Sous la même étoile – Dorit Rabinyan

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Tout commence par le froid glacial d’un hiver à New York et tout se termine sur le sable brûlant des plages de Jaffa.
Le hasard a fait se rencontrer et s’aimer une femme et un homme qui ne se seraient jamais adressé la parole dans d’autres circonstances. La femme, c’est Liat, une Israélienne dévorée par une nostalgie profonde de Tel Aviv. L’homme, c’est Hilmi, un peintre palestinien originaire de Ramallah.
À New York, espace neutre hors du temps et de la politique, Liat et Hilmi décident de s’immerger, le temps d’un hiver, dans un amour impossible. Commence alors une vie commune dont la date d’expiration se rapproche chaque jour un peu plus. Dans cet univers clos qu’ils se sont créé, Liat et Hilmi ont décidé d’ignorer les à-côtés, les différences et les fissures. Mais la réalité finit toujours par s’imposer…

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Avant de commencer je souhaiterai faire un point sur l’histoire de ce roman qui a suscité la polémique et a été retiré des programmes scolaires israéliens parce qu’il dépeignait une histoire d’amour entre une israélienne et un palestinien. Stupid much? D’autant plus que le meilleur moyen de s’assurer qu’un texte soit lu est de l’interdire (cf. Harry Potter 5 et la fameuse interview dans la Chicaneur – oui on a les références qu’on mérite). On peut donc conclure de toute cette affaire que le gouvernement israélien n’était pas forcément au fait de la psychologie inversée. Au delà du cynisme qui consiste à interdire un roman, c’était surtout sous-estimer l’esprit de contradiction du peuple qui a porté Dorit Rabinyan pour faire de son roman un best-seller!

censureParce que de manière générale je suis contre la censure et ces prises de positions stupides je conseille à tout le monde de lire ce livre qui est porteur d’un beau message, universel.

Même si je vous conseille de lire ce livre « par principe », il faut aussi (et surtout) le lire pour l‘histoire, la qualité de l’écriture et l’objet-livre dont la couverture est particulièrement réussie. ❤

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Revenons-en au texte. Il est découpé en 3 parties, chacune explorant une saison afin de montrer l’évolution de l’histoire de Liat et Hilmi à travers le temps.

Automne: La rencontre

Comment le décrire, à présent? Par où commencer? Comment restituer l’impression initiale que j’éprouvai au cours de ces lointaines secondes? Comment en dresser fidèlement le portrait, constitué d’une superposition de nuances, tel que je le vis la toute première fois? Comment rendre en quelques traits l’image complète, à travers toutes ses dimensions? Et ce regard, et cette clarté – peut-on seulement les restituer, alors que l’altérant de leurs empreintes, les doigts de la nostalgie touchent et remodèlent sans cesse le souvenir?

Lorsque Liat, jeune israélienne habitant à NY rencontre Hilmi dans un café elle tombe amoureuse de lui quasi instantanément. Mais Hilmi est arabe, palestinien et pour sa part, elle devra rentrer en Israel dans quelques mois. Est-il raisonnable de se perdre dans une relation à obsolescence programmée que ses parents et sa famille désaprouveraient certainement? Non, mais l’attirance est trop forte. Liat s’abandonne dans les bras de celui qui fera chavirer son coeur. Presque par surprise, elle se laissera guider et prendre par la main vers la promesse tourbillonnante d’une histoire qui la bouleversera et la changera à tout jamais. C’est décidé, elle vivra ces quelques mois avec d’autant plus d’intensité que leur relation n’est pas vouée à durer.

Hiver: La confrontation à la réalité

C’est le joint que vous avez fumé dans l’après-midi, me rétorqueras-tu; ce sont les bières achetées sur la route qui t’ont valu cette impression d’harmonie généralisée; ou peut-être, comme tu me l’as dit une fois, est-ce là le goût de l’eau que l’on dérobe; le goût d’une eau vive et l’ivresse de la liberté qu’elle procure; ce sentiment de victoire secrète qui nous envelope lorsque nous arpentons les rues, deux individus anonymes, enlacés, parmi la foule, dans la profusion des lumières qui clignotent et l’immense désordre urbain. De temps à autre, on distingue un ballon perdu, argenté, gonflé à l’hélium, qui monte vers le ciel en tourbillonnant au-dessus des passants; nous portons alors nos regards vers les hauteurs, et mon coeur aussi souhaite monter, comme le point argenté du ballon qui disparait au-dessus des buildings, il chavire et manque d’éclater de bonheur.

