Leur séparation – Sophie Lemp

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« Ce samedi matin de janvier, ma mère m’attend à la sortie de l’école. Comme les autres jours, nous remon- tons la rue des Boulangers mais, au lieu de nous arrêter au carrefour, nous prenons à gauche dans la rue Monge. Je me retourne et aperçois un camion de déménagement garé en bas de notre immeuble. Ma mère serre ma main dans la sienne. Je n’ai pas envie de parler, je pense au camion, aux cartons, au salon qui demain sera à moitié vide. Je pense à mon père. Désormais, j’irai chez lui tous les mercredis soir et un week-end sur deux. Ma mère s’est organisée pour que je passe l’après-midi et la nuit chez une amie. Avant de partir, elle me dit Profite bien de ta journée, amuse-toi, essaye de penser à autre chose. Je hoche la tête mais je sais que jamais plus je ne penserai à autre chose. »

Sophie Lemp fête ses dix ans quand ses parents divorcent. Trente ans plus tard, c’est avec le regard d’une petite fille devenue adulte qu’elle revit cette séparation. Pourquoi cette blessure, commune à tant d’enfants, est-elle si difficile à cicatriser ?

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C’est un jour comme les autres. Ou presque. Aujourd’hui les parents de Sophie se séparent. Ils deviennent alors pour la première fois deux entités distinctes: papa et maman là où auparavant ils n’étaient que « les parents », un pluriel qui ne sera jamais plus. Cela fait des années que ses parents se sont séparés, mais l’autrice se souvient et nous délivre le témoignage, à travers les yeux de la petite fille qu’elle était à ses dix ans, du moment où ses parents ont, en quelque sorte, cessés de l’être.

« Je savais. Mais jusqu’à la dernière minute, j’avais espéré. »

Le sujet est tellement banal et quotidien qu’il est vrai qu’on en oublie presque la blessure et les peurs qu’il peut susciter chez les enfants. Visiblement, le sujet est toujours sensible chez l’autrice. J’imagine que l’écriture de ce témoignage fait peut-être partie d’un processus thérapeutique, afin de mettre ce ressentiment et cette amertume de côté. Même si aucune violence au sens premier du terme ne ressort de ce témoignage, il l’est d’une certaine manière, dans les petites piques loin d’être anecdotiques, que ses parents ont pu se jeter à la figure.

« Mon père, s’il a accepté que ma mère conserve on patronyme, y accole systématiquement son nom de jeune fille quand il lui fait un chèque.« 

Pourquoi n’ont-il pas pu mettre leurs différents de côté pour elle? Pour être de vrais parents? Comment se construire dans ce conflit permanent de loyauté?

« Ce que je comprends prime sur ce que je ressens: quand je suis bien avec l’un, j’ai l’impression de trahir l’autre.« 

Si le sujet traité peut être intéressant je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire. Je n’ai pas réussi à éprouver de l’empathie pour cette famille qui m’a paru très distante, des personnages peu incarnés. L’écriture non plus ne m’a pas interpellée. J’aurais sûrement préféré une histoire plus axée sur la psychologie des personnages. Ici j’ai eu l’impression qu’on survolait, ce qui donnait un côté un peu brouillon, « vite expédié », à l’ensemble.

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Un témoignage qui ne m’a donc pas vraiment convaincue mais je suis peut-être excessivement sévère dans la notation parce que je ne lis que des perles en ce moment! En tout cas, mention spéciale à la couverture, qui encore une fois, comme tous les titres aux éditions Allary, est très réussie.

Nota Bene : A lire après avoir feuilleté ses albums de famille qui prenaient la poussière.

Ma note :deuxsurcinq


Editeur : ALLARY EDITIONS
Date parution : 07/09/17
ISBN : 9782370731470
Nb de pages : 100 pages

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Mon amie la douleur – Lanahmé V

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SynopsisV2

Valérie, chef d’entreprise, est admise en maison de santé en novembre 2015, après 5 ans de souffrance. Avec un ton juste et sincère, elle dresse un portrait sévère du monde des chirurgiens. « Sur une échelle de 1 à 10, à combien situez-vous votre douleur? ». Elle dit 1000, on lui répond « tout est normal ! ». Elle préférerait qu’on lui découvre une maladie rare pour qu’enfin on la prenne au sérieux et que ses douleurs au ventre cessent.

