Paul Ivoire – L’auteur altruiste

A l’occasion du Salon du Livre de Paris j’ai eu l’occasion avec d’autres bloggueurs, de rencontrer Paul Ivoire, auteur d’A chacun son rêve, à une table ronde au stand de Librinova! #Privilège #Joie #Etoiles bleues dans les yeux 🙂

Pour être honnête c’est la première fois que je participais à ce genre d’évènement, une table ronde avec une rencontre auteur et j’étais assez impressionnée (au point de réviser mes petites notes juste avant – bref j’étais légèrement ridicule comme avant de passer un entretien déterminant) et puis Paul Ivoire s’est assis, tranquillement, et il nous a mis tout de suite à l’aise parce que je crois qu’au fond il était aussi intimidé que nous.

A dire vrai c’était assez rafraîchissant d’avoir en face de soi une personne humble, les yeux pétillants, presque surpris par son propre bonheur de tenir son livre entre les mains. J’ai trouvé qu’il ressemblait beaucoup à son protagoniste (pas uniquement dans son discours mais aussi dans son attitude, sa prévenance et sa gentillesse). Paul Ivoire est véritablement un auteur accompli. Depuis son plus jeune âge il écrit: des poèmes aux carnets de bords en passant par des pièces de théâtre (dans lesquelles il a réussi à faire jouer ses amis!). Il ressort vraiment de son discours l’importance qu’il accorde à sa famille : de son père, héros des crêpes qui fut sa première source d’inspiration jusqu’à ses enfants, aujourd’hui, qui lui inspirent les nombreuses histoires qu’il cache dans ses tiroirs.

Lorsque ce père au foyer a découvert Harry Potter il y a quelques années il a été conquis (et moi avec quand j’ai vu ses yeux briller en évoquant comment il avait été saisi par l’intrigue). Et comme tout bon écrivain qui se respecte il s’est dit qu’il allait lui aussi se mettre à écrire des histoires pour ses enfants. Ecrire un chapitre pendant la journée et leur lire le soir. Il faut savoir que les enfants sont des juges implacables qui ne manquent pas de signifier par un bâillement si l’histoire n’est pas intéressante. C’est ainsi qu’il s’est mis en tête de céder à leurs supplications et d’écrire entre autre une trilogie (on en rêverait d’un père comme ça!). Il nous explique alors tout naturellement qu’au fur et à mesure que ses enfants grandissent, son écriture et les thèmes qu’il aborde évoluent avec eux.

Actuellement, il a plusieurs projets en cours. On lui souhaite la plus belle des réussites parce que du peu que j’en ai vu c’était vraiment une belle personne, humble, tournée vers les autres et qui n’a pas perdu sa capacité à s’émerveiller.

L’origine d’A chacun son rêve

A l’origine de ce livre il y a un concours, celui du prix Nouveaux Talents 2015 organisé par la Fondation Bouygues Télécom et les éditions Jean-Claude Lattès. Il est parti d’une citation de Marcel Pagnol « Tout le monde pensait que c’était impossible. Un imbécile est venu qui ne le savait pas, et qui l’a fait » et s’il n’a pas remporté ce concours il a quand même remporté son idée et la publication de son livre!

Librinova l’a publié sous le titre « La guerre des millions » en référence à « La guerre des boutons ». Je ne vais pas m’attarder sur l’histoire de sa publication que vous pourrez retrouver ici, en revanche je vais revenir sur le moment fort de la rencontre: Que ferait Paul Ivoire s’il gagnait la même somme que Sylvain Beaumont (179 millions)?

C’est vrai que c’est une question existentielle mais il avait déjà réfléchi à la question. Il voudrait une vision plus Girondine de la France, faire venir la culture à la campagne, la démocratiser afin que tout le monde puisse y avoir accès pour créer une universalité du monde artistique. Il souhaiterait également s’engager pour la protection de la planète et peut-être aussi voyager à Abidjan en Côte d’Ivoire pour revoir sa famille. Je n’ai même pas été étonnée par l’altruisme de sa réponse.  C’était totalement en cohérence avec le personnage. C’était tellement étrange en fait, j’avais l’impression de déjà connaitre l’auteur à travers Sylvain Beaumont. Peut-être que c’est la raison pour laquelle on est aussi intimidé (en tout cas je parle pour moi) lorsque l’on rencontre un auteur parce qu’une écriture sincère et vraie crée un rapport assez intime avec les lecteurs. Finalement on reconnait une personne à travers sa manière de s’exprimer et d’écrire (et décrire le monde) peut-être plus qu’en la rencontrant en personne.

