Sous Influence #2

Ma toute toute toute première interview réalisée par Tema Beraoud dans le journal de l’EM Lyon : Ça se fête (j’ai l’impression que tout est l’occasion de fêter quelque chose ces temps-ci)

Nota: Vous pourrez retrouver la version chatoyante avec la magnifique mise en page ICI!

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Auteur en herbe à emlyon

par Tema Beraoud

A toi qui aime plus que tout manier la plume, à toi qui ressens une liaison profonde à l’art de l’écriture, ou tout simplement à toi qui a un projet au coin de la tête sans oser penser qu’il puisse se réaliser… Ségolène Bourlard est la preuve qu’il suffit d’y croire et de s’y mettre pour atteindre ses objectifs. En dernière année à l’EM, elle a publié le mois dernier son premier livre, Sous Influence. Nous sommes allés à sa rencontre, en espérant que son exemple en inspire plus d’un.

Quand as-tu commencé à écrire ton livre et pourquoi ?

Tout a commencé dans un train le 14 Octobre 2016, et j’ai fini le 7 juin 2017, pour être précise (rires). L’élément déclencheur a été la lecture du Goncourt 2016 : “Chanson douce” de Leïla Slimani. C’est l’histoire d’une mère qui découvre en rentrant chez elle que sa nounou, qui avait l’air d’une femme bien sous tout rapport, a tué ses deux enfants avant de tenter de se suicider. Il faut croire que ce roman m’a inspiré le début de mon histoire. Alors que je repensais à ce livre pendant mon trajet de retour à Lyon, la première phrase de mon livre m’est venue : “Emilie n’avait jamais aimé les enfants”.

Ensuite, les mots se sont enchaînés tout seuls, et j’ai quasiment écrit tout le prologue dans le train, sans avoir aucune idée de la manière dont allait se terminer l’histoire.

Tu n’avais donc vraiment pas préparé la trame ?

Pas du tout. Il y avait certes des thèmes que je voulais aborder, mais j’ai été totalement embarquée par l’histoire. J’ai écrit les dix premiers chapitres d’une traite. Ensuite, il y a eu une période où je n’avais ni temps ni l’inspiration (et je pense qu’écrire doit rester un plaisir) donc j’ai un peu laissé ce projet de côté. J’ai aussi lu un livre excellent qui m’a découragée par rapport à la pertinence de mon histoire alors j’ai décidé de faire une pause de quelques mois dans l’écriture. Ceci dit, cela m’a aussi permis de mûrir mon projet, peut-être de manière plus inconsciente.

J’ai ensuite repris le livre lors d’un stage à Bruxelles. J’en ai profité pour me consacrer entièrement à son écriture (trois/quatre heures par soir). Mon objectif était vraiment de terminer le livre avant la fin de l’été.

Que dirais-tu de ton livre à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler?

Je dirais que c’est un thriller psychologique. C’est l’histoire d’un homme qui découvre le corps de sa fille lorsqu’il rentre du travail, à côté de sa femme, Emilie. Cette dernière s’emmure alors dans le silence, laissant tout son entourage sous le choc et dans l’incompréhension la plus totale.

Le livre alterne entre deux timelines : les chapitres “du présent” sur une période d’un an et “flashbacks” de la vie d’Émilie, de ses huit ans au jour du drame, qui nous permettent finalement de comprendre qui elle est, si elle a commis le crime et pourquoi. La timeline du présent montre les points de vue de son entourage qui réagit, chacun à sa manière, à ce qui s’est passé.

J’ai trouvé intéressant d’étudier les différentes réactions possibles face à traumatisme. Ce qui me passionne aussi, du point de vue écriture, c’est de distiller mes indices tout au long du livre, d’ouvrir et de refermer des parenthèses au bon moment pour créer du suspense. Finalement, ce livre m’a aussi permis de mieux comprendre mes personnages : comment une personne a priori normale peut-elle “péter les plombs ?”.

Quelles sont les principales difficultés ?

C’est de persévérer et de croire en son histoire. C’est assez bateau mais il ne faut vraiment pas se décourager dans les moments de doutes. J’avais déjà commencé une histoire auparavant mais je l’avais laissée de côté, peut-être parce que ce n’était pas L’Idée avec un I majuscule. Pour « Sous Influence », je savais dès la première phrase que ça serait un roman et qu’il faudrait que je le termine.

Une autre difficulté est de résister à la tentation de « tout dire » et de se perdre dans trop de personnages (le fameux écueil d’une idée = un personnage). Il est clairement impossible de traiter tous les sujets en un seul livre !