Liam vit son histoire avec Hilmi comme dans une parenthèse enchantée, dans des envolées lyriques avec des étoiles plein les yeux. Sa soeur ne la reconnait plus et désapprouve cette relation qu’elle juge contre nature. Comment Liat peut-elle rester avec cet homme qui représente tout ce qui va à l’encontre de ses valeurs, sa culture et son pays? Hilmi et elle sont les héritiers d’un conflit ancestral qui les dépasse et même s’ils évitent soigneusement d’aborder le sujet, ils se rendent compte amèrement que vivre leur relation au grand jour semble impossible. Liat est alors tiraillée entre son amour pour son pays et sa famille et sa culpabilité de ne pas pouvoir vivre pleinement sa relation avec Hilmi, comme si elle portait sur ses épaules le poids des responsabilités qui incomberait à une digne représentante d’Israel. Malgré la frontière invisible qui les sépare, les deux amants arriveront-il à se (re)trouver?

Eté: La fin de l’histoire… ou le début d’une autre? 

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Une histoire puissante, un Roméo et Juliette des temps modernes dans les rues de New York qui interroge: Peut-on  aller à l’encontre de sa famille, de sa culture et de son pays par amour? Au fond le destin des individus peut-il se soustraire à l’Histoire? Par une écriture touchante, vraie et sincère Dorit Rabinyan signe ici un vrai chef d’oeuvre.

Nota Bene : A lire un pied de chaque côté de la frontière Mexico/US en écoutant Saturn de Sleeping at Last because « Music is the language in which the soul talks with itself »

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Editeur : ESCALES
Date parution : 02/03/17
ISBN : 9782365691871
Nb de pages : 320 pages

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Lettres à Stella – Iona Grey

9782365691628

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L’histoire bouleversante d’un amour qui traverse le temps.

À la nuit tombée, fuyant la violence de son compagnon, une jeune femme court dans les rues glacées de Londres. Jess n’a nulle part où aller. Surgissant dans une ruelle déserte, elle trouve refuge dans une maison abandonnée. Le lendemain matin, le facteur glisse une lettre mystérieuse par la porte. Incapable de résister à la tentation, Jess ne peut s’empêcher de la lire et se retrouve plongée dans une histoire d’amour d’un autre temps.

1943. Dans une église de Londres bombardée par le Blitz, Stella rencontre Dan, un aviateur américain. Très vite, ils sont irrésistiblement attirés l’un par l’autre. Leur histoire est a priori impossible. Rien ne joue en leur faveur : elle vient de se marier à un pasteur, lui n’a qu’une chance sur cinq de sortir vivant de cette guerre. Perdus et sans repères, la seule chose à laquelle les deux amants peuvent s’accrocher sont les lettres qu’ils s’écrivent, promesses d’un bonheur à venir.
Le temps a passé, le destin est cruel, mais Jess est déterminée à savoir ce qui leur est arrivé. Inspirée par cet amour, portée par son enquête, elle trouvera à son tour les clefs d’un avenir meilleur.

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Pour la petite histoire j’ai décidé de le lire principalement à cause de la couverture que je trouve particulièrement réussie ! Un peu vintage, dans le même style qu’Un gout de cannelle et d’espoir de Sarah McCoy.

L’histoire alterne entre celle de Stella en 1943 et de Jess en 2011. Cette dernière se retrouve dans une vieille maison dans laquelle elle a trouvé refuge pour échapper aux coups de son copain. Elle tombe sur la correspondance entre Stella et Dan qui retrace leur histoire, ou plutôt l’histoire qu’ils n’ont pas pu vivre pendant la seconde guerre mondiale. Jess décide alors de partir sur les traces de leur passé et de comprendre pourquoi Dan et Stella n’ont pas fini ensemble.

