Ceux qu’on aime – Victoria Hislop

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Le destin poignant de Themis, femme courageuse et engagée au cœur d’une Grèce tourmentée.

Athènes, 1941. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Grèce, après avoir été libérée de l’occupation allemande est ruinée et le pays devient le théâtre d’une guerre civile. Révoltée par les injustices qui touchent ses proches, la jeune Themis décide de s’engager dans l’armée communiste et se révèle prête à tout, même à donner sa vie, pour défendre ses droits et sa liberté. Quand elle est emprisonnée sur l’île de Makronisos, Themis doit prendre une décision qui la hantera à jamais pour protéger ceux qu’elle aime.
Au crépuscule de sa vie, Themis prend conscience qu’il faut parfois rouvrir certaines blessures pour en guérir d’autres, et lève enfin le voile sur son passé tourmenté.

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J’avais adoré les précédents Hislop et cette atmosphère si particulière qu’elle arrivait à peindre dans ses fresques qui prenaient pour décor la Grèce. Ceux qu’on aime ne déroge pas à la règle. On y découvre à travers l’histoire de Themis, une fresque familiale et plusieurs destins qui s’entrecroisent et se déchirent au fil des années sur le fond des conflits politiques qui ont terrassé la Grèce.

L’histoire commence à la fin des années 2000, quand Thémis, matriarche à la tête d’une famille nombreuse se demande quel est l’héritage qu’elle pourra léguer à ses petits enfants. Qu’a-t-elle de précieux, de singulier, qu’elle pourrait transmettre? La réponse lui apparaît alors : ses souvenirs.

Victoria Hislop nous plonge au début des années 30, dans l’histoire d’une famille qui, comme tant d’autres, a connu en son sein de nombreuses batailles. D’abord petite fille effacée et invisible, méprisée par sa grande soeur et témoin malgré elle de la lutte intestine entre ses grands frères, Themis peine à trouver sa voie. J’ai découvert tout un pan de l’histoire grecque en lisant cette histoire, sous le prisme des yeux de Themis qui petit à petit en vient à se forger une conscience politique. Ses questionnements sont brûlants et nous touchent en plein coeur, car s’ils appartiennent à l’Histoire, on ne peut que trop constater combien ces schémas de haine et de peur se répètent encore, générations après générations : la peur des réfugiés, la montée du fascisme, la révolte gauchiste chez les jeunes et des prises de positions politiques de plus en plus radicales qui mènent aux drames familiaux…

Sans s’appesantir sur les drames et avec une écriture subtile et maitrisée, l’autrice nous raconte finalement une destinée, où comment Thémis, cette petite fille qui voulait toujours se faire oublier a pu oeuvrer pour son pays. Elle nous rappelle aussi, en ces temps troublés, combien la conscience et l’action politique sont importantes. Propos que l’on retrouvait dans une autre mesure dans l’excellente série Years and Years récemment.

Je conseille évidemment ce livre, ne serait-ce que pour faire une escale en Grèce et découvrir un pan de l’histoire que l’on survole peut-être un peu trop vite lors de notre scolarité. Devoir de mémoire nécessaire.

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Chaque année il y a le Musso, le Weber et le Nothomb mais depuis 2012 aux Escales, chaque année il y a le Hislop et ON ADORE ! Une auteure magnifique à découvrir et redécouvrir. Cette année ne déroge pas à la règle : encore une superbe réussite!

Nota Bene A lire assis le dos contre un olivier avec un verre de Raki et des biscuits au miel en écoutant cette petite playlist #ambiance

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : ESCALES
Date parution : 10/10/19
ISBN : 9782365694827
Nb de pages : 496 pages

Un couple irréprochable – Alafair Burke

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Angela Powell est en apparence une femme comblée. Elle mène une vie confortable avec Jason, un brillant professeur d’économie devenu une personnalité médiatique, et leur fils de treize ans. Mais leur bonheur de façade se lézarde lorsque l’une des stagiaires de son mari dépose plainte contre lui pour comportement déplacé, puis qu’une de ses collaboratrices l’accuse de viol. De quoi donner à Angela l’impression qu’elle ne connaît peut-être pas si bien celui qui partage sa vie. Pourtant, face à l’obstination d’une enquêtrice coriace, elle choisit quand même de jouer son rôle d’épouse et de le défendre, envers et contre tout.
La disparition soudaine d’une des deux jeunes femmes donne cependant une autre dimension à l’affaire. Tandis que la presse se repaît du scandale, Angela est tiraillée entre la honte, le doute et le besoin de préserver un sombre secret…

