Théâtre – Une vie sur mesure

Il y a des pièces dont on se rappellera sûrement toute sa vie (parfois grâce au sujet,  au jeu des acteurs, ou encore grâce à la mise en scène). Ici, c’est un mélange de ces trois ingrédients plus un petit quelque chose, cette petite poudre de perlimpinpin qui fait naître la magie dans nos yeux.

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Une vie sur mesure. Il est difficile de résumer ou de pitcher cette pièce parce que ce n’est pas seulement une pièce: c’est à la fois un récit, un seul-en scène et un concert. L’histoire est celle d’un gamin autiste qui voit le monde à travers le prisme de la musique, les sons, les battements, les noires, les croches, les rythmes qui pulsent et qui donnent de la vie et un sens aux choses. J’ai particulièrement été touchée par ce moment où ce jeune autiste, Adrien, se demande s’il faudrait jouer une note qu’il trouverait belle éternellement. Il se rend compte, presque sous nos yeux, qu’une note est puissante justement parce qu’elle est entourée par un silence, qui la met d’autant plus en valeur. Cette note si belle, ces mélodies si entraînantes sont finalement une métaphore de la vie dont la beauté n’est telle que parce qu’elle est éphémère.

Evidemment, sujet oblige, on navigue entre jeux de mots et comiques de situation, entre rires et larmes. Le comédien (qui a seulement 19 ans!!!) est extrêmement talentueux comme acteur mais surtout comme musicien. Aucun temps morts pendant les 1h40 de la représentation.

Cette pièce est réellement magnifique parce sous son apparence simplette au premier abord, beaucoup de sujets profonds sont abordés. On rit, on s’émeut, on a qu’une envie, retourner voir la pièce une nouvelle fois. Axel Auriant-Blot mérite amplement son Molière 2016 du meilleur seul-en-scène. Son talent m’aura définitivement bluffée.

Adrien Lepage, aura eu une vie sur mesure, rythmée par les battements de la musique. Je suis ressortie de la pièce avec deux envies : essayer la batterie et moi aussi, faire mon possible pour vivre et rêver de ma passion. Chapeau l’autiste! 🙂

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Infos pratiques:

Lieu: Théâtre Tristan Bernard
Dates: Jusqu’au 30 décembre 2017
Réservations: via BilletReduc.com

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Exposition – L’Aerosol

Une fois n’est pas coutume, ma tante un peu déjantée (M si tu me lis!) m’a amenée dans un lieu tendance et totalement idiosyncratique dimanche dernier dans le 18ème : un hangar désaffecté de la SNCF, soit plus de 2000 mètres carrés, pris d’assaut pour une période éphémère par l’art urbain.

 

Tout, absolument tout est taggué. Le sol, les murs qui constituent des fresques magnifiques (cf photos ci-dessus), les tables et chaises mises à disposition pour prendre un verre ou bien s’asseoir quelques instants. Le lieu en lui-même est vraiment très sympa et propice à la découverte du Street Art. Des familles se promènent, des enfants avec leurs petites bombes aérosol font des dessins sur les quelques murs encore vierges au son de la musique qui résonne sur la grande terrasse attenante au hangar. On voit de jeunes artistes faire des tags sous nos yeux et donner naissance à des oeuvres assez impressionnantes. On a l’impression de ne plus être en France mais dans un de ces quartiers à New York dans les années 70. De la musique, une bière ou un Coca, et un lieu de rencontre entre les artistes. C’est juste magique.

À l’intérieur du hangar, l’ambiance se fait peut-être plus sérieuse. Il y a une exposition d’oeuvres de Street Art venant du monde entier, ce qui nous confirme encore une fois que ce mouvement à l’origine de révoltes et de protestations, connait une ampleur globale. Différents styles, différents concepts mais toujours porteurs d’un message fort et percutant. Cet article serait bien trop long si je voulais partager avec vous toutes les photos mais en voilà quelques unes de mes oeuvres préférées. J’espère que cela vous incitera à aller y faire un tour 🙂

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Infos pratiques:

Lieu: 54 Rue de l’Evangile, 75018 Paris
Dates: Jusqu’au 31 janvier 2018 (fermé le lundi et mardi)
Réservations: Gratuit

La maison des Turner – Angela Flournoy

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Cela fait plus de cinquante ans que la famille Turner habite Yarrow Street, rue paisible d’un quartier pauvre de Detroit. La maison a vu la naissance des treize enfants et d’une foule de petits-enfants, mais aussi la déchéance de la ville et la mort du père.
Quand Viola, la matriarche, tombe malade, les enfants Turner reviennent pour décider du sort de la maison qui n’a désormais plus aucune valeur, la crise des subprimes étant passée par là.
Garder la maison pour ne pas oublier le passé ou la vendre et aller de l’avant ? Face à ce choix, tous les Turner, de Cha-Cha, le grand frère et désormais chef de famille, à Lelah, la petite dernière, se réunissent. Et s’il fallait chercher dans les secrets et la mythologie familiale pour trouver la clef de l’avenir des Turner et de leur maison?