Comment fais-tu pour faire connaître ton livre ?

Déjà, je compte sur cette interview (rires). Je me suis également entourée d’une équipe de « professionnels » puisque c’est assez compliqué d’être objectif face à quelque chose que l’on a fait soi-même.

En ce qui concerne la promo pure et dure, je suis présente sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) et sur mon blog de Critiques Littéraires (Le Petit Crayon). Les blogueuses sont assez prescriptrices donc c’est une piste à ne pas négliger !

Raconte-nous le processus que tu as suivi pour être publiée.

J’avais vu sur mon fil d’actualité le concours de Librinova (agent littéraire). Il fallait écrire une histoire sur le thème “Faits divers et histoires diverses”. Je n’ai pas vraiment réfléchi et j’ai participé avec la version que j’avais finie quelques jours auparavant. Je ne m’attendais pas du tout à gagner et en Septembre, notification Facebook : “Vous avez gagné le premier prix”. C’était juste dingue, surtout que j’avais écrit beaucoup plus que le nombre maximum de mots autorisés ! Comme quoi, c’est bien d’être un peu culotté dans la vie !

Librinova va donc publier mon livre en version numérique le 25 novembre 2017 et le deal est qu’ils pourront me trouver un éditeur (pour la version papier) si j’arrive à faire 1 000 ventes dans les dix-huit mois suivant la publication.

A part ça, qui est Ségolène Bourlard ?

Rien de très original, parcours classique prépa/emlyon. Ce qui l’est moins en revanche c’est que je souhaite travailler dans l’édition (#cohérence !). Même si j’ai eu un parcours assez atypique avec mes stages, je crois qu’il est essentiel de rechercher dans sa vie pro quelque chose qui nous passionne plutôt que de suivre les voies toutes tracées. On aura bien le temps de s’ennuyer plus tard, non ?

En ce qui concerne mes projets littéraires, un livre c’est bien, deux livres c’est mieux. Je compte bien attaquer le deuxième dès que j’aurais assez de temps pour m’y consacrer.

 

 

 

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Sous Influence #1

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Hugo et Émilie incarnent le couple parfait aux yeux de leurs proches, jusqu’au jour où Émilie perd pied, jusqu’au jour où Hugo rentre chez lui pour découvrir le cadavre à la bouche encore barbouillée de chocolat de sa fille.
Après tout, Émilie n’avait jamais aimé les enfants…
C’est une longue descente aux enfers qui s’amorce. Emilie, tiraillée entre innocence et culpabilité, replonge dans ses souvenirs et sombre doucement dans la folie. Son entourage, sous le choc, hésite entre déni et recherche de la vérité. Comment Emilie a t-elle pu en arriver là ? Quelle faille pourrait expliquer ce terrible basculement ? Personne ne semble avoir la réponse… Mais peut-être qu’IL sait ?

Lauréat du concours Librinova 2017 « Faits divers et histoires diverses ».

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Il y a quelques mois, j’ai ouvert un document Word et j’ai écrit les premiers mots de ce qui constituerait un jour Sous Influence. Je ne pensais pas que je serai embarquée à ce point par l’histoire. Le fait d’être seule, face à une feuille vierge, face à un univers de possibilités est terriblement grisant. Alors j’ai écrit, au Starbucks pour le cliché, dans mon lit avec mon ordi sur les genoux à des heures improbables, pendant les pauses entre deux cours de market. Et puis j’ai mis un point final à l’histoire. Ce fichier était destiné à vieillir dans mon ordinateur jusqu’au jour où je suis tombée sur ce concours, presque par hasard, organisé par Librinova. Le sujet: « Faits divers et histoires diverses ».

J’ai participé et envoyé mon texte sans vraiment y croire. Et il y a eu ce fameux mail deux mois plus tard : Vous avez gagné le premier prix. Vous avez remporté la publication de votre livre. Petit shot de réalité, ce n’est plus juste moi et mon Word. Ce n’est plus uniquement un Word, c’est un livre en devenir.