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Je suis assez ravie par cette lecture qui échappe habilement aux clichés du genre dans cet ère post #metoo. Un bon thriller psychologique comme on les aime éclairé par plusieurs points de vue. L’exposition est assez courte et Alafair Burke nous plonge assez rapidement dans le coeur du sujet. Angela et Jason forment un couple irréprochable en apparence. Lui, un brillant universitaire publié et elle, qui semble l’admirer éperdument. La seule ombre au tableau est peut-être celle du passé d’Angela qu’elle s’évertue à oublier (un enlèvement de trois ans quand elle avait 16 ans, dont l’auteur nous explique la teneur en distillant des petites informations tout au long de l’intrigue). Mais l’intrigue principale est toute autre. Jason a été accusé par une jeune stagiaire d’harcèlement sexuel. Une autre femme quelques jours plus tard le dénonce à son tour de viol et puis… elle disparait.

 » Les malentendus ne surviennent pas quand les situations sont parfaitement claires. Ils naissent d’un certain flou, qui peut donner lieu à plusieurs versions d’un même événement.« 

Angela semble ne jamais douter de l’innocence de son mari. Entre procédures judiciaires et petits inserts dans le vie intime du couple (et principalement d’Angela) on en vient aussi à douter. Jason joue-t-il seulement un rôle de prince charmant qui a profité de la fragilité de sa femme ? Est-il un pervers dangereux ? Angela est-elle aussi naïve qu’on pourrait le penser?

« En un instant, je suis devenue celle qu’ils pensaient que j’étais depuis le début : l’épouse qui ment pour protéger son mari »

Pour les habitués des thrillers, on devinera assez aisément où l’auteur veut en venir (rien n’est jamais écrit par hasard!) MAIS l’histoire reste bien menée, bien rythmée et ne fait pas dans le cliché ce qui est assez agréable !

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Je partage les avis d’un grand nombre d’internautes concernant le titre, celui en VO, The wife m’apparaissait plus judicieux car l’héroïne de l’histoire est bien Angela. Une bonne lecture que je recommande !

Nota Bene A lire à l’ombre de ses secrets.

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : PRESSES DE LA CITÉ
Date parution : 19/09/19
ISBN : 9782258152991
Nb de pages : 379 pages

Nous avons toujours vécu au château – Shirley Jackson

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« Je m’appelle Mary Katherine Blackwood. J’ai dix-huit ans, et je vis avec ma sœur, Constance. J’ai souvent pensé qu’avec un peu de chance, j’aurais pu naître loup-garou, car à ma main droite comme à la gauche, l’index est aussi long que le majeur, mais j’ai dû me contenter de ce que j’avais. Je n’aime pas me laver, je n’aime pas les chiens, et je n’aime pas le bruit. J’aime bien ma sœur Constance, et Richard Plantagenêt, et l’amanite phalloïde, le champignon qu’on appelle le calice de la mort. Tous les autres membres de ma famille sont décédés. »

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Ah… Nous avons toujours vécu au château… Je ressens toujours une certaine nostalgie quand je repense à ce livre qui m’a fait l’effet d’une friandise délicieuse et interdite : une véritable petite pépite, comme un repas gastronomique saupoudré d’arsenic. Yummy !

L’histoire nous est racontée par la jeune Mary Katherine Blackwood, surnommée Merrycat, qui oscille avec une apparente décontraction entre innocence et machiavélisme. Il faut dire qu’elle n’a pas une vie facile. Toute sa famille est morte empoisonnée à l’arsenic lors d’un diner de famille. Toute ? Non! Les survivants sont Marrycat (punie dans sa chambre ce soir là) et sa grande soeur Constance – considérée comme officiellement coupable – qui n’avait pas touché au dessert. L’oncle Julian aussi a survécu mais souffre de nombreuses séquelles. Les derniers survivants Blackwood vivent donc dans ce château tombant à l’abandon, dans une routine presque immuable, sous les regards suspicieux des habitants du village. Après tout, qui sait ce qu’il s’est réellement passé ce jour là?

Constance n’en parle jamais. L’oncle Julian tout le temps, qui voit dans cette tragédie familiale un réel moyen d’écrire un roman à succès et d’intéresser le voisinage.

« Je crois vraiment que je vais commencer le chapitre 44 », tapotant ses mains l’une contre l’autre. « Je vais commencer, je pense, par une légère exagération, puis de là je passerai à un mensonge éhonté. Constance, ma chérie?

–  Oui, Oncle Julian?

–  Je vais écrire que ma femme était une beauté.

