Un avion sans elle – Michel Bussi

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23 décembre 1980. Un crash d’avion dans le Jura. Une petite libellule de 3 mois tombe du ciel, orpheline. Deux familles que tout oppose se la disputent. La justice tranche : elle sera Émilie Vitral. Aujourd’hui, elle a 18 ans, la vie devant elle mais des questions plein la tête. Qui est-elle vraiment ?
Dix-huit ans que Crédule Grand-Duc, détective privé, se pose la même question. Alors qu’il s’apprête à abandonner, la vérité surgit devant ses yeux, qu’il referme aussitôt, assassiné.
Il ne reste plus à Émilie qu’un vieux carnet de notes, des souvenirs, et Marc, son frère, pour découvrir la vérité…

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Michel Bussi. Il fallait vraiment vivre sur une autre planète pour ne pas avoir entendu parler de cet auteur dont les livres sont toujours en tête de gondoles (et en tête des ventes) avec les irréductibles Musso et Levi. Si pendant quelques années j’ai succombé je l’avoue aux livres de Musso et Levi qui restent quand même des feel-good sympas à lire à la plage ou dans le train, je n’avais jamais tenté l’expérience Michel Bussi. C’est maintenant chose faite.

Je ne m’attendais pas à une écriture transcendante. À un polar efficace tout au plus. Et de  ce point de vue là je n’ai pas été déçue. L’histoire est plutôt bien menée et le véritable talent de Bussi est d’arriver à nous tenir en haleine sur une histoire un peu bancale. Le fameux « oui ce n’est pas dingue mais je veux quand même avoir le fin mot de l’histoire« !

L’histoire repose sur un drame qui a eu lieu fin décembre 1980. Un crash d’où il ne restera qu’une survivante, un petit bébé d’à peine trois mois, une véritable miraculée. Hasard du destin, il y avait deux bébés du même âge dans l’avion et très vite se pose alors la question de son identité. Est-elle Emilie Vitral ou Lyse-Rose de Calville? Les deux familles se la disputent, se l’arrachent à une époque où l’on ne parle pas encore de test ADN. La justice tranche, elle sera Emilie Vitral. Mais le doute subsiste, surtout chez son frère Marc qui ne la voit pas uniquement comme sa petite soeur et chez Malvina de Calville qui est convaincue dans son esprit torturé que c’est Lyse-Rose qui a survécu.

Le jour de ses 18 ans, Emilie reçoit un carnet d’un détective privé engagé par les De Carville qui est un véritable témoignage de presque 18 années d’enquête pour découvrir la vérité. Dans une enquête à deux vitesses, celle qui se déroule sur une journée dans le présent et celle du carnet du détective le lecteur hésite : Qui est donc Lilly, la petite libellule?

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C’était mon premier Michel Bussi. Un livre assez prenant puisque je l’ai lu d’une traite mais l’intrigue aurait gagné à être plus resserrée et plus concise. Quitte à choisir je reviens donc à mes premières amoures: les romans de plages ça restera l’exclusivité de Guillaume Musso 🙂

Nota Bene A lire dans l’avion pendant un long courrier.

Ma note :

troissurcinq


Editeur : POCKET
Date parution : 03/13
ISBN : 9782266233897
Nb de pages : 573 pages

Les Mandible – Lionel Shriver

9782714474230

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Aux États-Unis, en 2029.

Les États-Unis ont élu leur premier président latino, l’Espagnol est devenu la première langue du pays, l’Indonésie a annexé l’Australie et Poutine est toujours au pouvoir.
Comme toutes les familles américaines, les Mandible subissent la crise économique. La situation est grave mais pas désespérées : certes, les légumes sont devenus hors de prix, l’eau est une denrée rare, même le papier toilette est soumis à la plus grande rigueur, mais les comptes du patriarche sont bien garnis, l’heure de l’héritage est proche.
C’est alors que le Président Alvarado annonce la faillite des États-Unis : l’argent des particuliers est réquisitionné, les seniors sont expulsés de leur maison de retraite, les salaires ne sont plus versés. La maison de Florence Mandible devient le dernier refuge de toute la famille. Mais combien de personnes peuvent vivre en totale promiscuité dans une petite maison de Brooklyn ? Combien de temps avant que la solidarité entre ses habitants ne laisse place à la colère, à la haine ? Avant que la famille Mandible ne s’écroule, comme le reste du monde qui l’entoure ?

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J’ai lu ce livre la semaine des élections, autant dire que j’étais plein dans la dynamique « quel serait le pire monde possible »? #Voltaire.