Écrire un roman, c’est un de ces projets qui avait toujours été dans ma check-list de vie et même si ce n’est pas le livre de la décennie, même si ce n’est qu’un premier roman, je suis tout de même fière d’avoir pu mener mon idée à terme. On a tous des rêves un peu fous et voilà, si j’ai un conseil à vous donner à mon tour c’est de vous lancer ! Si on s’en donne les moyens, on peut y arriver et je vous assure que ce sentiment, une fois la tâche accomplie, est juste incroyable. Alors, comme le dit Shonda Rhimes:

Don’t be a dreamer be a doer

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Je sais bien que l’on n’est pas aux Oscars mais je tiens tout de même à remercier l’équipe de Librinova (particulièrement Laure, Charlotte, Anais et Ophélie) pour leur réactivité, leur dynamisme et leurs précieux conseils. Pour tous ceux qui veulent se lancer dans l’auto-édition => Librinova est un bon plan je vous assure. Merci également à Paul Ivoire (un des membres du jury du concours) pour sa relecture et merci à la dream team constituée par Justine Coppeaux (éditrice), Clémentine Guyot (correctrice) et Cyntia Bertacchini (graphiste, auteure entre autre du teaser !) pour leur amitié et leur professionnalisme, pour avoir supporté mes appels et messages hystériques à des heures improbables pour respecter les deadlines et répondre à mes questions existentielles. N’hésitez pas à me contacter si vous voulez leurs coordonnées pour vos projets pro (elles sont toutes les trois sur LinkedIn!).

Et enfin, merci à tous ceux qui ont cru et continuent à croire en ce projet : Particulièrement Delphine (pour avoir consciencieusement lu chaque chapitre dans sa première version qui n’était pas transcendante), Caroline (et son enthousiasme qui m’a toujours motivé à continuer lors des moments de doute), Youmelle (pour ta bonne humeur), Marine (pour m’avoir toujours encouragée et avoir cru en cette histoire), ML, Momo, Julie, Marie, Inès, Elodie, Anne-So, les petites zouz des stages en édition et la préférée (Juliette :P).

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Voilà, c’est assez compliqué de parler de manière objective de cette histoire, je préfère ne pas vous spoiler, mais j’espère en tout cas que le teaser vous a donné envie de découvrir Sous Influence et d’en parler autour de vous !! (oui oui l’espoir fait vivre). Pour celles et ceux d’entre vous qui sont blogueurs et qui souhaiteraient que je leur envoie les premiers chap, n’hésitez pas à me contacter en MP sur la page Facebook auteur ou en commentaires 🙂

#SousInfluence est disponible à 3,99€ depuis le 13/11 en pré-commande sur Kobo et Amazon 🙂


Editeur : LIBRINOVA
Date parution : 25/11/17
ISBN : 9791026213543
Nb de pages : 387 pages

Paul Ivoire – L’auteur altruiste

A l’occasion du Salon du Livre de Paris j’ai eu l’occasion avec d’autres bloggueurs, de rencontrer Paul Ivoire, auteur d’A chacun son rêve, à une table ronde au stand de Librinova! #Privilège #Joie #Etoiles bleues dans les yeux 🙂

Pour être honnête c’est la première fois que je participais à ce genre d’évènement, une table ronde avec une rencontre auteur et j’étais assez impressionnée (au point de réviser mes petites notes juste avant – bref j’étais légèrement ridicule comme avant de passer un entretien déterminant) et puis Paul Ivoire s’est assis, tranquillement, et il nous a mis tout de suite à l’aise parce que je crois qu’au fond il était aussi intimidé que nous.

A dire vrai c’était assez rafraîchissant d’avoir en face de soi une personne humble, les yeux pétillants, presque surpris par son propre bonheur de tenir son livre entre les mains. J’ai trouvé qu’il ressemblait beaucoup à son protagoniste (pas uniquement dans son discours mais aussi dans son attitude, sa prévenance et sa gentillesse). Paul Ivoire est véritablement un auteur accompli. Depuis son plus jeune âge il écrit: des poèmes aux carnets de bords en passant par des pièces de théâtre (dans lesquelles il a réussi à faire jouer ses amis!). Il ressort vraiment de son discours l’importance qu’il accorde à sa famille : de son père, héros des crêpes qui fut sa première source d’inspiration jusqu’à ses enfants, aujourd’hui, qui lui inspirent les nombreuses histoires qu’il cache dans ses tiroirs.

Lorsque ce père au foyer a découvert Harry Potter il y a quelques années il a été conquis (et moi avec quand j’ai vu ses yeux briller en évoquant comment il avait été saisi par l’intrigue). Et comme tout bon écrivain qui se respecte il s’est dit qu’il allait lui aussi se mettre à écrire des histoires pour ses enfants. Ecrire un chapitre pendant la journée et leur lire le soir. Il faut savoir que les enfants sont des juges implacables qui ne manquent pas de signifier par un bâillement si l’histoire n’est pas intéressante. C’est ainsi qu’il s’est mis en tête de céder à leurs supplications et d’écrire entre autre une trilogie (on en rêverait d’un père comme ça!). Il nous explique alors tout naturellement qu’au fur et à mesure que ses enfants grandissent, son écriture et les thèmes qu’il aborde évoluent avec eux.

