Portraits d’idoles – Frédéric Martinez

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Six actrices.
Six stars hollywoodiennes.
Six idoles du XXe siècle.

L’histoire d’Ava Gardner, de Grace Kelly, de Norma Jeane alias Marilyn, de Rita Hayworth, d’Audrey Hepburn et d’Ingrid Bergman. Nous sommes dans les années 1950 à Hollywood, en Californie, où parfois la terre tremble. Les sirènes boivent des cocktails au bord des piscines. Condamnées au sourire, elles ont vendu leur âme aux studios. Le diable est dans le décor. C’est une histoire d’amour, avec des millions de spectateurs. Alors forcément, ce n’est pas une histoire simple.

Voici six portraits de femmes, où le sublime côtoie le pathétique et le tragique coudoie le comique, portés par la plume ciselée, et unique, de Frédéric Martinez.

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Frédéric Martinez nous embarque dans une Odyssée folle avec le portrait de sa Vénus, Ava Gardner. De la petite fille qui grandit, anonyme, dans une famille modeste de Caroline du Nord, à la déesse qui fit tourner bien des têtes à Hollywood, il n’y eut que quelques années et des multiples prétendants. Mais celui que l’on retiendra c’est Franck Sinatra, avec lequel elle formera un couple mythique.

Franck aimait Ava. Elle non plus.

Tout est dit. Un amour passionné, destructeur que vivra cette sirène échouée sur les rivages alcoolisés, noyée par son succès. Ava a-t ’elle seulement été heureuse ? La beauté est-elle toujours un don de Dieu ? Il semblerait plutôt que son portrait soit celui d’une illusion, d’un fantasme parmi les hommes.

Direction Grace Kelly et son visage en porcelaine que l’on retrouve sur le couverture du livre. Cette poupée Hitcockienne jouera peut-être le plus grand rôle de sa vie, à corps perdu, en tant que princesse de Monaco. Elle renonce alors à son indépendance et à sa liberté. Beauté fragile, épiée comme un oiseau en cage par le monde entier, elle restera toujours, en un sens une icône inaccessible.

L’auteur nous propose ensuite une escale auprès d’Ingrid Bergman. Vive, intelligente et sûre d’elle. Ingrid a une idée bien précise de ce qu’elle veut dans la vie mais le rôle qu’elle avait peut-être le plus de mal à jouer c’était le sien. Rossellini, avec lequel elle vivra une histoire survoltée le comprendra bien en capturant son essence dans le magistral et moderne Stromboli, véritable documentaire de la vie de son égérie.

Vivre, c’était jouer. Entre les prises, il fallait être Ingrid Bergman.

Brève échappée vers Rita Hayworth. A-t-elle jamais pu être maîtresse de ses choix ? C’est le portrait qui m’a peut-être le plus touchée tant on sent sa détresse dans les ellipses, voulues, par l’auteur.

Son père lui avait volé son enfance, son mari lui volait sa vie, tout continuait.

La chasse aux trésors continue avec un diamant brut posé sur canapé. L’indémodable Audrey Hepburn avec son sourire malicieux et ses yeux espiègles. Véritable icône, élégante et sophistiquée. Pourtant, Audrey n’a pas connu une enfance facile, embarquée dans les tourments de l’Histoire et de la WW2, elle se réfugie dans les livres. Une vie exempte de scandale, teintée par l’amertume du destin des enfants qu’elle a vu déportés et de l’horreur de la guerre. C’est peut-être ce qui donnera un air mystérieux à son regard envoûtant.

Enfin, une arrivée à bon port avec celle qui entonnera la version la plus sensuelle de « Happy Birthday Mister President ». J’ai nommé Marilyn Monroe, cette étrange créature qui jonglera habilement entre son personnage de séductrice, fatale et celui de la ravissante idiote qui connaîtra un destin tragique.