De rage d’abord, elle se met à écrire. Elle continue ensuite pour sa famille et pour tous les autres, afin de dédramatiser la dépression et le burn out, maladies de notre génération. Par ce livre, elle souhaite aider les proches des malades à les comprendre, à leur montrer qu’il existe des solutions, et que le soleil est seulement caché derrière les nuages.

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Parfois on arbore ce sourire de façade alors qu’intérieurement on a juste envie de se tirer une balle. « Tout va bien ». Ca fait mal et alors? La douleur ça prouve qu’on est en vie et si on s’accroche et on continue on est d’autant plus fort non?

Sauf au moment où ça devient insupportable et que le corps, précurseur à ce que cette petite voix intérieure répète depuis quelque temps, dit STOP. C’est ce qui est arrivé à Valérie. Superwoman des temps modernes, elle gère sa carrière (son entreprise), sa famille, sa maison d’une main de maître avec le soutien indéfectible de son mari et vit à 1000 à l’heure. Aucun défi n’est trop grand, aucun horaire n’est insurmontable. Après tout, elle a toujours été adepte du célèbre mantra « Toujours plus ». Ce n’est pas le genre à se plaindre et à abandonner la partie à la première occasion.

Dans la première partie de son récit elle nous raconte, avec une véritable sincérité comment elle en est arrivée là. A ce moment où elle a dû mettre sa vie entre parenthèse. L’écriture y est saccadée, on passe d’un thème à l’autre, ses pensées paraissent embrouillées comme si elle-même ne savait pas trop où elle allait et que jeter les mots sur le papier était la seule manière qu’elle avait trouvé pour essayer de faire le bilan et comprendre afin de se débarrasser de ce poison:  son amie la Douleur.

Au moment où j’écris, tout est confus et je ne connais pas encore le chemin que je vais devoir emprunter. 

Son amie la Douleur? C’est assez curieux comme expression mais c’est pourtant la réalité des choses. A force de la trainer avec elle constamment comme un boulet, elle s’est perdue dans le processus et ne vit qu’à travers le prisme de la souffrance. Son psy décide de l’envoyer quelques semaines en HP. Elle y tient alors un journal de bord qui décrit ses journées, entre séances chez le psy et activités avec les autres patients elle réapprend à vivre  … C’est honnêtement ma partie préférée du livre.

De nouvelles têtes, une ambiance scolaire. Un point commun, tout le monde est en jean ou en jogging, aucune femme n’est maquillée. Et pourtant personne ne s’est passé le mot. Quand on souffre, la pyramide de Maslow nous renvoie à nos besoins primaires et le surfait passe alors aux oubliettes. 

En somme ce livre démystifie les arcanes des HP et prouve que ce n’est pas faire preuve de faiblesse que d’accepter de se faire aider. Si la vie n’était que plate, sans passions et sans douleurs ce ne serait qu’une vie parodique. Pour accéder aux sommets de joie et retrouver le goût et la faculté d’être tranquille dans une chambre il faut parfois devoir regarder les choses en face et comprendre qu’aller en HP n’est pas un échec, c’est une mise à distance, l’occasion de faire le point et décider que la vie ne devrait pas être si difficile. C’est apprendre à se connaitre, s’accepter et avoir le courage d’être heureux.

Les semaines passent et à force d’obstination Valérie arrive à s’en sortir et à comprendre que parfois en faire plus c’est en faire moins, c’est trouver de la joie dans un film regardé  devant la télé avec sa fille, c’est jouer avec son nouveau chien, c’est profiter de la vie et rompre les liens avec sa meilleure ennemie, la douleur.

Je ne peux pas m’empêcher de me questionner sur le monde médical encore une fois mais si on m’avait expliqué que ce médicament allait me redonner mon ancien moi, si on avait appelé cette pilule un Pourlavie au lieu d’un Antidépresseur qui porte en son nom une sonorité négative sur une maladie de la psyché qui est elle-même une interrogation pour le corps médical, alors j’aurais foncé dessus depuis bien longtemps. 

