Frappe-toi le coeur – Amélie Nothomb

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« Frappe-toi le coeur, c’est là qu’est le génie » – Alfred de Musset

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C’est avec un plaisir tout particulier que je lis ce nouveau Nothomb, avec un peu de retard, vie de folie oblige. J’en profite pour remercier la géniale Marie D. qui m’a offert ce livre et qui, par la même occasion, a refait ma journée!

« L’enfer est pavé de bonnes intentions ; semblablement, les intentions les plus mesquines peuvent être à l’origine de joies sincères.« 

Cette histoire est tout d’abord celle de Marie, jeune femme de 19 ans, qui est belle et qui le sait. Ce n’est pas tant dans sa beauté qu’elle trouve sa jouissance mais dans le fait d’observer l’envie, la jalousie dans les yeux des autres filles de sa petite ville de province. Lorsqu’elle tombe enceinte et  réalise que son entourage ressent une joie bienveillante à la perspective de sa maternité future, et que, pire que cela, on trouve sa fille presque « plus belle qu’elle », Marie est furieuse et décide, inconsciemment peut-être, de refuser à sa fille Diane, l’amour qu’elle aurait été en droit de recevoir.

Elle lui ferme son coeur de manière irrémédiable. La petite Diane, comme tous les enfants (ainsi que le rappelle Amélie Nothomb lors de son invitation pour présenter son livre à LGL), cherche alors à se faire une explication du monde cohérente. Si sa mère ne l’aime pas c’est parce qu’elle est jalouse. Tout simplement. Marie tombe à nouveau enceinte, d’un garçon cette fois. Surprise, elle semble l’aimer et lui accorder de l’attention. Diane se fait une raison. C’est normal, c’est parce que son frère est un garçon. Et puis Marie tombe enceinte. Encore. D’une fille. Et cette fois elle ne se contente pas d’aimer la petite Célia, elle l’adore, la cajole à l’extrême. Pour Diane c’est la douche froide. Comment vivre, comment exister dans un monde où sa mère ne l’aime pas sans aucune raison valable?

On suit alors Diane dans ses péripéties, dans une vie estudiantine où elle décide de devenir médecin et se passionne pour la cardiologie suite à la rencontre providentielle avec un médecin. Ce qui n’est pas un hasard pour une fille dont le coeur a été lacéré par sa propre mère. Mais, comme l’explique Amélie Nothomb avec beaucoup de finesse, une fille ne peut pas s’échapper éternellement de l’emprise de sa mère et recherchera nécessairement une mère parodique, qui souvent sera encore pire que la précédente. Je ne vous révèle pas l’engrenage terrible dans lequel va tomber Diane (histoire de préserver un peu le suspense) mais ça vaut le coup promis!

« – Ton amie est très belle, mais elle tire la gueule en permanence, disait-on à Elizabeth.
– C’est pour se donner un genre, répondait-elle.
Le genre plut. Les prétendants accouraient; c’était à qui parviendrait à lui arracher un sourire. Personne n’y arriva. »

Je ne ferai pas de commentaires sur le style de l’auteure qui est peut-être, après sa personnalité décalée, le meilleur argument pour vous dire de lire ce livre!

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C’est lorsque l’on regarde ce livre avec le portrait de l’auteure en couverture et une citation (qui n’est même pas d’elle!! ) en guise de résumé qu’on réalise encore une fois, que notre célèbre Amélie Nothomb n’a même plus besoin de promotion. On sait que l’on va aimer avant même d’avoir commencé. Mais parmi ses pépites il y en a qui brillent plus que les autres et je pense que celle-ci en fait partie. Encore un bravo à la dame au chapeau.

Nota Bene : A lire avec doigté et précision, comme un chirurgien pratiquant une opération à coeur-ouvert.

