Nos trente Ans – Arthur Dreyfus

Nos trente Ans. La série complète par Dreyfus

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Un micro. Un intervieweur invisible. Trois garçons et trois filles. Six personnages qui, ensemble, incarnent la génération dite des « millenials » – ceux qui sont devenus des adultes au tournant du nouveau millénaire. Qui ont appris à vivre à travers des écrans. Et qui tous, à leur manière, cherchent à comprendre ce que signifie « devenir adulte ». Ou plutôt : à garder espoir dans un monde déjà foutu, où la politique ne pourrait plus rien…

Qui sont nos héros ? Sonia, l’idéaliste un peu trop naïve. Samir, le garçon un peu trop sérieux. Mikaël, qui a brûlé sa jeunesse. Claire, enfermée dans une vie bourgeoise. Gauthier, l’adulescent artiste dans l’âme. Et Sibylle, qui a tout vécu avant de naître. À travers leurs confessions, leurs failles – mais aussi les surprises de la vie -, ils nous entraînent dans une aventure intime, drôle et universelle.

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Tout d’abord je tiens à remercier Babelio qui a pensé à moi dans le cadre de l’opération Masse Critique pour découvrir un nouveau titre. J’avoue que l’unique raison pour laquelle j’ai accepté était qu’il s’agissait d’un livre audio et que je n’avais jamais eu l’occasion de découvrir une telle expérience. Et j’ai une chose à dire : c’est une réussite totale!

Si j’ai mis quelques minutes à vraiment me mettre dans l’ambiance, j’ai du me faire violence pour mettre le récit sur pause à 3 heures du matin (oui j’ai écouté tout le livre en une fois #bingelistening). Ce livre n’est pas une histoire au sens traditionnel du terme avec un début, un milieu, une fin. On y découvre tour à tour les voix de six jeunes trentenaires qui répondent aux questions d’un interviewer invisible dont on ne fait que deviner les questions. Chaque chapitre est organisé par thème et on valse, tour à tour, entre les réponses des uns et des autres. L’amour, le travail, la politique… pour ne parler que des 3 premiers chapitres. Petit à petit on s’éloigne du sujet de base pour y revenir d’autant plus fort. On s’attache à ces personnages dont finalement on ne connait pas grand chose mais qui nous racontent des précieux instants de vie. Leurs histoires se télescopent parfois, ce qui donne à l’ensemble une unité réellement plaisante.

Les comédiens sont excellents et font vivre le texte avec brillo. J’ai été à la fois exaspérée, amusée, parfois touchée par ces récits de vie si authentiques, les joies et les peines des personnages. Celle qui m’a le plus touchée est Sybille, son cynisme et son ironie qui cachent une grande solitude, peut-être parce que je me suis reconnue en elle parfois, à l’aube de la trentaine… Une de ses nombreuses phrases qui m’a beaucoup marquée lorsqu’elle dit que le verbe aimer est le seul auquel ajouter un superlatif en diminue le sens et l’intensité.

« Aimer beaucoup c’est moins fort qu’aimer »

Peu à peu, au fil des heures, on se surprend à se mettre à la place de l’interviewer, on se sent proche des 6 personnages et on ressort de l’expérience avec l’impression d’avoir eu une longue discussion avec des amis. Une table ronde essentielle.

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Ce livre est beaucoup plus qu’un simple livre, une petite histoire que l’on écoute en dilettante en cuisinant des pâtes. C’est une fresque assez juste de la trentaine, 6 portraits, 6 destins qui font fi des préjugés de genre, des milieux sociaux… J’ai beaucoup appris et remis en perspective certaines opinions que j’avais si tranchées. Une belle leçon et définitivement un livre à écouter!

Nota Bene : A écouter, l’été, allongée sur l’herbe dans un parc, en regardant la lente traversée des nuages dans le ciel.

Ma note :quatresurcinq


Editeur : AUDIBLE STUDIOS
Date parution : 23/05/19
ASIN : B07S2SWTDP
Durée : 5h51

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La porte – Magda Szabo

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« C’est moi qui ai tué Emerence. Je voulais la sauver, non la détruire, mais cela n’y change rien. » La Porte est une confession. La narratrice y retrace sa relation avec Emerence Szeredás, qui fut sa domestique pendant vingt ans. Tous les oppose : l’une est jeune, l’autre âgée ; l’une sait à peine lire, l’autre ne vit que par les mots ; l’une est forte tête mais d’une humilité rare, l’autre a l’orgueil de l’intellectuelle. Emerence revendique farouchement sa liberté, ses silences, sa solitude, et refuse à quiconque l’accès à son domicile. Quels secrets se cachent derrière la porte ?