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Un récit sincère et touchant qui décrit la descente aux enfers d’une super woman qui s’est retrouvée à devoir dire stop lorsque son corps a tiré la sonnette d’alarme. Un beau message d’espoir qui, entre anecdotes et humour montre qu’il existe un chemin pour aller mieux et pour se retrouver.

Nota Bene : A lire entre deux mails urgents et trois épisodes de Grey’s Anatomy. Toujours plus.

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Editeur : LIBRINOVA
Date parution : 02/02/17
ISBN :  9791026208884
Nb de pages : 135 pages

30 ans, 10 ans de thérapie – Nora Hamzawi

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Obsessionnelle, parano et hypocondriaque, Nora Hamzawi partage ses petites angoisses ordinaires avec humour et autodérision.
À mi-chemin entre séances chez le psy et journal intime, elle décortique des scènes de nos vies pour mieux y trouver sa place.
Comment fait-on pour avoir l’air à l’aise en soirée ? Qui sont ces gens qui fréquentent les stations de skis ? Y a-t-il un âge pour arrêter de regarder La Boum ? Pourquoi est-ce qu’on est obligé de se tutoyer dans les magasins bios ?
Son regard sur le monde, sa perception des situations et son désarroi, amusé et sensible, révèlent l’absurdité et la folie du quotidien.

En bref, si vous vous demandez régulièrement si vous êtes normal ou à côté de la plaque, cette introspection sans filtre devrait vous aider à relativiser !

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Alors, par où commencer? J’ai découvert Nora Hamzawi dans son passage à l’émission Quotidien où elle était invitée pour présenter son spectacle si je me souviens bien. Elle avait l’air sympa et marrante (ce qui n’est pas un synonyme de débile profonde je tiens à le préciser). Et puis, quelques semaines plus tard j’ai vu sa petite bouille avec son chignon approximatif et sa frange sur la couverture d’un livre et je me suis dit « OMG il me le faut » (je l’ai même Twitté la fo-lie! dixit la nana trop en phase avec son époque).

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Bref, il est vrai que je choisis mes livres à lire selon des critères plutôt hasardeux mais j’avais décrété que cette fille avait l’air sympa et que je voulais lire son livre. J’avais déjà tenté l’expérience « lire un livre de qqn de connu » avec le livre de Terri Hatcher. Une catastrophe. J’y ai découvert à la place de l’interprète maladroite et attachante de Susan Mayer dans Desperate Housewives une femme à l’égo sur-dimensioné et je me suis juré de ne plus jamais me faire avoir à lire ce genre de livres. Et puis j’ai lu le livre d’Amy Schumer (parce que bon, il faut l’avouer mes comiques préférées sont américaines : coucou au passage Wanda Sykes!) et je me suis dit bon, au-delà de la couverture rigolote oui les livres d’humoristes peuvent être bien écrits!

Je me suis donc attelée à la lecture sans jamais avoir vu aucun sketch, ni lu la biographie etc de l’auteur « pour plus d’objectivité et partir sans a priori ». Avec du recul, je pense que c’était une erreur et que c’est plus intelligent d’écouter quelques unes de ses chroniques de FranceInter au préalable. Pourquoi? Parce que ce qui est marrant chez Nora, au-delà de ses cheveux, c’est son débit inégalable, son grain de voix, ses intonations. Et une fois qu’on a son style en tête on peut lire son livre avec sa voix et ça ne fait pas du tout le même effet!

C’est justement dans mon travail de fouine post-lecture que j’ai regardé une bonne dizaine de ses chroniques (merci Youtube) et lu sa biographie (merci Wikipédia). Bien m’en a pris car j’ai réalisé que de nombreuses chroniques étaient justement reprises de la radio et c’était amusant justement de redécouvrir les textes par l’auteur.

Et donc, quid du livre? Du contenu? Alors ce livre est complètement différent du livre d’Amy Schumer (ma référence comique du coup), les chapitres sont des chroniques qui sont assez indépendantes les unes des autres et qui sont écrites avec du langage parlé (d’où l’intérêt d’avoir la voix de Nora en tête). Ce qui m’a manqué c’est vraiment un fil conducteur tout au long du livre, l’avantage est que l’on peut lire les chroniques au hasard, il n’y a pas vraiment d’ordre…après c’est une question de goût.

