Un avion sans elle – Michel Bussi

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23 décembre 1980. Un crash d’avion dans le Jura. Une petite libellule de 3 mois tombe du ciel, orpheline. Deux familles que tout oppose se la disputent. La justice tranche : elle sera Émilie Vitral. Aujourd’hui, elle a 18 ans, la vie devant elle mais des questions plein la tête. Qui est-elle vraiment ?
Dix-huit ans que Crédule Grand-Duc, détective privé, se pose la même question. Alors qu’il s’apprête à abandonner, la vérité surgit devant ses yeux, qu’il referme aussitôt, assassiné.
Il ne reste plus à Émilie qu’un vieux carnet de notes, des souvenirs, et Marc, son frère, pour découvrir la vérité…

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Michel Bussi. Il fallait vraiment vivre sur une autre planète pour ne pas avoir entendu parler de cet auteur dont les livres sont toujours en tête de gondoles (et en tête des ventes) avec les irréductibles Musso et Levi. Si pendant quelques années j’ai succombé je l’avoue aux livres de Musso et Levi qui restent quand même des feel-good sympas à lire à la plage ou dans le train, je n’avais jamais tenté l’expérience Michel Bussi. C’est maintenant chose faite.

Je ne m’attendais pas à une écriture transcendante. À un polar efficace tout au plus. Et de  ce point de vue là je n’ai pas été déçue. L’histoire est plutôt bien menée et le véritable talent de Bussi est d’arriver à nous tenir en haleine sur une histoire un peu bancale. Le fameux « oui ce n’est pas dingue mais je veux quand même avoir le fin mot de l’histoire« !

L’histoire repose sur un drame qui a eu lieu fin décembre 1980. Un crash d’où il ne restera qu’une survivante, un petit bébé d’à peine trois mois, une véritable miraculée. Hasard du destin, il y avait deux bébés du même âge dans l’avion et très vite se pose alors la question de son identité. Est-elle Emilie Vitral ou Lyse-Rose de Calville? Les deux familles se la disputent, se l’arrachent à une époque où l’on ne parle pas encore de test ADN. La justice tranche, elle sera Emilie Vitral. Mais le doute subsiste, surtout chez son frère Marc qui ne la voit pas uniquement comme sa petite soeur et chez Malvina de Calville qui est convaincue dans son esprit torturé que c’est Lyse-Rose qui a survécu.

Le jour de ses 18 ans, Emilie reçoit un carnet d’un détective privé engagé par les De Carville qui est un véritable témoignage de presque 18 années d’enquête pour découvrir la vérité. Dans une enquête à deux vitesses, celle qui se déroule sur une journée dans le présent et celle du carnet du détective le lecteur hésite : Qui est donc Lilly, la petite libellule?

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C’était mon premier Michel Bussi. Un livre assez prenant puisque je l’ai lu d’une traite mais l’intrigue aurait gagné à être plus resserrée et plus concise. Quitte à choisir je reviens donc à mes premières amoures: les romans de plages ça restera l’exclusivité de Guillaume Musso 🙂

Nota Bene A lire dans l’avion pendant un long courrier.

Ma note :

troissurcinq


Editeur : POCKET
Date parution : 03/13
ISBN : 9782266233897
Nb de pages : 573 pages

Les Mandible – Lionel Shriver

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Aux États-Unis, en 2029.

Les États-Unis ont élu leur premier président latino, l’Espagnol est devenu la première langue du pays, l’Indonésie a annexé l’Australie et Poutine est toujours au pouvoir.
Comme toutes les familles américaines, les Mandible subissent la crise économique. La situation est grave mais pas désespérées : certes, les légumes sont devenus hors de prix, l’eau est une denrée rare, même le papier toilette est soumis à la plus grande rigueur, mais les comptes du patriarche sont bien garnis, l’heure de l’héritage est proche.
C’est alors que le Président Alvarado annonce la faillite des États-Unis : l’argent des particuliers est réquisitionné, les seniors sont expulsés de leur maison de retraite, les salaires ne sont plus versés. La maison de Florence Mandible devient le dernier refuge de toute la famille. Mais combien de personnes peuvent vivre en totale promiscuité dans une petite maison de Brooklyn ? Combien de temps avant que la solidarité entre ses habitants ne laisse place à la colère, à la haine ? Avant que la famille Mandible ne s’écroule, comme le reste du monde qui l’entoure ?