J’ai abordé cette histoire avec curiosité parce que j’avais entendu beaucoup de bien de Lionel Shriver et de ces précédents livres mais pour être honnête, celui-ci m’est un peu tombé des mains. Pourtant je suis une grande fan de dystopies (à niveau presque maladif soit dit en passant). Coucou Margaret Atwood! Si je n’ai absolument rien à reprocher à l’écriture et aux portraits extrêmement précis et réalistes des personnages, j’ai en revanche été très vite agacée par les longues (très longues, trop longues?) considérations économiques de l’auteure à tel point que parfois j’avais l’impression d’avoir sous les yeux un essai d’éco et non pas un roman. Et pourtant je suis en école de commerce donc je devrais être habituée.

Mais je lis principalement pour me détendre, m’évader un peu, très loin si possible alors me replonger dans des taux d’intérêts, fonds de pension et tutti quanti. Au secours. Je vous met à titre d’exemple un des (nombreux) passages qui entrecoupait de manière quasi-systématique l’intrigue.

Exactement. Tu as la France qui se trouve dans l’incapacité totale de refinancer une tranche de la dette arrivée à échéance, mais l’Allemagne et la BCE sont intervenues immédiatement, donc ce n’est pas comme s’ils risquaient de fermer la tour Eiffel par manque de financement. Ils en ont contrarié quelques-uns, c’est tout. Quant à Barclay’s au Royaume-Uni, la version officielle est que le gouvernement d’Ed Balls ne peut pas la renflouer cette fois-ci, mais ce n’est qu’une posture stratégique. Je suis prêt à parier qu’ils trouveront assez de pièces de dix pence entre les coussins des canapés de Downing Street pour empêcher la banque d’aller dans le mur. Et hier, deux fonds spéculatifs un peu nerveux de Zurich et de Bruxelles ont quasiment soldé à zéro leurs positions en dollars et investi dans l’or. Grand bien leur fasse. Ils se serviront de leurs beaux lingots comme presse-papiers quand l’or s’effondrera de nouveau.

Bon OK je vous l’accorde c’est compréhensible mais quand même, je trouvais que vu le sujet choisi, on aurait pu partir sur des pistes beaucoup plus intéressantes et vraiment mettre les personnages au centre plutôt que explications qui n’en finissaient pas.

Tout ça pour dire que ce détail m’a réellement gâché une lecture qui aurait été agréable sans ce fâcheux aspect.

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Une thèse assez intéressante sur une alternative de notre société. Si vous aimez l’économie foncez sinon… Foncez quand même, ça vaut le coup de découvrir cette auteure 🙂

Nota Bene : A lire dans un régime démocratique, sans l’ombre d’un populiste avec sa petite frisure blonde sur le crâne.

Ma note : 

troissurcinq


Editeur : BELFOND
Date parution : 04/05/17
ISBN : 9782714474230
Nb de pages : 528 pages

La maison de poupée – MJ Arlidge

9782365692953

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Une jeune femme se réveille, désorientée. Elle n’est pas dans son lit mais dans une cave. Prisonnière d’un simulacre de chambre. La panique monte. Comment a-t-elle atterri là ?Pourquoi ?
Non loin de là, des promeneurs font une découverte macabre : le corps décomposé d’une femme. Sa disparition n’a jamais été signalée : sa famille recevait régulièrement de ses nouvelles via les réseaux sociaux et n’avait donc aucune raison de s’inquiéter. Quel assassin peut être assez pervers pour jouer ainsi avec les proches de ses victimes ?
La détective Helen Grace se lance sur la piste de ce meurtrier redoutable. Un prédateur vicieux et intelligent qui ne recule devant rien. Mais elle doit faire vite. Quelque part, une femme lutte pour sa survie…

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Voilà un nouveau livre de MJ Arlidge dont j’avais déjà lu un précédent livre: Am Stram Gram. Elle en publié un autre l’année dernière « Il court, il court le furet » pour ceux que ça intéresse. Là encore, il s’agit d’une histoire qui met en scène sa détective fétiche, Helen Grace, sur les traces d’un serial killer.

Le principal talent de l’auteure réside dans la construction de son intrigue et l’alternance des points de vue entre Ruby (la jeune femme qui a été enlevée), le serial killer et la partie concernant l’enquête. Il est toujours intéressant d’avoir plusieurs perspectives d’un même évènement et passer d’un personnage à l’autre. Cela permet de construire de manière efficace la tension dramatique.