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J’ai beaucoup aimé cette galerie de portraits et la plume de F. Martinez qui propose ici un véritable exercice de style. Portraits d’idoles : Le titre est bien choisi. On les adule, on les adore, on les idol(âtre). Peut-être trop. La beauté a toujours fasciné même lorsqu’elle se fane et subit les affres du temps. Il ressort de ces portraits une violence, une cruauté des spectateurs qui scrutent et sacrent leurs reines de beauté puis attendent d’elles qu’elles soient à la hauteur de leur statut. N’oublions pas qu’il y avait des femmes, des personnes, derrière ces idoles. Des âmes qui ont ri, pleuré et aimé avant de se déliter sous le feu des projecteurs.

Nota Bene : A lire en prenant la pose comme une star de cinéma.

Ma note :

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Editeur : PERRIN
Date parution : 15/10/15
ISBN : 9782262047191
Nb de pages : 400 pages

Margaret Atwood : Géante de la littérature adaptée sur le petit écran

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Une fois n’est pas coutume, j’aimerai vous parler aujourd’hui de Margaret Atwood et de The Handmaid’s Tale (La servante écarlate) dont le livre va être adapté en série sur Hulu (la date de sortie est le 26 avril 2017)!

Je ne vais pas mentir, je n’ai pas (encore) lu La servante écarlate et je n’aurai sûrement pas le temps de le lire avant la diffusion de la série. Il est vrai que je suis plutôt du genre à lire les livres avant de voir les films/séries pour une multitude de raisons mais ici, je vais faire une exception: il y a une première à tout!

Si je ne connais pas ce roman, j’ai pu en lire de nombreuses critiques (accro à Babelio et aux autres blogs oblige!) et franchement c’est tout à fait le genre de lecture qui a l’air passionnante : une dystopie dans un monde de science fiction où règne la dictature et la peur absolue. Les femmes sont considérées comme des « ventres », des mères-porteuses qui subissent le bon vouloir des hommes et de la chaîne immuable du commandement. Par ce livre, Margaret Atwood y dénonce les dérives des systèmes totalitaires et je pense qu’il fait bon, en ces temps de présidentielles troublées, de lire ce genre d’ouvrages qui à mon avis est assez éclairant et fait figure de classique! Je ne sais pas vous mais moi je regarderai avidement la série (avec son casting de folie) et je lirai le livre dès que possible!

Le tueur aveugle

Il aurait été un peu facile de faire un article « je ne sais pas de quoi je parle mais je conseille quand même par principe » donc je vais m’efforcer de faire un petit point sur l’auteur qui, je le rappelle, ne sort pas de nulle part et a de nombreux chefs-d’oeuvre à son actif!

tueur aveugleJ’avais lu Le tueur aveugle l’été dernierC’est un livre assez perturbant mais qui m’a beaucoup plu. En même temps, c’est bien parfois de se faire un peu violence et de lire quelque chose de différent, qui prend aux tripes. Un livre dont on se souviendra et qui ne restera pas qu’un souvenir périssable prenant la poussière sur son étagère.

« Pour qui est-ce que j’écris ceci? […] 

Peut-être que je n’écris pour personne? Peut-être est-ce pour la personne à qui les enfants écrivent quand ils gribouillent leurs noms dans la neige? »

Ce livre là c’est une véritable saga familiale, l’histoire d’une époque depuis la fin du 19ème, de la décadence d’une famille, une histoire dans une histoire, celle du « tueur aveugle » récit imaginé par la soeur suicidée de l’héroïne. C’est un de ces pavés comme je les aime, remarquablement bien écrit, fouillé, détaillé et impossible à lâcher. Une vraie perle 🙂

Les livres de M. Atwood valent donc le détour et j’espère que cette série augmentera the brand awareness (cf. restes de cours de mkt) et qu’elle se fera plus largement connaître et reconnaître du grand public! 🙂

Mille femmes blanches – Jim Fergus

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En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l’intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart viennent en réalité des pénitenciers et des asiles… L’une d’elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l’alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l’agonie de son peuple d’adoption…

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A chaque fois c’est la même magie qui opère. Je suis émerveillée par cette capacité qu’ont les livres de nous faire voyager et de nous emmener dans des époques et des lieux qui nous paraissent ensuite aussi familiers que des souvenirs enfouis au creux de notre mémoire.