L’histoire entre Dan et Stella, jeune orpheline récemment mariée à un pasteur, est touchante parce qu’elle est innocente et impossible. Et un amour contrarié/avec des obstacles est toujours plus fort et plus intéressant qu’un amour plat et trop « facile ». Ce qui est facile dans la vie de manière générale n’a jamais grand intérêt. Leur relation est belle parce qu’elle est éphémère, à obsolescence programmée, et se passe dans une urgence de vivre. Dan sait qu’il peut mourir à n’importe quel moment et que les quelques instants qu’il passe ici ou là avec Stella sont comme volés au destin mais il s’accroche. Tout est plus intense parce qu’ils savent tous les deux à quel point la vie est fragile et que cette fois pourra être la dernière.

Le plus de cette histoire est la retranscription des lettres de Dan qui étaient vraiment réussies. Le ton était très juste. On voyait dans les petits détails à quel point il tenait à elle, comment ils pouvaient parler pendant des paragraphes entiers de tout et n’importe quoi, s’intéresser sincèrement aux moindres détails de la vie de l’autre. Lorsqu’ils étaient ensemble, Stella avait l’impression d’être pleinement elle-même, comprise et reconnue. Leur relation était faite de respect, bienveillance, amour et amitié. C’était vraiment touchant et pas du tout guimauve. Le parti-pris de n’écrire que la correspondance de Dan était également un choix judicieux pour que le lecteur puisse imaginer les réponses de Stella d’après les éléments de sa personnalité que l’on avait dans les chapitres des années 40.

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Même si la WW2 et les histoires d’amour ne sont en principe pas trop (pas du tout même) mes thèmes de prédilection, ce roman revêt quand même d’un certain charme qui tient surtout de l’évolution des personnages.

Nota Bene : A lire à plat ventre dans un vieux grenier tout poussiéreux qui a une odeur d’herbe fraichement coupée, de parchemin neuf et de… (Les vrais de vrais reconnaitront la référence !) en écoutant « The story of the impossible » de Peter von Poehl

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Editeur : LES ESCALES
Date parution : 12/05/16
ISBN : 9782365691628
Nb de pages : 704 pages

La vieille dame qui avait vécu dans les nuages – Maggie Leffler

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Un roman sur le courage de ces femmes oubliées de l’Histoire qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont participé à l’effort de guerre.
A 87 ans, Mary Browning sent que le temps est venu pour elle de raconter son histoire et les secrets qu’elle garde enfouis depuis de si longues années. En fait, depuis le jour où un parachutiste est tombé dans le jardin de ses parents, faisant éclore son rêve : devenir aviatrice. Cette passion, Mary l’a vécue intensément, à chaque seconde de sa vie. Mais, en retour, elle a payé le prix fort, allant jusqu’à renier ses origines juives et sa famille pour suivre son destin.
A qui confier et transmettre le récit de ce qui fut à la fois son feu sacré et sa grande faute ? La réponse arrive en la personne d’une très jeune fille. En elle, Mary croit retrouver les traits de Sarah, sa sœur adorée qu’elle a dû abandonner. Un signe du destin qui marque le début d’une amitié aussi belle qu’improbable, faite de confidences et de récits extraordinaires jusqu’à l’émouvante révélation finale…

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Tout d’abord je tiens à faire un petit point sur ce titre qui m’a attirée d’emblée. A la fois poétique et mystérieux. La couverture et le synopsis ont suffit ensuite à me convaincre de lire ce livre et je n’ai pas été déçue!

Ce livre raconte avant tout l’histoire d’une rencontre. Celle d’Elyse (15 ans) avec Marie (87 ans). C’est l’histoire d’une amitié, d’une transmission inter-générationnelle sur fond de seconde guerre mondiale. Les deux femmes se rencontrent lors d’un atelier d’écriture à une bibliothèque et Marie demande de l’aide à Elyse afin qu’elle puisse écrire ses mémoires. Afin qu’elle puisse raconter son histoire. Celle d’une femme pilote, qui a lutté pour s’imposer. Leurs histoires se complètent, se reflètent et l’on verra avec émotion que ces deux femmes que plus d’un demi-siècle sépare sont peut-être plus proches qu’on pourrait le penser.