Actuellement, il a plusieurs projets en cours. On lui souhaite la plus belle des réussites parce que du peu que j’en ai vu c’était vraiment une belle personne, humble, tournée vers les autres et qui n’a pas perdu sa capacité à s’émerveiller.

L’origine d’A chacun son rêve

A l’origine de ce livre il y a un concours, celui du prix Nouveaux Talents 2015 organisé par la Fondation Bouygues Télécom et les éditions Jean-Claude Lattès. Il est parti d’une citation de Marcel Pagnol « Tout le monde pensait que c’était impossible. Un imbécile est venu qui ne le savait pas, et qui l’a fait » et s’il n’a pas remporté ce concours il a quand même remporté son idée et la publication de son livre!

Librinova l’a publié sous le titre « La guerre des millions » en référence à « La guerre des boutons ». Je ne vais pas m’attarder sur l’histoire de sa publication que vous pourrez retrouver ici, en revanche je vais revenir sur le moment fort de la rencontre: Que ferait Paul Ivoire s’il gagnait la même somme que Sylvain Beaumont (179 millions)?

C’est vrai que c’est une question existentielle mais il avait déjà réfléchi à la question. Il voudrait une vision plus Girondine de la France, faire venir la culture à la campagne, la démocratiser afin que tout le monde puisse y avoir accès pour créer une universalité du monde artistique. Il souhaiterait également s’engager pour la protection de la planète et peut-être aussi voyager à Abidjan en Côte d’Ivoire pour revoir sa famille. Je n’ai même pas été étonnée par l’altruisme de sa réponse.  C’était totalement en cohérence avec le personnage. C’était tellement étrange en fait, j’avais l’impression de déjà connaitre l’auteur à travers Sylvain Beaumont. Peut-être que c’est la raison pour laquelle on est aussi intimidé (en tout cas je parle pour moi) lorsque l’on rencontre un auteur parce qu’une écriture sincère et vraie crée un rapport assez intime avec les lecteurs. Finalement on reconnait une personne à travers sa manière de s’exprimer et d’écrire (et décrire le monde) peut-être plus qu’en la rencontrant en personne.

L’arrivée d’Anne Carrière

La rencontre avec Paul Ivoire a été interrompue (avec plaisir) par Anne Carrière. Si l’on pouvait parfois douter de la relation qu’il existe entre un auteur et son éditeur, ici la confiance et la reconnaissance de Paul Ivoire envers son éditrice étaient palpables. Après un mini cours d’histoire pour nous rappeler qu’elle était la fille de Robert Laffont et qu’elle avait grandi autour des livres, AC a voulu perpétuer son héritage en créant sa propre maison d’édition. Son objectif? Publier des « livres ouverts sur la vie » qui peuvent toucher le public et qui sont faciles à lire. Il ne fait aucun doute que les écrits de Paul Ivoire remplissent les critères!

On note au passage qu’elle est l’éditrice de Paul Coelho (L’alchimiste) et de my favourite girl Chimamanda Ngozi Adichie. Bref une maison à suivre de très près 🙂

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A chacun son rêve – Paul Ivoire

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Sylvain Balmont, commercial dans une entreprise agroalimentaire, gagne le jackpot de l’Euromillions grâce à un SDF. Son premier réflexe est de retrouver le vagabond pour le remercier et lui venir en aide. Mais son bienfaiteur est mort. En pleine procédure de divorce, le Parisien n’a aucun projet. Et comme il se sent infiniment redevable, il décide d’enquêter sur le passé du SDF, Xavier Rosa, afin d’honorer sa mémoire. Ses investigations le conduisent à Villard-sur-Armançon, un village de deux cents âmes, perdu en Bourgogne à proximité d’Alésia. Deux familles de paysans – deux véritables clans – s’y livrent une guerre absurde à laquelle Rosa ne semble pas étranger. Malgré lui, Sylvain déterre des secrets que le maire voulait étouffer. Le conflit entre les deux hommes prend des proportions déraisonnables, chacun essayant de pousser l’autre à bout. Bien aidé par ses millions, le Parisien tient bon. Et au milieu des querelles qui agitent le village, il trouve enfin le moyen d’honorer la mémoire de son bienfaiteur : exaucer un rêve de jeunesse de Rosa, un projet un peu fou qui n’a pas fini de faire enrager le maire.