Chef-d’oeuvre de la littérature hongroise dont le succès fut mondial, prix Femina étranger en 2003, La Porte a été élu meilleur livre de l’année 2015 par le New York Times.

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Quand j’étais étudiante je détestais Schopenhauer, plus tard j’ai compris que je devais retenir de sa théorie, que toute relation sentimentale est une possibilité d’agression, plus je laisse de gens m’approcher, plus il y a de voies par lesquelles le danger peut m’atteindre. Il ne me fut pas facile d’admettre que je devais en plus compter avec Emerence, son existence était devenue une des composantes de ma vie, et au début, je fus épouvantée à l’idée de la perdre si je lui survivais…

D’habitude on adore détester les romans qui reçoivent des prix parce qu’à chaque fois je me pose la même question : Est-ce qu’il y a eu connivence, est-ce vraiment mérité? Est-ce que je ne vais pas être un mouton si je trouve moi aussi que le dernier lauréat du Fémina est merveilleux?

Parfois il faut passer outre ses préjugés et reconnaître le talent lorsqu’il se présente à sa porte. La porte de Magda Szabo c’est un grand OUI ! C’est l’histoire racontée par l’écrivaine de son étrange relation entre elle et sa femme de ménage, la mystérieuse Emerence.

Tout de suite, on est intrigué par la personnalité de cette femme dont les codes nous échappent. On s’attache, on s’interroge, on comprends à demi-mots le pourquoi du comment mais surtout, on voit se dessiner sous nos yeux la relation complexe entre les deux femmes, faite de respect, de mépris, d’incompréhension mais aussi d’amitié. Un bras de fer qui parfois se transforme en main tendue. Un roman subtil et intelligent qui donne matière à réfléchir sur les mécanismes de l’emprise, la manipulation et l’amitié.

Ce livre est une perle brute et authentique où les sentiments ne sont pas épargnés (et c’est ça qui est extrêmement bien réussi au-delà du style précis de l’auteur). Emerence nous séduit, à sa manière, dans son orgueil, dans ses valeurs dont elle est si fière. Elle nous apprend beaucoup aussi, sur sa vision de la vie, sur ce qui compte vraiment.

Apprenez qu’on ne retient pas celui dont l’heure a sonné; parce que vous ne pouvez rien lui donner qui remplace la vie.

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En définitive, un très beau roman porté par le personnage mystérieux d’Emerence. Merci Elodie de m’avoir fait découvrir ce titre. Il y a relativement peu de romans qui me marqueront durablement mais celui-ci en fera définitivement partie. 🙂 Très bel achat pour ceux qui manquent d’inspiration pour les cadeaux de Noël!

Nota Bene : A lire, derrière la porte, à l’ombre des secrets.

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : LE LIVRE DE POCHE
Date parution : 2017
ISBN : 978-2253070221
Nb de pages : 352 pages

La joueuse d’échecs – Bertina Henrichs

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Un jeu peut-il faire basculer la vie d’une femme ? Difficile de le croire. Dans l’île de Naxos, les joueurs de trictrac sont légion, mais jamais aucune femme n’a approché les pions noirs et blancs. Quant à ceux d’un échiquier, n’y pensez même pas ! Cependant, pour Eleni, prise dans une vie sans aspérités et sans folie, le plus vieux jeu du monde sera le début d’une aventure qui la mènera jusqu’à l’émancipation.

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Eleni est une femme de chambres à l’hôtel Dionysos sur la petite île de Naxos (en Grèce). Elle évolue avec simplicité dans la routine plaisante de son travail à l’hôtel, de ses discussions avec son amie Katarina et de sa vie de famille avec Panis, son mari, et ses deux enfants. Ses journées sont rythmées par une régularité rassurante sous le regard serein des habitants de la ville de Naxos où chacun épie les moindres gestes des uns et des autres.

