Les Mandible – Lionel Shriver

9782714474230

SynopsisV2

Aux États-Unis, en 2029.

Les États-Unis ont élu leur premier président latino, l’Espagnol est devenu la première langue du pays, l’Indonésie a annexé l’Australie et Poutine est toujours au pouvoir.
Comme toutes les familles américaines, les Mandible subissent la crise économique. La situation est grave mais pas désespérées : certes, les légumes sont devenus hors de prix, l’eau est une denrée rare, même le papier toilette est soumis à la plus grande rigueur, mais les comptes du patriarche sont bien garnis, l’heure de l’héritage est proche.
C’est alors que le Président Alvarado annonce la faillite des États-Unis : l’argent des particuliers est réquisitionné, les seniors sont expulsés de leur maison de retraite, les salaires ne sont plus versés. La maison de Florence Mandible devient le dernier refuge de toute la famille. Mais combien de personnes peuvent vivre en totale promiscuité dans une petite maison de Brooklyn ? Combien de temps avant que la solidarité entre ses habitants ne laisse place à la colère, à la haine ? Avant que la famille Mandible ne s’écroule, comme le reste du monde qui l’entoure ?

MonavisV2

J’ai lu ce livre la semaine des élections, autant dire que j’étais plein dans la dynamique « quel serait le pire monde possible »? #Voltaire.

J’ai abordé cette histoire avec curiosité parce que j’avais entendu beaucoup de bien de Lionel Shriver et de ces précédents livres mais pour être honnête, celui-ci m’est un peu tombé des mains. Pourtant je suis une grande fan de dystopies (à niveau presque maladif soit dit en passant). Coucou Margaret Atwood! Si je n’ai absolument rien à reprocher à l’écriture et aux portraits extrêmement précis et réalistes des personnages, j’ai en revanche été très vite agacée par les longues (très longues, trop longues?) considérations économiques de l’auteure à tel point que parfois j’avais l’impression d’avoir sous les yeux un essai d’éco et non pas un roman. Et pourtant je suis en école de commerce donc je devrais être habituée.

Mais je lis principalement pour me détendre, m’évader un peu, très loin si possible alors me replonger dans des taux d’intérêts, fonds de pension et tutti quanti. Au secours. Je vous met à titre d’exemple un des (nombreux) passages qui entrecoupait de manière quasi-systématique l’intrigue.

Exactement. Tu as la France qui se trouve dans l’incapacité totale de refinancer une tranche de la dette arrivée à échéance, mais l’Allemagne et la BCE sont intervenues immédiatement, donc ce n’est pas comme s’ils risquaient de fermer la tour Eiffel par manque de financement. Ils en ont contrarié quelques-uns, c’est tout. Quant à Barclay’s au Royaume-Uni, la version officielle est que le gouvernement d’Ed Balls ne peut pas la renflouer cette fois-ci, mais ce n’est qu’une posture stratégique. Je suis prêt à parier qu’ils trouveront assez de pièces de dix pence entre les coussins des canapés de Downing Street pour empêcher la banque d’aller dans le mur. Et hier, deux fonds spéculatifs un peu nerveux de Zurich et de Bruxelles ont quasiment soldé à zéro leurs positions en dollars et investi dans l’or. Grand bien leur fasse. Ils se serviront de leurs beaux lingots comme presse-papiers quand l’or s’effondrera de nouveau.

Bon OK je vous l’accorde c’est compréhensible mais quand même, je trouvais que vu le sujet choisi, on aurait pu partir sur des pistes beaucoup plus intéressantes et vraiment mettre les personnages au centre plutôt que explications qui n’en finissaient pas.

Tout ça pour dire que ce détail m’a réellement gâché une lecture qui aurait été agréable sans ce fâcheux aspect.

EnconclusionV2

Une thèse assez intéressante sur une alternative de notre société. Si vous aimez l’économie foncez sinon… Foncez quand même, ça vaut le coup de découvrir cette auteure 🙂

Nota Bene : A lire dans un régime démocratique, sans l’ombre d’un populiste avec sa petite frisure blonde sur le crâne.

Ma note : 

troissurcinq


Editeur : BELFOND
Date parution : 04/05/17
ISBN : 9782714474230
Nb de pages : 528 pages