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Lorsque mon cerveau de Parisienne a compris que l’histoire allait se dérouler en partie dans un petit village perdu au fin fond de la Bourgogne, j’ai eu un bref moment de recul très vite dissipé à la lecture des premières pages cela dit!

On rentre très vite dans l’histoire, le style est agréable, d’une simplicité travaillée et on s’identifie très vite à Sylvain Beaumont, ce commercial de 49 ans qui par un heureux concours de circonstances se retrouve en possession de la grille gagnante de l’Euro-millions.

Dès les premières pages, j’ai eu une impression qui n’a cessé de se confirmer tout au long du livre. Celle que ce roman devrait absolument être adapté en téléfilm ou mini-série (dans le style de La Nouvelle Maud). L’originalité ici est l’angle choisi par Paul Ivoire. Ce n’est pas le retour de l’enfant prodigue au village de son enfance ou bien la victime lésée d’un crime ou d’un complot qui revient pour exercer sa vengeance. Non. C’est tout simplement l’histoire de Sylvain Beaumont, un Monsieur tout-le-monde qui gagne au loto grâce à un SDF, Xavier Rosa, et qui décide de rendre justice à son bienfaiteur afin de le remercier et de lui rendre hommage.

À chacun son rêve. Je n’ai pas trouvé le mien, alors j’emprunte celui de Roxa. Au moins il ne sera pas mort pour rien.

Lorsqu’il débarque dans le petit village de Villard-sur-Armançon (ce nom…),  en Bourgogne, Sylvain comprend bien vite que le nom de Xavier Rosa réveille une histoire que tout le monde préfèrerait oublier. Celle de la mort de Marie Vichot, la fille du maire, morte à 15 ans dans des circonstances troubles. Xavier aurait eu sa part de responsabilité dans la disparition de celle qui fut sa petite amie de l’époque. Alors qu’une véritable Omerta est placée sur ces évènements du passé, Sylvain, avec son regard extérieur et étranger aux tensions intestines et générationnelles entre les Vichot et les Germain (les deux principales familles du village) va s’employer à réhabiliter le nom de Xavier et faire la lumière sur ce qui est arrivé à Marie.

L’histoire est très bien ficelée, on voit presque les rouages de la mécanique du roman où l’auteur distille les éléments de l’intrigue au compte-goutte. On sait confusément que des éléments seront essentiels pour la suite mais on feint de l’oublier pour se laisser prendre par la main et suivre le cours naturel de l’histoire. Ce roman a des accents assez réalistes d’une certaine manière, notamment dans les petites observations du quotidien (par exemple le fait d’imiter la signature de l’expéditeur dans un mail ou apprécier la messe qui donne l’occasion de méditer malgré l’alternance constance des assis/debout).

Cependant à la lecture de ce livre, il m’est resté un petit bémol au sujet de Sylvain. Ca m’a légèrement chagrinée que le protagoniste soit si gentil, altruiste et plein de bonnes intentions. Il faudrait peut-être que je pense à changer mes fréquentations mais je pense que l’histoire manquait un peu de réalisme de ce côté là.

Et vous qu’est-ce que vous feriez si vous gagniez au Loto?

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A priori les histoires qui se passent à la campagne avec des intrigues du style téléfilm sur France 3 ne sont pas mais alors pas du tout ma tasse de thé mais il faut dire que Paul Ivoire a réussi à me réconcilier avec le genre. Un grand merci aux éditions Anne Carrière (et par extension à l’équipe de Librinova) et à Paul Ivoire pour l’ouvrage dédicacé qui aura une place de choix dans ma bibliothèque 🙂

Nota Bene : A lire dans une fête foraine au sommet de la grande roue avec une bonne bouteille de nuits-saint-georges en s’éventant avec des billets de 500€

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Editeur : ANNE CARRIERE
Date parution : 02/03/17
ISBN :9782843378539
Nb de pages : 290 pages

Mon amie la douleur – Lanahmé V

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Valérie, chef d’entreprise, est admise en maison de santé en novembre 2015, après 5 ans de souffrance. Avec un ton juste et sincère, elle dresse un portrait sévère du monde des chirurgiens. « Sur une échelle de 1 à 10, à combien situez-vous votre douleur? ». Elle dit 1000, on lui répond « tout est normal ! ». Elle préférerait qu’on lui découvre une maladie rare pour qu’enfin on la prenne au sérieux et que ses douleurs au ventre cessent.