Un jour, alors qu’elle faisait la chambre d’un jeune couple de vacanciers français elle aperçoit un jeu d’échecs qui l’intrigue. Quel est donc ce jeu si sophistiqué dont elle ne comprend absolument pas les règles à la première vue?

Eleni n’était pas une femme à pincements. mais Paris constituait une exception. Sa passion rêveuse était demeurée d’ailleurs totalement inavouée. C’était son jardin secret.

Eleni sait qu’elle n’ira jamais à Paris, qu’elle ne possèdera surement jamais ces parfums élégants de parisiennes mais elle décide d’entreprendre une folle entreprise. La plus folle de toute son existence. Elle va acheter un jeu d’échec à Panis (son mari) et elle va apprendre à y jouer. Panis, perplexe ne comprend pas l’intérêt soudain de sa femme pour les échecs et se détourne de ce cadeau incongru mais Eleni ne compte pas abandonner. Elle décide se se tourner vers Kouros, son ancien professeur pour qu’il lui enseigne le plus vieux jeu du monde.

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Très belle histoire d’une femme qui s’émancipe grâce aux échecs et gagnera le courage de s’affirmer et être pleinement elle-même. Ce livre est simple, sans prétention comme son héroïne et c’est peut-être sa plus grande qualité.

Nota Bene A lire en écoutant “La vie en rose” d’Edith Piaf, après avoir déposé délicatement une goutte du parfum “Eau sauvage” de Dior derrière ses oreilles.

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : LIANA LEVI
Date parution : 2005
ISBN : 9782867464195
Nb de pages : 212 pages

 

La maison des Turner – Angela Flournoy

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Cela fait plus de cinquante ans que la famille Turner habite Yarrow Street, rue paisible d’un quartier pauvre de Detroit. La maison a vu la naissance des treize enfants et d’une foule de petits-enfants, mais aussi la déchéance de la ville et la mort du père.
Quand Viola, la matriarche, tombe malade, les enfants Turner reviennent pour décider du sort de la maison qui n’a désormais plus aucune valeur, la crise des subprimes étant passée par là.
Garder la maison pour ne pas oublier le passé ou la vendre et aller de l’avant ? Face à ce choix, tous les Turner, de Cha-Cha, le grand frère et désormais chef de famille, à Lelah, la petite dernière, se réunissent. Et s’il fallait chercher dans les secrets et la mythologie familiale pour trouver la clef de l’avenir des Turner et de leur maison?

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« Cha-Cha essaya de s’imaginer racontant tout au docteur Alice Rothman, qu’il supposait aussi dénuée d’humour que Milton Crawford, trop mince et trop pâle sans doute, du genre à se sentir mal à l’aise en présence du gros et grand corps brun de Cha-Cha installé dans son bureau. Peut-être sa gêne serait-elle évidente, ou pire, elle se croirait libérale et ferait des efforts ostentatoires pour communiquer avec Cha-Cha, routier noir de soixante-quatre ans qui voyait des fantômes. Cherchant désespérément à respecter le politiquement correct, elle se montrerait condescendante, et prétendrait comprendre ce qu’il éprouvait. Il en avait rencontré assez du même type dans les meetings du syndicat des camionneurs après les émeutes, dans les années soixante-dix, pour savoir qu’ils le méprisaient souvent plus encore que ceux qui étaient ouvertement racistes« .

Je crois que c’est en lisant cette citation que j’ai décidé que j’allais vraiment apprécier ce livre. Tout y est. Tout le racisme est là, dans ces quelques phrases, la condescendance derrière un sourire, qui est parfois pire que les insultes lancées au plein visage. Oui, le racisme est un sujet qui est vu et revu et ce n’est sûrement pas le propos principal du livre mais je trouve que l’angle choisi pour aborder le sujet était assez juste. Disons que l’on s’y est vraiment bien reconnu.

C’est peut-être ça finalement que j’ai adoré dans ce livre. La justesse de l’écriture. On y croit. Les difficultés des relations fraternelles, entre amour, exaspération, attachement, devoir… Chaque enfant Turner a peut-être un élément saillant de personnalité mais les personnages ne sont pas clichés, ils sont nuancés (ce qui est assez agréable et rare dans les livres que j’ai pu lire ces derniers temps).