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« Cha-Cha essaya de s’imaginer racontant tout au docteur Alice Rothman, qu’il supposait aussi dénuée d’humour que Milton Crawford, trop mince et trop pâle sans doute, du genre à se sentir mal à l’aise en présence du gros et grand corps brun de Cha-Cha installé dans son bureau. Peut-être sa gêne serait-elle évidente, ou pire, elle se croirait libérale et ferait des efforts ostentatoires pour communiquer avec Cha-Cha, routier noir de soixante-quatre ans qui voyait des fantômes. Cherchant désespérément à respecter le politiquement correct, elle se montrerait condescendante, et prétendrait comprendre ce qu’il éprouvait. Il en avait rencontré assez du même type dans les meetings du syndicat des camionneurs après les émeutes, dans les années soixante-dix, pour savoir qu’ils le méprisaient souvent plus encore que ceux qui étaient ouvertement racistes« .

Je crois que c’est en lisant cette citation que j’ai décidé que j’allais vraiment apprécier ce livre. Tout y est. Tout le racisme est là, dans ces quelques phrases, la condescendance derrière un sourire, qui est parfois pire que les insultes lancées au plein visage. Oui, le racisme est un sujet qui est vu et revu et ce n’est sûrement pas le propos principal du livre mais je trouve que l’angle choisi pour aborder le sujet était assez juste. Disons que l’on s’y est vraiment bien reconnu.

C’est peut-être ça finalement que j’ai adoré dans ce livre. La justesse de l’écriture. On y croit. Les difficultés des relations fraternelles, entre amour, exaspération, attachement, devoir… Chaque enfant Turner a peut-être un élément saillant de personnalité mais les personnages ne sont pas clichés, ils sont nuancés (ce qui est assez agréable et rare dans les livres que j’ai pu lire ces derniers temps).

Le seul reproche que je pourrais faire à ce livre est que l’auteure s’est un peu trop concentrée sur deux/trois personnages, au détriment des autres, alors qu’en voyant la couverture et le titre je me serai plus attendue à un roman chorale, une vraie saga familiale. Cela dit, ce roman reste un excellent livre qui m’a transportée le temps de quelques soirées auprès des péripéties de la famille Turner. Un vrai régal 🙂

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Bravo Madame Flournoy. Brianne, la fille de Lelah, a la même date d’anniversaire que moi, donc rien que pour ça… ce livre m’a plu. Il a également dépeint de manière extrêmement touchante le quotidien de cette famille, soudée malgré ses problèmes. La maison des Turner, cette vieille bâtisse torturée par les années, est finalement peut-être le ciment de la famille. Un personnage emblématique de l’histoire, la pierre angulaire du livre. A lire.

Nota Bene : A lire dans sa maison de famille en mangeant des chicken wings et en écoutant « Try a little tenderness » de la grande Aretha Franklin.

Ma note :quatresurcinq


Editeur : LES ESCALES
Date parution : 31/08/17
ISBN : 9782365692014
Nb de pages : 352 pages

 

Joel Dicker – La vérité sur l’affaire Harry Quebert

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“C’est rare, mais quand cela arrive, rien ne peut couper court à l’excitation. Jeune ou moins jeune, lecteur difficile ou facile, femme ou homme, on lira sans discontinuer jusqu’au bout le roman français de Joël Dicker, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert. On n’en sortira qu’épuisé et ravi par le jet continu d’adrénaline littéraire que le narrateur n’a cessé d’injecter dans vos veines.” ( Marc Fumaroli, de l’Académie française, Le Figaro Littéraire)

“Si vous mettez le nez dans ce gros roman, vous êtes fichu. Vous ne pourrez pas vous empêcher de courir jusqu’à la six centième page. Vous serez manipulé, dérouté, sidéré, agacé, passionné par une histoire aux multiples rebondissements, fausses pistes et coups de théâtre.” (Bernard Pivot, de l’Académie Goncourt, Le Journal du Dimanche)

Un bon livre, Marcus, est un livre qu’on regrette d’avoir terminé.” – Joël Dicker

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Il était temps, j’ai enfin acheté et lu dans la foulée le fameux best-seller dont de nombreuses personnes m’avaient parlé en me vendant ce bouquin comme « LE POLICIER A LIRE« , « LE PAGE-TURNER DE L’ANNEE« . Il a fallu une ultime recommandation, celle de C, pour que je me décide, une après-midi pluvieuse de Lyon, pour aller faire un petit tour à la Fnac juste pour voir… Je suis bien évidemment repartie avec trop de livres mais passons. Sur l’étagère des « ventes du moment » était entreposé tranquillement un exemplaire du Dicker et je me suis dit: Why Not?