L’arrivée d’Anne Carrière

La rencontre avec Paul Ivoire a été interrompue (avec plaisir) par Anne Carrière. Si l’on pouvait parfois douter de la relation qu’il existe entre un auteur et son éditeur, ici la confiance et la reconnaissance de Paul Ivoire envers son éditrice étaient palpables. Après un mini cours d’histoire pour nous rappeler qu’elle était la fille de Robert Laffont et qu’elle avait grandi autour des livres, AC a voulu perpétuer son héritage en créant sa propre maison d’édition. Son objectif? Publier des « livres ouverts sur la vie » qui peuvent toucher le public et qui sont faciles à lire. Il ne fait aucun doute que les écrits de Paul Ivoire remplissent les critères!

On note au passage qu’elle est l’éditrice de Paul Coelho (L’alchimiste) et de my favourite girl Chimamanda Ngozi Adichie. Bref une maison à suivre de très près 🙂

rencontre

A chacun son rêve – Paul Ivoire

paul-ivoire

SynopsisV2

Sylvain Balmont, commercial dans une entreprise agroalimentaire, gagne le jackpot de l’Euromillions grâce à un SDF. Son premier réflexe est de retrouver le vagabond pour le remercier et lui venir en aide. Mais son bienfaiteur est mort. En pleine procédure de divorce, le Parisien n’a aucun projet. Et comme il se sent infiniment redevable, il décide d’enquêter sur le passé du SDF, Xavier Rosa, afin d’honorer sa mémoire. Ses investigations le conduisent à Villard-sur-Armançon, un village de deux cents âmes, perdu en Bourgogne à proximité d’Alésia. Deux familles de paysans – deux véritables clans – s’y livrent une guerre absurde à laquelle Rosa ne semble pas étranger. Malgré lui, Sylvain déterre des secrets que le maire voulait étouffer. Le conflit entre les deux hommes prend des proportions déraisonnables, chacun essayant de pousser l’autre à bout. Bien aidé par ses millions, le Parisien tient bon. Et au milieu des querelles qui agitent le village, il trouve enfin le moyen d’honorer la mémoire de son bienfaiteur : exaucer un rêve de jeunesse de Rosa, un projet un peu fou qui n’a pas fini de faire enrager le maire.

MonavisV2

Lorsque mon cerveau de Parisienne a compris que l’histoire allait se dérouler en partie dans un petit village perdu au fin fond de la Bourgogne, j’ai eu un bref moment de recul très vite dissipé à la lecture des premières pages cela dit!

On rentre très vite dans l’histoire, le style est agréable, d’une simplicité travaillée et on s’identifie très vite à Sylvain Beaumont, ce commercial de 49 ans qui par un heureux concours de circonstances se retrouve en possession de la grille gagnante de l’Euro-millions.

Dès les premières pages, j’ai eu une impression qui n’a cessé de se confirmer tout au long du livre. Celle que ce roman devrait absolument être adapté en téléfilm ou mini-série (dans le style de La Nouvelle Maud). L’originalité ici est l’angle choisi par Paul Ivoire. Ce n’est pas le retour de l’enfant prodigue au village de son enfance ou bien la victime lésée d’un crime ou d’un complot qui revient pour exercer sa vengeance. Non. C’est tout simplement l’histoire de Sylvain Beaumont, un Monsieur tout-le-monde qui gagne au loto grâce à un SDF, Xavier Rosa, et qui décide de rendre justice à son bienfaiteur afin de le remercier et de lui rendre hommage.

À chacun son rêve. Je n’ai pas trouvé le mien, alors j’emprunte celui de Roxa. Au moins il ne sera pas mort pour rien.

Lorsqu’il débarque dans le petit village de Villard-sur-Armançon (ce nom…),  en Bourgogne, Sylvain comprend bien vite que le nom de Xavier Rosa réveille une histoire que tout le monde préfèrerait oublier. Celle de la mort de Marie Vichot, la fille du maire, morte à 15 ans dans des circonstances troubles. Xavier aurait eu sa part de responsabilité dans la disparition de celle qui fut sa petite amie de l’époque. Alors qu’une véritable Omerta est placée sur ces évènements du passé, Sylvain, avec son regard extérieur et étranger aux tensions intestines et générationnelles entre les Vichot et les Germain (les deux principales familles du village) va s’employer à réhabiliter le nom de Xavier et faire la lumière sur ce qui est arrivé à Marie.