Brièvement, le pitch : C’est l’histoire d’un psychopathe qui a pour particularité d’enlever ses victimes (jeunes femmes isolées ou ayant plus ou moins perdu contact avec leur entourage) et de continuer à les faire vivre sur les réseaux sociaux, par SMS etc. Ce mécanisme est extrêmement pervers (est-il nécessaire de le préciser) mais j’ai trouvé que c’était une excellente idée. J‘avais envie de savoir le pourquoi de tout ça, qu’est-ce qui avait bien pu arriver au tueur pour qu’il en arrive là. Mais encore une fois, j’ai été déçue par la réponse qui me paraissait trop simple, pas assez fouillée.

Néanmoins, les passages avec Ruby (la victime) sont très bien écrits et font froid dans le dos, ce qui relève sensiblement le niveau d’un roman qui sinon aurait été moyen (dans la mesure où le côté enquête n’était pas des plus trépidants).

« C’était dit avec le sourire, mais Ruby en eut froid dans le dos. A cet instant, elle comprit avec clarté ce qu’elle aurait dû savoir depuis le début: cet inconnu exerçait un droit de vie et de mort sur elle.« 

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J’ai l’impression que c’est une malédiction avec cette auteure. A chaque fois le pitch me fait terriblement envie, les scènes avec les victimes et du point de vue du serial killer sont excellentes mais là où le bat blesse c’est dans l’enquête avec la détective Helen Grace. J’ai vraiment du mal à accrocher avec son personnage récurrent à travers les tomes. En somme, La maison de poupée est un bon thriller, dans la même veine qu’Am Stram Gram mais il ne répond pas à toutes ses promesses.

Nota Bene : A lire dans une cave noire. Noire et obscure. Obscure et sombre, après une soirée un peu rock’n’roll 😛

troissurcinq


Editeur : ESCALES
Date parution : 30/03/17
ISBN : 9782365693240
Nb de pages : 284 pages

Am stram gram – MJ Alridge

9782365690812

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Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d’une piscine vide dont il est impossible de s’échapper. A côté d’eux, un pistolet chargé d’une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message : « Vous devez tuer pour vivre. » Les jours passent, la faim et la soif s’intensifient, l’angoisse monte. Jusqu’à l’issue fatale. Les enlèvements se répètent.

Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n’avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire. Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe. Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.

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Je me suis jetée sur ce livre comme la misère sur le pauvre monde ou comme une addict au chocolat sur un macaron Pierre Hermé. Aussitôt dans les mains, aussitôt soupesé, lu, dévoré.

Am Stram Gram pique et pique et colegram bourre et bourre et ratatam Am Stram Gram.

Un tueur qui aime jouer avec ses victimes comme avec des marionnettes. On l’imagine, assis derrière son écran avec un grand saladier de pop corn en train de se délecter du spectacle. A chaque fois ses deux « joueurs » sont précautionneusement choisis : un jeune couple, des collègues de travail, une mère et sa fille… Et à chaque fois la même règle. Il place méticuleusement les éléments du décor et les acteurs et c’est parti. Am stram Gram. A partir de combien de temps envisage-t-on sérieusement de tuer l’autre pour sauver sa peau ? Quand est-ce que l’on perd son humanité ? Est-on réellement prêt à tout pour survivre ?

La recette semblait fonctionner. Le concept était terriblement attirant, je m’attendais à de grands drames psychologiques, à un plan machiavélique mené par un tueur tout aussi tordu que ses mises en scène mais…non. La policière en charge de l’enquête, Helen, torturée, un brin masochiste, est en charge de l’enquête et si l’auteur maitrise bien les ficelles du polar traditionnel il manque ce petit truc en plus qui nous fait tourner les pages avec une frénésie presque maladive. On est trop dans la caricature, les portraits ne sont pas assez fouillés à mon goût et la fin est… décevante. Tout ça pour ça. Surtout au regard de la quatrième de couverture qui m’avait vraiment donné envie.