Cette histoire est peut-être un des plus beaux souvenirs qu’a déterré Jim Fergus: un souvenir qui sent le vent des plaines du Montana et les balades à cheval dans des prairies verdoyantes, un souvenir ancré à la fin du 19ème dans cette époque si particulière qui marque l’histoire de l’Amérique. On est en 1874. Le président Ulysses Grant lance une mission pour le moins incongrue qui est l’objet des moqueries et des spéculations les plus folles: la mission FBI « Femmes Blanches pour les Indiens ».

Tel est le nom de code porté par ce programme secret décidé entre le président des Etats-Unis et Little Wolf, le grand chef Cheyenne. Le deal? Echanger mille femmes blanches contre la quantité équivalente de chevaux pur-sangs. L’objectif étant de perpétuer la lignée du peuple Cheyenne qui s’éteint progressivement et de faire en sorte que les deux peuples puissent à terme vivre dans une certaine harmonie.

On comprend vite que le deal ne sera jamais totalement respecté. L’issue de l’histoire est inévitable et on sait que le peuple Cheyenne terminera sa vie dans les réserves, ravagées par la pauvreté et l’alcoolisme. L’Histoire était déjà en marche avant même que l’échange ne soit effectué nous raconte May Dodd dans l’un de ses nombreux carnets qu’elle a tenu consciencieusement pendant presque une année auprès de son mari Little Wolf.

C’est en effet par l’intermédiaire de May Dodd, une des femmes du premier convoi de la mission FBI que l’on découvre les dessous de cette étrange transaction. Enfermée dans un asile car elle avait commis le pécher d’aimer la mauvaise personne elle est traitée comme une nymphomane. Pour procéder à l’échange, l’administration américaine a fait appel principalement aux folles et femmes de petites vertu qui se portaient « volontaires ». Volontaires avec d’ENOOOOOORMES guillemets car pour la plupart d’entre elles cet échange n’était qu’une opportunité pour échapper à une vie sinistre faite de sévices et injures.

Franchement, vu la façon dont j’ai été traitée par les gens dits civilisés, il me tarde finalement, d’aller vivre chez les sauvages.

May n’est peut-être pas la plus représentative des femmes dépêchées dans cette mission mais elle permet, grâce à ses écrits, de faire un portrait de la société, des femmes qui sont infantilisées et dont les vies ne semble qu’être une accumulation de drames et de violence.  Elle voit en ce projet une occasion de s’échapper de l’asile et l’on découvre par ses yeux, à la manière d’apprentis ethnologues, le mode de vie des Indiens et le statut si particulier des femmes blanches.

Cette plongée au coeur d’un camp Indien a été riche d’enseignements quant à leurs croyances et leurs modes de vie. On apprend avec May que l’eau est vivante et qu’il ne faut pas utiliser l’eau de la veille, que les prénoms sont donnés par rapports aux accomplissements de chacun. On y découvre aussi le fléau de l’alcool, la difficulté de communiquer avec un peuple qui ne parle ni sa langue ni ne partage les mêmes conventions. Au fur et à mesure, on comprend la richesse de ce peuple qui était dépeint comme un peuple de sauvages et barbares par les blancs. Avec humilité, on redonne aux Indiens (malgré un léger manichéisme) la place qu’ils méritent: celle d’un peuple incompris qui a été traité comme le nouvel esclave de l’homme blanc.

Je ne peux m’empêcher de penser une fois de plus que l’homme est bel et bien une créature brutale et imbécile. Est-il une autre espèce sur terre qui tue pour le plaisir ?

May apprendra malgré les aléas de sa courte vie à gagner sa liberté, ou du moins à échapper, même provisoirement, à la folie des hommes.

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Un livre magnifique qui promet une immersion totale en terre inconnue. Jim Fergus a écrit une suite: La vengeance des mères. Il me tarde de la découvrir tant j’ai été emportée par ce premier tome.

Nota Bene : A lire habillée en squaw, les cheveux au vent en galopant à toute vitesse dans les grandes plaines du Montana.
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Editeur : POCKET
Date parution : 05/05/11 (NED)
ISBN : 9782266217460
Nb de pages : 512 pages

Who run the world? GIRLS!

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Queen B l’a dit bien avant moi: Who run the world? GIRLS!