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J’ai lu ce livre la semaine des élections, autant dire que j’étais plein dans la dynamique « quel serait le pire monde possible »? #Voltaire.

J’ai abordé cette histoire avec curiosité parce que j’avais entendu beaucoup de bien de Lionel Shriver et de ces précédents livres mais pour être honnête, celui-ci m’est un peu tombé des mains. Pourtant je suis une grande fan de dystopies (à niveau presque maladif soit dit en passant). Coucou Margaret Atwood! Si je n’ai absolument rien à reprocher à l’écriture et aux portraits extrêmement précis et réalistes des personnages, j’ai en revanche été très vite agacée par les longues (très longues, trop longues?) considérations économiques de l’auteure à tel point que parfois j’avais l’impression d’avoir sous les yeux un essai d’éco et non pas un roman. Et pourtant je suis en école de commerce donc je devrais être habituée.

Mais je lis principalement pour me détendre, m’évader un peu, très loin si possible alors me replonger dans des taux d’intérêts, fonds de pension et tutti quanti. Au secours. Je vous met à titre d’exemple un des (nombreux) passages qui entrecoupait de manière quasi-systématique l’intrigue.

Exactement. Tu as la France qui se trouve dans l’incapacité totale de refinancer une tranche de la dette arrivée à échéance, mais l’Allemagne et la BCE sont intervenues immédiatement, donc ce n’est pas comme s’ils risquaient de fermer la tour Eiffel par manque de financement. Ils en ont contrarié quelques-uns, c’est tout. Quant à Barclay’s au Royaume-Uni, la version officielle est que le gouvernement d’Ed Balls ne peut pas la renflouer cette fois-ci, mais ce n’est qu’une posture stratégique. Je suis prêt à parier qu’ils trouveront assez de pièces de dix pence entre les coussins des canapés de Downing Street pour empêcher la banque d’aller dans le mur. Et hier, deux fonds spéculatifs un peu nerveux de Zurich et de Bruxelles ont quasiment soldé à zéro leurs positions en dollars et investi dans l’or. Grand bien leur fasse. Ils se serviront de leurs beaux lingots comme presse-papiers quand l’or s’effondrera de nouveau.

Bon OK je vous l’accorde c’est compréhensible mais quand même, je trouvais que vu le sujet choisi, on aurait pu partir sur des pistes beaucoup plus intéressantes et vraiment mettre les personnages au centre plutôt que explications qui n’en finissaient pas.

Tout ça pour dire que ce détail m’a réellement gâché une lecture qui aurait été agréable sans ce fâcheux aspect.

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Une thèse assez intéressante sur une alternative de notre société. Si vous aimez l’économie foncez sinon… Foncez quand même, ça vaut le coup de découvrir cette auteure 🙂

Nota Bene : A lire dans un régime démocratique, sans l’ombre d’un populiste avec sa petite frisure blonde sur le crâne.

Ma note : 

troissurcinq


Editeur : BELFOND
Date parution : 04/05/17
ISBN : 9782714474230
Nb de pages : 528 pages

Quand on a que l’humour… – Amélie Antoine

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C’est l’histoire d’un humoriste en pleine gloire, adulé de tous, mais qui pense ne pas le mériter. Un homme que tout le monde envie et admire, mais que personne ne connaît vraiment. Un homme blessé qui s’est accroché au rire comme on se cramponne à une bouée de sauvetage. C’est aussi l’histoire d’un garçon qui aurait voulu un père plus présent. Un garçon qui a grandi dans l’attente et l’incompréhension. Un garçon qui a laissé la colère et le ressentiment le dévorer.

C’est une histoire de paillettes et de célébrité, mais, surtout, l’histoire d’un père et d’un fils à qui il aura fallu plus d’une vie pour se trouver.

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Je ne sais pas pourquoi j’ai été attirée par ce résumé. Par curiosité peut-être. J’ai toujours eu horreur des humoristes.  Il y a une tristesse, une mélancolie dans cette joie exacerbée qui me fout le cafard. Donc généralement j’évite, mais ici j’ai fait une exception. Grande fan de street art, j’ai été tout de suite séduite par la couverture à la Bansky que j’ai trouvé très belle et poétique. Ce petit garçon qui s’accroche et se laisse emporter par l’espoir, ce ballon coloré dérivant au gré des aléas de la vie et de ses incertitudes.