Je l’ai commencé vers 16 heures dans la file d’attente. Je l’ai fini assez tard dans la nuit parce que … parce que OUI ce livre est un page-turner et c’était trop frustrant de devoir le refermer et de me coucher sans avoir le fin mot de l’histoire. Génération binge-watching and binge-reading représente!

Comment résumer ce livre. L’intrigue est assez simple finalement. Marcus, jeune auteur ayant écrit un best-seller se retrouve face à la terrible maladie des écrivains: le syndrome de la page blanche. Le contrat avec son éditeur est très clair, il doit rendre son prochain manuscrit sous peu, mais rien n’y fait, il ne trouve pas d’inspiration. Marcus décide alors de se rendre dans la petite ville d’Aurora retrouver Harry Quebert, (lui-même auteur d’un best-seller une trentaine d’années auparavant), son ancien professeur dont il a toujours été très proche et qui l’a poussé à devenir l’homme qu’il est devenu. Lorsqu’il arrive à Aurora, Marcus découvre, presque par hasard, que son professeur a entretenu plus de trente ans auparavant une liaison avec une jeune fille de 15 ans, Nola, alors que lui-même avait 34 ans. Une folle histoire d’amour, romanesque. Interdite. Malheureusement, l’été de leur idylle, la jeune fille a disparu laissant Harry terriblement blessé.

C’est alors que quelques semaines plus tard, le corps de Nola est retrouvé enterré dans le jardin de Harry. Tout semble l’accuser mais Marcus en est persuadé, son mentor est innocent. Le jeune écrivain décide alors de mener l’enquête et de rendre à Harry Quebert son honneur déchu afin de le réhabiliter. Il trouve ainsi, au fur et à mesure de son enquête, à nouveau l’envie d’écrire. Pas seulement un livre mais LE livre qui révèlera la vérité.

En alternant entre la timeline du présent et de nombreux flashbacks, Dicker nous balade prodigieusement dans les méandres du passé des personnages de l’histoire: l’énigmatique Nola, la jolie Jenny, le mystérieux Stern … Qui connait la vérité et qui a bien pu assassiner Nola cet été de 1975?

*

Le suspense est bien mené. Ce serait faire preuve de mauvaise foi que de ne pas l’admettre. En revanche, il souffre de quelques longueurs et de répétitions qui étaient assez pénibles. Oui il y a des twists, oui il est difficile de trouver le coupable avant les dernières pages mais au-delà de l’intrigue en elle-même qui est bien réalisée, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages dont les personnalités m’ont parues assez caricaturales, assez clichées. Toute cette romance était trop éthérée, désincarnée. J’ai eu du mal à y croire, peut-être est-ce dû aux clichés de l’Amérique puritaine. Sans entrer dans des détails glauques et sordides, Dicker aurait pu insister plus sur les problématiques inhérentes à une relation entre un homme mûr et une jeune fille.

*

Vous avez sûrement déjà entendu la nouvelle (mais si ce n’est pas le cas voilà un petit scoop): Patrick Dempsey, l’indétrônable McDreamy de Grey’s Anatomy va jouer Harry Quebert dans une adaptation télévisée du livre… SOON! La groupie qui sommeille (très légèrement) en moi se ruera donc dessus dès la sortie 🙂

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C’est sans nul doute un livre qui remplit ses promesses parce que l’on tourne les pages frénétiquement. On veut savoir qui a fait le coup et la fameuse vérité sur l’affaire. On vit avec Marcus l’enquête au plus près mais (parce qu’il y a un mais), si Joel Dicker a merveilleusement expliqué la différence entre un livre et LE livre, il n’a pas réussi selon moi à remplir ses critères. Il n’a pas donné d’autres sens aux mots, il n’a pas bouleversé ma vie et je ne pense pas que ce livre laissera une empreinte indélébile dans ma mémoire. Dommage.

« Environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahi d’un sentiment puissant; pendant un instant, il ne doit plus penser qu’à tout ce qu’il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer. »

Nota Bene : A dévorer d’une traite un soir d’hiver avant de voir la série adaptée avec le très charismatique Patrick Dempsey 😛

Ma note :quatresurcinq


Editeur : EDITIONS DE FALLOIS
Date parution : 27/05/14
ISBN : 9782877068635
Nb de pages : 864 pages

Exposition – Venenum, un monde empoisonné

« Tout est poison et rien n’est sans poison; la dose seule fait que quelque chose n’est pas un poison. » – Paracelse

Hello les petits Crayons!

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas fait d’article labellisé « Culture » mais j’ai été hier à l’ouverture de l’exposition sur les poisons au Musée des Confluences et c’est vraiment une expo que je vous conseille (pour les petits et les grands!).

affiche_venenumOn est entrées avec ma complice (C si tu me lis!) par un couloir sombre où une voix assez mystérieuse (ou plutôt qui se voulait mystérieuse) nous a mis en garde (un peu dans le style de MLP au débat présidentiel et son « ils sont lààààà »). #ambiance.

Le sujet des poisons est assez vaste et on a pu déambuler entre les tableaux des représentations de la mythologie (mort d’Hercule), aux grandes figures historiques (mort de Cléopâtre, les poisons de Catherine de Médicis etc). Ensuite, on a navigué entre aquariums et vivariums avec des charmants animaux style veuves noires et compagnie (l’angoisse).

J’ai pu réaliser que le sujet des poisons était  finalement assez bien traité, dans toutes ses utilisations et représentations tout au long de l’histoire (le poison pour chasser, le poison comme arme de guerre et enfin le poison comme méthode pour tuer un corbeau où un mari dérangeant).

Le must? Ce moment où un petit garçon a demandé à sa mère candidement ce qu’était un amant (devant un écriteau qui racontait comment une veuve noire avait tué son mari avant de s’enfuir avec ledit amant). La réponse, après un silence: « Heuuu…. C’est un autre bon ami ». MA-GIQUE!

Nota bene: Une expo à voir donc, après avoir versé depuis le chaton de notre chevalière un peu d’arsenic dans la coupe de vin de son ennemi juré.


Infos pratiques:

Lieu: Musée des Confluences
Dates: Exposition temporaire du 15 avril 2017 au 13 avril 2018

Frappe-toi le coeur – Amélie Nothomb

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« Frappe-toi le coeur, c’est là qu’est le génie » – Alfred de Musset

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C’est avec un plaisir tout particulier que je lis ce nouveau Nothomb, avec un peu de retard, vie de folie oblige. J’en profite pour remercier la géniale Marie D. qui m’a offert ce livre et qui, par la même occasion, a refait ma journée!

« L’enfer est pavé de bonnes intentions ; semblablement, les intentions les plus mesquines peuvent être à l’origine de joies sincères.« 

Cette histoire est tout d’abord celle de Marie, jeune femme de 19 ans, qui est belle et qui le sait. Ce n’est pas tant dans sa beauté qu’elle trouve sa jouissance mais dans le fait d’observer l’envie, la jalousie dans les yeux des autres filles de sa petite ville de province. Lorsqu’elle tombe enceinte et  réalise que son entourage ressent une joie bienveillante à la perspective de sa maternité future, et que, pire que cela, on trouve sa fille presque « plus belle qu’elle », Marie est furieuse et décide, inconsciemment peut-être, de refuser à sa fille Diane, l’amour qu’elle aurait été en droit de recevoir.

Elle lui ferme son coeur de manière irrémédiable. La petite Diane, comme tous les enfants (ainsi que le rappelle Amélie Nothomb lors de son invitation pour présenter son livre à LGL), cherche alors à se faire une explication du monde cohérente. Si sa mère ne l’aime pas c’est parce qu’elle est jalouse. Tout simplement. Marie tombe à nouveau enceinte, d’un garçon cette fois. Surprise, elle semble l’aimer et lui accorder de l’attention. Diane se fait une raison. C’est normal, c’est parce que son frère est un garçon. Et puis Marie tombe enceinte. Encore. D’une fille. Et cette fois elle ne se contente pas d’aimer la petite Célia, elle l’adore, la cajole à l’extrême. Pour Diane c’est la douche froide. Comment vivre, comment exister dans un monde où sa mère ne l’aime pas sans aucune raison valable?