L’histoire est très bien ficelée, on voit presque les rouages de la mécanique du roman où l’auteur distille les éléments de l’intrigue au compte-goutte. On sait confusément que des éléments seront essentiels pour la suite mais on feint de l’oublier pour se laisser prendre par la main et suivre le cours naturel de l’histoire. Ce roman a des accents assez réalistes d’une certaine manière, notamment dans les petites observations du quotidien (par exemple le fait d’imiter la signature de l’expéditeur dans un mail ou apprécier la messe qui donne l’occasion de méditer malgré l’alternance constance des assis/debout).

Cependant à la lecture de ce livre, il m’est resté un petit bémol au sujet de Sylvain. Ca m’a légèrement chagrinée que le protagoniste soit si gentil, altruiste et plein de bonnes intentions. Il faudrait peut-être que je pense à changer mes fréquentations mais je pense que l’histoire manquait un peu de réalisme de ce côté là.

Et vous qu’est-ce que vous feriez si vous gagniez au Loto?

EnconclusionV2

A priori les histoires qui se passent à la campagne avec des intrigues du style téléfilm sur France 3 ne sont pas mais alors pas du tout ma tasse de thé mais il faut dire que Paul Ivoire a réussi à me réconcilier avec le genre. Un grand merci aux éditions Anne Carrière (et par extension à l’équipe de Librinova) et à Paul Ivoire pour l’ouvrage dédicacé qui aura une place de choix dans ma bibliothèque 🙂

Nota Bene : A lire dans une fête foraine au sommet de la grande roue avec une bonne bouteille de nuits-saint-georges en s’éventant avec des billets de 500€

troissurcinq


Editeur : ANNE CARRIERE
Date parution : 02/03/17
ISBN :9782843378539
Nb de pages : 290 pages

Mon amie la douleur – Lanahmé V

mon-amie-la-douleur

SynopsisV2

Valérie, chef d’entreprise, est admise en maison de santé en novembre 2015, après 5 ans de souffrance. Avec un ton juste et sincère, elle dresse un portrait sévère du monde des chirurgiens. « Sur une échelle de 1 à 10, à combien situez-vous votre douleur? ». Elle dit 1000, on lui répond « tout est normal ! ». Elle préférerait qu’on lui découvre une maladie rare pour qu’enfin on la prenne au sérieux et que ses douleurs au ventre cessent.

De rage d’abord, elle se met à écrire. Elle continue ensuite pour sa famille et pour tous les autres, afin de dédramatiser la dépression et le burn out, maladies de notre génération. Par ce livre, elle souhaite aider les proches des malades à les comprendre, à leur montrer qu’il existe des solutions, et que le soleil est seulement caché derrière les nuages.

MonavisV2

Parfois on arbore ce sourire de façade alors qu’intérieurement on a juste envie de se tirer une balle. « Tout va bien ». Ca fait mal et alors? La douleur ça prouve qu’on est en vie et si on s’accroche et on continue on est d’autant plus fort non?

Sauf au moment où ça devient insupportable et que le corps, précurseur à ce que cette petite voix intérieure répète depuis quelque temps, dit STOP. C’est ce qui est arrivé à Valérie. Superwoman des temps modernes, elle gère sa carrière (son entreprise), sa famille, sa maison d’une main de maître avec le soutien indéfectible de son mari et vit à 1000 à l’heure. Aucun défi n’est trop grand, aucun horaire n’est insurmontable. Après tout, elle a toujours été adepte du célèbre mantra « Toujours plus ». Ce n’est pas le genre à se plaindre et à abandonner la partie à la première occasion.

Dans la première partie de son récit elle nous raconte, avec une véritable sincérité comment elle en est arrivée là. A ce moment où elle a dû mettre sa vie entre parenthèse. L’écriture y est saccadée, on passe d’un thème à l’autre, ses pensées paraissent embrouillées comme si elle-même ne savait pas trop où elle allait et que jeter les mots sur le papier était la seule manière qu’elle avait trouvé pour essayer de faire le bilan et comprendre afin de se débarrasser de ce poison:  son amie la Douleur.

