudement!

Nota Bene A lire en suçant son pouce, à écouter en s’endormant…

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : GALLIMARD
Date parution : 18/08/16
ISBN : 9782070196678
Nb de pages : 240 pages

Donato Carrisi, le maître du suspense

Il ne vous aura pas échappé que nous sommes en Octobre et qu’Octobre c’est le mois… roulement de tambour… d’Halloween! Halloween étant selon Le Petit Crayon (selon moi donc) considéré comme le meilleur jour de l’année, il fallait marquer l’évènement (rassurez-vous on fera aussi un petit article spécial Noël… cadeaux sapin Jésus guirlandes et compagnie). Comme vous pourrez le remarquer je fais généralement preuve d’un optimisme modéré à l’approche de cette “fête” de fin d’année mais, comme cette échéance n’est pas prête d’arriver, concentrons nous plutôt sur quelque chose de positif: l’Halloween cher à mon coeur (avec le super visuel de Cyntia!)

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Pour mon deuxième focus auteur, après la dame au chapeau, j’ai choisi de vous parler de Donato Carrisi, LE maître du suspense et du thriller. Ayant été biberonnée aux Agatha Christie, Maxime Chattam etc dès le plus jeune âge je suis une fine connaisseuse du genre mais il faut reconnaître que je n’ai jamais été autant saisie par un thriller qu’à la lecture du dyptique de Donato Carrisi (à quand le tome 3 d’ailleurs??? Par pitié faites qu’il y ait un tome 3). Même si vous ne l’avez jamais lu vous n’êtes surement pas passé à côté de ses couvertures représentant des visages de poupées en porcelaine creepy à souhait (ou sinon vous vivez sur une autre planète)! Avant de vous faire le petit débrief de quelques bijoux de l’amico Donato (appelons le par son petit prénom #familiarité) faisons un récap de sa bio qui est elle aussi fort intéressante et apporte un éclairage lumineux sur son oeuvre.


Tout d’abord un petit mot sur l’auteur

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J’adore ce portrait avec son petit sourire au coin du style “je ne fais pas qu’écrire des livres sur des sérial killer si vous saviez hahaha” *rire diabolique* La photo est donc réussie car il cultive son aura mystérieuse (espérons que ça ne soit qu’une aura cela dit en passant).

Donato Carrisi. Italien, né en 1973 (je vous laisse faire le calcul), je n’ai pas été faire la fouine sur tous les sites qui parlent de lui pour connaître sa bio en détail MAIS le point à retenir c’est qu’il a fait des études en criminologie et sciences du comportement. Et ça se ressent parfaitement dans son écriture. Donato sait de quoi il parle. Il est très pédagogue sans avoir ce côté prof qui explique tout ou ce côté technicien qui utilise des termes incompréhensibles pour mettre de la poudre aux yeux.

Carrisi est un prestidigitateur de génie mais c’est dans la construction de ses intrigues qu’il opère son tour de magie.

Il est à noter qu’il a reçu pour “Le Chuchoteur” (j’adore le titre italien “il suggeritore”) le prix polar SNCF et si j’en crois mon expérience c’est généralement un bon indicateur de la qualité d’un roman. (cf. l’excellentissime « Avant d’aller dormir »de SJ Watson).

Le but n’étant pas d’être exhaustive vous pourrez trouver plus d’infos sur Wikipédia ou sur son site (je suis gentille je vous ai mis les liens bande de feignasses).


La série du Chuchoteur

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Il y a certains thrillers qui nous emportent dès la première ligne. Cela  a été le cas  pour moi avec cette série magistrale.

L’intrigue du chuchoteur est glauque à souhait, 5 petites filles ont disparu, 5 petites fosses ont été creusées dans la clairière, au fond de chacune d’elles un petit bras a été trouvé, le gauche. Un sixième appartenant à une victime inconnue est retrouvé dans une sixième fosse. L’équipe en charge de l’enquête appelle Mila Vasquez, spécialiste des affaires d’enlèvement pour retrouver à temps la dernière victime. Je crois que j’ai retenu mon souffle pendant toute la lecture de ce roman. Carrisi tourne et retourne la situation dans tous les sens dans des intrigues à tiroirs qui s’encastrent parfaitement dans une intrigue plus générale. Le style est cash, documenté, précis. On ressort de cette lecture en réalisant que l’on vient de lire un chef d’oeuvre magistral. “Dieu se tait, le diable murmure”.

