Nous étions deux – José Frèches

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Ils étaient deux. Ne faisaient qu’un. Et José Frèches croyait qu’ils avaient l’éternité devant eux. Mais le 29 novembre 2011, à l’âge de 61 ans, il disait adieu à son jumeau. Ce jour-là, il crut mourir aussi…

Comment rester debout sans son « pareil », son frère miroir, son premier rival ? Longtemps l’écrivain s’est enfermé dans le silence.  Jusqu’à ce livre… et ce miracle : en racontant Jean-Benoît, l’auteur s’est révélé à lui-même. Il a renoué avec la vie.

Nous étions deux est une confession bouleversante. Sur le bonheur et la malédiction des jumeaux, et, au-delà, sur tous ces orphelins qui, un jour, ont perdu leur âme sœur.

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C’est toujours un peu compliqué de faire une critique sur un témoignage. Comment juger de la vie de quelqu’un d’autre, de l’authenticité de ses sentiments, de la pureté de ses intentions? C’est un exercice assez difficile. Se pose aussi la question de savoir pourquoi l’auteur a écrit ce livre (pourquoi il l’a publié je veux dire). Pour rendre hommage à son frère? Pour parler de la gémméléité?

J’ai essayé de me plonger dans ce livre avec la plus grande neutralité. Sans préconçus. Avec tout de même l’idée d’en apprendre plus sur la relation intime qui peut se nouer entre des jumeaux, la fusion, la fission, le deuil d’un autre soi-même. Ces questions me semblaient fascinantes et je m’attendais à trouver beaucoup de réponses à travers un récit de vie.

J’ai finalement été plutôt déçue, agacée par moments, par la lecture de ce livre. Il revêt un côté très scolaire, loin du témoignage qui prends aux tripes que je m’attendais à lire. Je rejoins d’autres critiques sur le fameux chapitre sur « les médailles »… Pages interminables (quelle utilité) dans laquelle l’auteur explique comment, grâce à ces relations avec tel et tel homme politique, il a réussi à obtenir les plus belles médailles pour son frère et lui. Ce qui, finalement, me fait réaliser une fois de plus, le côté superficiel de ces récompenses. Bref.

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Le livre est bien écrit, certes, mais on est loin d’un témoignage sur les jumeaux. Le thème peut apparaître ici et là dans le récit comme fil conducteur mais sans jamais être tellement approfondi. Une déception pour ma part.

Nota Bene : A lire avec sa soeur jumelle, née sous le signe des gémeaux. Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do.

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Editeur : XO EDITIONS
Date parution : 09/05/19
ISBN : 9782374480442
Nb de pages : 216 pages

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DOSSIER : La femme d’en haut – Claire Messud

** Attention cet article contient des spoilers pour ceux qui n’ont pas lu le livre**

 Les gens n’ont pas envie de s’inquiéter pour la femme d’en haut. Elle est fiable, organisée, sans histoires

J’ai de suite été séduite par la 4ème de couverture, cette description de la voisine sans histoire qui semble avoir la vie banale et normale par excellence. Qui se cache derrière cette femme ni belle ni moche, ni jeune ni vieille, ni blonde ni brune ?

Nora est cette fille/femme* qui a toujours fait plus ou moins ce que l’on attendait d’elle (la bonne copine, la bonne prof, la digne héritière des rêves contrariés de sa mère et de ses envies d’évasion). Finalement, on a l’impression qu’elle n’a jamais eu le courage de vivre ses ambitions, d’oser être pleinement elle-même ; comme si son avis était un critère parmi tant d’autres dans son processus de décision, un critère d’une importance relative par rapport aux exigences de ses parents et des valeurs reçues par son éducation.

fille/femme* : C’est peut-être un détail mais je trouvais intéressant qu’elle se décrive comme une fille puis comme une femme. Qu’elle oscille entre les deux. La question de la finitude de la vie, de son âge (elle fait une véritable fixette là-dessus) apparait tout au long du roman. Au-début on peut dire effectivement que c’est une fille (parce qu’elle n’est pas en accord avec elle-même) mais après la trahison de Sirena elle s’affirme et devient réellement femme (en tout cas c’est comme ça que je l’interprète).

En parlant de filles/femmes j’ai été frappée par son mépris et sa condescendance par rapport justement aux filles (toutes décrites comme des idiotes qui s’intéressent plus à leurs fringues qu’aux vrais problèmes du monde). C’est un féminisme un peu facile ou seules les quelques figures admirées sont épargnées : Didi, Sirena et sa mère.

1/. Le Palais des glaces : La quête de sens vers l’affirmation de soi

La métaphore du palais des glaces était particulièrement bien trouvée. Pourquoi ?