L’histoire est piquante, cynique et merveilleusement dark. Mais au-delà des personnages qui m’ont tellement fait rire (cela nécessite d’avoir un peu d’humour noir), c’est surtout la personnalité totalement décalée (complètement flippante en fait) de Merrycat que j’ai adorée. On comprends très vite, ce n’est pas un spoiler,  que c’est elle qui a tué sa famille. Délibérément. Reste la question du pourquoi. Petit à petit, le piège se referme, on prends conscience de l’étendue de sa folie et le talent de Shirley Jackson prends alors tout son sens !

« – Charles est intrépide. Ta cuisine, bien que d’une qualité remarquable en vérité, présente certains inconvénients.
– Je n’ai pas peur d’avaler ce que Constance mettra dans mon assiette, déclara Charles.
– Vraiment ? fit Oncle Julian. Je te félicite. Je pensais aux effets qu’un repas lourd peut avoir sur un estomac délicat. Mais toi, je suppose que tu pensais à l’arsenic.
– À table ! » dit Constance »

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Un huis-clos qui devient presque oppressant lorsque l’on réalise que la légèreté de la narratrice n’a d’égale que sa folie. On arrive presque à adhérer à son discours et ses lubies. Presque. Un roman terriblement parfait.

Nota Bene : A lire dans une cabane cachée dans les arbres avec cette petite folle de Merrycat.

Ma note :

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Editeur : RIVAGES
Date parution : 2012 (NED)
ISBN : 9782743623982
Nb de pages : 240 pages

The Argonauts – Maggie Nelson

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An intrepid voyage out to the frontiers of the latest thinking about love, language, and family.
A timely and genre-bending memoir that offers fresh and fierce reflections on motherhood, desire, identity and feminism.
At the centre of The Argonauts is the love story between Maggie Nelson and the artist Harry Dodge, who is fluidly gendered. As Nelson undergoes the transformations of pregnancy, she explores the challenges and complexities of mothering and queer family making.

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I was quite desperate when I began this book. Desperate because I seem to have been unable to pick good books for the past few weeks… So I just went for this one that was supposed to be a must-read. I was quite dubitative at first but I gave it a shot and… THANK GOD ! A good and smart book at last !!!

The Argonauts is a really smart and complex book about love, identity, and gender fluidity. Maggie Nelson first explains through a lot of intellectual references how language can mean so much through the metaphor of the Argo (hence the title the Argonauts) :

“A day or two after my love pronouncement, now feral with vulnerability, I sent you the passage from Roland Barthes by Roland Barthes in which Barthes describes how the subject who utters the phrase “I love you” is like “the Argonaut renewing his ship during its voyage without changing its name.” Just as the Argo’s parts may be replaced over time but the boat is still called the Argo, whenever the lover utters the phrase “I love you,” its meaning must be renewed by each use, as “the very task of love and of language is to give to one and the same phrase inflections which will be forever new.”

I really love auto-fiction and how I could relate and learn from Maggie’s experiences. How to build an opinion on subjects that never brought my attention before but, even though all of this was interesting, I didn’t totally like the main character. I mean, she’s pretty sure about what is and what should be and maybe it is cynical but the way she started this book, trying to catch the reader’s attention with all this « ass-fucking descriptions » didn’t really worked for me. She has so much more to say… She didn’t have to try to be so « transgressive » to show bold authenticity.

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This book was necessary. Really well written and full of references. A best-seller for good reasons I guess and I really enjoyed this discovery. If you guys are into authentic queer art : go see Nanette on Netflix by the incredible Hannah Gadsby !

My grade :

quatresurcinq


Editeur : MELVILLE HOUSE
Date parution : 04/16
ISBN : 9780993414916
Nb de pages : 184 pages

 

Nous étions deux – José Frèches

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Ils étaient deux. Ne faisaient qu’un. Et José Frèches croyait qu’ils avaient l’éternité devant eux. Mais le 29 novembre 2011, à l’âge de 61 ans, il disait adieu à son jumeau. Ce jour-là, il crut mourir aussi…

Comment rester debout sans son « pareil », son frère miroir, son premier rival ? Longtemps l’écrivain s’est enfermé dans le silence.  Jusqu’à ce livre… et ce miracle : en racontant Jean-Benoît, l’auteur s’est révélé à lui-même. Il a renoué avec la vie.

Nous étions deux est une confession bouleversante. Sur le bonheur et la malédiction des jumeaux, et, au-delà, sur tous ces orphelins qui, un jour, ont perdu leur âme sœur.