Il ne vous aura pas échappé qu’aujourd’hui, le 8 mars, c’est la journée internationale des femmes #girlpower! Malgré ce sentiment jouissif de pouvoir s’arrêter de travailler à 15h40 il y a toujours ce petit quelque chose qui me dérange dans cette journée et qui me laisse un arrière-goût amer. C’est ce sous-entendu que tous les autres jours sont ceux des hommes et que l’on nous accorde ici une petite journée de célébration pour qu’on soit bien sages et obéissantes le reste de l’année. (They wish). C’est vrai que les femmes ne représentent que la moitié de l’humanité…une broutille, un détail!

Ce n’est pas l’objet du blog mais je pense que sur cette question il y a encore beaucoup à faire et nous sommes tous responsables, à notre niveau, de la construction de la société dans laquelle nous voulons vivre. Cette réalité n’est pas immuable, il ne tient qu’à nous de changer les choses grâce à l’éducation, la culture et surtout la lecture pour éduquer les petits garçons autrement et insuffler des rêves, du courage et de l’ambition aux petites filles afin qu’elles deviennent des femmes intelligentes, gentilles et importantes.

You is smart, you is kind, you is important – The Help

Voilà une petite sélection que toute personne respectable qui voudrait mettre les femmes à l’honneur se devrait de lire et découvrir. En plus les critiques sont presque toutes déjà disponibles sur le blog…. Quelle heureuse coïncidence!

Le deuxième texteCollectif: Un panel de femmes croquées, dessinées, décortiquées par un collectif d’auteurs.
Mille femmes blanches Jim Fergus: Une femme forte dans l’Amérique de la fin du 19ème qui reprend son destin en main.
30 ans (10 ans de thérapie)Nora Hamzawi: Nora et ses parfaites imperfections, drôle et touchante à la fois.
Une vie à t’écrire – Julia Montejo : Un roman magique, dans mon top 3 des livres des Escales 🙂
The perfect girl Gilly MacMillan: Because this woman is the most adorable and her protagonist is just the Perfect girl.
Sainte MazieJami Attenberg: Parce que c’est un magnifique portrait de femme peu conventionnelle qui est sortie des sentiers battus. Mazie, the life and soul of the party!

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Pour finir, voilà un petit portrait d’une femme que j’admire beaucoup et dont on ne parle pas assez en France : Je nomme ici Chimamanda Adichie. Je vous invite d’ailleurs à aller écouter son speech au TEDxEuston (dont est extraite la citation ci-dessous) qui est réellement magnifique, plein d’humour et d’intelligence.

The problem with gender is that it prescribes how we should be rather than recognizing how we are. Imagine how much happier we would be, how much freer to be our true individual selves, if we didn’t have the weight of gender expectations.

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C’est une écrivaine nigériane qui a gagné de nombreux prix pour ses romans et nouvelles parmi lesquels We should all be feminists ou Americanah. Mais ce qui fait peut-être sa particularité au-delà de son engagement pour la question raciale et le féminisme,  c’est son impressionnante éloquence d’une rare sincérité, qui nous interroge sur notre culture.

Elle nous appelle à construire ensemble la société demain. Une société rayonnante, remplie d’espoir et de lendemains qui chantent.

En résumé, une femme bien dont certain(e)s devraient s’inspirer plus souvent.


…Pour que tous les jours soient aussi les journées des femmes…

Le deuxième texte – Collectif

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Trente histoires où les personnages féminins secondaires reprennent leur destin en main. Le Deuxième Texte revisite de grandes œuvres de la littérature, de l’art et de la pop culture, et (re)met en lumière ces femmes de l’ombre. Trente contributions – textes, images, photos, BD – autour d’une même évidence : ce sont elles, les héroïnes.

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Tout d’abord un petit point sur le titre et le projet. Avec un petit clin d’oeil à l’amie Simone, les éditions Les femmes d’à côté redonnent aux femmes la place qu’elles méritent au sein des histoires qui ne leur ont laissé que des rôles de personnages secondaires.

