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Nous étions merveilleuses – Laure Rollier

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«  Je donnerais n’importe quoi pour pouvoir attraper par le col la gamine que j’étais et lui expliquer certaines choses.
Je lui dirais de prendre sa sœur dans ses bras plus souvent.
Je lui dirais de ne pas quitter l’homme qu’elle aime pour celui qui lui plaît.
Je lui dirais surtout de ne jamais porter de vert. Jamais. Je ne supporte plus cette couleur depuis que je suis ici.
Et vous, vous lui diriez quoi  ?  »

L’été de leur dix-huit ans, Noémie, Lisa, Marion et Stéphanie ont vécu un voyage inoubliable qui a scellé leur amitié pour toujours. Quatorze ans plus tard, les quatre amies décident de mettre leur vie d’adulte, le quotidien et toutes ses contrariétés de côté pour revivre le périple de leur adolescence. Ce qu’elles ignorent, c’est qu‘il sera le plus important de toute leur existence.

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Je suis un peu embêtée pour écrire un avis sur ce titre parce que j’ai eu beaucoup de mal avec cette lecture. Peut-être parce que je ne suis pas du tout fan des check lit (mais alors pas du tout!). Je me demande toujours pourquoi je persévère… Mais ces histoires de jeunes trentenaires qui s’appellent « ma chérie » et qui pleurnichent sur des problèmes qui n’en sont pas vraiment… C’est juste assez agaçant.

Mais j’ai quand même tenté l’aventure. Ce road-trip entre 4 copines (dont des jumelles) va révéler quelques secrets et on va assez vite se rendre compte que leurs vies parfaites ne le sont pas autant que ça. Mais check lit oblige, tout finira par s’arranger. Forcément.

Le style trop simple ne m’a pas réellement convaincue et j’ai à la fin de cette lecture un vrai goût d’inachevé. Les personnages n’avaient pas assez de profondeur, trop clichés, mais c’est peut-être encore une fois le genre qui veut ça. Je pense en particulier à la boite à souvenirs qu’il faut ouvrir X années après (le parallèle avec Crossroads un peu trop évident…) Les adeptes de chick lit s’y retrouveront quand même.

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Une petite déception. Je m’attendais à passer un moment amusant, une petite virée entre copines et j’ai finalement traversé ce livre comme on traverse la route, sans trop d’émotions.

Nota Bene : A lire après avoir écouté les quelques titres chantés par Britney Spears dans  Crossroads.

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Editeur : MAZARINE / FAYARD
Date parution : 25/09/16
ISBN : 9782863747896
Nb de pages : 272

Mensonge – JP Delaney

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Claire, étudiante anglaise en art dramatique, finance ses études d’une manière peu conventionnel e : elle flirte, pour le compte d’un cabinet d’avocats spécialisé dans les divorces, avec des hommes mariés suspectés d’infidélité. Lorsque la femme de l’un d’entre eux est retrouvée morte, tout change… La police exige de Claire qu’elle utilise ses talents d’actrice pour faire avouer le mari. Dès le début, elle n’est cependant pas sûre du rôle qu’elle doit jouer dans cette mise en scène mensongère, mais elle ne veut pas non plus que les enquêteurs la questionnent sur la nuit du meurtre. Bientôt, Claire se rend compte qu’elle est en train de jouer le rôle le plus mortel de sa vie…

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Cela faisait une éternité que je ne m’étais pas plongée dans un thriller mais JP  Delaney oblige, j’ai cédé à la tentation. Ma première impression, quelques minutes à peine après la lecture de ce roman reste assez mitigée. Oui je l’ai lu d’une traite, oui on sent la maîtrise et l’efficacité dans la plume de l’auteur mais il manquait quelque chose dans ce livre. Cet attachement au personnage principal, Claire, qui nous raconte l’histoire.

Mais n’était-ce pas aussi voulu de la part de l’auteur? Qu’on s’interroge, qu’on remette tout en cause, encore et encore, qu’on se perde ou qu’on se gagne comme cette jeune femme qui a fait de sa vie un film jusqu’à parfois être sur la tangente?

« Suis-je la seule qui se voit constamment jouer dans le film de sa vie? Lorsque je pose la question à mes amis, la plupart répondent que ça ne leur arrive jamais. Mais je les soupçonne de mentir. Pourquoi devenir comédien, sinon pour modifier la réalité? »

Le pitch du livre est assez tentant. Une jeune femme qui use de ses talents d’actrice pour financer ses études jusqu’au drame : l’assassinat d’une mystérieuse Stella. La police lui demande alors d’enquêter sur son mari, Patrick, le principal suspect, en lui créant une couverture à la hauteur de son talent. Mais dans ce jeu dangereux, qui est le chat? Qui est la souris? Qui manipule qui?

Ce qui était intéressant, au-delà du doute tout au long du roman quant à ce qui est vraiment en jeu dans cette histoire, c’est finalement le doute identitaire de Claire, qui elle-même ne sait plus parfois si elle porte un masque ou pas. Très psycho.

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J’avais beaucoup apprécié la lecture de La fille d’avant qui m’avait réellement tenue en haleine mais le bilan est un peu plus mitigé pour moi cette fois-ci. En résumé, cela reste tout de même une bonne lecture pour les amateurs de thrillers et de retournements de situation !

Nota Bene : A lire entre deux poèmes de Baudelaire.

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Editeur : FAYARD
Date parution : 18/09/19
ISBN : 9782863745137
Nb de pages : 432 pages

Féminine – Emilie Guillaumin

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Emma Linarès voulait que sa vie soit intense. Voire héroïque. Grande lectrice, elle se rêvait en personnage de roman.Un jour, après y avoir longuement songé, elle a franchi le portail intimidant d’un camp militaire.