*

Amélie Antoine nous raconte ici l’histoire d’Edouard Bresson, humoriste a succès qui, ce soir du 31 mars 2017 s’apprête à tirer sa révérence après son spectacle.

Alors qu’il réfléchit sur ce qu’a été sa vie, sur la frénésie de la scène qui peine à compenser ses démons, les pensées de l’humoriste sont entrecoupées par des flashbacks de sa vie – de son enfance à aujourd’hui. La seconde partie du livre m’a beaucoup fait penser à PS, I love you. Elle est écrite du point de vue d’Arthur, le fils d’Edouard, qui tel un petit Poucet cherche les cailloux que son père à semé sur son chemin.

Au-delà de l’histoire que j’ai trouvé très belle, j’ai beaucoup aimé l’écriture de l’auteure, les petites touches et détails du quotidien qu’elle a distillé tout au long du livre et qui sonnent plus vrai que nature. Par exemple, le fait de vérifier cinquante fois le quai avant de prendre son train, les petites superstitions avec nous-meme « si je ne reçois pas de message avant… alors tout ira bien… » En un sens, on se sent moins seul après cette lecture. Comme si, à la manière d’Edouard et d’Arthur (son fils), nous aussi on prenait conscience au fur et à mesure de la lecture de l’essentiel: Dire les choses, dire aux gens qu’on les aime avant qu’il ne soit trop tard.

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Ce livre c’est un bel acte manqué. Une rencontre qui n’a pas eu lieu entre un père et son fils. Emouvant, plein de justesse. Inutile de se perdre dans trop de blabla je vais m’en tenir au fait que j’ai adoré. Amélie Antoine est définitivement une auteure à suivre 🙂

Nota Bene A lire, dans un coin calfeutré des coulisses du Stade de France en écoutant Papaoutai de Stromae.

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : MICHEL LAFON
Date parution : 04/05/17
ISBN : 9782749932651
Nb de pages : 275 pages

Je ne sais pas dire je t’aime – Nicolas Robin

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Paris, tu l’aimes ou tu la quittes. C’est une injonction quotidienne pour qui se retrouve la joue écrasée contre la vitre d’un métro bondé, ou se fait bousculer sur le trottoir par un type mal dégrossi. Dans ce tohu-bohu parisien, Francine déterre un passé longtemps enseveli devant un guichet d’état civil ; Juliette rêve d’avoir la beauté fulgurante d’une actrice qui éclate de rire sur un tapis rouge ; Joachim devient célèbre malgré lui en se faisant larguer en direct à la télé ; Ben essaie de ne pas finir comme ceux qui picorent leurs petits pois, le nez dans l’assiette, sans adresser un mot à l’autre.
Un chassé-croisé plein d’humour et de tendresse dans lequel chacun cherche son salut et espère entendre parler de sentiments, au coeur d’une ville épicentre de l’amour, où il est parfois difficile de se dire je t’aime.
À tous les éclopés du coeur, les éternels pudiques, les incorrigibles passionnés, ce roman  est pour vous.

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J’aime beaucoup les films chorale, comme « Sous les jupes des filles » , « Love actually » ou « Le code a changé ». Il faut croire qu’une histoire « chorale » sous le format livre est toute aussi distrayante qu’un de ces films feel good.

Dans son nouveau roman, Nicolas Robin nous entraîne dans ce Paris d’aujourd’hui sur fond d’élections présidentielles, dans le quotidien de personnes ordinaires. On découvre  par courts chapitres les portraits de Francine, vieille femme qui souffre du secret de ses origines; Ben, qui voit avec impuissance son couple se déliter sous ses yeux; Juliette qui se demande quand est-ce que sa vie va enfin commencer et puis Joachim qui s’est fait larguer en direct devant la France entière par sa copine.

– Vous pensez que je suis une salope?
– Pas vraiment. Vous êtes une névrosée en démarche affective.
– C’est beau, ce que vous dites.

Chaque personnage mène sa barque difficilement, comme il peut, jusqu’à ce que leurs destins ordinaires se télescopent, s’entrechoquent pour aller vers de nouveaux horizons. Je résiste à vous raconter le fin mot de l’histoire (pour ça => direction la librairie).

