Portraits d’idoles – Frédéric Martinez

portraits-d-idoles

SynopsisV2

Six actrices.
Six stars hollywoodiennes.
Six idoles du XXe siècle.

L’histoire d’Ava Gardner, de Grace Kelly, de Norma Jeane alias Marilyn, de Rita Hayworth, d’Audrey Hepburn et d’Ingrid Bergman. Nous sommes dans les années 1950 à Hollywood, en Californie, où parfois la terre tremble. Les sirènes boivent des cocktails au bord des piscines. Condamnées au sourire, elles ont vendu leur âme aux studios. Le diable est dans le décor. C’est une histoire d’amour, avec des millions de spectateurs. Alors forcément, ce n’est pas une histoire simple.

Voici six portraits de femmes, où le sublime côtoie le pathétique et le tragique coudoie le comique, portés par la plume ciselée, et unique, de Frédéric Martinez.

MonavisV2

Frédéric Martinez nous embarque dans une Odyssée folle avec le portrait de sa Vénus, Ava Gardner. De la petite fille qui grandit, anonyme, dans une famille modeste de Caroline du Nord, à la déesse qui fit tourner bien des têtes à Hollywood, il n’y eut que quelques années et des multiples prétendants. Mais celui que l’on retiendra c’est Franck Sinatra, avec lequel elle formera un couple mythique.

Franck aimait Ava. Elle non plus.

Tout est dit. Un amour passionné, destructeur que vivra cette sirène échouée sur les rivages alcoolisés, noyée par son succès. Ava a-t ’elle seulement été heureuse ? La beauté est-elle toujours un don de Dieu ? Il semblerait plutôt que son portrait soit celui d’une illusion, d’un fantasme parmi les hommes.

Direction Grace Kelly et son visage en porcelaine que l’on retrouve sur le couverture du livre. Cette poupée Hitcockienne jouera peut-être le plus grand rôle de sa vie, à corps perdu, en tant que princesse de Monaco. Elle renonce alors à son indépendance et à sa liberté. Beauté fragile, épiée comme un oiseau en cage par le monde entier, elle restera toujours, en un sens une icône inaccessible.

L’auteur nous propose ensuite une escale auprès d’Ingrid Bergman. Vive, intelligente et sûre d’elle. Ingrid a une idée bien précise de ce qu’elle veut dans la vie mais le rôle qu’elle avait peut-être le plus de mal à jouer c’était le sien. Rossellini, avec lequel elle vivra une histoire survoltée le comprendra bien en capturant son essence dans le magistral et moderne Stromboli, véritable documentaire de la vie de son égérie.

Vivre, c’était jouer. Entre les prises, il fallait être Ingrid Bergman.

Brève échappée vers Rita Hayworth. A-t-elle jamais pu être maîtresse de ses choix ? C’est le portrait qui m’a peut-être le plus touchée tant on sent sa détresse dans les ellipses, voulues, par l’auteur.

Son père lui avait volé son enfance, son mari lui volait sa vie, tout continuait.

La chasse aux trésors continue avec un diamant brut posé sur canapé. L’indémodable Audrey Hepburn avec son sourire malicieux et ses yeux espiègles. Véritable icône, élégante et sophistiquée. Pourtant, Audrey n’a pas connu une enfance facile, embarquée dans les tourments de l’Histoire et de la WW2, elle se réfugie dans les livres. Une vie exempte de scandale, teintée par l’amertume du destin des enfants qu’elle a vu déportés et de l’horreur de la guerre. C’est peut-être ce qui donnera un air mystérieux à son regard envoûtant.

Enfin, une arrivée à bon port avec celle qui entonnera la version la plus sensuelle de « Happy Birthday Mister President ». J’ai nommé Marilyn Monroe, cette étrange créature qui jonglera habilement entre son personnage de séductrice, fatale et celui de la ravissante idiote qui connaîtra un destin tragique.

EnconclusionV2

J’ai beaucoup aimé cette galerie de portraits et la plume de F. Martinez qui propose ici un véritable exercice de style. Portraits d’idoles : Le titre est bien choisi. On les adule, on les adore, on les idol(âtre). Peut-être trop. La beauté a toujours fasciné même lorsqu’elle se fane et subit les affres du temps. Il ressort de ces portraits une violence, une cruauté des spectateurs qui scrutent et sacrent leurs reines de beauté puis attendent d’elles qu’elles soient à la hauteur de leur statut. N’oublions pas qu’il y avait des femmes, des personnes, derrière ces idoles. Des âmes qui ont ri, pleuré et aimé avant de se déliter sous le feu des projecteurs.