Au moment où j’écris, tout est confus et je ne connais pas encore le chemin que je vais devoir emprunter. 

Son amie la Douleur? C’est assez curieux comme expression mais c’est pourtant la réalité des choses. A force de la trainer avec elle constamment comme un boulet, elle s’est perdue dans le processus et ne vit qu’à travers le prisme de la souffrance. Son psy décide de l’envoyer quelques semaines en HP. Elle y tient alors un journal de bord qui décrit ses journées, entre séances chez le psy et activités avec les autres patients elle réapprend à vivre  … C’est honnêtement ma partie préférée du livre.

De nouvelles têtes, une ambiance scolaire. Un point commun, tout le monde est en jean ou en jogging, aucune femme n’est maquillée. Et pourtant personne ne s’est passé le mot. Quand on souffre, la pyramide de Maslow nous renvoie à nos besoins primaires et le surfait passe alors aux oubliettes. 

En somme ce livre démystifie les arcanes des HP et prouve que ce n’est pas faire preuve de faiblesse que d’accepter de se faire aider. Si la vie n’était que plate, sans passions et sans douleurs ce ne serait qu’une vie parodique. Pour accéder aux sommets de joie et retrouver le goût et la faculté d’être tranquille dans une chambre il faut parfois devoir regarder les choses en face et comprendre qu’aller en HP n’est pas un échec, c’est une mise à distance, l’occasion de faire le point et décider que la vie ne devrait pas être si difficile. C’est apprendre à se connaitre, s’accepter et avoir le courage d’être heureux.

Les semaines passent et à force d’obstination Valérie arrive à s’en sortir et à comprendre que parfois en faire plus c’est en faire moins, c’est trouver de la joie dans un film regardé  devant la télé avec sa fille, c’est jouer avec son nouveau chien, c’est profiter de la vie et rompre les liens avec sa meilleure ennemie, la douleur.

Je ne peux pas m’empêcher de me questionner sur le monde médical encore une fois mais si on m’avait expliqué que ce médicament allait me redonner mon ancien moi, si on avait appelé cette pilule un Pourlavie au lieu d’un Antidépresseur qui porte en son nom une sonorité négative sur une maladie de la psyché qui est elle-même une interrogation pour le corps médical, alors j’aurais foncé dessus depuis bien longtemps. 

EnconclusionV2

Un récit sincère et touchant qui décrit la descente aux enfers d’une super woman qui s’est retrouvée à devoir dire stop lorsque son corps a tiré la sonnette d’alarme. Un beau message d’espoir qui, entre anecdotes et humour montre qu’il existe un chemin pour aller mieux et pour se retrouver.

Nota Bene : A lire entre deux mails urgents et trois épisodes de Grey’s Anatomy. Toujours plus.

troissurcinq


Editeur : LIBRINOVA
Date parution : 02/02/17
ISBN :  9791026208884
Nb de pages : 135 pages

Imagio T1 – Manon Elin

imagio

SynopsisV2

Deux fidèles amies, Maniya et Nivla, mènent une existence paisible dans la province de Hortensius. Un beau jour, leurs vies basculent lorsqu’elles reçoivent un sombre message : « Imagio, centre de la magie, se meurt ».
Les deux jeunes femmes se voient soudain dotées de pouvoirs uniques et prennent conscience de leur rôle majeur dans la sauvegarde de l’île d’Imagio. Elles se retrouvent ainsi projetées au cœur d’une bataille sans merci entre les défenseurs de l’île et l’alliance des Écortès, conspiration de Sorciers Noirs aux pouvoirs maléfiques.
Engagées auprès des membres du Nouvel Équilibre, groupe de magiciens luttant pour la paix d’Imagio, Maniya et Nivla doivent également faire face à de lourds secrets. Et les questions se multiplient: quel est l’objet et la nature de leur quête ? Pourquoi les nomme t-on les « Filles Perdues » ? Qui sont-elles réellement ?
Pour trouver des réponses, les deux amies devront parcourir un chemin semé d’embûches et à l’issue incertaine…

MonavisV2

Il est vrai que c’est un exercice difficile d’écrire un roman de fantasy, de poser les bases d’un nouveau monde (avec ses règles et ses coutumes) et d’exposer une mythologie tout en présentant les personnages principaux.