De rage d’abord, elle se met à écrire. Elle continue ensuite pour sa famille et pour tous les autres, afin de dédramatiser la dépression et le burn out, maladies de notre génération. Par ce livre, elle souhaite aider les proches des malades à les comprendre, à leur montrer qu’il existe des solutions, et que le soleil est seulement caché derrière les nuages.

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Parfois on arbore ce sourire de façade alors qu’intérieurement on a juste envie de se tirer une balle. « Tout va bien ». Ca fait mal et alors? La douleur ça prouve qu’on est en vie et si on s’accroche et on continue on est d’autant plus fort non?

Sauf au moment où ça devient insupportable et que le corps, précurseur à ce que cette petite voix intérieure répète depuis quelque temps, dit STOP. C’est ce qui est arrivé à Valérie. Superwoman des temps modernes, elle gère sa carrière (son entreprise), sa famille, sa maison d’une main de maître avec le soutien indéfectible de son mari et vit à 1000 à l’heure. Aucun défi n’est trop grand, aucun horaire n’est insurmontable. Après tout, elle a toujours été adepte du célèbre mantra « Toujours plus ». Ce n’est pas le genre à se plaindre et à abandonner la partie à la première occasion.

Dans la première partie de son récit elle nous raconte, avec une véritable sincérité comment elle en est arrivée là. A ce moment où elle a dû mettre sa vie entre parenthèse. L’écriture y est saccadée, on passe d’un thème à l’autre, ses pensées paraissent embrouillées comme si elle-même ne savait pas trop où elle allait et que jeter les mots sur le papier était la seule manière qu’elle avait trouvé pour essayer de faire le bilan et comprendre afin de se débarrasser de ce poison:  son amie la Douleur.

Au moment où j’écris, tout est confus et je ne connais pas encore le chemin que je vais devoir emprunter. 

Son amie la Douleur? C’est assez curieux comme expression mais c’est pourtant la réalité des choses. A force de la trainer avec elle constamment comme un boulet, elle s’est perdue dans le processus et ne vit qu’à travers le prisme de la souffrance. Son psy décide de l’envoyer quelques semaines en HP. Elle y tient alors un journal de bord qui décrit ses journées, entre séances chez le psy et activités avec les autres patients elle réapprend à vivre  … C’est honnêtement ma partie préférée du livre.

De nouvelles têtes, une ambiance scolaire. Un point commun, tout le monde est en jean ou en jogging, aucune femme n’est maquillée. Et pourtant personne ne s’est passé le mot. Quand on souffre, la pyramide de Maslow nous renvoie à nos besoins primaires et le surfait passe alors aux oubliettes. 

En somme ce livre démystifie les arcanes des HP et prouve que ce n’est pas faire preuve de faiblesse que d’accepter de se faire aider. Si la vie n’était que plate, sans passions et sans douleurs ce ne serait qu’une vie parodique. Pour accéder aux sommets de joie et retrouver le goût et la faculté d’être tranquille dans une chambre il faut parfois devoir regarder les choses en face et comprendre qu’aller en HP n’est pas un échec, c’est une mise à distance, l’occasion de faire le point et décider que la vie ne devrait pas être si difficile. C’est apprendre à se connaitre, s’accepter et avoir le courage d’être heureux.

Les semaines passent et à force d’obstination Valérie arrive à s’en sortir et à comprendre que parfois en faire plus c’est en faire moins, c’est trouver de la joie dans un film regardé  devant la télé avec sa fille, c’est jouer avec son nouveau chien, c’est profiter de la vie et rompre les liens avec sa meilleure ennemie, la douleur.

Je ne peux pas m’empêcher de me questionner sur le monde médical encore une fois mais si on m’avait expliqué que ce médicament allait me redonner mon ancien moi, si on avait appelé cette pilule un Pourlavie au lieu d’un Antidépresseur qui porte en son nom une sonorité négative sur une maladie de la psyché qui est elle-même une interrogation pour le corps médical, alors j’aurais foncé dessus depuis bien longtemps. 

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Un récit sincère et touchant qui décrit la descente aux enfers d’une super woman qui s’est retrouvée à devoir dire stop lorsque son corps a tiré la sonnette d’alarme. Un beau message d’espoir qui, entre anecdotes et humour montre qu’il existe un chemin pour aller mieux et pour se retrouver.

Nota Bene : A lire entre deux mails urgents et trois épisodes de Grey’s Anatomy. Toujours plus.