*

« Tout ce que je déteste chez ma mère, c’est tout ce que je déteste chez moi. Il m’est donc très difficile de la détester, et ça m’énerve encore plus. »

« Plus vous craindrez que ce truc se passe mal, plus vous vous conditionnerez pour que ça se passe mal. Ne vous rendez pas prisonnière de vos propres pensées. Ce n’est pas très conseillé – sauf pour un écrivain, par exemple. »

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J’ai découvert ce livre grâce à l’offre de Harper Collins et NetGalley. Merci beaucoup à eux. J’aime beaucoup les histoires à deux voix, d’autant plus dans ce contexte de transmission qui nous permet de voir l’autre côté de l’Histoire: celui des femmes pilotes, qui ont, elles aussi ne l’oublions pas; participé à l’effort de guerre. Pour le devoir de mémoire, pour l’écriture singulière et ses personnages attachants: A découvrir.

Nota Bene A lire avec une vieille amie au coin du feu avec un bon chocolat chaud.

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : HARPER COLLINS
Date parution : 02/11/16
ISBN : 9791033900153
Nb de pages : 352 pages

Le dernier exploit de Poxl West – Daniel Torday

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Après avoir échappé aux nazis en Tchécoslovaquie au début de la Seconde Guerre mondiale, le jeune Poxl West fuit aux Pays-Bas où il leur dame le pion une nouvelle fois et où il tombe éperdument amoureux de la belle Françoise. Pourtant, un beau jour, il tourne les talons et gagne la Grande-Bretagne. Réfugié à Londres, il n’a qu’un seul but : devenir pilote. Après avoir sauvé de nombreuses vies pendant le Blitz et croiser la route de la jeune Glynnis, il intègre enfin la Royal Air Force. Bientôt, il participe à de périlleux bombardements aériens sur l’Allemagne. Véritable destinée de personnage de roman, la vie de Poxl est émaillée de rebondissements et péripéties.
Aujourd’hui retraité aux États-Unis, il fascine son neveu, Eli Goldstein, en lui racontant ses actes de bravoure, aventures et romances. Il en rassemble les meilleurs épisodes dans son autobiographie Skylock qui devient un best-seller dès sa parution. Eli ne cesse de lire et de relire les épisodes de la vie trépidante de cet oncle qui incarne pour lui la quintessence.de la virilité. Pourtant, un jour, le mythe s’écroule : un journaliste du New York Times a enquêté sur Poxl et met en question la véracité de ses exploits. Poxl West aurait-il pu s’arranger avec la réalité et trahir ses lecteurs en commençant par Eli ?

MonavisV2

Je le dis d’entrée, je n’ai jamais été trop passionnée par les histoires qui se déroulaient pendant la seconde guerre mondiale. Il faut croire que Les Escales vont finir par me faire changer d’avis après l’excellent La voix des vagues ou Lettres à Stella (critique à venir)! Quid du dernier exploit de Poxl West? Tout d’abord Poxl. C’est le surnom de Léopold, un des protagonistes du livre (oui je voulais juste lire ce livre à cause de la couverture et du surnom « Poxl » que je trouvais amusant). No comment.

Daniel Torday, présente ici les récits enchevêtrés d’Elijah, un jeune garçon juif de 15 ans qui vit dans le Boston des années 80 et des mémoires de l’oncle qu’il adule : Léopold Weisberg (dit Poxl West) qui a été pilote pendant la WW2. C’est le principal intérêt du livre, ici on n’a pas l’alternance de deux histoires qui se rejoignent à la fin du livre mais plutôt les mémoires de Léopold (véritable livre), entrecoupé par les intermèdes d’Elijah qui comprend, malgré lui, que son oncle n’a peut-être pas été le héros qu’il a dépeint lors de ses mémoires.

Si l’histoire ne m’a pas passionnée plus que ça je vous en conseille tout de même la lecture parce que l’écriture y est très belle et touchante.

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Pour être parfaitement honnête j’ai eu du mal à m’attacher avec les personnages, à plonger entièrement dans l’histoire même si je dois quand même admettre que l’intrigue était bien menée. Les Escales m’ont habituée à mieux: j’attends avec impatience le prochain 🙂

Nota Bene A lire en équilibre sur les ailes d’un avion,  Coucou O-Zone!