Le second tome remet en scène Mila, cette héroïne dépourvue d’empathie. Sept ans plus tard, elle porte encore sur elle les stigmates de l’affaire du Chuchoteur. L’intrigue, là-encore est saisissante et dès les premières pages on frissonne d’horreur et de plaisir. Le second tome traite du thème des disparitions. Lorsqu’il s’agit d’enfants on pense à une fugue où à un enlèvement mais il existe une autre catégorie de personnes qui disparaissent, des personnes qui partent comme ça du jour au lendemain et changent de vie sans laisser de traces. Ici, dans “Les limbes”, Mila cherche dans les visages, partout, la trace de ces personnes disparues. Mais un jour, ils se mettent à réapparaître et à commettre des meurtres. Encore une intrigue magistrale où l’auteur nous balade comme des marionnettes jusqu’à la fin. Oh mon dieu la fin. Que dire sinon que cette série est un incontournable.

Le simple fait de rédiger cet article me donne une terrible envie de connaitre la suite! C’est affreux de ne pas avoir de date de sortie (si vous voulez en terme de frustration c’est équivalent à l’attente d’une nouvelle saison de GOT multipliée par 6,66). Je vous conseille donc, si vous voulez vous mettre au Carrisi d’acheter/d’emprunter/de lire Le chuchoteur et L’écorchée en même temps parce que inévitablement vous aurez besoin de lire la suite MAIS il y a un pendant négatif…. l’intrigue finale reste en suspens…

A quand un troisième tome? (ceci est clairement un appel désespéré à l’auteur – Donato si tu me lis…)


Il serait malhonnête de réduire cet incroyable auteur uniquement à cette série mais je trouve que c’est la plus réussie. Vous pouvez également découvrir Malefico et le Tribunal des âmes que j’ai personnellement moins aimé. Pour avoir regardé le teaser de La fille dans le brouillard, ce nouvel opus me paraît prometteur mais sera-t-il à la hauteur du chuchoteur? Suspense!!

Suspense relatif car je publierai sa chronique dans quelques jours !

Un soupçon légitime – Stefan Zweig

9782246756118

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Betsy et son mari, couple de jeunes retraités, mènent une existence solitaire et tranquille jusqu’au jour où emménagent leurs nouveaux voisins, les Limpley. John Charleston Limpley est un homme débordant d’enthousiasme, bavard et expansif, qui attire immédiatement la sympathie. Cette vitalité se révèle pourtant vite épuisante, y compris pour sa propre femme. Pour la réconforter, Betsy lui offre un chiot, Ponto. Limpley se prend d’une passion dévorante pour l’animal. Les rôles s’inversent et Ponto devient le maître, habitué à voir ses moindres caprices satisfaits. Betsy ne supporte pas cette tyrannie, et ses relations avec les Limpley se refroidissent. C’est alors que Mrs. Limpley tombe enceinte. Limpley oublie son chien et, toujours dans la démesure, se consacre tout entier à sa femme et à sa fille. Ponto, délaissé, ne comprend pas cette indifférence et éprouve bientôt une rancœur grandissante à l’égard de son maître et de l’enfant…

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Stefan Zweig est un génie. Si Le joueur d’échec et 24 heures de la vie d’une femme ont été ses romans que j’ai préférés, celui-ci complète définitivement le top 3.

C’est une histoire que nous raconte Betsy, vieille retraitée qui observe avec son mari l’arrivée d’un couple de voisins, les Limpley. Alors que la femme semble timide et effacée, presque constamment épuisée, le mari, John, fait preuve d’une bonhomie à toute épreuve. Sa femme n’est pas seulement jolie c’est la plus belle femme du monde, la vue de sa maison n’est pas seulement champêtre elle est magnifique. Il vit sa vie au superlatif jusqu’à en devenir invivable pour son entourage.

C’est un scandale d’être heureux de façon si ostentatoire et d’exhiber ses sentiments avec autant de sans-gêne. Ça me rendrait folle, moi, un tel excès, un tel abcès de bienséance. Ne vois-tu donc pas qu’en faisant étalage de son bonheur, il rend cette femme très malheureuse, avec sa vitalité meurtrière?

Exténuée par l’énergie de son voisin, Betsy décide de lui offrir un chien, Ponto, afin qu’il reporte son énergie sur autre chose que ses voisins. Et le stratagème fonctionne ! John fait de Ponto son nouveau défi. Il le traite comme un prince le rendant progressivement aussi capricieux que cruel.