L’armée. N’était-ce pas là que se vivaient les dernières aventures ? Sans doute. Mais seulement quand elle aurait appris à s’habiller en moins de cinq minutes, à ramper dans la boue, à se mettre au garde-à-vous, à nommer chaque pièce de son fusil d’assaut et à chanter sa nostalgie virile pour une belle blonde restée au pays…

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J’ai découvert avec un plaisir certain ce livre qui est aussi le premier roman d’Emilie Guillaumin. Moi qui ne connaissait absolument pas, et qui ne m’étais jamais intéressée pour être honnête à l’armée, j’ai pu grâce à ce livre combler quelques lacunes.

Cette histoire c’est le témoignage d’Emma Linares, une jeune femme qui décide de s’engager dans l’armée, de devenir une féminine selon l’expression consacrée. De la sélection aux tests physiques à l’évaluation psychologique où on la déclare « trop sensible », Emma s’accroche pour façonner son esprit et son corps aux idéaux de l’armée. Aux idéaux qui lui avaient transpercé le cœur lors d’un défilé du 14 juillet.

En y pensant, c’est ridicule. Engager sa vie pour un 14 Juillet, un drapeau qui flotte au vent et le cliquetis du « portez armes » hurlé dans le silence recueilli de la foule pour une fois silencieuse. Pourtant, c’est ce que j’ai fait. D’obscures raisons plus ou moins conscientes baignent peut-être aussi dans le magma liquide de mon cerveau. Mais à la base, il y a quoi ? Les visages solennels d’hommes rasés, leur pas qui semble ne jamais vouloir s’arrêter, leurs carrures rigides et l’hymne guttural de leurs cœurs. 

J’ai évidemment eu un petit pincement au cœur en lisant ces phrases… Le 14 juillet, s’engager pour sa patrie, son pays. S’il y a quelque mois ce discours m’aurait laissée de marbre, aujourd’hui je lis ces lignes avec une gravité nouvelle et je comprends presque Emma qui trouve un confort rassurant dans cette institution immuable, enracinée dans l’Histoire, qui promet des aventures, des missions auréolées de gloire pour trouver un sens à sa vie. Comme au cinéma.

Sauf que la réalité ne ressemble en rien au cinéma. La réalité ce sont les blagues grivoises, les réveils à l’aube. C’est se préparer en 10 minutes dans lesquelles chaque seconde est comptée, c’est les heures passées à se traîner dans la boue glacée, les pieds endoloris couverts d’ampoules. On suit Emma, à travers sa détermination, ses doutes, ses incertitudes pendant ce qui est un véritable parcours du combattant. Pas tant pour les épreuves physiques mais par l’image de l’armée qui finalement ne correspond pas à ce qu’elle en attendait. Elle s’en rendra vite compte notamment lors des départs en permission. Oublié le prestige de l’uniforme. La réalité se fait alors crue comme un jogging détendu ou un T-shirt délavé. Nus ils sont nus. Affublés de déguisements grotesques, démunis sans le treillis, les rangers, le fama et le sac qui leur cisaille l’épaule, dépourvus de leurs mines sévères et graves, ils sont nus. Prêts à retourner dans le civil, pendant une permission qui aura presque des airs de printemps. Une bouffée d’air frais dans une vie dictée par une discipline implacable ou réfléchir revient presque à désobéir. La vie civile apparaît alors à Emma presque comme une étrangeté, un monde aseptisé loin de la réalité sans fard des combats. Hugo, l’homme qu’elle aime, semble être alors le seul lien qui la retient alors à ce monde parallèle.

L’armée captive parce que c’est une aventure humaine hors normes qui donne le droit de tuer et de se faire tuer. 

L’armée est une famille, un esprit de corps, des frères d’armes qui portent tous sur leurs visages une trace primitive d’animalité, la conscience de leur mortalité au fond de leurs pupilles. Un quelque chose qui fascine. Pourtant Emma doute, elle a l’impression qu’ils ne font que « jouer à faire la guerre » et que tant qu’elle ne sera pas affectée véritablement en mission toute cette préparation, nettoyer encore et encore les pièces de son fama, les réveils à l’aube (visiblement c’est une torture qui m’a particulièrement marquée) a quelque chose d’absurde, qui relève du non sens.

Lire me sauvait, mais de manière perverse. Car la lecture me faisait croire, dur comme fer, en un ailleurs meilleur, rempli d’aventures et de voyages, de héros aux destins hors du commun.

Emma a soif de grandeur, de triomphe et d’Histoire. Elle veut des frères d’armes, une famille, se fondre dans quelque chose qui la dépasse pour donner un sens à sa vie. La vie d’une héroïne sortie des sentiers battus, féminine dans l’armée : une curiosité pour les civils, une singularité dans l’armée. Au fond c’est cela qu’elle recherche : une identité, quelque chose à admirer, un défi à relever. Être une héroïne de roman. Est-ce que l’armée saura remplir ses promesses ?

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Je regrette les quelques longueurs dans la seconde partie du livre même si mon impression générale était plutôt positive. Finalement, ce livre ne parlait pas tant de l’armée que de l’histoire d’une femme qui voulait devenir une héroïne, faire quelque chose d’incroyable de sa vie et qui croyait réaliser ce rêve grâce aux promesses de l’armée, organe du pouvoir qui a toujours fasciné.

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A lire entre deux séances de préparations pour le Mud-day en écoutant « In the army now » de Status Quo ou « Radioactive » d’Imagine Dragons.

Ma note :

troissurcinq


Editeur : FAYARD
Date parution : 24/08/16
ISBN : 9782213699318
Nb de pages : 400 pages