Ma note :

troissurcinq


Editeur : ESCALES
Date parution : 3/11/16
ISBN : 9782365691734
Nb de pages : 304 pages

La vallée des ombres – Xavier-Marie Bonnot

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René Vasseur est une machine, un être au cuir épais qui a fait la guerre, qui a changé de nom. René Vasseur est un légionnaire. Après vingt ans d’absence, la haine au cœur, il revient dans son village natal, au fond d’une vallée industrielle dévastée par la crise. Peu à peu, surgissent les ombres du passé : la femme qu’il a aimée, l’ennemi d’enfance devenu flic, l’ami qui a basculé dans le grand banditisme, son père, ancien patron de la CGT locale, tyrannique et désabusé… Et le drame qui a bouleversé sa vie : la mort de son frère, Rémy, dix-huit ans, assassiné lors des grèves de décembre de 1986.
René est-il venu venger son frère ? Pourquoi ne l’a-t-il pas secouru alors qu’il en était capable ? Pourquoi a-t-il rejoint la Légion ?

J’ai peur. J’ai toujours eu peur. C’est peut-être pour cela que je suis dangereux.

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La vallée des ombres. Le titre est remarquablement choisi puisque l’expression est assez redondante dans le roman. La vallée des ombres c’est les monts du village natal de René Vasseur, le souvenir immuable des fantômes du passé, des ombres qui sont parfois plus présentes que celles de ceux qui vivent dans le présent. Les ombres ce sont aussi ces hommes substituables, remplaçables qui travaillaient à l’usine dans les années 80.

Dans ma vie d’homme, il y a des silences, des chapitres que je n’ai jamais racontés, pas même à mon ombre. Pudeur, orgueil, que sais-je encore. J’ai enfoui l’essentiel, sachant que, tôt ou tart, la vase remonte à la surface pour peu qu’on y mouille des souvenirs.

Les souvenirs, le passé. René Vasseur retourne après vingt ans d’exil dans son village natal pour accompagner son père dans ses derniers moments. Plus par devoir qu’autre chose. Ce retour dans sa famille c’est aussi un retour dans le passé, un retour vers ce jour où son frère a été assassiné et la justice n’a pas été rendue, un retour vers Samia, la seule femme qu’il n’ai jamais aimé. C’est aussi retrouver Brahim, son meilleur ami qui a mal tourné et vit de petits traffics.

En prison une seconde dure un siècle mais les années passent à une vitesse vertigineuse.

Après des années à se battre dans la Légion et à renier son passé, René arrivera-t’il à se réconcilier avec son identité et trouver sa rédemption?

Si son village est peuplé des ombres du passé c’est pourtant le présent qui se rappelle à lui. René décide alors de mener une vendetta et de payer ses dettes afin de peut-être, envisager un avenir.

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J’ai un avis assez mitigé sur ce roman. Si j’ai adhéré presque immédiatement au style de l’auteur j’ai été moins séduite par l’histoire qui, pour moi, manquait de rythme. Il n’y avait pas ce « petit truc » en plus qui me faisait tourner les pages frénétiquement. C’est dommage. Cela dit je suis contente d’avoir découvert l’auteur et j’essaierai de découvrir ses autres livres.

Nota Bene A lire dans un petit patelin perdu à la campagne en mâchouillant un brin d’herbe.

Ma note 

troissurcinq

*3/5 pour l’histoire, 4/5 pour le style


Editeur : BELFOND
Date parution : 03/11/16
ISBN : 9782714471154
Nb de pages : 304 pages

La voix des vagues – Jackie Copleton

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Lorsqu’un homme horriblement défiguré frappe à la porte d’Amaterasu Takahashi et qu’il prétend être son petit-fils disparu depuis des années, Amaterasu est bouleversée. Elle aimerait tellement le croire, mais comment savoir s’il dit la vérité ?

Ce qu’elle sait c’est que sa fille et son petit-fils sont forcément morts le 9 août 1945, le jour où les Américains ont bombardé Nagasaki ; elle sait aussi qu’elle a fouillé sa ville en ruine à la recherche des siens pendant des semaines. Avec l’arrivée de cet homme, Amaterasu doit se replonger dans un passé douloureux dominé par le chagrin, la perte et le remord.