Sur le fond, les thèmes abordés sont plutôt classiques: sa mère, son psy, les mecs, ses kilos en trop, ses petites angoisses quotidiennes. Des moments de vie racontés avec des petites punchlines et des indignations un peu poussives parfois mais qui sont je pense plus l’aveu d’une véritable sincérité que de la volonté d’en faire beaucoup pour « plaire au lecteur ». Du moins j’ose l’espérer.

Et c’est pas le « quoi de neuf? » de l’ami d’enfance que tu revois par hasard à une soirée de retrouvailles (comme au Bar à Toto), qui est absurde aussi, mais finalement plus gérable dans la mesure où on sait ce qu’il y a de nouveau et qu’on peut même l’organiser dans sa tête comme un petit horoscope : amour, travail, santé.

Contrairement à ce qu’on peut s’imaginer, la partie la plus pathétique du mail n’est pas la plus embarrassante, non, la gêne commence bien avant, dès le premier mot du mail « Hey! ».
Je ne sais pas si c’est le hey lui-même qui est le plus embarrassant, ou le fait qu’il soit immédiatement suivi de la phrase suivante: « Bon bah toujours pas de nouvelles… ». S’il devait exister une figure de style qui consisterait à retirer toute dignité à un être humain, ça serait celle-ci, celle qui consiste à apposer une interjection anglo-saxonne légère à un état d’attente et de désespoir

Finalement, ce livre a été une belle surprise de fin d’année, pour ceux qui aiment ses chroniques et pour ceux qui veulent la découvrir. Nora j’ai adoré ton livre, si tu vois ce que je veux dire 🙂
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Un livre sympa, sans prise de tête avec les chroniques et nouvelles de Nora Hamzawi. Big Up aux illustrations très sympa d’Anna Wanda Gogusey qui ponctuent certains chapitres.

Nota Bene A lire affalée sur le canapé de son psy en Doc Martens et en écoutant Crush

Ma note :troissurcinq


Editeur : MAZARINE
Date parution : 23/11/16
ISBN : 9782863745342
Nb de pages : 192 pages

The girl with the Lower Back Tattoo – Amy Schumer

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The Emmy Award-winning comedian, actress, writer, and star of Inside Amy Schumer and the acclaimed film Trainwreck has taken the entertainment world by storm with her winning blend of smart, satirical humor. Now, Amy Schumer has written a refreshingly candid and uproariously funny collection of (extremely) personal and observational essays.

In The Girl with the Lower Back Tattoo, Amy mines her past for stories about her teenage years, her family, relationships, and sex and shares the experiences that have shaped who she is – a woman with the courage to bare her soul to stand up for what she believes in, all while making us laugh.

Ranging from the raucous to the romantic, the heartfelt to the harrowing, this highly entertaining and universally appealing collection is the literary equivalent of a night out with your best friends – an unforgettable and fun adventure that you wish could last forever. Whether she’s experiencing lust-at-first-sight while in the airport security line, sharing her own views on love and marriage, admitting to being an introvert, or discovering her cross-fit instructor’s secret bad habit, Amy Schumer proves to be a bighearted, brave, and thoughtful storyteller that will leave you nodding your head in recognition, laughing out loud, and sobbing uncontrollably – but only because it’s over.

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I have wanted to read this book for a loooooong time. I have always been fond of Amy Schumer ever since I discovered her. There is just something about her. She’s brutally honest and relatable in so many ways. I didn’t really know what to expect with this book because I only read one « celebrity » book before and it was really bad. Still, I took a chance here and it was worth it. Good job Amy! (as if you needed my approval… and as If she were reading this^^)

I felt like I just got out of one long talk with a friend.  She just states things as they are, standing in her truth. I laughed a lot, looked up for her sometimes, and I cried… A little. Well, this is not just a funny book about her crazy sex &love experiences (of course there are some of those which are hilarious!), or about her weight issues (by the way why does people always feel the need to talk about her weight when there is so much more to say about her than that?).

« We took off and I pretended to be really scared of flying. There was zero turbulence, yet I still found reasons to grab his arm and bury my face in his shoulder, inhaling his scent. I was blatantly throwing myself at him and we both laughed at how aggressive I was being. » – The only one-night stand

This book is not just a bunch of funny stories. It’s her story, who she is. She’s not that super hero funny and happy all the time. She had her hard times, she fought to get where she is. She has her flaws, of course she’s far from perfect (and she constantly repeats it) but she’s come a long way and somehow, now she knows who she is and wants to be.