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Editeur : LIBRINOVA
Date parution : 02/02/17
ISBN :  9791026208884
Nb de pages : 135 pages

Imagio T1 – Manon Elin

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Deux fidèles amies, Maniya et Nivla, mènent une existence paisible dans la province de Hortensius. Un beau jour, leurs vies basculent lorsqu’elles reçoivent un sombre message : « Imagio, centre de la magie, se meurt ».
Les deux jeunes femmes se voient soudain dotées de pouvoirs uniques et prennent conscience de leur rôle majeur dans la sauvegarde de l’île d’Imagio. Elles se retrouvent ainsi projetées au cœur d’une bataille sans merci entre les défenseurs de l’île et l’alliance des Écortès, conspiration de Sorciers Noirs aux pouvoirs maléfiques.
Engagées auprès des membres du Nouvel Équilibre, groupe de magiciens luttant pour la paix d’Imagio, Maniya et Nivla doivent également faire face à de lourds secrets. Et les questions se multiplient: quel est l’objet et la nature de leur quête ? Pourquoi les nomme t-on les « Filles Perdues » ? Qui sont-elles réellement ?
Pour trouver des réponses, les deux amies devront parcourir un chemin semé d’embûches et à l’issue incertaine…

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Il est vrai que c’est un exercice difficile d’écrire un roman de fantasy, de poser les bases d’un nouveau monde (avec ses règles et ses coutumes) et d’exposer une mythologie tout en présentant les personnages principaux.

Pour être parfaitement honnête, j’ai dû m’accrocher pendant les premiers chapitres pour entrer dans l’histoire et même si l’on voit que l’auteur fait clairement des efforts pour être le plus précise possible dans l’exposition des personnages j’ai eu du mal à être convaincue. Pour moi avant tout, dans un roman, quel qu’il soit, il faut que les personnages soient crédibles, incarnés. Qu’on aie l’impression de les avoir déjà rencontrés, qu’on vive, qu’on souffre, qu’on rie et qu’on aime avec eux. Ici je n’ai pas réussi à éprouver d’empathie pour les personnages, les dialogues ne sonnaient pas juste. Je ne sais pas dire exactement pourquoi (ou sinon il faudrait écrire des pages et des pages) mais les dialogues étaient trop artificiels, les actions des personnages étranges ou pas assez crédibles (par exemple les mères d’adoption qui acceptent de laisser partir leurs filles sans protester plus que ça, ou la fille qui apprend qu’elle est adoptée et qui passe à autre chose à peine quelques paragraphes plus tard). C’est ce genre de détails (qui n’en sont pas) qui m’ont profondément dérangée dans cette lecture.

En revanche, j’ai bien aimé la construction et le déroulé de l’histoire bien qu’un peu classique. Cette fameuse quête m’a rappelée celle que j’ai pu lire avec Eragon ou les Ewilan. Avec une différence qui est celle de la profondeur des personnages (et qui pour moi fait tout vous l’aurez compris).

Je ne reviens pas sur l’histoire en elle-même, le synopsis a le mérite d’être clair.

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En bref, pour moi le bilan est en demi-teinte. Je n’ai pas été convaincue par le style et la psychologie des personnages n’est pas assez poussée pour moi. Après, pour être juste, il s’agit ici d’un roman pour les young adult et je ne suis peut-être pas le public désigné… Affaire à suivre pour les prochains tomes.

Nota Bene A lire si l’on est en quête d’aventure et de magie.

Ma note :

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Editeur : LIBRINOVA
Date parution : 28/10/16
ISBN : 9791026207375
Nb de pages : 464 pages

La belle histoire d’une jeune femme qui avait le canon d’un fusil dans la bouche – Denis Faïck

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Une jeune femme est assise dans les toilettes d’une gare. Elle a placé le canon d’un fusil dans sa bouche. Le doigt sur la détente, elle est prête à faire feu. Elle entend les bruits aux alentours et, soudain, des moments de sa vie défilent, de son enfance à cet instant. Elle laisse alors ces morceaux de vie revenir. Joies, désespoirs, rencontres insolites, amours et bouleversements se succèdent jusqu’à l’instant ultime.

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J’avoue que j’ai très vite été attirée par ce livre qui a un titre à la Stieg Larsson, auteur de l’excellente série Millenium (« La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette »).

Je suis laide, presque grosse, assise sur les chiottes de la gare du Nord j’ai le canon d’un fusil dans la bouche. J’ai trente ans, le doigt sur la détente, le regard sur un poil par terre.

Par courts chapitres Josiane se souvient par bribes des instants qui ont constitués sa vie, une multitude de petits moments qui ont fait qu’elle se retrouve aujourd’hui, assise le canon d’un fusil dans la bouche sur les chiottes de la gare du Nord.

