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Joel Dicker – La vérité sur l’affaire Harry Quebert

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“C’est rare, mais quand cela arrive, rien ne peut couper court à l’excitation. Jeune ou moins jeune, lecteur difficile ou facile, femme ou homme, on lira sans discontinuer jusqu’au bout le roman français de Joël Dicker, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert. On n’en sortira qu’épuisé et ravi par le jet continu d’adrénaline littéraire que le narrateur n’a cessé d’injecter dans vos veines.” ( Marc Fumaroli, de l’Académie française, Le Figaro Littéraire)

“Si vous mettez le nez dans ce gros roman, vous êtes fichu. Vous ne pourrez pas vous empêcher de courir jusqu’à la six centième page. Vous serez manipulé, dérouté, sidéré, agacé, passionné par une histoire aux multiples rebondissements, fausses pistes et coups de théâtre.” (Bernard Pivot, de l’Académie Goncourt, Le Journal du Dimanche)

Un bon livre, Marcus, est un livre qu’on regrette d’avoir terminé.” – Joël Dicker

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Il était temps, j’ai enfin acheté et lu dans la foulée le fameux best-seller dont de nombreuses personnes m’avaient parlé en me vendant ce bouquin comme « LE POLICIER A LIRE« , « LE PAGE-TURNER DE L’ANNEE« . Il a fallu une ultime recommandation, celle de C, pour que je me décide, une après-midi pluvieuse de Lyon, pour aller faire un petit tour à la Fnac juste pour voir… Je suis bien évidemment repartie avec trop de livres mais passons. Sur l’étagère des « ventes du moment » était entreposé tranquillement un exemplaire du Dicker et je me suis dit: Why Not?

Je l’ai commencé vers 16 heures dans la file d’attente. Je l’ai fini assez tard dans la nuit parce que … parce que OUI ce livre est un page-turner et c’était trop frustrant de devoir le refermer et de me coucher sans avoir le fin mot de l’histoire. Génération binge-watching and binge-reading représente!

Comment résumer ce livre. L’intrigue est assez simple finalement. Marcus, jeune auteur ayant écrit un best-seller se retrouve face à la terrible maladie des écrivains: le syndrome de la page blanche. Le contrat avec son éditeur est très clair, il doit rendre son prochain manuscrit sous peu, mais rien n’y fait, il ne trouve pas d’inspiration. Marcus décide alors de se rendre dans la petite ville d’Aurora retrouver Harry Quebert, (lui-même auteur d’un best-seller une trentaine d’années auparavant), son ancien professeur dont il a toujours été très proche et qui l’a poussé à devenir l’homme qu’il est devenu. Lorsqu’il arrive à Aurora, Marcus découvre, presque par hasard, que son professeur a entretenu plus de trente ans auparavant une liaison avec une jeune fille de 15 ans, Nola, alors que lui-même avait 34 ans. Une folle histoire d’amour, romanesque. Interdite. Malheureusement, l’été de leur idylle, la jeune fille a disparu laissant Harry terriblement blessé.

C’est alors que quelques semaines plus tard, le corps de Nola est retrouvé enterré dans le jardin de Harry. Tout semble l’accuser mais Marcus en est persuadé, son mentor est innocent. Le jeune écrivain décide alors de mener l’enquête et de rendre à Harry Quebert son honneur déchu afin de le réhabiliter. Il trouve ainsi, au fur et à mesure de son enquête, à nouveau l’envie d’écrire. Pas seulement un livre mais LE livre qui révèlera la vérité.

En alternant entre la timeline du présent et de nombreux flashbacks, Dicker nous balade prodigieusement dans les méandres du passé des personnages de l’histoire: l’énigmatique Nola, la jolie Jenny, le mystérieux Stern … Qui connait la vérité et qui a bien pu assassiner Nola cet été de 1975?

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Le suspense est bien mené. Ce serait faire preuve de mauvaise foi que de ne pas l’admettre. En revanche, il souffre de quelques longueurs et de répétitions qui étaient assez pénibles. Oui il y a des twists, oui il est difficile de trouver le coupable avant les dernières pages mais au-delà de l’intrigue en elle-même qui est bien réalisée, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages dont les personnalités m’ont parues assez caricaturales, assez clichées. Toute cette romance était trop éthérée, désincarnée. J’ai eu du mal à y croire, peut-être est-ce dû aux clichés de l’Amérique puritaine. Sans entrer dans des détails glauques et sordides, Dicker aurait pu insister plus sur les problématiques inhérentes à une relation entre un homme mûr et une jeune fille.