Cependant, un soir, Ponto n’est plus le centre d’attention de son maître. Toute l’énergie et l’amour débordant de John s’est détourné vers sa femme, ou plutôt vers le ventre de celle-ci qui prend curieusement de plus en plus de formes. Ponto ne comprend pas ce revirement de la situation. Il tente alors toutes les stratégies possibles pour regagner l’affection de son maitre qui le délaisse. Il fait une fugue : c’est à peine si on le remarque. Il fait une grève de la faim : personne ne semble s’en inquiéter outre mesure. De prince choyé et adoré il devient un membre remplaçable, substituable de la famille. Humilié et jaloux, Ponto semble alors fomenter un projet cruel. Betsy en est sure. C’est lui le responsable. Même si elle n’a qu’un soupçon légitime.

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Court roman ou la psychologie des personnages est travaillée à l’extrême. Un récit terrifiant qui prend le contrepied des romans bienpensants qui mettent sur un piédestal les traits de personnalités généralement admirés.

Nota Bene : A lire devant l’immense villa de BB, fervente admiratrice des animaux.

cinqsurcinq


Editeur : GRASSET
Date parution : 14/10/09
ISBN : 9782246756118
Nb de pages : 154 pages

Je sais pas – Barbara Abel

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Une belle journée de sortie des classes qui vire au cauchemar.
Une enfant de cinq ans a disparu.
Que s’est-il passé dans la forêt ?
À cinq ans, on est innocent, dans tous les sens du terme.
Pourtant, ne dit-on pas qu’une figure d’ange peut cacher un cœur de démon ?

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Camille, maman de l’adorable petite Emma jongle avec difficulté entre ses devoirs de bonne mère de famille et l’adrénaline que lui procure les rencontres occasionnelles avec son amant Etienne. Jeudi soir, alors que son amant passe chez elle à l’improviste, Emma, du haut de l’escalier, les surprend en train de s’enlacer. Elle les dévisage, le visage grave, mais ne dit rien. Peut-elle comprendre ce à quoi elle a assisté du haut de ses cinq ans?

A cinq ans, on est innocent. Dans tous les sens du terme.

*

Le lendemain, Mylène, jeune maîtresse d’école, qui est aussi la fille d’Etienne, doit encadrer un groupe d’enfants lors d’une sortie scolaire dans la forêt. Elle appréhende cette sortie du fait de ses relations conflictuelles avec le reste de l’équipe pédagogique. En effet, la jeune femme a un comportement assez instable et est connue pour s’emporter sans raison avec ses élèves. Au moment de rentrer à l’école, les accompagnateurs réalisent, horrifiés, qu’Emma, qui avait été affectée au groupe de Mylène, a disparu. Trois d’entre eux partent alors à sa recherche dont Mylène.

Quelques heures plus tard la petite fille est retrouvée, apparemment indemne, avec le foulard de Mylène autour du bras. Sa maîtresse, quant à elle, reste introuvable. Emma ne semble pas mesurer l’urgence de la situation et se complait dans le mutisme alors que les policiers en charge de l’enquête ou ses parents l’assaillent de questions.

Elle persiste à répondre “Je sais pas”.

  Toi, qu’est-ce que tu en penses? insiste-t-elle encore, au bord de la crise de nerfs. Tu crois qu’elle a vraiment oublié, ou qu’elle préfère se taire? 
Patrick l’observe quelques longues secondes avant d’esquisser un rictus plein d’ironie.
– Je sais pas

Je sais pas. Un leitmotiv glaçant qui nous interroge. Emma en sait-elle plus qu’elle ne veut bien l’avouer? Pourquoi ne raconte-t-elle pas ce qui s’est passé? Est-ce que des intentions malveillantes pourraient se cacher derrière ce visage d’ange?

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Un thriller comme je les aime qui creuse en profondeur la psychologie des personnages et nous fait tourner les pages à un rythme frénétique pour avoir le fin mot de l’histoire. On ressort satisfait de cette lecture, la boucle est bouclée…

Nota Bene A lire en écoutant “Will the circle be unbroken” d’Ada.R. Harbershon

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : BELFOND
Date parution : 06/10/16
ISBN : 9782714470874
Nb de pages : 316 pages

The perfect girl – Gilly MacMillan

theperfectgirl

SynopsisV2

Zoe Maisey is a seventeen-year-old musical prodigy with a genius IQ. Three years ago, she was involved in a tragic incident that left three classmates dead. She served her time, and now her mother, Maria, is resolved to keep that devastating fact tucked far away from their new beginning, hiding the past even from her new husband and demanding Zoe do the same. Tonight Zoe is giving a recital that Maria has been planning for months. It needs to be the performance of her life. But instead, by the end of the evening, Maria is dead. In the aftermath, everyone—police, family, Zoe’s former solicitor, and Zoe herself—tries to piece together what happened. But as Zoe knows all too well, the truth is rarely straightforward, and the closer we are to someone, the less we may see.

myopinion

Here we are, second review in English after The cursed child. I don’t know if you guys remember but back then I was wondering what if. What if magic existed? I must confess that I was a little nervous before reading this book because I loved the first novel of G. MacMillan (Burnt Paper Sky) and I wondered if the lightning would strike twice in the same spot and if magic would happen once again… and it DID! It freaking DID!