Josiane est une enfant non désirée. Sa mère et son géniteur ne se sont pas fait priés pour le lui faire comprendre. Et elle, petite fille perdue recherche sans cesse l’approbation dans les yeux de sa mère mais n’y décèle que du ressentiment qui peu à peu la détruit et la tue. Comment une femme pareille a-t’elle pu l’engendrer, elle, la petite fille au physique si ingrat? Elle se souvient douloureusement de sa main tendue, presque désespérée, qui essaie, en vain, de saisir celle de sa mère qui ne veut pas s’embarrasser de cette chose immonde qui la gène, l’incommode.

Elle ne m’a jamais frappée, pas une seule fois, mais sa violence était plus grammaticale, ça a plus de style non, plus de classe, sans doute car elle me cognait à coups de phrases avec sa bouche magnifique pendant que moi je l’aimais.

Josiane observe sa mère, si belle, presque en cachette pendant qu’elle regarde le film en noir et blanc du samedi soir en rêvant sa vie d’actrice. Une vie où elle n’aurait pas été embarrassée de son idiot de mari et de son encombrante fille. Elle revoit l’amant de sa mère qui achète son silence avec des paires de lunettes de soleil « le prix de la honte » et la vision du père idéal qui se fissure irrémédiablement et tombe en miettes sur le sol en lino de ses regrets.

C’est alors que presque par hasard,  Josiane trouve une reconnaissance presque salvatrice dans les yeux de Martin,  un petit garçon malade de sa classe qu’elle rencontre au CE1. Elle n’est plus seule, ils sont deux. Deux contre le monde. Et puis Martin part. Josiane se retrouve seule. Encore. Peut-être encore plus que la dernière fois parce qu’il n’est plus là. Tout est alors plus difficile, l’indifférence de sa mère comme les humiliations de ses camarades de classe. Le temps passe dans une langueur monotone, absurde, remplie d’ennui et de solitude.

Son quotidien s’éclaire brièvement grâce à Monsieur Bonnemaison, le locataire du sous-sol de la maison familiale, un ornithologue de 80 ans. Il ne se contente pas de la voir, il la regarde, devine son mal-être, ce qu’elle ne dit pas, cette solitude et la tristesse qui la rongent et qu’ils partagent.

« Ce qui m’intéresse chez les oiseaux, ce n’est pas le cliché de leur liberté, parce qu’ils volent, parce qu’ils sont dans le ciel. Non. Ce qui m’intéresse c’est quand ils ne volent pas. C’est à cet instant qu’ils ont des choses intimes à dire. »- Mr Bonnemaison

Josiane mène alors une vie qu’elle trouve fade et insipide mais qui est entrecoupée de quelques instants de félicité comme la rencontre avec Clara, autre âme solitaire auprès de laquelle elle va se réfugier pendant ses années lycée; ou bien celle de Bill, son premier amour qui gratte la guitare et fume des joints en dilettante; ou encore celle de la belle Anna ou de l’insolite Hyppolite Punk.

Pendant tout le début de ma vie je suis passée au travers des années, mais c’était tout juste, comme dans un couloir très étroit, mes épaules frôlaient les bords de l’existence et je devais forcer un peu pour passer. Juste à peine. J’ai vécu passable.

Josiane se trouve passable, indigne de l’intérêt que l’on pourrait daigner lui apporter à elle. A elle qui n’a connu que le mépris et les moqueries. C’est peut-être de là que provient son intérêt pour les profils atypiques, pour ceux qui sortent de norme. Son talent à Josiane c’est peut-être de trouver de la beauté dans l’étrange, une autre beauté que celle de sa mère, cruelle, froide et indifférente.

Va-t’elle appuyer sur la détente?

EnconclusionV2

J’ai lu ce livre comme on regarde des photos de Polaroïd. Denis Faïck saisit les instants de vies volés de son héroïne avec talent. J’ai été transportée par ce livre, triste et en colère à la fois contre la violence muette qu’a dû subir Josiane. Une violence ordinaire qui n’a d’ordinaire que le nom. A lire absolument. Peut-être que c’est parce que je suis un peu émotive en ce moment mais vraiment c’est un titre qui m’a bouleversé. Merci à Librinova pour cet envoi ❤

Nota Bene A lire en écoutant « Elle a les yeux revolver » de Marc Lavoine #humournoir

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : LIBRINOVA
Date parution : 10/11/16
ISBN :9791026206279
Nb de pages : 227 pages