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Am Stram Gram, encore une comptine qui prends un aspect glaçant comme celle des Dix petits nègres d’Agatha Christie. Le concept est particulièrement pervers et efficace : tuer ou être tué. Pas d’échappatoire. Pour le concept : chapeau bas, pour le reste… pas à la hauteur de mes attentes. Je lui met cette note principalement à cause du concept et de la scène d’ouverture dans la piscine. MJ Arlidge revient d’ailleurs dans un nouveau polar « La maison de Poupée » dont je publierai la critique la semaine pro 🙂

Nota Bene : A lire au fond d’une piscine vide avec son meilleur ami. Ambiance.

troissurcinq


Editeur : ESCALES
Date parution : 19/03/16
ISBN : 9782365690812
Nb de pages : 364 pages

Tu ne perds rien pour attendre – Janis Otsiemi

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Flic à Libreville, Jean-Marc a perdu sa mère et sa soeur dans un accident de la circulation alors qu’il avait douze ans. Le chauffard, fils d’un ministre, n’a jamais été poursuivi. Jean-Marc est entré dans la police à cause de ce drame. Pour se venger, se faire justice lui-même, condamner à sa manière ce meurtrier. Mais, fatigué des magouilles de ses collègues de la PJ et des crimes, viols et disparitions quotidiens, il a demandé à être muté à la Sûreté urbaine de Libreville. Un service pas plus reluisant, mais où il a le temps de préparer une vengeance qui le fait tenir au quotidien. Chaque soir, il s’arrête devant la villa du chauffard, en attendant le jour où il fondra sur lui comme un prédateur. Mais pour le moment, tel un Dexter à la mode gabonaise, il nettoie les rues de Libreville des voyous, violeurs, politiciens véreux et génocidaires rwandais qui y sont planqués…

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« Tu ne perds rien pour attendre » est le premier roman de la collection Sang Neuf chez Plon. Vendu comme un Dexter à la mode gabonaise. D’après son portrait dépeint aux Quais du Polar, Janis Otsiémi est venu au polar par effraction. Il a été nourri à la double sauce du polar français et américain.

Je m’attendais donc à un thriller haletant, un policier avec un sens douteux de la morale et de la justice mais quand même terriblement attachant. Finalement, j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. Peut-être était-ce dû aux courts chapitres qui fragmentent la lecture ou bien aux nombreuses expressions et au vocabulaire auquel il est difficile de s’habituer. Cela dit, le style particulier, cash et direct, de l’auteur permet aussi de créer une ambiance qui peut avoir un certain charme.

Le pitch du roman ? C’est l’histoire de Jean-Marc, un policier qui après avoir croisé le fantôme de Svetlana, jeune femme assassinée plus de deux ans auparavant, se donne pour mission de résoudre ce crime.

La panthère vit dans les fourrés, disait un proverbe. La Sûreté urbaine était ses fourrés, à lui. Il allait devoir traquer toutes les pourritures qui pullulaient dans cette ville.

La quasi-intégralité du récit raconte le déroulement de l’enquête et finalement, ce qui a cruellement manqué pour moi c’était de voir les personnages dans d’autres contextes. Je n’ai pas réussi à m’identifier aux personnages, j’ai lu, regardé cette enquête de loin et c’est peut-être mon principal reproche.

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J’ai un avis plutôt mitigé sur ce livre puisque j’ai eu du mal à vraiment me laisser emporter par l’histoire. Le style de l’auteur, truffé d’expressions gabonnaises, a également nécessité un temps d’adaptation. Une belle découverte mais je n’ai pas été totalement convaincue.

Nota Bene : A lire en dansant la rumba à 3h du matin sur les trottoirs désertés de Libreville.

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Editeur : PLON
Date parution : 16/03/17
ISBN : 9782259253345
Nb de pages : 234 pages

A chacun son rêve – Paul Ivoire

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Sylvain Balmont, commercial dans une entreprise agroalimentaire, gagne le jackpot de l’Euromillions grâce à un SDF. Son premier réflexe est de retrouver le vagabond pour le remercier et lui venir en aide. Mais son bienfaiteur est mort. En pleine procédure de divorce, le Parisien n’a aucun projet. Et comme il se sent infiniment redevable, il décide d’enquêter sur le passé du SDF, Xavier Rosa, afin d’honorer sa mémoire. Ses investigations le conduisent à Villard-sur-Armançon, un village de deux cents âmes, perdu en Bourgogne à proximité d’Alésia. Deux familles de paysans – deux véritables clans – s’y livrent une guerre absurde à laquelle Rosa ne semble pas étranger. Malgré lui, Sylvain déterre des secrets que le maire voulait étouffer. Le conflit entre les deux hommes prend des proportions déraisonnables, chacun essayant de pousser l’autre à bout. Bien aidé par ses millions, le Parisien tient bon. Et au milieu des querelles qui agitent le village, il trouve enfin le moyen d’honorer la mémoire de son bienfaiteur : exaucer un rêve de jeunesse de Rosa, un projet un peu fou qui n’a pas fini de faire enrager le maire.