Elle qui a quitté son pays natal, le Japon, pour les États-Unis se remémore ce qu’elle a voulu oublier : son pays, sa jeunesse et sa relation compliquée avec sa fille. L’apparition de l’étranger sort Amaterasu de sa mélancolie et ouvre une boîte de Pandore d’où s’échappent les souvenirs qu’elle a laissé derrière elle …

MonavisV2

La voix des vagues
Qui se dressent devant moi
N’est pas aussi forte
Que mes sanglots,
D’avoir été abandonné
– Poème japonais vieux de mille ans

On reconnait le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va… ou quand il toque à votre porte. Amaretsu Takahashi, une vieille dame japonaise exilée au Etats-Unis après le drame de la seconde guerre mondiale est surprise un jour par l’arrivée d’un homme à sa porte qui prétend être son petit fils Hideo. Ce petit fils qui était sensé être mort avec sa mère, Yuko, ce fameux 9 aout 1945.

Flashback.

(…) Il n’existe pas de mot pour ce que nous avons entendu ce jour-là. Il ne doit jamais y en avoir. Donner un nom à ce son risquerait de signifier qu’il pourrait se reproduire. Quel terme serait à même de capturer les rugissements de tous les orages jamais entendus, tous les volcans, tsunamis et avalanches jamais vus en train de déchirer la terre et d’engloutir toutes les villes sous les flammes, les vagues, les vents? Ne trouvez jamais les termes adéquats capables de décrire une telle horreur de bruit ni le silence qui s’était ensuivi.

Ama se retrouve dévastée devant ce paysage de désolation, consumé par la mort, léché par les flammes, perforé par une explosion létale. Elle comprend que sa fille Yuko et son petit fils Hideo font partie des victimes. Après des jours, des semaines de recherche, son mari et elle se rendent à l’évidence, ils sont morts. Ils décident alors de s’exiler aux Etats-Unis, peut-être aussi pour échapper à Nagasaki et mettre un voile sur leur passé enseveli par le deuil.

Lorsque des décennies plus tard, cet homme qui dit être Hideo vient lui rendre visite, Ama ne veut pas croire qu’il puisse être son petit fils. Sa conscience imbibée de culpabilité ne peut trouver du réconfort que dans le whisky qui lui réchauffe le coeur. Inconsciemment elle sait. Elle sait que c’est en lisant les écrits de sa fille Yuko qu’elle trouvera la réponse et décèlera la vérité sur son héritage.

Il vaut mieux que les secrets restent ce qu’ils sont, des secrets. Le passé est le passé. Rien de bon ne peut sortir de ce ratissage de charbons déjà consumés.

Ce roman est un voyage. Un voyage au Japon, auprès de l’histoire de Yuko et de son amant, auprès du passé bouleversant d’Ama, auprès d’un de ces moments de l’Histoire entré dans la mémoire collective. Entre ses souvenirs, les écrits de Yuko et les lettres que lui transmettra Hideo, Ama reconstituera peu à peu la mosaïque de son histoire et s’autorisera peut-être à espérer.

En anglais, le titre de ce livre est « A Dictionary of Mutual Understanding ». C’est intéressant de le souligner puisque cela apporte un autre éclairage à l’ouvrage dont les chapitres s’ouvrent par des définitions de concepts japonais. Procédé intelligent qui donne une clé de lecture et de compréhension à la culture nippone. Par exemple « ai-ai-gasa » signifie « partager un parapluie ». Je ne vous donnerai pas la définition de ce terme… à vous de lire le livre pour le découvrir…. #teasingdefolie

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Une découverte bouleversante. J’ai adoré la complexité du personnage d’Ama et de sa fille Yuko. Ce livre m’a fait penser au merveilleux film « Mémoires d’une Geisha » mais aussi à Mulan (vous verrez de quel moment je parle!). Bref, une découverte que je souhaite à tout le monde!

Nota Bene A lire en écoutant « Oltremare » de Ludovico Einaudi à l’ombre d’un cerisier en fleurs.