Nota Bene : A lire en prenant la pose comme une star de cinéma.

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : PERRIN
Date parution : 15/10/15
ISBN : 9782262047191
Nb de pages : 400 pages

Publicités

Les derniers jours des reines – Collectif

9782262050320

SynopsisV2

Comment sont mortes les souveraines les plus célèbres de l’Histoire ? Du suicide de Cléopâtre au dramatique accident d’Astrid de Belgique en passant par la décapitation de Marie Stuart et de Marie-Antoinette, l’assassinat d’Agrippine, de Sissi et d’Alexandra de Russie, ou l’agonie édifiante de Catherine de Médicis, Anne d’Autriche, Catherine II, la reine Victoria ou l’impératrice Eugénie, les meilleurs historiens et écrivains d’histoire racontent leurs derniers jours dans des textes incisifs où la limpidité du récit s’appuie sur des enquêtes puisées aux meilleures sources.

Toujours tragiques, souvent brutales, parfois spectaculaires, inattendues ou interminables, leurs fins se ressemblent par une même dignité, une civilité monarchique de l’adieu exaltée par la conscience que ces reines avaient de leur rang, et leur volonté commune d’édifier la postérité après avoir marqué leur temps. Comme si toutes se retrouvaient dans la fière devise de Marie Stuart :  » En ma fin est mon commencement. « 

Une fresque du pouvoir suprême au féminin, de l’Antiquité au XX e siècle  » : c’est ainsi que Jean-Christophe Buisson et Jean Sévillia définissent cet ouvrage collectif de prestige qu’ils ont dirigé et qui fera date, autant par ses qualités littéraires que par le regard innovant qu’il porte sur les ultimes instants de ces femmes dont les règnes ont changé le monde à tout jamais.

MonavisV2

Grande amatrice de GOT je réalise en écrivant cette critique que la perfidie des prétendants au trône de fer est très surfaite. Georges RR Martin le disait lui-même, l’Histoire est une source inépuisable d’inspiration et l’excellent Les derniers jours des reines, pendant féminin de Les derniers jours des rois peut en témoigner.

En quelques chiffres ce livre c’est : 20 chapitres, 20 auteurs, 20 reines qui ont changé la face du monde sur près de 2000 ans. De l’Egypte antique de Cléopâtre à la Suède de la reine Astrid au 20ème siècle, ces femmes d’exception fascinent encore aujourd’hui. Filles, Femmes, Mères, parfois cet ordre parfois dans un autre, dans l’ombre ou dans la lumière, chacune d’entre elles a su tirer son épingle du jeu et apprendre à tirer les ficelles du pouvoir. Brillantes politiciennes, fomentatrices de complots ou encore grandes idéalistes ces 20 femmes ont su inspirer convoitise, admiration ou encore haine. Elles ont surtout su inspirer 20 auteurs qui, sous la direction de Jean Sévillia et Jean-Christophe Buisson se sont prêtés à l’exercice de raconter leurs derniers instants de vie.

De manière tout à fait personnelle j’ai beaucoup aimé les chapitres sur Agrippine qui porte bien son nom tant elle s’est acharnée à s’agripper au pouvoir (la redoutable Cersei Lannister passerait presque pour une amatrice à côté) et sur Marie Stuart qui, malgré les épreuves a su rester digne, fière et fidèle à ses convictions jusqu’à son dernier souffle.

EnconclusionV2

Férus d’Histoire, de complots, de trahisons et de coucheries à tout va ce livre va vous plaire. Les derniers jours des reines est un petit bijou qui vous donnera des anecdotes croustillantes à ressortir dans les diners mondains. Qui a dit que l’Histoire était chiante et ringarde ? God Save The Queens!

Nota Bene : A lire d’un œil averti lors d’une promenade dans les jardins du château de Versailles entre un piquenique champêtre et une partie de chasse à cour.

quatresurcinq


Editeur : PERRIN
Date parution : 01/10/15
ISBN : 9782262050320
Nb de pages : 400 pages