Le seul reproche que je pourrais faire à ce livre est que l’auteure s’est un peu trop concentrée sur deux/trois personnages, au détriment des autres, alors qu’en voyant la couverture et le titre je me serai plus attendue à un roman chorale, une vraie saga familiale. Cela dit, ce roman reste un excellent livre qui m’a transportée le temps de quelques soirées auprès des péripéties de la famille Turner. Un vrai régal 🙂

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Bravo Madame Flournoy. Brianne, la fille de Lelah, a la même date d’anniversaire que moi, donc rien que pour ça… ce livre m’a plu. Il a également dépeint de manière extrêmement touchante le quotidien de cette famille, soudée malgré ses problèmes. La maison des Turner, cette vieille bâtisse torturée par les années, est finalement peut-être le ciment de la famille. Un personnage emblématique de l’histoire, la pierre angulaire du livre. A lire.

Nota Bene : A lire dans sa maison de famille en mangeant des chicken wings et en écoutant « Try a little tenderness » de la grande Aretha Franklin.

Ma note :quatresurcinq


Editeur : LES ESCALES
Date parution : 31/08/17
ISBN : 9782365692014
Nb de pages : 352 pages

 

Joel Dicker – La vérité sur l’affaire Harry Quebert

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“C’est rare, mais quand cela arrive, rien ne peut couper court à l’excitation. Jeune ou moins jeune, lecteur difficile ou facile, femme ou homme, on lira sans discontinuer jusqu’au bout le roman français de Joël Dicker, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert. On n’en sortira qu’épuisé et ravi par le jet continu d’adrénaline littéraire que le narrateur n’a cessé d’injecter dans vos veines.” ( Marc Fumaroli, de l’Académie française, Le Figaro Littéraire)

“Si vous mettez le nez dans ce gros roman, vous êtes fichu. Vous ne pourrez pas vous empêcher de courir jusqu’à la six centième page. Vous serez manipulé, dérouté, sidéré, agacé, passionné par une histoire aux multiples rebondissements, fausses pistes et coups de théâtre.” (Bernard Pivot, de l’Académie Goncourt, Le Journal du Dimanche)

Un bon livre, Marcus, est un livre qu’on regrette d’avoir terminé.” – Joël Dicker

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Il était temps, j’ai enfin acheté et lu dans la foulée le fameux best-seller dont de nombreuses personnes m’avaient parlé en me vendant ce bouquin comme « LE POLICIER A LIRE« , « LE PAGE-TURNER DE L’ANNEE« . Il a fallu une ultime recommandation, celle de C, pour que je me décide, une après-midi pluvieuse de Lyon, pour aller faire un petit tour à la Fnac juste pour voir… Je suis bien évidemment repartie avec trop de livres mais passons. Sur l’étagère des « ventes du moment » était entreposé tranquillement un exemplaire du Dicker et je me suis dit: Why Not?

Je l’ai commencé vers 16 heures dans la file d’attente. Je l’ai fini assez tard dans la nuit parce que … parce que OUI ce livre est un page-turner et c’était trop frustrant de devoir le refermer et de me coucher sans avoir le fin mot de l’histoire. Génération binge-watching and binge-reading représente!

Comment résumer ce livre. L’intrigue est assez simple finalement. Marcus, jeune auteur ayant écrit un best-seller se retrouve face à la terrible maladie des écrivains: le syndrome de la page blanche. Le contrat avec son éditeur est très clair, il doit rendre son prochain manuscrit sous peu, mais rien n’y fait, il ne trouve pas d’inspiration. Marcus décide alors de se rendre dans la petite ville d’Aurora retrouver Harry Quebert, (lui-même auteur d’un best-seller une trentaine d’années auparavant), son ancien professeur dont il a toujours été très proche et qui l’a poussé à devenir l’homme qu’il est devenu. Lorsqu’il arrive à Aurora, Marcus découvre, presque par hasard, que son professeur a entretenu plus de trente ans auparavant une liaison avec une jeune fille de 15 ans, Nola, alors que lui-même avait 34 ans. Une folle histoire d’amour, romanesque. Interdite. Malheureusement, l’été de leur idylle, la jeune fille a disparu laissant Harry terriblement blessé.