Ici, elles prennent leur revanche dans ce recueil hétéroclite à la fois sur le fond et sur la forme. On passe d’une lettre à une BD, d’un poème à une nouvelle, tout en s’abandonnant dans l’univers de Disney, des séries ou encore de la littérature. Bref, c’est toute une panoplie de portraits de femmes et d’oeuvres d’art que nous propose Le deuxième texte.

« Miroir Miroir« : Là où la méchante Reine est soumise au diktat du miroir qui l’oblige à être la plus belle. On nous montre une femme fragile, brisée qui se retrouve presque contrainte à recouvrer son éclat d’antan.

Est-ce que c’est trahir le texte que de réinterpréter les états d’âmes des personnages créés par un autre? Ici la question ne se pose pas tellement. On perçoit clairement l’initiative comme un hommage, une volonté de réhabiliter l’intégr(al)ité des femmes de l’ombre. Parce que ce n’est pas tant l’intrigue principale qui fait qu’un livre est un grand livre : C’est l’attention portée aux détails, aux intrigues subalternes. En réalité, les  personnages secondaires, héros nécessaires, dépassent le stade de simples esquisses servant à mettre en valeur le personnage principal.

« Fiona de 4 mariages et un enterrement« : Selon moi, après Viola Davis et Meryl Streep qui sont tout de même des monuments du cinéma, Kristin Scott Thomas n’est pas loin dans le classement. Elle a une classe et un jeu que j’aime beaucoup. Lisa Blumen ressuscite sous quelques coups de pinceau  Fiona et la révèle en femme désabusée après un énième mariage. Est-ce qu’il faut absolument que sa vie ressemble à une comédie romantique niaise et barbapapa pour qu’elle soit heureuse?

Certaines nouvelles sont tellement réussies que l’on regrette finalement de ne pas avoir un texte à part entière plus conséquent. Notamment celle de Sabrine Kherrati « Aussi sombres que du charbon« , mon petit coup de coeur. Mais c’est aussi peut-être cela qui fait le charme de l’oeuvre. Ephémère, volatile, on ne jette qu’un bref coup d’oeil à travers la serrure pour observer ces femmes trop vite oubliées. En définitive, ce livre donne envie de (re)découvrir les oeuvres originales sous un nouveau prisme pour se faire sa propre idée de ces femmes d’à côté.

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Un projet novateur, original et parfaitement réalisé par le collectif des éditeurs de la Sorbonne. Mention spéciale à « la préférée« , Ju si tu me lis. Je précise aussi que vous pourrez retrouver la team des éditeurs, admirer (et vous procurer) des exemplaires du deuxième texte au Salon du Livre de Paris  du 24 au 27 mars donc save the date! 🙂

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Nota Bene : A lire en écoutant Troisième sexe d’Indochine avec le personnage secondaire de sa propre vie.

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Editeur : LES FEMMES D’A COTE
Date parution : 08/03/17
ISBN :9791094327067
Nb de pages : 152 pages

Les derniers jours des reines – Collectif

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Comment sont mortes les souveraines les plus célèbres de l’Histoire ? Du suicide de Cléopâtre au dramatique accident d’Astrid de Belgique en passant par la décapitation de Marie Stuart et de Marie-Antoinette, l’assassinat d’Agrippine, de Sissi et d’Alexandra de Russie, ou l’agonie édifiante de Catherine de Médicis, Anne d’Autriche, Catherine II, la reine Victoria ou l’impératrice Eugénie, les meilleurs historiens et écrivains d’histoire racontent leurs derniers jours dans des textes incisifs où la limpidité du récit s’appuie sur des enquêtes puisées aux meilleures sources.

Toujours tragiques, souvent brutales, parfois spectaculaires, inattendues ou interminables, leurs fins se ressemblent par une même dignité, une civilité monarchique de l’adieu exaltée par la conscience que ces reines avaient de leur rang, et leur volonté commune d’édifier la postérité après avoir marqué leur temps. Comme si toutes se retrouvaient dans la fière devise de Marie Stuart :  » En ma fin est mon commencement. « 

Une fresque du pouvoir suprême au féminin, de l’Antiquité au XX e siècle  » : c’est ainsi que Jean-Christophe Buisson et Jean Sévillia définissent cet ouvrage collectif de prestige qu’ils ont dirigé et qui fera date, autant par ses qualités littéraires que par le regard innovant qu’il porte sur les ultimes instants de ces femmes dont les règnes ont changé le monde à tout jamais.