Pour être parfaitement honnête, j’ai dû m’accrocher pendant les premiers chapitres pour entrer dans l’histoire et même si l’on voit que l’auteur fait clairement des efforts pour être le plus précise possible dans l’exposition des personnages j’ai eu du mal à être convaincue. Pour moi avant tout, dans un roman, quel qu’il soit, il faut que les personnages soient crédibles, incarnés. Qu’on aie l’impression de les avoir déjà rencontrés, qu’on vive, qu’on souffre, qu’on rie et qu’on aime avec eux. Ici je n’ai pas réussi à éprouver d’empathie pour les personnages, les dialogues ne sonnaient pas juste. Je ne sais pas dire exactement pourquoi (ou sinon il faudrait écrire des pages et des pages) mais les dialogues étaient trop artificiels, les actions des personnages étranges ou pas assez crédibles (par exemple les mères d’adoption qui acceptent de laisser partir leurs filles sans protester plus que ça, ou la fille qui apprend qu’elle est adoptée et qui passe à autre chose à peine quelques paragraphes plus tard). C’est ce genre de détails (qui n’en sont pas) qui m’ont profondément dérangée dans cette lecture.

En revanche, j’ai bien aimé la construction et le déroulé de l’histoire bien qu’un peu classique. Cette fameuse quête m’a rappelée celle que j’ai pu lire avec Eragon ou les Ewilan. Avec une différence qui est celle de la profondeur des personnages (et qui pour moi fait tout vous l’aurez compris).

Je ne reviens pas sur l’histoire en elle-même, le synopsis a le mérite d’être clair.

EnconclusionV2

En bref, pour moi le bilan est en demi-teinte. Je n’ai pas été convaincue par le style et la psychologie des personnages n’est pas assez poussée pour moi. Après, pour être juste, il s’agit ici d’un roman pour les young adult et je ne suis peut-être pas le public désigné… Affaire à suivre pour les prochains tomes.

Nota Bene A lire si l’on est en quête d’aventure et de magie.

Ma note :

deuxsurcinq


Editeur : LIBRINOVA
Date parution : 28/10/16
ISBN : 9791026207375
Nb de pages : 464 pages

La belle histoire d’une jeune femme qui avait le canon d’un fusil dans la bouche – Denis Faïck

faick

SynopsisV2

Une jeune femme est assise dans les toilettes d’une gare. Elle a placé le canon d’un fusil dans sa bouche. Le doigt sur la détente, elle est prête à faire feu. Elle entend les bruits aux alentours et, soudain, des moments de sa vie défilent, de son enfance à cet instant. Elle laisse alors ces morceaux de vie revenir. Joies, désespoirs, rencontres insolites, amours et bouleversements se succèdent jusqu’à l’instant ultime.

MonavisV2

J’avoue que j’ai très vite été attirée par ce livre qui a un titre à la Stieg Larsson, auteur de l’excellente série Millenium (« La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette »).

Je suis laide, presque grosse, assise sur les chiottes de la gare du Nord j’ai le canon d’un fusil dans la bouche. J’ai trente ans, le doigt sur la détente, le regard sur un poil par terre.

Par courts chapitres Josiane se souvient par bribes des instants qui ont constitués sa vie, une multitude de petits moments qui ont fait qu’elle se retrouve aujourd’hui, assise le canon d’un fusil dans la bouche sur les chiottes de la gare du Nord.

Josiane est une enfant non désirée. Sa mère et son géniteur ne se sont pas fait priés pour le lui faire comprendre. Et elle, petite fille perdue recherche sans cesse l’approbation dans les yeux de sa mère mais n’y décèle que du ressentiment qui peu à peu la détruit et la tue. Comment une femme pareille a-t’elle pu l’engendrer, elle, la petite fille au physique si ingrat? Elle se souvient douloureusement de sa main tendue, presque désespérée, qui essaie, en vain, de saisir celle de sa mère qui ne veut pas s’embarrasser de cette chose immonde qui la gène, l’incommode.

Elle ne m’a jamais frappée, pas une seule fois, mais sa violence était plus grammaticale, ça a plus de style non, plus de classe, sans doute car elle me cognait à coups de phrases avec sa bouche magnifique pendant que moi je l’aimais.