First Ladies – Dominique Simonnet et Nicole Bacharan

firstladies

SynopsisV2

On les relègue habituellement à l’arrière-plan, derrière la figure charismatique de leur mari président. Seconds rôles, les First Ladies ? Allons donc ! Dès les origines, les Premières Dames américaines ont exercé dans l’ombre une influence bien plus grande qu’on ne le croit. Plus encore : elles incarnent la longue marche des femmes vers l’égalité et le pouvoir. Voici Martha Washington, qui forge les symboles d’une nation dans les limbes ; Abigail Adams, intellectuelle et féministe bien avant l’heure ; la belle Dolly Madison, qui résiste dans la capitale en flammes… Suivent l’intrigante Mary Lincoln, qui parade en impératrice ; Eleanor Roosevelt, l’infatigable activiste ; Jackie Kennedy, la star irrésistible, que l’on redécouvre ici dans un rôle inédit de ministre de la Culture et de diplomate ; Nancy Reagan, l’amoureuse à la main de fer ; Michelle Obama, qui met en scène l’égalité raciale ; enfin, l’ambitieuse, l’inébranlable, l’insubmersible Hillary Clinton, qui veut parachever la conquête en devenant présidente… A partir d’une riche documentation, souvent inédite, les auteurs racontent avec passion le destin des dix First Ladies qui ont le plus marqué l’Histoire, et nous offrent la galerie complète de celles qui se sont succédé à la Maison Blanche. Les aventures de ces femmes d’exception nous en disent beaucoup sur l’évolution du couple et de la condition féminine. Elles nous révèlent aussi la face secrète du pouvoir où se mêlent intimement la politique et l’amour.

MonavisV2

J’avais déjà lu la série des livres de Némo issue de la collaboration entre ces deux auteurs et c’est avec plaisir que je les retrouve dans ce livre qui a une résonance particulière avec l’actualité des élections américaines. Clairement, ce n’est pas en écoutant les échanges affligeants entre Choucrouty-Trump et Freaky-Hillary que l’on va élever le débat d’où l’idée de délaisser un peu le cirque médiatique et de se cultiver au passage en lisant une petite rétrospective des First Ladies.

Officiellement, la First Lady n’a pas vraiment d’existence. La Constitution des Etats-Unis l’ignore. Son statut est pourtant reconnu, notamment à travers la loi budgétaire, et tout récemment financé (elle dispose désormais d’un staff important) mais il n’est pas défini.

On est bien loin du portrait des potiches reléguées au second rôle qui servent de vitrine au pouvoir. Si officiellement la First Lady n’est pas reconnue, officieusement elle est dans  l’antichambre (et la chambre!) du pouvoir. Face au « syndrome de la cour » (lorsque personne n’ose contredire le président), elle représente peut-être la seule qui ose dire la vérité à son homme, sa conseillère de l’ombre qui lui suggère des stratégies politiques.

A travers ces dix portraits de First Ladies et de leur couple emblématiques, Nicole Bacharan et Dominique Simonnet rendent justice à ces femmes qui ont, elles aussi, dans une certaine mesure, fait l’Amérique.

Aujourd’hui, le pouvoir est un projet et une ambition qui se conjuguent à deux.

C’est Martha Washington qui ouvre le bal. Epouse du premier président américain G. Washington, elle a tout à inventer et c’est elle qui posera le premier jalon à celles qui lui succèderont, en se rendant indispensable dans l’exercice du pouvoir. Comme femmes, politiciennes, ou épouses, les First Ladies se réinventent, s’affirment ou encore mènent leur propres combats. Si je connaissais la plupart d’entre elles de nom j’ai trouvé passionnant de découvrir un autre éclairage de leurs vies et surtout de prendre conscience qu’à chaque fois, à leur manière, ces femmes ont été courageuses, ambitieuses et déterminées. En bref, des First Ladies qui n’ont rien à envier à leur Président.

*

Aujourd’hui, la réalité rejoint la fiction. Ce n’est peut-être pas une Melly Grant ou une Claire Underwood qui sera présidente mais Hillary Clinton, pour sa part, a toutes ses chances. Elle n’est assurément pas la première présidentdont l’Amérique aurait rêvé mais on ne peut pas dénier qu’elle incarne une revanche symbolique pour toutes ces First Ladies, et pour les femmes en général #girlpower. Elle représente ce passage de flambeau tant attendu, de l’ombre à la lumière.

EnconclusionV2

J’appréhendais un peu la lecture de ce livre mais finalement il est raconté comme une histoire et j’ai eu l’impression d’assister à une de ces conférences où l’on reste hypnotisé devant l’éloquence de l’intervenant, les yeux écarquillés, du début à la fin. Quand on referme le livre on se dit « déjà?  »
Les plus: La galerie complète des First Ladies et le cahier-photos à la fin du livre!

Nota Bene A lire en écoutant l’hymne national américain (version Lady Gaga au Super Bowl) en brandissant le drapeau! God bless America!

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : PERRIN
Date parution : 22/09/16
ISBN : 9782262051402
Nb de pages : 380 pages