C’est alors que quelques semaines plus tard, le corps de Nola est retrouvé enterré dans le jardin de Harry. Tout semble l’accuser mais Marcus en est persuadé, son mentor est innocent. Le jeune écrivain décide alors de mener l’enquête et de rendre à Harry Quebert son honneur déchu afin de le réhabiliter. Il trouve ainsi, au fur et à mesure de son enquête, à nouveau l’envie d’écrire. Pas seulement un livre mais LE livre qui révèlera la vérité.

En alternant entre la timeline du présent et de nombreux flashbacks, Dicker nous balade prodigieusement dans les méandres du passé des personnages de l’histoire: l’énigmatique Nola, la jolie Jenny, le mystérieux Stern … Qui connait la vérité et qui a bien pu assassiner Nola cet été de 1975?

*

Le suspense est bien mené. Ce serait faire preuve de mauvaise foi que de ne pas l’admettre. En revanche, il souffre de quelques longueurs et de répétitions qui étaient assez pénibles. Oui il y a des twists, oui il est difficile de trouver le coupable avant les dernières pages mais au-delà de l’intrigue en elle-même qui est bien réalisée, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages dont les personnalités m’ont parues assez caricaturales, assez clichées. Toute cette romance était trop éthérée, désincarnée. J’ai eu du mal à y croire, peut-être est-ce dû aux clichés de l’Amérique puritaine. Sans entrer dans des détails glauques et sordides, Dicker aurait pu insister plus sur les problématiques inhérentes à une relation entre un homme mûr et une jeune fille.

*

Vous avez sûrement déjà entendu la nouvelle (mais si ce n’est pas le cas voilà un petit scoop): Patrick Dempsey, l’indétrônable McDreamy de Grey’s Anatomy va jouer Harry Quebert dans une adaptation télévisée du livre… SOON! La groupie qui sommeille (très légèrement) en moi se ruera donc dessus dès la sortie 🙂

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C’est sans nul doute un livre qui remplit ses promesses parce que l’on tourne les pages frénétiquement. On veut savoir qui a fait le coup et la fameuse vérité sur l’affaire. On vit avec Marcus l’enquête au plus près mais (parce qu’il y a un mais), si Joel Dicker a merveilleusement expliqué la différence entre un livre et LE livre, il n’a pas réussi selon moi à remplir ses critères. Il n’a pas donné d’autres sens aux mots, il n’a pas bouleversé ma vie et je ne pense pas que ce livre laissera une empreinte indélébile dans ma mémoire. Dommage.

« Environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahi d’un sentiment puissant; pendant un instant, il ne doit plus penser qu’à tout ce qu’il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer. »

Nota Bene : A dévorer d’une traite un soir d’hiver avant de voir la série adaptée avec le très charismatique Patrick Dempsey 😛

Ma note :quatresurcinq


Editeur : EDITIONS DE FALLOIS
Date parution : 27/05/14
ISBN : 9782877068635
Nb de pages : 864 pages

Ne fais confiance à personne – Paul Cleave

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Il y a pire que de tuer quelqu’un : ne pas savoir si on l’a tué.

Les auteurs de thrillers ne sont pas des personnes très fréquentables. Ils jouent du plaisir que nous avons à lire d’abominables histoires, de notre appétit pour des énigmes qui le plus souvent baignent dans le sang. Ce jeu dangereux peut parfois prendre des proportions inquiétantes et favoriser un passage à l’acte aux conséquences funestes. Eux les premiers, qui pensent connaître toutes les ficelles du crime parfait, ne sont pas à l’abri de faire de leurs fictions une réalité.
Prenez par exemple Jerry Grey, ce célèbre romancier, qui ne sait plus très bien aujourd’hui où il en est. À force d’inventer des meurtres plus ingénieux les uns que les autres, n’aurait-il pas fini par succomber à la tentation ? Dans cette institution où on le traite pour un Alzheimer précoce, Jerry réalise que la trame de son existence comporte quelques inquiétants trous noirs. Est-ce dans ses moments de lucidité ou dans ses moments de démence qu’il est persuadé d’avoir commis des crimes ? Quand la police commence à soupçonner les histoires de Jerry d’être inspirées de faits réels, l’étau commence à se resserrer. Mais, comme à son habitude, la vérité se révèlera bien différente et bien plus effroyable que ce que tous ont pu imaginer !