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Editeur : ALBIN MICHEL
Date parution : 23/08/17
ISBN : 9782226399168
Nb de pages : 169 pages

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La Candeur de la Rose – Ielenna

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Si seulement j’avais su combien ma vie allait basculer.Comment l’enfer m’aurait enchaînée.
Si seulement j’avais pu entrevoir les rouages du destin.Les rencontres comme les pièges, les obstacles comme les révélations.
Si j’avais su mieux distinguer bontés et malveillances.Amours, amitiés ou loyautés.

Cette histoire serait tout autre. Mon histoire.
Preuve que même les Dieux ne peuvent tout savoir.​
Rare rescapée du massacre de son village natal, Diphtil, une jeune fille du peuple de l’Air, est sauvée en territoire ennemi grâce au symbole étrange qu’elle porte sur le front. Elle serait la cinquième fille de la Déesse Aveugle. Séquestrée dans un monastère et manipulée par le prêtre Sarïn qui compte la livrer au roi une fois ses pouvoirs éveillés, elle est libérée par son frère, Naid, qui la persuade de partir avec lui.
Sauf que les terres de l’Edenor sont semées de dangers et que la cruauté de certaines personnes, hantées par la haine et la guerre, s’opposent à la candeur de Diphtil, avide de découvrir ce monde dont elle a si peu joui.
Mais avant tout, elle veut échapper à son destin. Est-ce possible, lorsque l’on est vouée à devenir une Déesse ?

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Bon. La Candeur de la Rose, premier tome en deux parties des Chroniques des fleurs d’Opale. Plus de 1 000 pages. Un BON-HEUR !

Cela faisait quelques mois que j’attendais de tenir ces livres entre mes mains avides grâce au teasing excellemment maitrisé de Sainte Ielenna. J’ai pu avoir les livres Samedi et il ne m’a fallu que quatre jours pour dévorer ces deux tomes. Il y a cependant quelques effets secondaires à cette lecture je tiens à le préciser

  • Un regard un peu vague parce que l’on ne peut s’empêcher de rêvasser au monde qu’elle a créé
  • Quelque bleus pour être rentrée dans de pauvres individus qui ont dû se demander quel était mon problème à m’obstiner à lire ce pavé en marchant à deux à l’heure dans la rue
  • Louper mon arrêt de tram (bon ça c’est un classique).

Donc pour ceux qui ne l’auraient pas compris, ce livre est un véritable page-turner ! (avantage qui compense ces rares inconvénients !)

L’histoire a une trame assez classique pour le genre et reprend les codes de la Fantasy (j’étais donc RA-VIE !). On a même une petite carte, un arbre généalogique toussa toussa (c’est très mauvais pour ma santé mentale, je risque de devenir aussi pointilleuse sur les détails de cette série que pour Harry Potter – ceux qui me connaissent voient donc l’ampleur du problème et savent à quel point la situation est critique). Critique dans le bon sens hein 🙂

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Revenons-en à l’histoire. Elle se déroule dans un monde dans lequel coexistent quatre peuples descendant respectivement des dieux représentant les 4 éléments (eau, terre, air, feu). Si autrefois, la paix régnait entre les peuples, désormais ils se déchirent dans des guerres intestines, notamment celle opposant les humains (fils de la Terre) et les Neltiad (fils de l’Air). C’est d’ailleurs au cours d’un raid d’humains dans son village que Diphtil, une jeune Neltiad, assiste au massacre de son peuple et ne peut que grâce à une bonne dose de chance réussir à s’échapper (ce qui ne sera pas la cas de sa mère).