  • La palais: Le palais représente l’immensité de l’existence et son côté labyrinthique, les opportunités qui se trouvent derrières de nombreuses portes sur notre chemin qu’on laisse passer (par peur, par déni ou bien tout simplement parce qu’on veut tracer vers la fameuse sortie!).
  • Des glaces : Alors là évidemment il y a la métaphore de l’identité, la question du reflet, de ce que l’on projette. La différence entre la personne que l’on est, que l’on pense être, que l’on voudrait être et le reflet que l’on renvoie au reste du monde (via les miroirs déformants). Nora parait obsédée par cette question au point de devenir la fille la moins spontanée du monde. Et comment pourrait-on lui en vouloir ? Elle nous pose avec justesse tout au long du livre la question de savoir si finalement à force de faire semblant on ne devient pas cette caricature à laquelle on joue quotidiennement pour sauver les apparences. A force de trop faire semblant, le risque est de ne plus se souvenir de la personne que l’on était auparavant. Cette idée m’a fait penser à l’anecdote d’un type qui avait passé son adolescence à imiter les rires des autres et qui, arrivé à l’âge adulte, ne se souvenait plus de son véritable rire. C’est vrai que c’est l’écueil auquel on arrive inévitablement et c’est particulièrement pervers puisque lorsque l’on s’en rend compte c’est trop tard et on a perdu notre authenticité. On est obligé de jouer la comédie, avec plus ou moins de talent, et on ressent ce sentiment de décalage qui persiste, qui nous met à l’écart. D’où peut-être aussi (pour en revenir au livre !) tous ces moments où elle a peur d’avoir l’air folle, d’avoir un comportement inapproprié vis-à-vis des parents d’élèves ou de Sirena.

Nora se sent comme le personnage secondaire de sa propre vie, elle observe mais n’agit que très sporadiquement. Cela fait sens lorsqu’elle parle de l’inscription qu’il y aura sur sa tombe. C’est une question que l’on est tous amené à se poser. Comment les autres nous perçoivent ? Est-ce que l’on nous reconnaitrait si l’on donnait la véritable description de nous-même (de notre « moi intérieur ») ?

2/. Le besoin vital d’être comprise et acceptée

A travers les relations que Nora entretient notamment avec ses deux amies (Didi- vraie amie ; Sirena – amitié/amour malsain) on voit que Nora cherche d’abord à être comprise, qu’on lui donne au fond l’autorisation d’être elle-même.

Mais est-ce que l’on peut vraiment être compris ? Personnellement je pense que c’est impossible, que personne ne peut vraiment comprendre s’ils n’ont pas vécu les mêmes choses (on peut compatir au sens de « souffrir avec », essayer de se mettre à la place de) mais on ne peut pas comprendre. Nora en est consciente mais elle se laisse bercer par l’illusion qu’elle comprend Sirena, ou plutôt que celle-ci lui laisse entrevoir sa véritable nature (ce qu’elle estime être un cadeau inestimable). Là-dessus je rejoins totalement Nora. Au fond qui est-ce que l’on connait et qui nous connait totalement ? Personne. C’est un risque de se dévoiler entièrement parce qu’on fait le pari que l’autre personne nous comprendra (vraiment) et en respect par rapport au contrat implicite de l’amitié partagée ne nous trahira pas. En grandissant on revient très vite de cette conception idyllique de l’amitié j’ai envie de dire.

3/. La relation entre Nora et Sirena (+ la famille Shahid)

Le prénom

 J’ai adoré la création de la construction de la fascination de Nora pour Sirena. Déjà le choix du prénom Sirena en soi n’est pas anodin ! Sirena, Sirène. Les sirènes sont la métaphore de la dualité du plaisir, du plaisir qui ne se présente pas comme ce qu’il est vraiment. Les sirènes fascinent et envoutent les marins par leur chant (côté positif du plaisir) et leurs bateaux s’échouent sur les rochers (dangers du plaisir que l’on ne perçoit pas à première vue). C’est la raison pour laquelle justement Ulysse avait fait preuve de ruse dans l’Odyssée parce qu’il avait réussi à bénéficier uniquement du côté positif des sirènes (écouter leur chant) sans avoir le côté négatif (s’échouer donc) grâce à la ruse (s’attacher au mat du bateau).

C’était une petite parenthèse mais nécessaire je trouve pour réellement comprendre ce qu’implique le personnage de Sirena. Elle n’est pas la personne qu’elle semble être (Sirena ainsi que le mari et le fils).