The initial title for this novel was “Butterfly in the dark” and I feel like this image really fits Zoe. She’s a butterfly dancing out of thin air. A small flutter of her wings ultimately caused a typhoon around her world. 3 years before the action occurs, 14-year old Zoe got convicted for murder because of a car accident where she caused the death of three classmates. She has served her time and is now looking for redemption to move on with her new family. Indeed her mother remarried and she has now a stepbrother of her age (Lucas) and a brand new half-sister (Grace). Sunday night after a concert that she gives in a church in front of her family and her aunt Tessa, her mother is found dead. What happened ?

*

The author depicts with talent the portraits of this damaged family, struggling in silence to display the picture of perfection. Why with talent? Because her characters are smart, real and authentic and last but not least, her secondary characters have backstories of their own which is nice! The writing is cinematographic, focusing on the different protagonists from diverse perspectives (Zoe, Tessa and Sam (Zoe’s former solicitor)). Each one of them is explaining their truth with their own personal baggage and awareness.

Through flashbacks G. MacMillan puts the pieces of the puzzle together and paints a family portrait without concession. She displays a sharp and accurate understanding of human nature. Somehow she makes us ask ourselves: Should we be defined for the rest of our lives by one stupid mistake? Can we give anyone a chance for redemption? Is there such a thing as a second chance?

*

At the beginning of the story, Zoe seems to be overcautious with her image. This is her second chance and she can’t mess it up. Her mother won’t let her forget that she has to be the perfect girl. See Maria didn’t tell her “new family” about her daughter’s past and lying by omission isn’t really lying right? Zoe’s mother makes it her daily mission not to pop this delicious bubble of illusion. After all this is her second chance too. She is determined to make everything fit perfectly into what she pictures as the perfect life. Doing so she builds fences at the expense of her daughter’s wellbeing so that her world made of pretty lies won’t fall apart. Denial can be a strong shelter to hide into.

But Zoe struggles with her mother’s coldness and denial. She’s lucid and strong about this whole situation yet she’s fragile like a butterfly. Her stillness is screaming « Please mother, listen to me, talk to me, hug me ». It crushed my heart to see the vulnerability that pulses through her veins. Her guilt eats her up but she somehow finds it in her to fight back and give herself a second chance. A second chance. This letmotif appears throughout the book. She has to be the perfect girl, because it’s her second chance. Period.

Piano playing is like an addiction for me. It’s a path I have to walk down, water I have to drink, food I must consume, air I need to breathe. It’s the only thing that can take my head somewhere safe and everybody tells me its going to give me a ‘bright future

I don’t consider myself a pianist even if I played the piano for a few years but I get what Zoe means, her desperate need for a safe place, an escape from the life she’s stuck into. This need for a passion that would transcend her and make her feel more alive than anything else in the world. Music is her salvation like writing his script was for Lucas.

G.MacMillan brought this cinematographic angle to a whole new level with the parts of Lucas’ script. Zoe’s stepbrother wrote in a script the secret he would never dare to say in a million years. It was so powerful yet so delicate. It reminded me of this quote from Pascal Quignard which says in substance that one can write what he isn’t able to say. One can write even though he cries. But what one can’t do while writing is sing. This was IT. I honestly could relate to this and feel for Lucas. In their own ways, Lucas and Zoe found their path to resilience through music and writing. Art, always and forever.

inconclusion

I didn’t know what to expect when I opened this book, I wanted to love it for sure but I didn’t want to be disappointed. I wasn’t. I so wasn’t. It’s definitely a must-read. This book is intense, deep and powerful. It has music that still resonates within. Trust me just read it. I mean really. This is as good as it should be!

Nota Bene To read before a family dinner while listening to « Nocturne » by Chopin or « Bird set free » by Sia.

My grade :

cinqsurcinq


Editeur : PIATKUS
Date parution : 06/09/16
ISBN : 9780349406411
Nb de pages : 341 pages