Séparée dans sa fuite de son petit frère Naid, elle parvient à se réfugier dans une église où un prêtre la reconnait grâce à la marque qu’elle porte sur son front (ça vous rappelle quelqu’un ?) comme l’héritière de Dorina, la 5ème déesse. L’homme de foi décide alors de la détenir protéger aux yeux du monde, la privant ainsi de ce qu’elle a de plus cher : sa liberté. Pendant sa captivité, elle fait la connaissance d’Astiran, jeune humain avec lequel elle se lie d’amitié. Les années passent et un soir Naid, son frère la retrouve et vient la délivrer en lui prouvant que le prêtre l’ayant recueilli ne la destinait en fait qu’à de sombres desseins, afin que le Roi puisse s’approprier ses pouvoirs de Déesse latents. Accompagnée par Naid et Astiran, Diphtil va alors partir dans une quête à travers le Royaume pour essayer de comprendre qui elle est et quel est son destin. Les compagnons de voyage ainsi que les péripéties se succèdent alors à un rythme effréné jusqu’à ce que les coïncidences et rencontres de Diphtil, prévues par les Dieux, lui fassent prendre conscience qu’elle n’est qu’une pièce sur un échiquier sans savoir quel est le véritable enjeu de la partie. Diphtil parviendra-t-elle à se soustraire à l’influence des dieux et maîtriser son destin ?

*

J’avais attendu tellement longtemps de lire cette histoire que fatalement il y a quelques éléments qui m’ont déçue. En lisant d’autres avis sur les Fleurs je ne peux qu’être d’accord avec les réflexions sur le langage soutenu de Diphtil (justifié par ses années passées à lire, seule, pendant toute sa jeunesse en captivité). Cela m’a un peu agacée au début (le mot « vénusté » clairement je ne vais pas m’y faire) mais on passe assez rapidement outre puisque cela confère une certaine ambiance au livre.

On peut clairement voir certaines références à Eragon ou à Harry Potter dans la création de la mythologie, même si celle-ci reste tout de même une création originale. Il y aurait énooooormément de choses à dire sur cette saga. J’ai nettement préféré la partie 2 à la partie 1, la première faisant plutôt office d’exposition de l’intrigue. La seconde était beaucoup plus intéressante, en termes de péripétie et de storylines. Les personnages et leurs ambiguïtés sont aussi beaucoup plus fouillés. Notons également que Diphtil devient un peu moins niaise dans cette seconde partie ce qui ne gâche pas le plaisir. Si j’étais un peu déçue par le côté mièvre de la première partie, la seconde ne se perd pas dans des serments d’amour éternel. Le monde créé par Ielenna est dur, sans pitié et notre petite Déesse ne sera pas épargnée.

Honnêtement malgré les quelques failles (qui ne représentent pas grand-chose au vu du travail fourni), cette histoire a tous les atouts pour se retrouver parmi les meilleures saga de Fantasy. Vous pouvez retrouver Ielenna sur Facebook et son site !

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Il est difficile de donner un avis sur un roman aussi long, sur un univers qui me semble exploitable à l’infini tant il est riche. J’ai passé de merveilleux moments aux côtés de Diphtil et je vous conseille vraiment (vraiment!) d’aller découvrir l’écriture de Ielenna qui vaut plus qu’un bref détour (je ne parle même pas de l’excellent Ludo Mentis Aciem => histoire dispo ici!).

Nota Bene : A lire les yeux grand ouverts en écoutant Lindsey Stirling 🙂

Ma note : 

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Editeur : GRAPHEIN EDITIONS
Date parution : 2017
ISBN : 97829560652527
Nb de pages : 493 pages (partie 1) + 626 pages (partie 2)

Un avion sans elle – Michel Bussi

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23 décembre 1980. Un crash d’avion dans le Jura. Une petite libellule de 3 mois tombe du ciel, orpheline. Deux familles que tout oppose se la disputent. La justice tranche : elle sera Émilie Vitral. Aujourd’hui, elle a 18 ans, la vie devant elle mais des questions plein la tête. Qui est-elle vraiment ?
Dix-huit ans que Crédule Grand-Duc, détective privé, se pose la même question. Alors qu’il s’apprête à abandonner, la vérité surgit devant ses yeux, qu’il referme aussitôt, assassiné.
Il ne reste plus à Émilie qu’un vieux carnet de notes, des souvenirs, et Marc, son frère, pour découvrir la vérité…