En attendant, ne serait-ce que pour le style, ce roman vaut la peine d’être lu! Les personnages sont frais, amusants, authentiques. On a envie de rester plus longtemps en immersion dans cette histoire. Un petit coup de coeur pour la scène mémorable du dîner! A quand le prochain?

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Un roman feel-good qui donne le SMIIILE! A mettre dans ses valises pour les vacances et pour décompresser face à l’actualité. Merci beaucoup aux éditions Anne Carrière pour ce SP

Nota Bene A lire dans un petit café à Saint Michel en écoutant « La vie en rose » d’Edith Piaf

Ma note :
quatresurcinq


Editeur : ANNE CARRIERE
Date parution : 13/04/17
ISBN : 9782843378614
Nb de pages : 260 pages

La vieille dame qui avait vécu dans les nuages – Maggie Leffler

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Un roman sur le courage de ces femmes oubliées de l’Histoire qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont participé à l’effort de guerre.
A 87 ans, Mary Browning sent que le temps est venu pour elle de raconter son histoire et les secrets qu’elle garde enfouis depuis de si longues années. En fait, depuis le jour où un parachutiste est tombé dans le jardin de ses parents, faisant éclore son rêve : devenir aviatrice. Cette passion, Mary l’a vécue intensément, à chaque seconde de sa vie. Mais, en retour, elle a payé le prix fort, allant jusqu’à renier ses origines juives et sa famille pour suivre son destin.
A qui confier et transmettre le récit de ce qui fut à la fois son feu sacré et sa grande faute ? La réponse arrive en la personne d’une très jeune fille. En elle, Mary croit retrouver les traits de Sarah, sa sœur adorée qu’elle a dû abandonner. Un signe du destin qui marque le début d’une amitié aussi belle qu’improbable, faite de confidences et de récits extraordinaires jusqu’à l’émouvante révélation finale…

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Tout d’abord je tiens à faire un petit point sur ce titre qui m’a attirée d’emblée. A la fois poétique et mystérieux. La couverture et le synopsis ont suffit ensuite à me convaincre de lire ce livre et je n’ai pas été déçue!

Ce livre raconte avant tout l’histoire d’une rencontre. Celle d’Elyse (15 ans) avec Marie (87 ans). C’est l’histoire d’une amitié, d’une transmission inter-générationnelle sur fond de seconde guerre mondiale. Les deux femmes se rencontrent lors d’un atelier d’écriture à une bibliothèque et Marie demande de l’aide à Elyse afin qu’elle puisse écrire ses mémoires. Afin qu’elle puisse raconter son histoire. Celle d’une femme pilote, qui a lutté pour s’imposer. Leurs histoires se complètent, se reflètent et l’on verra avec émotion que ces deux femmes que plus d’un demi-siècle sépare sont peut-être plus proches qu’on pourrait le penser.

*

« Tout ce que je déteste chez ma mère, c’est tout ce que je déteste chez moi. Il m’est donc très difficile de la détester, et ça m’énerve encore plus. »

« Plus vous craindrez que ce truc se passe mal, plus vous vous conditionnerez pour que ça se passe mal. Ne vous rendez pas prisonnière de vos propres pensées. Ce n’est pas très conseillé – sauf pour un écrivain, par exemple. »

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J’ai découvert ce livre grâce à l’offre de Harper Collins et NetGalley. Merci beaucoup à eux. J’aime beaucoup les histoires à deux voix, d’autant plus dans ce contexte de transmission qui nous permet de voir l’autre côté de l’Histoire: celui des femmes pilotes, qui ont, elles aussi ne l’oublions pas; participé à l’effort de guerre. Pour le devoir de mémoire, pour l’écriture singulière et ses personnages attachants: A découvrir.

Nota Bene A lire avec une vieille amie au coin du feu avec un bon chocolat chaud.

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : HARPER COLLINS
Date parution : 02/11/16
ISBN : 9791033900153
Nb de pages : 352 pages

La voix des vagues – Jackie Copleton

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Lorsqu’un homme horriblement défiguré frappe à la porte d’Amaterasu Takahashi et qu’il prétend être son petit-fils disparu depuis des années, Amaterasu est bouleversée. Elle aimerait tellement le croire, mais comment savoir s’il dit la vérité ?