Josiane observe sa mère, si belle, presque en cachette pendant qu’elle regarde le film en noir et blanc du samedi soir en rêvant sa vie d’actrice. Une vie où elle n’aurait pas été embarrassée de son idiot de mari et de son encombrante fille. Elle revoit l’amant de sa mère qui achète son silence avec des paires de lunettes de soleil « le prix de la honte » et la vision du père idéal qui se fissure irrémédiablement et tombe en miettes sur le sol en lino de ses regrets.

C’est alors que presque par hasard,  Josiane trouve une reconnaissance presque salvatrice dans les yeux de Martin,  un petit garçon malade de sa classe qu’elle rencontre au CE1. Elle n’est plus seule, ils sont deux. Deux contre le monde. Et puis Martin part. Josiane se retrouve seule. Encore. Peut-être encore plus que la dernière fois parce qu’il n’est plus là. Tout est alors plus difficile, l’indifférence de sa mère comme les humiliations de ses camarades de classe. Le temps passe dans une langueur monotone, absurde, remplie d’ennui et de solitude.

Son quotidien s’éclaire brièvement grâce à Monsieur Bonnemaison, le locataire du sous-sol de la maison familiale, un ornithologue de 80 ans. Il ne se contente pas de la voir, il la regarde, devine son mal-être, ce qu’elle ne dit pas, cette solitude et la tristesse qui la rongent et qu’ils partagent.

« Ce qui m’intéresse chez les oiseaux, ce n’est pas le cliché de leur liberté, parce qu’ils volent, parce qu’ils sont dans le ciel. Non. Ce qui m’intéresse c’est quand ils ne volent pas. C’est à cet instant qu’ils ont des choses intimes à dire. »- Mr Bonnemaison

Josiane mène alors une vie qu’elle trouve fade et insipide mais qui est entrecoupée de quelques instants de félicité comme la rencontre avec Clara, autre âme solitaire auprès de laquelle elle va se réfugier pendant ses années lycée; ou bien celle de Bill, son premier amour qui gratte la guitare et fume des joints en dilettante; ou encore celle de la belle Anna ou de l’insolite Hyppolite Punk.

Pendant tout le début de ma vie je suis passée au travers des années, mais c’était tout juste, comme dans un couloir très étroit, mes épaules frôlaient les bords de l’existence et je devais forcer un peu pour passer. Juste à peine. J’ai vécu passable.

Josiane se trouve passable, indigne de l’intérêt que l’on pourrait daigner lui apporter à elle. A elle qui n’a connu que le mépris et les moqueries. C’est peut-être de là que provient son intérêt pour les profils atypiques, pour ceux qui sortent de norme. Son talent à Josiane c’est peut-être de trouver de la beauté dans l’étrange, une autre beauté que celle de sa mère, cruelle, froide et indifférente.

Va-t’elle appuyer sur la détente?

EnconclusionV2

J’ai lu ce livre comme on regarde des photos de Polaroïd. Denis Faïck saisit les instants de vies volés de son héroïne avec talent. J’ai été transportée par ce livre, triste et en colère à la fois contre la violence muette qu’a dû subir Josiane. Une violence ordinaire qui n’a d’ordinaire que le nom. A lire absolument. Peut-être que c’est parce que je suis un peu émotive en ce moment mais vraiment c’est un titre qui m’a bouleversé. Merci à Librinova pour cet envoi ❤

Nota Bene A lire en écoutant « Elle a les yeux revolver » de Marc Lavoine #humournoir

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : LIBRINOVA
Date parution : 10/11/16
ISBN :9791026206279
Nb de pages : 227 pages

30 ans, en théorie – Mathieu Narbonnet

30ansentheorie

SynopsisV2

Mon enfance a été bercée par le générique de Dragon Ball Z et les parties de pogs dans la cour de récré. Adolescent, des posters de Buffy recouvraient les murs de ma chambre, j’avais un Nokia 3310 et je chattais sur MSN. Aujourd’hui, mon meilleur ami gay est mon colocataire, je suis un libraire au bord de la crise de nerfs et j’écume les soirées où l’alcool coule à flots à la recherche de l’amour avec un grand A. Bientôt j’aurai 30 ans et il est grand temps de mettre un peu d’ordre dans ce chaos ordinaire ; mais je n’avais pas prévu que les anneaux de Saturne viendraient eux aussi y mettre leur grain de sel. Je suis un produit marketing estampillé Génération Y. Un pur rejeton de l’ère de l’entertainment.