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Michel Bussi. Il fallait vraiment vivre sur une autre planète pour ne pas avoir entendu parler de cet auteur dont les livres sont toujours en tête de gondoles (et en tête des ventes) avec les irréductibles Musso et Levi. Si pendant quelques années j’ai succombé je l’avoue aux livres de Musso et Levi qui restent quand même des feel-good sympas à lire à la plage ou dans le train, je n’avais jamais tenté l’expérience Michel Bussi. C’est maintenant chose faite.

Je ne m’attendais pas à une écriture transcendante. À un polar efficace tout au plus. Et de  ce point de vue là je n’ai pas été déçue. L’histoire est plutôt bien menée et le véritable talent de Bussi est d’arriver à nous tenir en haleine sur une histoire un peu bancale. Le fameux « oui ce n’est pas dingue mais je veux quand même avoir le fin mot de l’histoire« !

L’histoire repose sur un drame qui a eu lieu fin décembre 1980. Un crash d’où il ne restera qu’une survivante, un petit bébé d’à peine trois mois, une véritable miraculée. Hasard du destin, il y avait deux bébés du même âge dans l’avion et très vite se pose alors la question de son identité. Est-elle Emilie Vitral ou Lyse-Rose de Calville? Les deux familles se la disputent, se l’arrachent à une époque où l’on ne parle pas encore de test ADN. La justice tranche, elle sera Emilie Vitral. Mais le doute subsiste, surtout chez son frère Marc qui ne la voit pas uniquement comme sa petite soeur et chez Malvina de Calville qui est convaincue dans son esprit torturé que c’est Lyse-Rose qui a survécu.

Le jour de ses 18 ans, Emilie reçoit un carnet d’un détective privé engagé par les De Carville qui est un véritable témoignage de presque 18 années d’enquête pour découvrir la vérité. Dans une enquête à deux vitesses, celle qui se déroule sur une journée dans le présent et celle du carnet du détective le lecteur hésite : Qui est donc Lilly, la petite libellule?

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C’était mon premier Michel Bussi. Un livre assez prenant puisque je l’ai lu d’une traite mais l’intrigue aurait gagné à être plus resserrée et plus concise. Quitte à choisir je reviens donc à mes premières amoures: les romans de plages ça restera l’exclusivité de Guillaume Musso 🙂

Nota Bene A lire dans l’avion pendant un long courrier.

Ma note :

troissurcinq


Editeur : POCKET
Date parution : 03/13
ISBN : 9782266233897
Nb de pages : 573 pages

La vie serait simple à Manneville – Pierre Cochez

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Les murs mangés par la vigne vierge, les fenêtres grandes ouvertes, Manneville est une maison de famille, celle qui abrite le jeune Bruce Dehaut, ses soeurs, de joyeux cousins, et puis des adultes occupés à profiter de l’été en lisant le journal ou en préparant des pastis-grenadine. La vie serait simple à Manneville, mais Bruce doit partir. L’Angleterre l’attend : Oxford, les études, un début de vie adulte. Là-bas, Bruce fera la rencontre d’Alex, un grand roux à la veste de tweed beige, qui fume des cigarettes en jouant au jacquet. Bruce n’avait pas prévu ça. L’amour, l’éblouissement. Et l’impossibilité d’une vie partagée.
Devenu journaliste, il sillonnera le monde, des îles Féroé au Mozambique, en quête de vérité, en quête de lui-même, pris dans un mouvement permanent. Mais Bruce l’apprendra, l’attente aussi est une façon d’aimer.

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J’aimerai dire que j’ai été totalement dépaysée en lisant ce livre mais cela ne serait pas la vérité. Le côté Neuilly/Auteuil/Passy, les parents distants, les rallyes pour rencontrer des « gens biens », et les week-end dans les châteaux de tel ou tel. Si je ne l’ai pas vécu directement j’ai pu côtoyer des personnes pour qui c’était le cas et le portrait qui en est fait me parait assez juste.