Ce qu’elle sait c’est que sa fille et son petit-fils sont forcément morts le 9 août 1945, le jour où les Américains ont bombardé Nagasaki ; elle sait aussi qu’elle a fouillé sa ville en ruine à la recherche des siens pendant des semaines. Avec l’arrivée de cet homme, Amaterasu doit se replonger dans un passé douloureux dominé par le chagrin, la perte et le remord.

Elle qui a quitté son pays natal, le Japon, pour les États-Unis se remémore ce qu’elle a voulu oublier : son pays, sa jeunesse et sa relation compliquée avec sa fille. L’apparition de l’étranger sort Amaterasu de sa mélancolie et ouvre une boîte de Pandore d’où s’échappent les souvenirs qu’elle a laissé derrière elle …

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La voix des vagues
Qui se dressent devant moi
N’est pas aussi forte
Que mes sanglots,
D’avoir été abandonné
– Poème japonais vieux de mille ans

On reconnait le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va… ou quand il toque à votre porte. Amaretsu Takahashi, une vieille dame japonaise exilée au Etats-Unis après le drame de la seconde guerre mondiale est surprise un jour par l’arrivée d’un homme à sa porte qui prétend être son petit fils Hideo. Ce petit fils qui était sensé être mort avec sa mère, Yuko, ce fameux 9 aout 1945.

Flashback.

(…) Il n’existe pas de mot pour ce que nous avons entendu ce jour-là. Il ne doit jamais y en avoir. Donner un nom à ce son risquerait de signifier qu’il pourrait se reproduire. Quel terme serait à même de capturer les rugissements de tous les orages jamais entendus, tous les volcans, tsunamis et avalanches jamais vus en train de déchirer la terre et d’engloutir toutes les villes sous les flammes, les vagues, les vents? Ne trouvez jamais les termes adéquats capables de décrire une telle horreur de bruit ni le silence qui s’était ensuivi.

Ama se retrouve dévastée devant ce paysage de désolation, consumé par la mort, léché par les flammes, perforé par une explosion létale. Elle comprend que sa fille Yuko et son petit fils Hideo font partie des victimes. Après des jours, des semaines de recherche, son mari et elle se rendent à l’évidence, ils sont morts. Ils décident alors de s’exiler aux Etats-Unis, peut-être aussi pour échapper à Nagasaki et mettre un voile sur leur passé enseveli par le deuil.

Lorsque des décennies plus tard, cet homme qui dit être Hideo vient lui rendre visite, Ama ne veut pas croire qu’il puisse être son petit fils. Sa conscience imbibée de culpabilité ne peut trouver du réconfort que dans le whisky qui lui réchauffe le coeur. Inconsciemment elle sait. Elle sait que c’est en lisant les écrits de sa fille Yuko qu’elle trouvera la réponse et décèlera la vérité sur son héritage.

Il vaut mieux que les secrets restent ce qu’ils sont, des secrets. Le passé est le passé. Rien de bon ne peut sortir de ce ratissage de charbons déjà consumés.

Ce roman est un voyage. Un voyage au Japon, auprès de l’histoire de Yuko et de son amant, auprès du passé bouleversant d’Ama, auprès d’un de ces moments de l’Histoire entré dans la mémoire collective. Entre ses souvenirs, les écrits de Yuko et les lettres que lui transmettra Hideo, Ama reconstituera peu à peu la mosaïque de son histoire et s’autorisera peut-être à espérer.

En anglais, le titre de ce livre est « A Dictionary of Mutual Understanding ». C’est intéressant de le souligner puisque cela apporte un autre éclairage à l’ouvrage dont les chapitres s’ouvrent par des définitions de concepts japonais. Procédé intelligent qui donne une clé de lecture et de compréhension à la culture nippone. Par exemple « ai-ai-gasa » signifie « partager un parapluie ». Je ne vous donnerai pas la définition de ce terme… à vous de lire le livre pour le découvrir…. #teasingdefolie

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Une découverte bouleversante. J’ai adoré la complexité du personnage d’Ama et de sa fille Yuko. Ce livre m’a fait penser au merveilleux film « Mémoires d’une Geisha » mais aussi à Mulan (vous verrez de quel moment je parle!). Bref, une découverte que je souhaite à tout le monde!