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C’est toujours un peu compliqué de faire une critique sur un témoignage. Comment juger de la vie de quelqu’un d’autre, de l’authenticité de ses sentiments, de la pureté de ses intentions? C’est un exercice assez difficile. Se pose aussi la question de savoir pourquoi l’auteur a écrit ce livre (pourquoi il l’a publié je veux dire). Pour rendre hommage à son frère? Pour parler de la gémméléité?

J’ai essayé de me plonger dans ce livre avec la plus grande neutralité. Sans préconçus. Avec tout de même l’idée d’en apprendre plus sur la relation intime qui peut se nouer entre des jumeaux, la fusion, la fission, le deuil d’un autre soi-même. Ces questions me semblaient fascinantes et je m’attendais à trouver beaucoup de réponses à travers un récit de vie.

J’ai finalement été plutôt déçue, agacée par moments, par la lecture de ce livre. Il revêt un côté très scolaire, loin du témoignage qui prends aux tripes que je m’attendais à lire. Je rejoins d’autres critiques sur le fameux chapitre sur « les médailles »… Pages interminables (quelle utilité) dans laquelle l’auteur explique comment, grâce à ces relations avec tel et tel homme politique, il a réussi à obtenir les plus belles médailles pour son frère et lui. Ce qui, finalement, me fait réaliser une fois de plus, le côté superficiel de ces récompenses. Bref.

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Le livre est bien écrit, certes, mais on est loin d’un témoignage sur les jumeaux. Le thème peut apparaître ici et là dans le récit comme fil conducteur mais sans jamais être tellement approfondi. Une déception pour ma part.

Nota Bene : A lire avec sa soeur jumelle, née sous le signe des gémeaux. Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do.

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Editeur : XO EDITIONS
Date parution : 09/05/19
ISBN : 9782374480442
Nb de pages : 216 pages

Moon Brothers – Sarah Crossan

SynopsisV2

Joe Moon a dix-sept ans. Il vient de quitter New York pour aller vivre un temps au Texas. Son frère aîné, Ed, est en prison là-bas. Jugé coupable du meurtre d’un policier, il attend son exécution dans le couloir de la mort. Or, la date approche. Alors Joe veut être là, aider son frère à affronter ces dernières semaines. Car sinon, Ed sera tout seul. Mais voilà qu’un nouvel avocat reprend la défense du condamné… et il a l’air d’y croire. Joe osera-t-il espérer encore ?

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Tout d’abord j’ai envie de dire bravo. Parce que c’est le genre de livre qui se lit d’un coup. D’une traite. Comme ça. Un rythme martelé, un style cash. Une fuite en avant vers une issue que l’on sait inévitable.

Joe nous raconte, par bribes, son histoire et celle de son frère Edward. Ed va mourir. Parce qu’il a tué un homme 10 ans auparavant. Ou peut-être pas. Mais ça on s’en fout. On s’en fout parce que ce n’est pas vraiment la question de sa culpabilité qui se joue ici. C’est l’histoire d’une famille, brisée par un drame, comme il en arrive tant et comme il en arrivera encore. Ce sont les injustices, c’est la tante Karen qui croit Ed coupable, c’est une mère défaillante et absente. Mais c’est surtout Joe. Joe qui doit se construire et vivre avec le souvenir de cette figure paternelle en prison.
Il espère.
Paumé.
Entre deux footing dans la chaleur étouffante du Texas.

Le système est contre son frère et il sait, même s’il ne veut pas vraiment se l’avouer, que rien de pourra les sauver.

« Les pires choses qu’on fait, ça nous définit pas,
ni les pires choses qu’on nous fait à nous.
On est plein d’autres trucs au-delà de ça.
Comme par exemple…
On est toutes les fois
où on se prépare un bol de céréales,
où on regarde Buffy contre les vampires,
où on aide une vieille dame à descendre du bus.
On est les bons, les brutes et les idiots, tout à la fois,
tu vois ?« 

Cette histoire c’est surtout celle de la double-peine. Celle infligée aux familles des coupables. Les regards mauvais dans la rue.

Si le thème abordé par l’auteure est puissant, le propos est sublimé par l’écriture de Sarah Crossan. Elle ne s’embarrasse pas de phrases à rallonge, de descriptions à n’en plus finir sur les états d’âmes des personnages (ce qui m’a manqué d’une certaine manière car c’est souvent ce que je recherche dans des romans) mais le parti-pris reste intéressant. C’est brut. Morcelé. Comme la vie de Joe.