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« Si ça se trouve, il a fallu toute une vie à un homme pour mettre certaines de ses idées par écrit, observer le monde et la vie autour de lui et moi j’arrive en deux minutes et Boum! Tout est fini » – Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

This is it! Je viens de terminer le dernier Paul Cleave (après la chronique d’Un employé modèle) et, comme toujours chez cet auteur, le dernier est encore mieux que le précédent! On retrouve tout de suite le style, la patte de Cleave et on est irrémédiablement happé par cette intrigue folle : Celle de Jerry Grey. Jerry, sous le pseudoyme d’Henry Cutter, fut un auteur de best-seller, de romans policiers particulièrement sanglants. Pourquoi en parler au passé? Parce que Jerry n’est plus vraiment lui-même depuis quelques mois, le grand A, nom qu’il donne à la terrible maladie d’Alzheimer, s’est emparé de son esprit.

Henry Cutter est ton pseudonyme. Seulement, c’est un peu plus intime que ça. Ce n’est pas juste le nom que tu inscris sur la couverture de tes livres, c’est la personne que tu essaies de devenir quand tu écris. Toutes ces choses sombres que tu inventes, tu essaies de faire en sorte qu’elles restent dans la tête de Henry Cutter, pas dans la tienne.

Sa vie lui échappe et il consigne dans son Carnet (et pas journal!) de la Folie sa vie qui lui échappe, afin de rappeler au futur Jerry la personne qu’il a un jour été.

Mais ce qui est vraiment intéressant dans ce livre, au-delà des chapitres du fameux Carnet, est l’intrigue dans la timeline du présent où Paul, résidant malgré lui dans une maison de repos, est suspecté de meurtres. Pas de ceux qu’il confesse régulièrement aux aides-soignants et qui sont en fait ceux de ses personnages, mais ceux de la vraie vie. On alterne ainsi finement entre le personnage de Jerry qui doute de la réalité et de ses alter-ego. Qui est-il? Jerry, cet écrivain à succès terriblement amoureux de sa femme ? Henry Cutter, cet auteur sadique, qui parfois devient sa voix intérieure et semble prendre le pas sur sa personnalité? Ou bien est-il seulement Jerry-en-veille, celui qu’il devient lorsque le grand A détruit ses souvenirs sans relâche?

En même temps que Jerry, on tremble, on frissonne, on s’interroge. Et on rit aussi, beaucoup parce que le personnage principal fait preuve de beaucoup d’autodérision.

Ce soir tu es allé à ta première dégustation de gâteaux et, dans ta petite tête de dément, tu t’étais imaginé que ce serait comme une dégustation de vin. (Et n’as tu toujours pas rêvé d’aller à l’une d’elles, de faire tourner le vin dans ton verre en disant: Hmm… raisin?). Tu pensais porter une fourchette pleine de gâteau à ton nez, l’agiter un peu en disant: Hmm, une pointe de farine, une pointe de… ça alors, serait-ce du cacao? Et un soupçon de cannelle? Agiter la fourchette, renifler, prendre une bouchée, laisser ta bouche s’emplir du goût avant de tout recracher dans une serviette.

Est-il possible que Jerry soit victime d’une machination qui le dépasse? A-t-il commis les récents crimes dont on l’accuse et y-a-t’il un monstre qui sommeille au fond de lui et qui a commis les crimes de ses romans dont il se souvient parfaitement? Est-il finalement, lui aussi, un personnage de roman emprisonné dans un scénario dont il ne maîtrise pas les ressorts?

*

S’il fallait résumer ce livre en une phrase, j’imagine que je choisirai la suivante:

Ecris ce que tu sais et fais semblant pour le reste.

C’est le conseil qu’Henri Cutter donne aux apprentis écrivains qui s’évertuent à chercher LA méthode pour produire des best seller, mais c’est aussi une des clés, peut-être, pour comprendre tout l’enjeu du roman. C’est peut-être aussi, un excellent roman sur les écrivains, sur le processus d’écriture. Je n’en dis pas plus, suspense oblige. #sadisme

EnconclusionV2

Bonne nouvelle: C’est un excellent thriller qui se dévore en un après-midi seulement
Mauvaise nouvelle: C’est un excellent thriller qui se dévore en un après-midi seulement

Nota Bene : A lire en s’oubliant, après le premier, deuxième ou troisième gin tonic