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Vous avez sûrement déjà entendu la nouvelle (mais si ce n’est pas le cas voilà un petit scoop): Patrick Dempsey, l’indétrônable McDreamy de Grey’s Anatomy va jouer Harry Quebert dans une adaptation télévisée du livre… SOON! La groupie qui sommeille (très légèrement) en moi se ruera donc dessus dès la sortie 🙂

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C’est sans nul doute un livre qui remplit ses promesses parce que l’on tourne les pages frénétiquement. On veut savoir qui a fait le coup et la fameuse vérité sur l’affaire. On vit avec Marcus l’enquête au plus près mais (parce qu’il y a un mais), si Joel Dicker a merveilleusement expliqué la différence entre un livre et LE livre, il n’a pas réussi selon moi à remplir ses critères. Il n’a pas donné d’autres sens aux mots, il n’a pas bouleversé ma vie et je ne pense pas que ce livre laissera une empreinte indélébile dans ma mémoire. Dommage.

« Environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahi d’un sentiment puissant; pendant un instant, il ne doit plus penser qu’à tout ce qu’il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer. »

Nota Bene : A dévorer d’une traite un soir d’hiver avant de voir la série adaptée avec le très charismatique Patrick Dempsey 😛

Ma note :quatresurcinq


Editeur : EDITIONS DE FALLOIS
Date parution : 27/05/14
ISBN : 9782877068635
Nb de pages : 864 pages

NaNoWriMo

NaNoWriMo

 

Pour ceux qui ne connaissent pas le fameux NaNoWriMo c’est le National Novel Writing Month qui a lieu tous les ans au mois de Novembre.

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C’est un challenge mondial qui a pour but d’écrire 50 000 mots en un mois. (environ 180 pages). L’idée étant de se mettre sérieusement à l’écriture d’un roman avec à la fin la satisfaction de la tâche accomplie. De nombreux évènements, ainsi que du coaching sont organisés autour du Nano afin de motiver les troupes.

J’avais entendu parler du NaNo il y a un peu plus d’un an et j’ai décidé de participer à la session 2016, c’était assez jouissif de voir les mots s’afficher sur ce compteur et d’enfin s’obliger à développer son idée. Evidemment, vous allez me dire, un objectif quantitatif n’est pas garant de qualité. Certes, mais c’est en écrivant régulièrement je pense que l’on apprend aussi à écrire et rien ne nous oblige à revenir sur le texte par la suite afin de retravailler l’intrigue, les personnages toussa toussa.

sign-opaque-6ca59429b0d4739036379f33c4d4d8deToujours est-il qu’afin d’éviter que nos textes dorment dans les placards le reste de l’année des Camp NaNo existent. Quel BONHEUR! Le prochain est sur tout le mois de juillet alors je prépare mon petit stylo (mon ordi plutôt) et je compte bien terminer ce qui sera, on l’espère (et par on j’entends « je »!) un petit livre fort sympathique! 🙂

Qui d’autre se motive pour le NaNo? Si vous vous chauffez n’hésitez pas à me contacter pour qu’on se motive mutuellement 🙂

Une vie à t’écrire – Julia Montejo

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L’histoire incroyable d’une rebelle passionnée qui a su affronter le temps et les océans pour tracer son propre chemin et faire le choix de la liberté.
Un soir, sur une plage du Pays basque espagnol, un écrivain en mal d’inspiration rencontre Amaia, une jeune femme mystérieuse. Elle est persuadée d’avoir déjà vécu au XVIIe siècle et d’avoir alors traversé les océans pour gagner l’Islande où les Basques partaient chasser la baleine. Au péril de sa vie, à une époque où les femmes n’avaient d’autres choix que l’obéissance et le silence, elle a su conquérir son indépendance et sa liberté. Là-bas, elle a rencontré Erik, son amour éternel, dont le souvenir ne cesse de la hanter.
Amaia est-elle folle à lier ? C’est ce que commence par croire Asier avant d’être emporté par la force de son histoire. Envoûté, le jeune homme transforme le récit de cette étrange et attirante muse en roman. Le souffle des mots l’habite enfin.

Est-ce seulement un roman qui s’écrit ou une histoire est-elle en train de naître entre ces deux âmes solitaires ?

MonavisV2

Je ressors un peu étourdie de cette lecture, comme si en lisant la dernière page on m’avait sortie précocement d’un rêve.  C’est donc l’esprit encore un peu embrumé que je fais cette chronique d’un roman qui rentre définitivement dans mon top 3 des Escales.