On suit alors Diane dans ses péripéties, dans une vie estudiantine où elle décide de devenir médecin et se passionne pour la cardiologie suite à la rencontre providentielle avec un médecin. Ce qui n’est pas un hasard pour une fille dont le coeur a été lacéré par sa propre mère. Mais, comme l’explique Amélie Nothomb avec beaucoup de finesse, une fille ne peut pas s’échapper éternellement de l’emprise de sa mère et recherchera nécessairement une mère parodique, qui souvent sera encore pire que la précédente. Je ne vous révèle pas l’engrenage terrible dans lequel va tomber Diane (histoire de préserver un peu le suspense) mais ça vaut le coup promis!

« – Ton amie est très belle, mais elle tire la gueule en permanence, disait-on à Elizabeth.
– C’est pour se donner un genre, répondait-elle.
Le genre plut. Les prétendants accouraient; c’était à qui parviendrait à lui arracher un sourire. Personne n’y arriva. »

Je ne ferai pas de commentaires sur le style de l’auteure qui est peut-être, après sa personnalité décalée, le meilleur argument pour vous dire de lire ce livre!

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C’est lorsque l’on regarde ce livre avec le portrait de l’auteure en couverture et une citation (qui n’est même pas d’elle!! ) en guise de résumé qu’on réalise encore une fois, que notre célèbre Amélie Nothomb n’a même plus besoin de promotion. On sait que l’on va aimer avant même d’avoir commencé. Mais parmi ses pépites il y en a qui brillent plus que les autres et je pense que celle-ci en fait partie. Encore un bravo à la dame au chapeau.

Nota Bene : A lire avec doigté et précision, comme un chirurgien pratiquant une opération à coeur-ouvert.

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Editeur : ALBIN MICHEL
Date parution : 23/08/17
ISBN : 9782226399168
Nb de pages : 169 pages

L’Héritier – Joost de Vries

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Quand il apprend le décès de son mentor Josip Brik, le philosophe spécialiste du métadiscours sur Hitler, Friso de Vos est anéanti. Profitant de sa détresse, un certain Philip de Vries, inconnu total, occupe alors le devant de la scène, multiplie les apparitions télévisées et devient le successeur de Brik aux yeux du monde entier.

Refusant de se laisser reléguer au second plan, Friso se rend à Vienne pour un colloque, bien décidé à montrer qu’il est le seul vrai connaisseur de l’oeuvre de Brik et son unique dauphin. Mais quand on le confond avec l’imposteur, Friso décide de se prêter au jeu.

Se jouant de la culture universitaire, mêlant références littéraires et culture pop, le roman nous entraîne dans l’univers de l’intelligentsia internationale ou la réalité compte moins que ce qu’on en dit. Une satire universitaire cinglante, un conte absurde extrêmement érudit.

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A nous deux l’Héritier!

J’avais tellement hâte de lire ce livre dont la couverture me faisait l’oeil depuis quelques semaines. Le reflet dans le miroir étant dans le mauvais sens, il me semblait que j’allais enfin avoir entre les mains un livre où la psychologie, les double-sens allaient être de mise. J’abordais donc ce livre avec un a priori positif mais il faut dire que ce livre a juste été une grande déception.

Il raconte l’histoire de Friso de Ros, un universitaire brillant, admirateur invétéré de son mentor Josip Brik qui a pris pour sujet d’études Hitler. Lorsque Brik décède brusquement à Amsterdam, Friso, alors en Amérique en Latine est dévasté. Il consacrait une grande partie de son temps avec son amie Pippa, à entretenir le mythe du vieux professeur.

Elle me toisa, me jaugeant ouvertement. Je tentai de la regarder avec la même dureté, de l’évaluer moi aussi, mais ce fut à moi que je pensais. A ma maigre cage thoracique, à mon visage creusé.

L’auteur nous emmène alors à un congrès à Vienne où Friso découvre, à son plus grand désarroi qu’un autre homme, qui lui ressemble étrangement (et qui a le même nom que l’auteur #funnybutnotfunny) s’arroge le titre d’héritier de son maître à penser. Friso, par un jeu d’apparences et de faux semblants jouera, alternera entre sa propre identité et celle de son double pour notre plus grand plaisir. Finalement, qui est vraiment l’héritier?

 

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En définitive, un livre qui m’est un peu tombé des mains et que j’ai trouvé assez décousu. Même si le style était plaisant à lire, j’ai eu du mal à comprendre où voulait nous emmener l’auteur exactement… Petite déception donc.

Nota Bene : A lire dans la Bibliothèque de son Université entre deux bouquins d’Histoire.

Ma note :

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Editeur : PLON
Date parution : 07/09/17
ISBN : 9782259249508
Nb de pages : 320 pages