Ma notequatresurcinq


Editeur : SONATINE
Date parution : 31/08/17
ISBN : 9782355846403
Nb de pages : 400 pages

Un employé modèle – Paul Cleave

un employé modèle

SynopsisV2

Christchurch, Nouvelle-Zélande. Joe Middleton contrôle les moindres aspects de son existence. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, il travaille comme homme de ménage au commissariat central de la ville. Ce qui lui permet d’être au fait des enquêtes criminelles en cours. En particulier celle relative au Boucher de Christchurch, un serial killer sanguinaire accusé d’avoir tué sept femmes dans des conditions atroces. Même si les modes opératoires sont semblables, Joe sait qu’une de ces femmes n’a pas été tuée par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu’il est le Boucher de Christchurch. Contrarié par ce coup du sort, Joe décide de mener sa propre enquête afin de démasquer lui-même le plagiaire. Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la responsabilité des autres meurtres. Variation sublime sur le thème du tueur en série, ce roman d’une originalité confondante transfigure tous les clichés du genre et révèle un nouvel auteur, dont on n’a pas fini d’entendre parler.

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J’ai apporté le magazine de mots croisés de Daniela pour tuer le temps et garder mon cerveau en alerte. Déjà quatre de finis. Un être omniscient en anglais. Trois lettres. Lettre du milieu, un O. Joe.

Paul Cleave ne nous présente pas Dieu mais Joe dans ce thriller délicieux qui renouvelle le genre.

Joe est homme de ménage au commissariat d’une petite ville néo zélandaise. Il observe avec ses grands yeux écarquillés et son air benêt l’avancée de l’enquête sur le boucher de Christchurch qui semble prendre un malin plaisir à échapper à la police et à terroriser la population. Son personnage de Joe-le-lent est tellement crédible que personne n’oserait suspecter qu’il joue la comédie. Personne et surtout pas Sally qui par bonté chrétienne s’évertue à lui apporter régulièrement son déjeuner le midi.

C’est assez jouissif de voir comment Joe, par petites touches de cynisme et d’humour noir, tourne en ridicule le travail de la police en opérant sous leur nez. Parce que c’est lui le boucher de Christchurch qui passe de Joe-le-lent à Hannibal Lecter en l’espace de quelques secondes. Il tue parce que ça l’amuse. Pourquoi se priver après tout, c’est un hobby comme un autre.

J’aime les femmes et j’aime leur faire des choses qu’elles ne veulent pas me laisser faire. Il doit y avoir 2 ou 3 milliards de femmes sur cette terre. En tuer une par mois, c’est pas grand-chose. C’est juste une question de perspective.

Lorsqu’on l’accuse à tort du meurtre d’une victime qui semble s’y méprendre à l’une des siennes, Joe est furieux. Il décide alors de mener l’enquête et d’éliminer (pas littéralement! ) les suspects de sa liste. Au-delà de l’enquête et des péripéties de son quotidien de sérial killer, ce sont peut-être les repas hebdomadaires qu’il passe chez sa mère que j’ai préféré. Ces repas ou cette femme affreuse lui cuisine avec une constance insupportable du pain de viande en ne manquant pas de lui faire remarquer à chaque fois que c’est son plat préféré. Les personnages secondaires dans ce thriller sont extrêmement intéressants, de la mère de Joe à la bienheureuse Sally ou la mystérieuse Mélissa. Joe est finalement peut-être un homme comme un autre, c’est ça le pire.

Je ne suis pas un animal. Je ne tuerais pas quelqu’un juste parce qu’il passe par là. Je hais les types comme ça. C’est ce qui me distingue des autres. C’est mon humanité.

EnconclusionV2

Un thriller rafraîchissant. J’ai beaucoup aimé lire cette histoire du point de vue du serial killer, c’est un éclairage original qui est à la fois terrifiant et extrêmement drôle. A ma grande surprise je me suis finalement attachée à Joe (et ce n’était pas gagné d’avance!). On en arrive presque à espérer qu’il ne se fasse pas prendre.

Nota Bene A lire dans la salle d’attente d’un entretien d’embauche avec un air benêt accroché sur le visage.

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : SONATINE
Date parution : 20/05/10
ISBN : 9782355840333
Nb de pages : 423 pages