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Un roman fort pour les YA. Le ton n’est pas moralisateur, le débat sur la peine de mort n’est finalement évoqué qu’en filigrane le long du texte. Ce livre est l’histoire d’un jeune homme de 17 ans, qui cherche des réponses, qui essaie de traverser cette épreuve qu’on lui impose : le meurtre légalisé de son grand-frère, réduit pour la société à cette image terrifiante d’un mugshot, réduit à un acte qu’il a prétendument commis.

Nota Bene : A lire entre deux les deux coups du marteau de la justice.

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Editeur : RAGEOT
Date parution : 11/09/19
ISBN : 9782700273687
Nb de pages : 384 pages

Nos trente Ans – Arthur Dreyfus

Nos trente Ans. La série complète par Dreyfus

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Un micro. Un intervieweur invisible. Trois garçons et trois filles. Six personnages qui, ensemble, incarnent la génération dite des « millenials » – ceux qui sont devenus des adultes au tournant du nouveau millénaire. Qui ont appris à vivre à travers des écrans. Et qui tous, à leur manière, cherchent à comprendre ce que signifie « devenir adulte ». Ou plutôt : à garder espoir dans un monde déjà foutu, où la politique ne pourrait plus rien…

Qui sont nos héros ? Sonia, l’idéaliste un peu trop naïve. Samir, le garçon un peu trop sérieux. Mikaël, qui a brûlé sa jeunesse. Claire, enfermée dans une vie bourgeoise. Gauthier, l’adulescent artiste dans l’âme. Et Sibylle, qui a tout vécu avant de naître. À travers leurs confessions, leurs failles – mais aussi les surprises de la vie -, ils nous entraînent dans une aventure intime, drôle et universelle.

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Tout d’abord je tiens à remercier Babelio qui a pensé à moi dans le cadre de l’opération Masse Critique pour découvrir un nouveau titre. J’avoue que l’unique raison pour laquelle j’ai accepté était qu’il s’agissait d’un livre audio et que je n’avais jamais eu l’occasion de découvrir une telle expérience. Et j’ai une chose à dire : c’est une réussite totale!

Si j’ai mis quelques minutes à vraiment me mettre dans l’ambiance, j’ai du me faire violence pour mettre le récit sur pause à 3 heures du matin (oui j’ai écouté tout le livre en une fois #bingelistening). Ce livre n’est pas une histoire au sens traditionnel du terme avec un début, un milieu, une fin. On y découvre tour à tour les voix de six jeunes trentenaires qui répondent aux questions d’un interviewer invisible dont on ne fait que deviner les questions. Chaque chapitre est organisé par thème et on valse, tour à tour, entre les réponses des uns et des autres. L’amour, le travail, la politique… pour ne parler que des 3 premiers chapitres. Petit à petit on s’éloigne du sujet de base pour y revenir d’autant plus fort. On s’attache à ces personnages dont finalement on ne connait pas grand chose mais qui nous racontent des précieux instants de vie. Leurs histoires se télescopent parfois, ce qui donne à l’ensemble une unité réellement plaisante.

Les comédiens sont excellents et font vivre le texte avec brillo. J’ai été à la fois exaspérée, amusée, parfois touchée par ces récits de vie si authentiques, les joies et les peines des personnages. Celle qui m’a le plus touchée est Sybille, son cynisme et son ironie qui cachent une grande solitude, peut-être parce que je me suis reconnue en elle parfois, à l’aube de la trentaine… Une de ses nombreuses phrases qui m’a beaucoup marquée lorsqu’elle dit que le verbe aimer est le seul auquel ajouter un superlatif en diminue le sens et l’intensité.

« Aimer beaucoup c’est moins fort qu’aimer »

Peu à peu, au fil des heures, on se surprend à se mettre à la place de l’interviewer, on se sent proche des 6 personnages et on ressort de l’expérience avec l’impression d’avoir eu une longue discussion avec des amis. Une table ronde essentielle.

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Ce livre est beaucoup plus qu’un simple livre, une petite histoire que l’on écoute en dilettante en cuisinant des pâtes. C’est une fresque assez juste de la trentaine, 6 portraits, 6 destins qui font fi des préjugés de genre, des milieux sociaux… J’ai beaucoup appris et remis en perspective certaines opinions que j’avais si tranchées. Une belle leçon et définitivement un livre à écouter!

Nota Bene : A écouter, l’été, allongée sur l’herbe dans un parc, en regardant la lente traversée des nuages dans le ciel.

Ma note :quatresurcinq


Editeur : AUDIBLE STUDIOS
Date parution : 23/05/19
ASIN : B07S2SWTDP
Durée : 5h51