I know my worth. I embrace my power. I say if I’m beautiful. I say if I’m strong. You will not determine my story. I will. I’ll speak and share and fuck and love, and I will never apologize for it. I am amazing for you, not because of you. I am not who I sleep with. I am not my weight. I am not my mother. I am myself. And I am all of you.

There are so many things to say about this book actually : how she made it in the business, the stories of her childhood, her strong opinion (which I share) about gun control, her lists (I love lists!), her references (either books, series or movies – We girls can relate). But if I had to share the strongest moment of the book it would be this one. Because it is true and I think that we should share it to girls and women. (this was my #feminist moment).

« (…) There are lots of « firsts » like this in life, little flashpoint here and there when you’re unknowingly becoming a woman. And it’s not cliché shit, like when you have your first kiss or drive your first car. You become a woman the first time you stand up for yourself when they get your order wrong at a dinner, or when you first realize your parents are full of shit. (…) The first time your heart breaks. The first time you break someone else’s heart. The first time someone you love dies. The first time you lie and make yourself look bad so a friend you love can look better. And less dramatic things are meaningful too, like the first time a guy tries to put a finger in your ass. The first time you express the reality that you don’t want that finger in your ass. That you really don’t want anything in your ass at all. (…) You will remember all these moments later as the moments that made you the woman you are. Everyone tells you it happens when you get your first period, but really it happens when you insert your first tampon and teach your best friend to do the same ».

I couldn’t have said it better myself. Share the word ladies.

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She’s a woman I really would love to meet, with strong opinions and that is not afraid anymore to stand up for what she believes in. I must say I’m impressed and I respect her all the more. I strongly advise you to read this book. 🙂

Nota Bene To read in your private jet on your way to Amy Schumer’s show!

My grade :

quatresurcinq


Editeur : GALLERY BOOKS
Date parution : 16/08/16
ISBN : 9781501139888
Nb de pages : 336 pages

 

La belle histoire d’une jeune femme qui avait le canon d’un fusil dans la bouche – Denis Faïck

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Une jeune femme est assise dans les toilettes d’une gare. Elle a placé le canon d’un fusil dans sa bouche. Le doigt sur la détente, elle est prête à faire feu. Elle entend les bruits aux alentours et, soudain, des moments de sa vie défilent, de son enfance à cet instant. Elle laisse alors ces morceaux de vie revenir. Joies, désespoirs, rencontres insolites, amours et bouleversements se succèdent jusqu’à l’instant ultime.

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J’avoue que j’ai très vite été attirée par ce livre qui a un titre à la Stieg Larsson, auteur de l’excellente série Millenium (« La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette »).

Je suis laide, presque grosse, assise sur les chiottes de la gare du Nord j’ai le canon d’un fusil dans la bouche. J’ai trente ans, le doigt sur la détente, le regard sur un poil par terre.

Par courts chapitres Josiane se souvient par bribes des instants qui ont constitués sa vie, une multitude de petits moments qui ont fait qu’elle se retrouve aujourd’hui, assise le canon d’un fusil dans la bouche sur les chiottes de la gare du Nord.

Josiane est une enfant non désirée. Sa mère et son géniteur ne se sont pas fait priés pour le lui faire comprendre. Et elle, petite fille perdue recherche sans cesse l’approbation dans les yeux de sa mère mais n’y décèle que du ressentiment qui peu à peu la détruit et la tue. Comment une femme pareille a-t’elle pu l’engendrer, elle, la petite fille au physique si ingrat? Elle se souvient douloureusement de sa main tendue, presque désespérée, qui essaie, en vain, de saisir celle de sa mère qui ne veut pas s’embarrasser de cette chose immonde qui la gène, l’incommode.

Elle ne m’a jamais frappée, pas une seule fois, mais sa violence était plus grammaticale, ça a plus de style non, plus de classe, sans doute car elle me cognait à coups de phrases avec sa bouche magnifique pendant que moi je l’aimais.