Ce récit m’a terriblement touchée, viscéralement je veux dire, à travers le duo inextricable entre terreur et beauté, entre une vie fade et la poursuite d’un idéal. Si l’on pouvait rencontrer des personnages de romans, il ne fait aucun doute qu’Amaia/Amalur serait sur la liste. Peut-être qu’au fond je la connais déjà cette femme qui sommeille sûrement dans le coeur de beaucoup d’entre nous. Une femme qui a l’intuition que le secret de la vie est mystérieux et fait de quelque chose qui nous dépasse: un cycle infini, un éternel recommencement ou les âmes unies par un lien plus fort que la mort sont destinées à se retrouver.

Amaia savait que pour espérer vivre heureux, il fallait se sentir entier et que le véritable amour ne naissait pas d’une rencontre, mais de retrouvailles. C’était inscrit dans sa mémoire.

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Amaia n’est pas folle. Lorsqu’elle s’enfonce dans la mer, le regard perdu au loin et est retrouvée de justesse pas Astier, elle prend cette rencontre comme un signe du destin. Qui d’autres que LUI aurait bravé la tempête pour la sortir des eaux agitées ce soir-là. Astier c’est cet écrivain qui souffre du syndrome de la page blanche. Cette nuit-là il se sent un peu comme un héros en sauvant Amaia et devient étrangement fasciné par cette femme  qui est persuadée d’avoir déjà vécu au 17ème et qui désespère de revoir Erik, son grand amour.

Elle lui confie ses souvenirs comme un trésor afin qu’il trouve les mots, qu’il écrive et publie son histoire, avec l’espoir fou que son bien aimé recouvre cette mémoire ancestrale et qu’ils puissent enfin être réunis. Amaia entraine alors Astier sur le chemin de son passé dans une aventure incroyable, celle d’une femme dans un monde d’hommes, celle d’une extraordinaire histoire d’amour qui transcende l’espace et le temps.

Son histoire? C’est celle d’Amalur Mendaro, jeune espagnole du 17ème au caractère bien trempé et aux rêves plein la tête qui refuse la vie qui lui est destinée et s’enfuit à bord d’un baleinier avec son meilleur ami Iñigo en se faisant passer pour un homme. En enfilant cette armure ce n’est plus seulement des autres qu’elle se protège mais surtout d’elle-même et des sentiments qu’elle se doit de réprimer afin d’oublier et survivre. Car c’est surtout de cela qu’il s’agit. Survivre dans une fuite en avant pour échapper à une vie aux côtés de la brute épaisse à laquelle elle est promise (un autre terme me vient en tête pour le qualifier mais passons), échapper à une vie sans passion et sans but, rythmée par le bon vouloir des hommes.

Amalur forgera son destin dans la mort et dans l’amour. Un amour féroce d’une vie qu’elle sera prête à sacrifier pour l’être perdu et retrouvé, au loin, dans les terres glaciales et hostiles de l’Islande.

Peut-être si je tombais amoureuse comme cela est arrivé à ma cousine Francesca… On dit qu’elle est morte d’amour parce que son fiancé n’est pas revenu de la mer. J’ai toujours pensé que c’était une bêtise. Maintenant, je l’envie. Mourir d’amour, mourir parce qu’un tel désir te consume de l’intérieur, ce doit être splendide. Tu imagines ce que tu dois sentir pour en arriver à te tuer?

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Au-delà de l’histoire qui s’inscrit dans l’éternité, à la fois dans le passé et le présent mais aussi dans la promesse d’un futur, j’ai été touchée par l’écriture et la sensibilité de Julia Montejo. Cette poétique de la nature, de l’ivresse de l’infini des étoiles du firmament, de la mer majestueuse et indomptable comme les sentiments qui habitent et traversent l’héroïne. Les fans de Karen Viggers (La maison des hautes falaises) devraient être conquis.

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Finalement ce livre était peut-être une histoire de retrouvailles entre un auteur et ses lecteurs, entre une écriture poétique et une histoire poignante. Un rappel que la vie mérite d’être vécue et que peu importe les obstacles il faut s’autoriser à rêver jusqu’au bout de la nuit… « Tout ce qui a un nom existe« .

Nota Bene : A lire en écoutant Anthem de Leonard Cohen because « There is a crack in everything/ that’s how the light gets in »

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Editeur : LES ESCALES
Date parution : 02/02/17
ISBN : 9782365693172
Nb de pages : 384 pages