Bruce se complait vaguement dans le confort de cette vie de « gosse de riche », disons le clairement, même s’il sent bien que tout ceci reste quand même assez superficiel. La vie serait plus simple aux côtés de son meilleur ami, Armand, qui, comme lui, vit dans l’expectative de partir à Oxford, de se défaire de son nom et de se faire, en tant qu’homme, en tant que personne.

« Je sais que c’est la dernière fois que je ne suis qu’un fils heureux. Je le redoute et je l’espère. Partir doit être une joie.« 

Il est temps pour Bruce de partir à Oxford, au collège de Brasenose, (Marie si tu me lis!!!!!). Il quitte une bulle pour une autre. Le dépaysement le satisfait surtout lorsqu’il rencontre Alexander, un grand roux qui l’intrigue et le fascine.

« Les jours suivants, nous parlons peu. Nous croisons nos regards. Cela suffit à me nourrir. J’ai trop peur que la parole craque le rêve qui me berce. C’est lui qui décide de m’adresser ou non la parole.« 

Ils vivent alors leur histoire, prudemment, entre les portes. Un peu à Oxford, surtout à Manneville, l’été, dans ce point d’ancrage, ce lieu qui échappe à l’érosion du temps et où, finalement, tout est plus simple. Les années passent, Alex s’en va et Bruce reste seul, triste, avec pour seule compagnie son métier d’apprenti journaliste pour occuper ses journées.

« Je m’enfonce dans l’actualité. Elle me mange. C’est ce que je demandais. Etre mangé par la marche du monde. Je vis au rythme des sonneries. Je contemple le monde s’écrouler, exploser, s’entretuer. »

Ses voyages initiatiques, avec le souvenir d’Alex en filigrane, apprendront alors à Bruce à se connaître et apprendre à vivre.

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Le personnage de Bruce est attachant et j’ai apprécié ces quelques heures en sa compagnie. Un livre à emporter dans ses valises.

Nota Bene : A lire toujours plutôt que jamais.

Ma note : 

quatresurcinq


Editeur : ESCALES
Date parution : 13/04/17
ISBN : 9782365692694
Nb de pages : 240 pages

Le murmure du vent – Karen Viggers

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L’auteur des best-sellers La Mémoire des embruns et La Maison des hautes falaises revient avec un troisième roman bouleversant.

Quand Abby rencontre Cameron, tout en lui l’agace. Biologiste, elle arpente seule la vallée des monts Brindabella pour observer le comportement des kangourous. Il est un jeune journaliste enquête d’un article pouvant susciter la polémique. Quand il cherche à la revoir, elle fait tout pour l’éloigner. Pourquoi prendrait-elle le risque d’être à nouveau blessée par la vie ?
Un jour, elle rencontre une vieille dame, Daphné, qui a passé sa jeunesse dans ces montagnes et vient régulièrement se ressourcer dans cette nature si chère à son coeur. Malgré leur différence d’âge, les deux femmes se rapprochent. Avec délicatesse, Daphné essaye de sortir Abby de son marasme. Leur amitié leur permettra peut-être enfin de se libérer du passé et de sourire à l’avenir ?

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JOIE, BONHEUR! Un nouveau Karen Viggers, je suis ravie! Après les baleines voilà les kangourous, après Lex et Callista voilà Cameron et Abby. On prend de nouveaux ingrédients, on applique la recette magique et on recommence.

J’avais déjà été conquise par La maison des hautes falaises et ce nouveau livre de Karen Viggers ne m’a absolument pas déçue. Dès les premières lignes, on retrouve cette même écriture, cette poésie, ainsi que ces personnages torturés qui évoluent dans de grands espaces, dans les montagnes et le bush australien. La nature, là encore, est omniprésente.