Josiane observe sa mère, si belle, presque en cachette pendant qu’elle regarde le film en noir et blanc du samedi soir en rêvant sa vie d’actrice. Une vie où elle n’aurait pas été embarrassée de son idiot de mari et de son encombrante fille. Elle revoit l’amant de sa mère qui achète son silence avec des paires de lunettes de soleil « le prix de la honte » et la vision du père idéal qui se fissure irrémédiablement et tombe en miettes sur le sol en lino de ses regrets.

C’est alors que presque par hasard,  Josiane trouve une reconnaissance presque salvatrice dans les yeux de Martin,  un petit garçon malade de sa classe qu’elle rencontre au CE1. Elle n’est plus seule, ils sont deux. Deux contre le monde. Et puis Martin part. Josiane se retrouve seule. Encore. Peut-être encore plus que la dernière fois parce qu’il n’est plus là. Tout est alors plus difficile, l’indifférence de sa mère comme les humiliations de ses camarades de classe. Le temps passe dans une langueur monotone, absurde, remplie d’ennui et de solitude.

Son quotidien s’éclaire brièvement grâce à Monsieur Bonnemaison, le locataire du sous-sol de la maison familiale, un ornithologue de 80 ans. Il ne se contente pas de la voir, il la regarde, devine son mal-être, ce qu’elle ne dit pas, cette solitude et la tristesse qui la rongent et qu’ils partagent.

« Ce qui m’intéresse chez les oiseaux, ce n’est pas le cliché de leur liberté, parce qu’ils volent, parce qu’ils sont dans le ciel. Non. Ce qui m’intéresse c’est quand ils ne volent pas. C’est à cet instant qu’ils ont des choses intimes à dire. »- Mr Bonnemaison

Josiane mène alors une vie qu’elle trouve fade et insipide mais qui est entrecoupée de quelques instants de félicité comme la rencontre avec Clara, autre âme solitaire auprès de laquelle elle va se réfugier pendant ses années lycée; ou bien celle de Bill, son premier amour qui gratte la guitare et fume des joints en dilettante; ou encore celle de la belle Anna ou de l’insolite Hyppolite Punk.

Pendant tout le début de ma vie je suis passée au travers des années, mais c’était tout juste, comme dans un couloir très étroit, mes épaules frôlaient les bords de l’existence et je devais forcer un peu pour passer. Juste à peine. J’ai vécu passable.

Josiane se trouve passable, indigne de l’intérêt que l’on pourrait daigner lui apporter à elle. A elle qui n’a connu que le mépris et les moqueries. C’est peut-être de là que provient son intérêt pour les profils atypiques, pour ceux qui sortent de norme. Son talent à Josiane c’est peut-être de trouver de la beauté dans l’étrange, une autre beauté que celle de sa mère, cruelle, froide et indifférente.

Va-t’elle appuyer sur la détente?

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J’ai lu ce livre comme on regarde des photos de Polaroïd. Denis Faïck saisit les instants de vies volés de son héroïne avec talent. J’ai été transportée par ce livre, triste et en colère à la fois contre la violence muette qu’a dû subir Josiane. Une violence ordinaire qui n’a d’ordinaire que le nom. A lire absolument. Peut-être que c’est parce que je suis un peu émotive en ce moment mais vraiment c’est un titre qui m’a bouleversé. Merci à Librinova pour cet envoi ❤

Nota Bene A lire en écoutant « Elle a les yeux revolver » de Marc Lavoine #humournoir

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : LIBRINOVA
Date parution : 10/11/16
ISBN :9791026206279
Nb de pages : 227 pages

30 ans, en théorie – Mathieu Narbonnet

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Mon enfance a été bercée par le générique de Dragon Ball Z et les parties de pogs dans la cour de récré. Adolescent, des posters de Buffy recouvraient les murs de ma chambre, j’avais un Nokia 3310 et je chattais sur MSN. Aujourd’hui, mon meilleur ami gay est mon colocataire, je suis un libraire au bord de la crise de nerfs et j’écume les soirées où l’alcool coule à flots à la recherche de l’amour avec un grand A. Bientôt j’aurai 30 ans et il est grand temps de mettre un peu d’ordre dans ce chaos ordinaire ; mais je n’avais pas prévu que les anneaux de Saturne viendraient eux aussi y mettre leur grain de sel. Je suis un produit marketing estampillé Génération Y. Un pur rejeton de l’ère de l’entertainment.