L’importance du toucher

C’est quelque chose qui m’a marquée évidemment: l’importance du toucher et de cette fameuse main que Sirena pose toujours sur le bras de Nora. Il y a une véritable importance des gestes dans la manipulation, la manière dont un geste même anodin peut nous renvoyer à cet instant originel. La première fois ou Sirena lui a touché le bras, ou elle l’a bouleversée. A chaque fois que le geste est réitéré, l’émotion revient avec emphase, avec exactement la même puissance que la première fois. Lorsqu’elle lui demande de garder son fils (moment de manipulation digne d’une marquise de Merteuil), Nora ne peut refuser à cause de son éducation, à cause de Sirena mais surtout à cause de cette main sur son bras. Je trouve que c’est très intelligent de parler de ça parce que c’est vrai que les gens ne se rendent pas comptent que parfois un geste aussi anodin qu’une main sur un bras puisse déchainer tout un afflux d’émotions brutes, non rationnalisées car non traitées par le cerveau (cf. conférence de B. Cyrulnik sur la mémoire traumatique). Du coup c’est vrai que l’on peut avoir l’air ridicule à avoir peur d’un geste qui parait insignifiant d’un point de vue extérieur.

La naissance et l’évolution de la dépendance physique et affective

 Sirena est ravissante. Elle ravit Nora parce qu’elle lui plait mais aussi parce qu’elle l’enlève. Nora ne peut plus se passer d’elle. Elle attend toujours avec impatience les conversations qu’elles partagent et dont l’issue a toujours pour elle une vraie signification, un enjeu quasi-vital. Nora, est un peu naïve sur ce coup là (mais qui pourrait lui reprocher parce qu’on a tous fait l’erreur (mais elle, elle se réveille un peu tard quand même !)).

Elle est persuadée que ses sentiments sont réciproques mais inconsciemment elle se rend bien compte qu’elles ne sont pas sur un pied d’égalité. Elle admire fiévreusement Sirena tandis que cette dernière l’apprécie tièdement tout au plus. Ça m’a fait penser au passage dans Les faux monnayeurs d’André Gide ou le héros explique qu’on fait toujours semblant de ne pas trop tenir aux personnes les plus importantes par peur d’être ridicule/rejeté. C’est exactement ce que dit Nora quand elle a peur de paraitre trop enjouée en la présence de Sirena et qu’elle se force à ne pas être complètement hystérique/extatique lorsque celle-ci la contacte.

Le début de leur relation s’apparente à une période « lune de miel ». Elles entretiennent une relation exclusive et Nora fait comme si Sirena n’existait pas en dehors de leurs rencontres. Et puis lorsqu’elle rencontre son mari c’est le retour à la réalité : Sirena est une artiste montante, elle a un mari, un fils, une vie en dehors d’elle. Et pour Nora, cette idée lui apparait progressivement de plus en plus insupportable.

Reza est l’enfant rêvé. Le fils qu’elle aurait pu avoir. Skandar le mec qu’elle aurait pu avoir. Nora ne cesse tout au long du roman de se justifier d’être toujours une femme célibataire sans enfants (« toujours » sous-entendu « toujours à son âge »). Elle avait eu l’opportunité (avec Ben), c’est par choix, en suivant les principes de sa mère qu’elle a décidé d’être indépendante (vive l’émancipation !). Enfin petite parenthèse, ça c’est ce qu’elle dit mais elle n’a pas l’air d’avoir une vie amoureuse très funky ! Elle persiste dans sa volonté et sa fierté à toujours vouloir se débrouiller toute seule (bon là je serai mal placée pour lui en tenir rigueur). Elle a tendance à se dévaloriser dans la description qu’elle fait d’elle-même, dans son rapport d’admiration/de mépris par rapport aux autres. Il n’y a pas de juste milieu.

Du choc de voir que cette famille évolue sans elle, elle s’immisce progressivement dans leur quotidien (via les fantasmes qu’elle a de Skandar, les conversations avec Sirena et son attitude maternelle et surprotectrice envers Reza). Evidemment elle culpabilise et se rends bien compte qu’elle n’est pas à sa place mais après tout peu importe puisque ça la rends plus heureuse et plus vivante qu’elle ne l’a jamais été. C’est pour ça qu’elle accepte d’être utilisée parce qu’au fond elle y trouve elle aussi son compte. Sa volonté de faire partie de cette cellule familiale devient limite obsessionnelle et Sirena ne cesse de l’encourager dans cette voie en lui disant qu’elle est je cite « une véritable amie ». Mon dieu, quand elle a dit ça j’au juste eu envie de sauter dans le livre et de la remettre à sa place !

Jusqu’à ce moment-là l’opération séduction se déroule avec succès !