Ce roman c’est d’abord une histoire d’amour entre Cameron et Abby. Cette dernière est une jeune femme de 23 ans qui est biologiste et étudie les kangourous, une activité solitaire et passionnante qui lui permet de rester seule avec elle-même et de ne pas être dans la superficialité des relations avec les personnes de son âge. Elle rencontre Cameron, un jeune journaliste dans le cadre d’une interview et même si fatalement, elle est attirée par lui, elle a peur de s’attacher, de le perdre. De se perdre.

– Je ne sais pas, mais j’ai l’impression que tu me tiens à distance. Laisse-moi percer ton mystère.
– Donne moi un peu de temps. Le temps de fuir, complète-t-elle intérieurement en se levant pour aller à la salle de bains.

Cette histoire c’est aussi la rencontre d’Abby avec Daphné, cette vieille femme qui lui rappelle sa grand-mère et avec qui elle se sent en confiance. Au long de son roman, Karen Viggers souligne l’importance des liens avec les autres générations, comment chacun peut apporter à l’autre et nouer des relations sincères.

– J’ai pas besoin d’une maman, grogne-t-il. Je suis assez grand pour faire face tout seul. Mais Abby sait bien que ce n’est pas vrai. Tout le monde a besoin d’une mère. Ceux qui ont en une ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont.

Au fond, Karen Viggers traite de thèmes essentiels dans ses livres et particulièrement celui-ci: comment les hommes s’inscrivent dans la nature (a t’on le droit de tuer les kangourous pour préserver un écosystème?), comment faire face à la perte, le deuil. Et surtout, surtout, comment réussir à revivre? Elle réhabilite également le peuple des aborigènes persécutés par les blancs et dont l’histoire a trop souvent été effacée des mémoires.

Un goût de bile lui remplit la bouche, elle s’étrangle. Les yeux morts fixent le vide. Dire qu’il y a quelques minutes à peine le kangourou était bien vivant et qu’il ne reste de lui que cette carcasse à présent. Si peu de chose sépare la vie de la mort. Abby en sait quelque chose.

Si l’on apprend quelque chose dans ce livre c’est qu’on a tous le droit de trouver sa place au soleil. Je vous conseille réellement de découvrir cette auteur qui est juste adorable, aussi sincère et authentique que son écriture 🙂 Je suis encore dans une petite période post lune de miel après le brunch organisé par Le Livre de Poche et Les Escales samedi dernier 🙂

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Une très belle escale en Australie, une bouffée d’oxygène qui nous enseigne l’humilité face à la nature et le courage d’affronter ses peurs. Vivre plutôt que survivre. Mon seul reproche serait peut-être la trop grande similarité entre ce livre et son précédent. Saura-t-elle se renouveler pour ses prochains titres?

Nota Bene : A lire d’une main, en tenant un joey dans ses bras.

quatresurcinq


Editeur : LES ESCALES
Date parution : 06/04/17
ISBN : 9782365692861
Nb de pages : 546 pages

Je ne sais pas dire je t’aime – Nicolas Robin

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Paris, tu l’aimes ou tu la quittes. C’est une injonction quotidienne pour qui se retrouve la joue écrasée contre la vitre d’un métro bondé, ou se fait bousculer sur le trottoir par un type mal dégrossi. Dans ce tohu-bohu parisien, Francine déterre un passé longtemps enseveli devant un guichet d’état civil ; Juliette rêve d’avoir la beauté fulgurante d’une actrice qui éclate de rire sur un tapis rouge ; Joachim devient célèbre malgré lui en se faisant larguer en direct à la télé ; Ben essaie de ne pas finir comme ceux qui picorent leurs petits pois, le nez dans l’assiette, sans adresser un mot à l’autre.
Un chassé-croisé plein d’humour et de tendresse dans lequel chacun cherche son salut et espère entendre parler de sentiments, au coeur d’une ville épicentre de l’amour, où il est parfois difficile de se dire je t’aime.
À tous les éclopés du coeur, les éternels pudiques, les incorrigibles passionnés, ce roman  est pour vous.