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Grande amatrice de GOT je réalise en écrivant cette critique que la perfidie des prétendants au trône de fer est très surfaite. Georges RR Martin le disait lui-même, l’Histoire est une source inépuisable d’inspiration et l’excellent Les derniers jours des reines, pendant féminin de Les derniers jours des rois peut en témoigner.

En quelques chiffres ce livre c’est : 20 chapitres, 20 auteurs, 20 reines qui ont changé la face du monde sur près de 2000 ans. De l’Egypte antique de Cléopâtre à la Suède de la reine Astrid au 20ème siècle, ces femmes d’exception fascinent encore aujourd’hui. Filles, Femmes, Mères, parfois cet ordre parfois dans un autre, dans l’ombre ou dans la lumière, chacune d’entre elles a su tirer son épingle du jeu et apprendre à tirer les ficelles du pouvoir. Brillantes politiciennes, fomentatrices de complots ou encore grandes idéalistes ces 20 femmes ont su inspirer convoitise, admiration ou encore haine. Elles ont surtout su inspirer 20 auteurs qui, sous la direction de Jean Sévillia et Jean-Christophe Buisson se sont prêtés à l’exercice de raconter leurs derniers instants de vie.

De manière tout à fait personnelle j’ai beaucoup aimé les chapitres sur Agrippine qui porte bien son nom tant elle s’est acharnée à s’agripper au pouvoir (la redoutable Cersei Lannister passerait presque pour une amatrice à côté) et sur Marie Stuart qui, malgré les épreuves a su rester digne, fière et fidèle à ses convictions jusqu’à son dernier souffle.

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Férus d’Histoire, de complots, de trahisons et de coucheries à tout va ce livre va vous plaire. Les derniers jours des reines est un petit bijou qui vous donnera des anecdotes croustillantes à ressortir dans les diners mondains. Qui a dit que l’Histoire était chiante et ringarde ? God Save The Queens!

Nota Bene : A lire d’un œil averti lors d’une promenade dans les jardins du château de Versailles entre un piquenique champêtre et une partie de chasse à cour.

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Editeur : PERRIN
Date parution : 01/10/15
ISBN : 9782262050320
Nb de pages : 400 pages

30 ans, 10 ans de thérapie – Nora Hamzawi

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Obsessionnelle, parano et hypocondriaque, Nora Hamzawi partage ses petites angoisses ordinaires avec humour et autodérision.
À mi-chemin entre séances chez le psy et journal intime, elle décortique des scènes de nos vies pour mieux y trouver sa place.
Comment fait-on pour avoir l’air à l’aise en soirée ? Qui sont ces gens qui fréquentent les stations de skis ? Y a-t-il un âge pour arrêter de regarder La Boum ? Pourquoi est-ce qu’on est obligé de se tutoyer dans les magasins bios ?
Son regard sur le monde, sa perception des situations et son désarroi, amusé et sensible, révèlent l’absurdité et la folie du quotidien.

En bref, si vous vous demandez régulièrement si vous êtes normal ou à côté de la plaque, cette introspection sans filtre devrait vous aider à relativiser !

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Alors, par où commencer? J’ai découvert Nora Hamzawi dans son passage à l’émission Quotidien où elle était invitée pour présenter son spectacle si je me souviens bien. Elle avait l’air sympa et marrante (ce qui n’est pas un synonyme de débile profonde je tiens à le préciser). Et puis, quelques semaines plus tard j’ai vu sa petite bouille avec son chignon approximatif et sa frange sur la couverture d’un livre et je me suis dit « OMG il me le faut » (je l’ai même Twitté la fo-lie! dixit la nana trop en phase avec son époque).