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Lorsque mon cerveau de Parisienne a compris que l’histoire allait se dérouler en partie dans un petit village perdu au fin fond de la Bourgogne, j’ai eu un bref moment de recul très vite dissipé à la lecture des premières pages cela dit!

On rentre très vite dans l’histoire, le style est agréable, d’une simplicité travaillée et on s’identifie très vite à Sylvain Beaumont, ce commercial de 49 ans qui par un heureux concours de circonstances se retrouve en possession de la grille gagnante de l’Euro-millions.

Dès les premières pages, j’ai eu une impression qui n’a cessé de se confirmer tout au long du livre. Celle que ce roman devrait absolument être adapté en téléfilm ou mini-série (dans le style de La Nouvelle Maud). L’originalité ici est l’angle choisi par Paul Ivoire. Ce n’est pas le retour de l’enfant prodigue au village de son enfance ou bien la victime lésée d’un crime ou d’un complot qui revient pour exercer sa vengeance. Non. C’est tout simplement l’histoire de Sylvain Beaumont, un Monsieur tout-le-monde qui gagne au loto grâce à un SDF, Xavier Rosa, et qui décide de rendre justice à son bienfaiteur afin de le remercier et de lui rendre hommage.

À chacun son rêve. Je n’ai pas trouvé le mien, alors j’emprunte celui de Roxa. Au moins il ne sera pas mort pour rien.

Lorsqu’il débarque dans le petit village de Villard-sur-Armançon (ce nom…),  en Bourgogne, Sylvain comprend bien vite que le nom de Xavier Rosa réveille une histoire que tout le monde préfèrerait oublier. Celle de la mort de Marie Vichot, la fille du maire, morte à 15 ans dans des circonstances troubles. Xavier aurait eu sa part de responsabilité dans la disparition de celle qui fut sa petite amie de l’époque. Alors qu’une véritable Omerta est placée sur ces évènements du passé, Sylvain, avec son regard extérieur et étranger aux tensions intestines et générationnelles entre les Vichot et les Germain (les deux principales familles du village) va s’employer à réhabiliter le nom de Xavier et faire la lumière sur ce qui est arrivé à Marie.

L’histoire est très bien ficelée, on voit presque les rouages de la mécanique du roman où l’auteur distille les éléments de l’intrigue au compte-goutte. On sait confusément que des éléments seront essentiels pour la suite mais on feint de l’oublier pour se laisser prendre par la main et suivre le cours naturel de l’histoire. Ce roman a des accents assez réalistes d’une certaine manière, notamment dans les petites observations du quotidien (par exemple le fait d’imiter la signature de l’expéditeur dans un mail ou apprécier la messe qui donne l’occasion de méditer malgré l’alternance constance des assis/debout).

Cependant à la lecture de ce livre, il m’est resté un petit bémol au sujet de Sylvain. Ca m’a légèrement chagrinée que le protagoniste soit si gentil, altruiste et plein de bonnes intentions. Il faudrait peut-être que je pense à changer mes fréquentations mais je pense que l’histoire manquait un peu de réalisme de ce côté là.

Et vous qu’est-ce que vous feriez si vous gagniez au Loto?

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A priori les histoires qui se passent à la campagne avec des intrigues du style téléfilm sur France 3 ne sont pas mais alors pas du tout ma tasse de thé mais il faut dire que Paul Ivoire a réussi à me réconcilier avec le genre. Un grand merci aux éditions Anne Carrière (et par extension à l’équipe de Librinova) et à Paul Ivoire pour l’ouvrage dédicacé qui aura une place de choix dans ma bibliothèque 🙂

Nota Bene : A lire dans une fête foraine au sommet de la grande roue avec une bonne bouteille de nuits-saint-georges en s’éventant avec des billets de 500€

troissurcinq


Editeur : ANNE CARRIERE
Date parution : 02/03/17
ISBN :9782843378539
Nb de pages : 290 pages

Mon amie la douleur – Lanahmé V

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Valérie, chef d’entreprise, est admise en maison de santé en novembre 2015, après 5 ans de souffrance. Avec un ton juste et sincère, elle dresse un portrait sévère du monde des chirurgiens. « Sur une échelle de 1 à 10, à combien situez-vous votre douleur? ». Elle dit 1000, on lui répond « tout est normal ! ». Elle préférerait qu’on lui découvre une maladie rare pour qu’enfin on la prenne au sérieux et que ses douleurs au ventre cessent.