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J’aime beaucoup les films chorale, comme « Sous les jupes des filles » , « Love actually » ou « Le code a changé ». Il faut croire qu’une histoire « chorale » sous le format livre est toute aussi distrayante qu’un de ces films feel good.

Dans son nouveau roman, Nicolas Robin nous entraîne dans ce Paris d’aujourd’hui sur fond d’élections présidentielles, dans le quotidien de personnes ordinaires. On découvre  par courts chapitres les portraits de Francine, vieille femme qui souffre du secret de ses origines; Ben, qui voit avec impuissance son couple se déliter sous ses yeux; Juliette qui se demande quand est-ce que sa vie va enfin commencer et puis Joachim qui s’est fait larguer en direct devant la France entière par sa copine.

– Vous pensez que je suis une salope?
– Pas vraiment. Vous êtes une névrosée en démarche affective.
– C’est beau, ce que vous dites.

Chaque personnage mène sa barque difficilement, comme il peut, jusqu’à ce que leurs destins ordinaires se télescopent, s’entrechoquent pour aller vers de nouveaux horizons. Je résiste à vous raconter le fin mot de l’histoire (pour ça => direction la librairie).

En attendant, ne serait-ce que pour le style, ce roman vaut la peine d’être lu! Les personnages sont frais, amusants, authentiques. On a envie de rester plus longtemps en immersion dans cette histoire. Un petit coup de coeur pour la scène mémorable du dîner! A quand le prochain?

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Un roman feel-good qui donne le SMIIILE! A mettre dans ses valises pour les vacances et pour décompresser face à l’actualité. Merci beaucoup aux éditions Anne Carrière pour ce SP

Nota Bene A lire dans un petit café à Saint Michel en écoutant « La vie en rose » d’Edith Piaf

Ma note :
quatresurcinq


Editeur : ANNE CARRIERE
Date parution : 13/04/17
ISBN : 9782843378614
Nb de pages : 260 pages

Ostende 21 – Arthur Loustalot

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Adèle et Joseph ont vingt-sept ans. Ce sont de beaux enfants. Peut-être les plus beaux du monde. Amoureux fous. Une virée en Belgique leur fait découvrir Ostende. Sur la plage, face à eux, se dresse une architecture raide et grise, soviétique : le Kursaal. Le casino de la ville est l’un des plus grands d’Europe.
Adèle et Joseph entrent et jouent, perdent, gagnent, s’abandonnent à ce monde hors de tout. Ils reviendront, c’est une promesse. Un temps, le jeu sublime leur histoire. Très vite, la réalité est amère, insuffisante. Le quotidien à Paris les accable. Ils s’ennuient, se disputent, se déchirent. Il n’y a que le casino qui les rassemble et les transporte. Protégés du monde extérieur, c’est dans les cris électriques des machines et cet instant suspendu où les cartes se révèlent et se posent que la passion exulte… Alors le piège se referme.

MonavisV2

Je viens de finir Ostende 21 (mon premier Escales Domaine Français!) et franchement j’ai trouvé qu’il était plutôt réussi. Je ne m’attendais pas du tout à ça en lisant le résumé. J’aurais pensé que le couple prendrait un chemin beaucoup plus glauque et sordide et finalement la lecture n’était pas si oppressante que ça, pourtant vu le sujet il y aurait eu matière.

Cette histoire est racontée par le croupier qui a vu le jeune couple se laisser sombrer dans une spirale autodestructrice, perdre tout contact avec la réalité et se réfugier dans une bulle de félicité éphémère. Il décrit Adèle et Joseph comme deux enfants qui ont choisi l’immédiateté du plaisir et qui se sont autant accroché l’un à l’autre qu’à cette addiction dévorante qui a fini par les submerger, à ne faire d’eux que des êtres parodiques dont le bonheur ne dépendait que des aléas du jeu.