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Bref, il est vrai que je choisis mes livres à lire selon des critères plutôt hasardeux mais j’avais décrété que cette fille avait l’air sympa et que je voulais lire son livre. J’avais déjà tenté l’expérience « lire un livre de qqn de connu » avec le livre de Terri Hatcher. Une catastrophe. J’y ai découvert à la place de l’interprète maladroite et attachante de Susan Mayer dans Desperate Housewives une femme à l’égo sur-dimensioné et je me suis juré de ne plus jamais me faire avoir à lire ce genre de livres. Et puis j’ai lu le livre d’Amy Schumer (parce que bon, il faut l’avouer mes comiques préférées sont américaines : coucou au passage Wanda Sykes!) et je me suis dit bon, au-delà de la couverture rigolote oui les livres d’humoristes peuvent être bien écrits!

Je me suis donc attelée à la lecture sans jamais avoir vu aucun sketch, ni lu la biographie etc de l’auteur « pour plus d’objectivité et partir sans a priori ». Avec du recul, je pense que c’était une erreur et que c’est plus intelligent d’écouter quelques unes de ses chroniques de FranceInter au préalable. Pourquoi? Parce que ce qui est marrant chez Nora, au-delà de ses cheveux, c’est son débit inégalable, son grain de voix, ses intonations. Et une fois qu’on a son style en tête on peut lire son livre avec sa voix et ça ne fait pas du tout le même effet!

C’est justement dans mon travail de fouine post-lecture que j’ai regardé une bonne dizaine de ses chroniques (merci Youtube) et lu sa biographie (merci Wikipédia). Bien m’en a pris car j’ai réalisé que de nombreuses chroniques étaient justement reprises de la radio et c’était amusant justement de redécouvrir les textes par l’auteur.

Et donc, quid du livre? Du contenu? Alors ce livre est complètement différent du livre d’Amy Schumer (ma référence comique du coup), les chapitres sont des chroniques qui sont assez indépendantes les unes des autres et qui sont écrites avec du langage parlé (d’où l’intérêt d’avoir la voix de Nora en tête). Ce qui m’a manqué c’est vraiment un fil conducteur tout au long du livre, l’avantage est que l’on peut lire les chroniques au hasard, il n’y a pas vraiment d’ordre…après c’est une question de goût.

Sur le fond, les thèmes abordés sont plutôt classiques: sa mère, son psy, les mecs, ses kilos en trop, ses petites angoisses quotidiennes. Des moments de vie racontés avec des petites punchlines et des indignations un peu poussives parfois mais qui sont je pense plus l’aveu d’une véritable sincérité que de la volonté d’en faire beaucoup pour « plaire au lecteur ». Du moins j’ose l’espérer.

Et c’est pas le « quoi de neuf? » de l’ami d’enfance que tu revois par hasard à une soirée de retrouvailles (comme au Bar à Toto), qui est absurde aussi, mais finalement plus gérable dans la mesure où on sait ce qu’il y a de nouveau et qu’on peut même l’organiser dans sa tête comme un petit horoscope : amour, travail, santé.

Contrairement à ce qu’on peut s’imaginer, la partie la plus pathétique du mail n’est pas la plus embarrassante, non, la gêne commence bien avant, dès le premier mot du mail « Hey! ».
Je ne sais pas si c’est le hey lui-même qui est le plus embarrassant, ou le fait qu’il soit immédiatement suivi de la phrase suivante: « Bon bah toujours pas de nouvelles… ». S’il devait exister une figure de style qui consisterait à retirer toute dignité à un être humain, ça serait celle-ci, celle qui consiste à apposer une interjection anglo-saxonne légère à un état d’attente et de désespoir

Finalement, ce livre a été une belle surprise de fin d’année, pour ceux qui aiment ses chroniques et pour ceux qui veulent la découvrir. Nora j’ai adoré ton livre, si tu vois ce que je veux dire 🙂
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Un livre sympa, sans prise de tête avec les chroniques et nouvelles de Nora Hamzawi. Big Up aux illustrations très sympa d’Anna Wanda Gogusey qui ponctuent certains chapitres.

Nota Bene A lire affalée sur le canapé de son psy en Doc Martens et en écoutant Crush

Ma note :troissurcinq


Editeur : MAZARINE
Date parution : 23/11/16
ISBN : 9782863745342
Nb de pages : 192 pages