Je suis votre enfant, votre frère, votre ami. Je suis vous. En pire !

MonavisV2

Déjà, de prime abord, ce livre commence plutôt bien. La couverture au top, le titre au top et une petite citation de Bret Easton Ellis comme cerise sur le gâteau. Que demande le peuple ?

Je me suis donc confortablement installée au fond de mon lit avec un cappuccino et j’ai lu avec gourmandise cette petite pépite. J’ai adoré dès les premières lignes le ton de ce livre, sarcastique, un brin cynique. Avec sa plume vipérine à la Rita Skeeter, Mathieu Narbonnet remplit sa (presque) autobiographie d’une multitude de petites punchlines d’où la difficulté à choisir une citation moi qui en suis tant friande. J’adore, j’adhère. C’est le genre de roman feel good que je conseille à tout le monde.

Cette histoire raconte une tranche de vie d’un trentenaire d’aujourd’hui. On a l’impression de regarder un épisode de “How I Met” sauf que ce n’est pas la Mother que l’on rencontre mais la Trentaine avec un grand T.

Mathieu nous raconte un peu sa vie, ses amours, ses emmerdes. Il nous parle de ses rendez-vous Tinder foireux, de son ami super-connard qui cultive sa barbe de trois jours et qui enchaîne les filles rapido presto. Il nous cite Wikipédia sans complexe. Il écrit à son ancien “lui” qui avait une adresse hotmail (I can relate – période MSN paix à ton âme). Il avoue répéter ses erreurs plusieurs fois, et avec panache, pour bien vérifier que ce sont des erreurs (sait-on jamais). Il fait des to-do list. Ai-je mentionné que j’adorais les listes et par extension tous ceux qui faisaient des listes ? J’hésite à créer un tag to-do list… Affaire à suivre. Il nous parle de sa maman qui use et abuse de smiley dans ses messages (I can relate… again).

« Je me battrai face à un ours pour toi. Pas un grizzly ou un ours polaire. Ni un panda. Plutôt genre Winnie l’Ourson. Je battrai ce fils de pute pour toi. » Les répliques de ma mère face à ma crise d’adolescence

Pour être parfaitement sincère je pourrais ajouter un “I can relate” à la plupart de ce qui est écrit dans ce livre bourré de références (musicales, de séries, de fun facts). Pour n’en citer que quelques unes et rester dans l’esprit du livre, soyons fous: faisons une liste:

  • La flemme de se socialiser au bureau juste pour “se socialiser au bureau”
  • Dire secrètement merci à la rhino-pharyngite qui nous donne une voix grave et sexy pendant quelques jours
  • Ne jurer que par la “thérapie du sourire” pour réagir à des paroles inattendues (variante du rire nerveux – les vrais de vrais sauront de quoi je parle)
  • Mais aussi: Le 13 novembre, le repas de Noël impossible en famille, “Art” de Yasmina Reza, le marouflage de Valérie Damidot, les week-end en amoureux, “il faut qu’on parle”, “la vie continue”

Bref, ce n’est pas un scoop j’ai adoré ce livre qui m’a donné le sourire un dimanche pluvieux et comme dit Mathieu:

Le dimanche soir, c’est un peu un trente-et-un décembre hebdomadaire. La possibilité de commencer une nouvelle vie chaque lundi. 

(Oui c’était juste l’occasion de replacer cette citation). Et comme lorsque l’on aime on ne compte pas voilà une dernière petite citation pour la route pour vous convaincre de lire ce livre:

« Ne fais confiance à rien ni personne ! Regarde, même le sel ressemble au sucre. » La vie, mon père et ses conseils

*ApplauseClap de fin

EnconclusionV2

Ceux qui ont aimé Je vais m’y mettre devraient être intéressés aussi par ce titre (et vice-versa). Moi j’ai adoré autant qu’une tartine de Nutella, autant qu’un épisode de Friends et autant qu’un Latte Venti chez Starbucks.

Nota Bene A lire en se trémoussant sur “I will survive” de Gloria Gaynor dans une soirée de bobos parisiens

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : LIBRINOVA
Date parution : 25/07/16
ISBN : 9791026206286
Nb de pages : 178 pages