Nota Bene A lire en écoutant « Oltremare » de Ludovico Einaudi à l’ombre d’un cerisier en fleurs.

Ma note :

cinqsurcinq


Editeur : ESCALES
Date parution : 13/10/16
ISBN : 9782365692984
Nb de pages : 304 pages

Comme deux soeurs – Rachel Shalita

 

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On a le droit d’être sœurs ? S’étonna Véra. On ne doit pas demander à un adulte ?
– Bien sûr qu’on a le droit, dit Tsiona, c’est comme on veut nous.
– C’est pas vrai, pour être sœurs, il faut que les parents soient d’accord. Tsiona se tourna vers Véra :
– Et si les parents dorment ?
-Si les parents dorment, on leur demande le lendemain matin, répondit Véra avant de se tourner contre le mur

Véra et Tsiona partagent leurs joies et leurs peines, jusqu’à l’arrivée de Yossef, le rescapé… A travers le destin de deux héroïnes qui s’aiment comme deux sœurs, le roman entraîne le lecteur dans la société juive de Palestine, de la fin des années 1920 à la création de l’Etat d’Israël. Une période peu décrite jusqu’à présent dans la littérature israélienne et pourtant déterminante pour l’avenir des Juifs et des Arabes.

MonavisV2

Petit livre fort sympathique offert par ma tante qui a le mérite de toujours sélectionner des petites perles cachées au fin fond des rayons de librairies. Il propose une véritable réflexion sur l’amitié, la famille et sur la place de l’art dans la vie.

– Je ne suis pas faite pour le mariage, répondit Véra.
Cette phrase ne ressemblait pas à Véra, elle venait forcément de quelqu’un d’autre. Tsiona hurla : De quel livre sors-tu cette citation ? Véra, la vie, ce n’est pas de la littérature. Tu es en train de ficher en l’air tout ce que tu as. (…)

Cette histoire est celle Véra, l’artiste et de Tsiona qui a les pieds sur terre. Véra se souvient qu’elles se sont rencontrées au cours préparatoire, Tsiona au jardin d’enfants. Quelle est la véritable version de l’histoire ? Au fond ça n’a pas tellement d’importance. Le fait est qu’elles se sont trouvées, deux petites filles qui se considèrent comme des sœurs.

Elles vivent tout ensemble comme deux facettes d’une même pièce, les absences répétées de Léon, le père de Véra dont Tsiona recherche constamment l’approbation, la maladie de Dvorah qui dévore Véra de l’intérieur…

Après leurs années lycée, Véra fait ses valises et part avec son père à Paris pour devenir une artiste. Elle n’emporte pas Tsiona dans ses bagages. Cette dernière décide de rejoindre un kibboutz et travailler la terre pour participer à la reconstruction de son pays. Les mois passent, Véra et Tsiona grandissent chacune de leur côté jusqu’au jour où Vera apparait sur le seuil de la porte de Tsiona. Frêle, apprêtée, élégante comme une parisienne.

Grâce à l’appui de Tsiona, Véra est autorisée à rester au kibboutz, entre méfiance réciproque et tiède tolérance. Elle peine à se faire une place dans la communauté jusqu’au jour où elle tombe sur une lettre adressée à Tsiona de Yossef, jeune homme qui souhaite intégrer le kibboutz. Véra se met alors à lui répondre en se faisant passer pour sa meilleure amie. Elle en est intimement convaincue, elle a un lien spécial avec le jeune homme. Elle l’a su dès qu’elle a aperçu les courbes sensuelles des mots qu’il avait couchés sur le papier. C’est un poète. Elle est une artiste. Ils sont faits l’un pour l’autre.

Jusqu’au jour la supercherie est dévoilée et l’équilibre fragile des mensonges de Véra vole en éclat…

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Histoire touchante de deux filles, deux femmes qui incarnent la schizophrénie d’une époque, entre les racines profondes de la création d’Israel et la volonté de s’échapper et réécrire une nouvelle histoire en Occident. Aussi semblables que différentes, malgré leurs trajectoires de vies divergentes elles resteront soudées. Comme deux sœurs.

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A lire sur les marches de son perron un soir d’été en buvant un thé à la menthe dans une tasse de porcelaine.

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Editeur : EDITIONS DE L’ANTILOPE
Date parution : 7/01/16
ISBN : 9791095360001
Nb de pages : 352 pag