Ma note :

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Editeur : ESCALES
Date parution : 13/10/16
ISBN : 9782365692984
Nb de pages : 304 pages

Comme deux soeurs – Rachel Shalita

 

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On a le droit d’être sœurs ? S’étonna Véra. On ne doit pas demander à un adulte ?
– Bien sûr qu’on a le droit, dit Tsiona, c’est comme on veut nous.
– C’est pas vrai, pour être sœurs, il faut que les parents soient d’accord. Tsiona se tourna vers Véra :
– Et si les parents dorment ?
-Si les parents dorment, on leur demande le lendemain matin, répondit Véra avant de se tourner contre le mur

Véra et Tsiona partagent leurs joies et leurs peines, jusqu’à l’arrivée de Yossef, le rescapé… A travers le destin de deux héroïnes qui s’aiment comme deux sœurs, le roman entraîne le lecteur dans la société juive de Palestine, de la fin des années 1920 à la création de l’Etat d’Israël. Une période peu décrite jusqu’à présent dans la littérature israélienne et pourtant déterminante pour l’avenir des Juifs et des Arabes.

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Petit livre fort sympathique offert par ma tante qui a le mérite de toujours sélectionner des petites perles cachées au fin fond des rayons de librairies. Il propose une véritable réflexion sur l’amitié, la famille et sur la place de l’art dans la vie.

– Je ne suis pas faite pour le mariage, répondit Véra.
Cette phrase ne ressemblait pas à Véra, elle venait forcément de quelqu’un d’autre. Tsiona hurla : De quel livre sors-tu cette citation ? Véra, la vie, ce n’est pas de la littérature. Tu es en train de ficher en l’air tout ce que tu as. (…)

Cette histoire est celle Véra, l’artiste et de Tsiona qui a les pieds sur terre. Véra se souvient qu’elles se sont rencontrées au cours préparatoire, Tsiona au jardin d’enfants. Quelle est la véritable version de l’histoire ? Au fond ça n’a pas tellement d’importance. Le fait est qu’elles se sont trouvées, deux petites filles qui se considèrent comme des sœurs.

Elles vivent tout ensemble comme deux facettes d’une même pièce, les absences répétées de Léon, le père de Véra dont Tsiona recherche constamment l’approbation, la maladie de Dvorah qui dévore Véra de l’intérieur…

Après leurs années lycée, Véra fait ses valises et part avec son père à Paris pour devenir une artiste. Elle n’emporte pas Tsiona dans ses bagages. Cette dernière décide de rejoindre un kibboutz et travailler la terre pour participer à la reconstruction de son pays. Les mois passent, Véra et Tsiona grandissent chacune de leur côté jusqu’au jour où Vera apparait sur le seuil de la porte de Tsiona. Frêle, apprêtée, élégante comme une parisienne.

Grâce à l’appui de Tsiona, Véra est autorisée à rester au kibboutz, entre méfiance réciproque et tiède tolérance. Elle peine à se faire une place dans la communauté jusqu’au jour où elle tombe sur une lettre adressée à Tsiona de Yossef, jeune homme qui souhaite intégrer le kibboutz. Véra se met alors à lui répondre en se faisant passer pour sa meilleure amie. Elle en est intimement convaincue, elle a un lien spécial avec le jeune homme. Elle l’a su dès qu’elle a aperçu les courbes sensuelles des mots qu’il avait couchés sur le papier. C’est un poète. Elle est une artiste. Ils sont faits l’un pour l’autre.

Jusqu’au jour la supercherie est dévoilée et l’équilibre fragile des mensonges de Véra vole en éclat…

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Histoire touchante de deux filles, deux femmes qui incarnent la schizophrénie d’une époque, entre les racines profondes de la création d’Israel et la volonté de s’échapper et réécrire une nouvelle histoire en Occident. Aussi semblables que différentes, malgré leurs trajectoires de vies divergentes elles resteront soudées. Comme deux sœurs.

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A lire sur les marches de son perron un soir d’été en buvant un thé à la menthe dans une tasse de porcelaine.

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Editeur : EDITIONS DE L’ANTILOPE
Date parution : 7/01/16
ISBN : 9791095360001
Nb de pages : 352 pag