*

C’est vrai que c’est intéressant toute cette réflexion sur le jeu. On parle souvent des autres addictions mais pas tellement de celle-là (dans le débat public en tout cas). J’ai trouvé que le sujet était très bien amené. On joue de manière raisonnable, juste « pour voir » en se fixant des règles et puis très vite on s’en affranchit, presque sans s’en rendre compte parce que l’on pense que l’on ne sera pas assez stupide pour se faire avoir et c’est déjà le début de la fin: de la perte de contrôle jusqu’à la descente aux enfers. L’intérêt ici c’est qu’il s’agit d’un couple donc leur histoire d’amour devient le reflet ou plutôt le pendant dans le réel de leur addiction au jeu. Je ne sais pas ce qui est le pire au fond, tomber à deux dans une addiction (en s’entraînant mutuellement vers le bas mais tout en ayant ce côté « à deux contre le reste du monde ») ou bien tomber tout seul dans l’addiction avec sa seule volonté (ou absence de volonté) comme gardienne de la raison.

Ils eurent ensemble la même idée ; personne ne la formula à voix haute. Dans le lit, ils répondirent seulement à deux questions. Combien voulaient-ils gagner. Combien ils étaient prêts à perdre. 

Les enjeux étaient très clairs et bien exposés, surtout lorsque l’auteur explique que Joseph est terrifié à l’idée de perdre parce qu’il a cette peur irrationnelle qu’Adèle pourrait mécaniquement lui échapper aussi. C’est terrible en fait cette histoire. Terrible parce que c’est sans fin et que l’on n’est pas addict au jeu en soi, on est addict au contrôle, à l’adrénaline, à l’impression d’être Dieu et de pouvoir impunément s’affranchir de toute règle. Et paradoxalement, il y a aussi ce besoin de perdre, pour mieux pouvoir (re)gagner par la suite. Le gain continuel n’aurait aucun intérêt. C’est cette peur de perdre, cette possibilité bien réelle, qui fait que le jeu a du sens et que l’amour de Joseph pour Adèle signifie quelque chose. On ne peut pas perdre quelque chose que l’on n’a pas.

Voilà en fait c’est ça. Le problème c’est qu’Adèle et Joseph ne jouaient pas de l’argent. Symboliquement c’était bien plus que ça, ils jouaient leur histoire, leur fierté, leur avenir. C’est pour ça qu’il est si difficile de se défaire d’une addiction quelle qu’elle soit. Parce qu’on ne voit que les symptômes et pas nécessairement les causes plus profondes, inconscientes. En gagnant, Joseph guérit sa blessure narcissique, il se trouve à nouveau digne d’aimer Adèle, de la mériter et a donc moins peur de la perdre. Le jeu agit comme un réconfortant. Pour Adèle c’est différent, j’ai l’impression qu’elle était moins consciente des raisons qui la poussaient à jouer…

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L’addiction est une voleuse. Elle vole jusqu’à l’identité de ses victimes faisant d’elles des esclaves consentants qui lui abandonnent jusqu’à ce qu’ils ont de plus précieux : leur liberté. Quand elles se rendent compte de la véritable teneur de ce pacte faustien il est souvent trop tard. Parce que l’addiction au jeu (et l’addiction en général) est un véritable fléau dont il est extrêmement difficile de se défaire, ce court roman sur fond d’histoire d’amour, alerte sur ce mécanisme pervers sous le regard complice du portrait de Stefan Zweig.

Nota Bene : A lire grimé(e) en croupier à Las Vegas en écoutant « Sexual Healing » de Marvin Gaye.

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Editeur : ESCALES
Date parution : 02/03/17
ISBN : 9782365692649
Nb de pages : 208 pages