De rage d’abord, elle se met à écrire. Elle continue ensuite pour sa famille et pour tous les autres, afin de dédramatiser la dépression et le burn out, maladies de notre génération. Par ce livre, elle souhaite aider les proches des malades à les comprendre, à leur montrer qu’il existe des solutions, et que le soleil est seulement caché derrière les nuages.

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Parfois on arbore ce sourire de façade alors qu’intérieurement on a juste envie de se tirer une balle. « Tout va bien ». Ca fait mal et alors? La douleur ça prouve qu’on est en vie et si on s’accroche et on continue on est d’autant plus fort non?

Sauf au moment où ça devient insupportable et que le corps, précurseur à ce que cette petite voix intérieure répète depuis quelque temps, dit STOP. C’est ce qui est arrivé à Valérie. Superwoman des temps modernes, elle gère sa carrière (son entreprise), sa famille, sa maison d’une main de maître avec le soutien indéfectible de son mari et vit à 1000 à l’heure. Aucun défi n’est trop grand, aucun horaire n’est insurmontable. Après tout, elle a toujours été adepte du célèbre mantra « Toujours plus ». Ce n’est pas le genre à se plaindre et à abandonner la partie à la première occasion.

Dans la première partie de son récit elle nous raconte, avec une véritable sincérité comment elle en est arrivée là. A ce moment où elle a dû mettre sa vie entre parenthèse. L’écriture y est saccadée, on passe d’un thème à l’autre, ses pensées paraissent embrouillées comme si elle-même ne savait pas trop où elle allait et que jeter les mots sur le papier était la seule manière qu’elle avait trouvé pour essayer de faire le bilan et comprendre afin de se débarrasser de ce poison:  son amie la Douleur.

Au moment où j’écris, tout est confus et je ne connais pas encore le chemin que je vais devoir emprunter. 

Son amie la Douleur? C’est assez curieux comme expression mais c’est pourtant la réalité des choses. A force de la trainer avec elle constamment comme un boulet, elle s’est perdue dans le processus et ne vit qu’à travers le prisme de la souffrance. Son psy décide de l’envoyer quelques semaines en HP. Elle y tient alors un journal de bord qui décrit ses journées, entre séances chez le psy et activités avec les autres patients elle réapprend à vivre  … C’est honnêtement ma partie préférée du livre.

De nouvelles têtes, une ambiance scolaire. Un point commun, tout le monde est en jean ou en jogging, aucune femme n’est maquillée. Et pourtant personne ne s’est passé le mot. Quand on souffre, la pyramide de Maslow nous renvoie à nos besoins primaires et le surfait passe alors aux oubliettes. 

En somme ce livre démystifie les arcanes des HP et prouve que ce n’est pas faire preuve de faiblesse que d’accepter de se faire aider. Si la vie n’était que plate, sans passions et sans douleurs ce ne serait qu’une vie parodique. Pour accéder aux sommets de joie et retrouver le goût et la faculté d’être tranquille dans une chambre il faut parfois devoir regarder les choses en face et comprendre qu’aller en HP n’est pas un échec, c’est une mise à distance, l’occasion de faire le point et décider que la vie ne devrait pas être si difficile. C’est apprendre à se connaitre, s’accepter et avoir le courage d’être heureux.

Les semaines passent et à force d’obstination Valérie arrive à s’en sortir et à comprendre que parfois en faire plus c’est en faire moins, c’est trouver de la joie dans un film regardé  devant la télé avec sa fille, c’est jouer avec son nouveau chien, c’est profiter de la vie et rompre les liens avec sa meilleure ennemie, la douleur.

Je ne peux pas m’empêcher de me questionner sur le monde médical encore une fois mais si on m’avait expliqué que ce médicament allait me redonner mon ancien moi, si on avait appelé cette pilule un Pourlavie au lieu d’un Antidépresseur qui porte en son nom une sonorité négative sur une maladie de la psyché qui est elle-même une interrogation pour le corps médical, alors j’aurais foncé dessus depuis bien longtemps. 

EnconclusionV2

Un récit sincère et touchant qui décrit la descente aux enfers d’une super woman qui s’est retrouvée à devoir dire stop lorsque son corps a tiré la sonnette d’alarme. Un beau message d’espoir qui, entre anecdotes et humour montre qu’il existe un chemin pour aller mieux et pour se retrouver.

Nota Bene : A lire entre deux mails urgents et trois épisodes de Grey’s Anatomy. Toujours plus.

troissurcinq


Editeur : LIBRINOVA
Date parution : 02/02/17
ISBN :  9791026208884
Nb de pages : 135 pages