Je suis votre enfant, votre frère, votre ami. Je suis vous. En pire !

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Déjà, de prime abord, ce livre commence plutôt bien. La couverture au top, le titre au top et une petite citation de Bret Easton Ellis comme cerise sur le gâteau. Que demande le peuple ?

Je me suis donc confortablement installée au fond de mon lit avec un cappuccino et j’ai lu avec gourmandise cette petite pépite. J’ai adoré dès les premières lignes le ton de ce livre, sarcastique, un brin cynique. Avec sa plume vipérine à la Rita Skeeter, Mathieu Narbonnet remplit sa (presque) autobiographie d’une multitude de petites punchlines d’où la difficulté à choisir une citation moi qui en suis tant friande. J’adore, j’adhère. C’est le genre de roman feel good que je conseille à tout le monde.

Cette histoire raconte une tranche de vie d’un trentenaire d’aujourd’hui. On a l’impression de regarder un épisode de “How I Met” sauf que ce n’est pas la Mother que l’on rencontre mais la Trentaine avec un grand T.

Mathieu nous raconte un peu sa vie, ses amours, ses emmerdes. Il nous parle de ses rendez-vous Tinder foireux, de son ami super-connard qui cultive sa barbe de trois jours et qui enchaîne les filles rapido presto. Il nous cite Wikipédia sans complexe. Il écrit à son ancien “lui” qui avait une adresse hotmail (I can relate – période MSN paix à ton âme). Il avoue répéter ses erreurs plusieurs fois, et avec panache, pour bien vérifier que ce sont des erreurs (sait-on jamais). Il fait des to-do list. Ai-je mentionné que j’adorais les listes et par extension tous ceux qui faisaient des listes ? J’hésite à créer un tag to-do list… Affaire à suivre. Il nous parle de sa maman qui use et abuse de smiley dans ses messages (I can relate… again).

« Je me battrai face à un ours pour toi. Pas un grizzly ou un ours polaire. Ni un panda. Plutôt genre Winnie l’Ourson. Je battrai ce fils de pute pour toi. » Les répliques de ma mère face à ma crise d’adolescence

Pour être parfaitement sincère je pourrais ajouter un “I can relate” à la plupart de ce qui est écrit dans ce livre bourré de références (musicales, de séries, de fun facts). Pour n’en citer que quelques unes et rester dans l’esprit du livre, soyons fous: faisons une liste:

  • La flemme de se socialiser au bureau juste pour “se socialiser au bureau”
  • Dire secrètement merci à la rhino-pharyngite qui nous donne une voix grave et sexy pendant quelques jours
  • Ne jurer que par la “thérapie du sourire” pour réagir à des paroles inattendues (variante du rire nerveux – les vrais de vrais sauront de quoi je parle)
  • Mais aussi: Le 13 novembre, le repas de Noël impossible en famille, “Art” de Yasmina Reza, le marouflage de Valérie Damidot, les week-end en amoureux, “il faut qu’on parle”, “la vie continue”

Bref, ce n’est pas un scoop j’ai adoré ce livre qui m’a donné le sourire un dimanche pluvieux et comme dit Mathieu:

Le dimanche soir, c’est un peu un trente-et-un décembre hebdomadaire. La possibilité de commencer une nouvelle vie chaque lundi. 

(Oui c’était juste l’occasion de replacer cette citation). Et comme lorsque l’on aime on ne compte pas voilà une dernière petite citation pour la route pour vous convaincre de lire ce livre:

« Ne fais confiance à rien ni personne ! Regarde, même le sel ressemble au sucre. » La vie, mon père et ses conseils

*ApplauseClap de fin

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Ceux qui ont aimé Je vais m’y mettre devraient être intéressés aussi par ce titre (et vice-versa). Moi j’ai adoré autant qu’une tartine de Nutella, autant qu’un épisode de Friends et autant qu’un Latte Venti chez Starbucks.

Nota Bene A lire en se trémoussant sur “I will survive” de Gloria Gaynor dans une soirée de bobos parisiens

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : LIBRINOVA
Date parution : 25/07/16
ISBN : 9791026206286
Nb de pages : 178 pages