Des illusions à la désillusion

Tout est merveilleux, Nora n’a pour l’instant entendu que le chant des sirènes et est à peine consciente qu’elle pourrait s’échouer sur des récifs. Tout est merveilleux et puis sa famille d’adoption part brusquement. Sans elle. C’est les heures passées près du téléphone à attendre une lettre, un sms, n’importe quoi. C’est se raccrocher au moindre signe de vie de l’autre. C’est se retrouver désespérée de réaliser qu’on est cette personne qui ne se suffit pas à elle-même malgré ses beaux discours sur l’indépendance.

Sa colère n’est finalement que l’expression de sa tristesse qui la prend aux tripes. Peut-être que finalement elle ne comptait pas tant que ça pour Sirena (il était temps qu’elle s’en rende compte) ! Il n’y a pas eu de promesses entre elles. Rationnellement Nora ne pouvait pas en vouloir à Sirena de ne pas lui donner de nouvelles mais le contrat de l’amitié était implicite. On en revient encore à cette prise de risque de s’attacher, de mettre quelqu’un sur un piédestal. Soit l’autre personne s’en fout, soit elle s’en rend compte et en joue (pour le coup c’est plus pervers). A ce moment-là on ne sait pas encore si Sirena est juste une connasse égoiste qui ne se rend pas compte de ce qu’elle fait ou si c’est une perverse qui sait et qui en joue. A la limite on préfèrerait presque la seconde possibilité. Une indifférence sans mauvaise intention c’est le mépris ultime. On raye la personne de son existence et basta ya.

Pour Nora, plus l’attente dure, plus elle s’accroche. Plus Sirena est cruelle, plus elle a besoin d’elle. C’est terrible. Pourquoi ? En pardonnant (parce qu’évidemment Nora finit par lui pardonner, comment faire autrement) elle justifie le fait d’être restée. Si elle avait dit stop, alors Nora aurait été obligée de se retrouver face à elle-même et de réaliser qu’elle avait été bien conne de s’accrocher tout ce temps dans cette amitié à sens unique. Alors Nora pardonne. Elle pardonne parce qu’elle est trop faible pour dire non et se sortir de cette emprise délicieuse, de cette relation destructrice qui représente tout et qui désormais la définit.

Nora pardonne mais elle n’oublie pas. La graine de sa colère et de sa rébellion a désormais un terreau fertile pour pousser.

Nora n’est pas uniquement fascinée par Sirena elle l’est par cette famille mais aussi pour ce qu’elle représente ; un champ de possibilité, l’espoir de s’épanouir et de devenir l’artiste et la femme qu’elle voudrait être, de réaliser le rêve qui était bridé par sa peur de rater, sa peur de ne pas être à la hauteur de l’idée qu’elle se faisait d’elle-même.

Je ne supportais pas l’idée d’échouer. Je trouvais pire de tenter ma chance et d’échouer que de ne pas essayer.

Là encore on retrouve cette peur héritée de sa mère de passer à côté de sa vie et d’errer dans le Palais des glaces et de manquer les portes (encore une petite couche sur le temps qui passe et fixette sur son âge – décidément !).

Elle est fascinée par cette famille mais peu à peu devient jalouse de Sirena qui prend sa vie de rêve pour acquise. Nora rêverait d’avoir une relation exclusive avec chacun d’entre eux. Pourquoi est-ce que c’est si important ? En fait c’est un peu la dialectique maitre/esclave de Hegel inversée. Nora admire de façon particulière les trois membres de la famille et elle est enchantée qu’ils l’aiment en retour. Pourquoi ? Parce que si des personnes aussi fascinantes l’aiment alors cela signifie qu’elle est digne d’être aimée, qu’elle a de la valeur. En fait cette relation booste sa confiance en elle et font naitre en elle l’espoir que sa vie n’est pas finie, qu’elle peut réussir en tant que femme, en tant qu’artiste et qu’elle pourra un jour traverser Paris en voiture, les cheveux au vent.

La relation plus intime

 On le voyait venir, le moment où Nora allait se rendre compte qu’elle éprouvait du désir au-delà de l’amitié et de l’amour pour Skandar et Sirena. Plus que le désir c’est une relation intime, particulière qu’elle veut avec chacun d’entre eux, séparément (l’idée qu’ils puissent coexister sans elle lui est aussi insupportable).

Skandar est un personnage très énigmatique tout au long du livre au sens où on se demande ce qu’il trouve à Nora. Sirena l’utilise comme assistante et faire-valoir, Reza comme mère de substitution mais lui ? Qu’est-ce qu’il lui trouve ?? J’étais un peu sceptique par rapport aux promenades platoniques de Skandar et Nora. Cette situation est peu crédible à mon avis.

Les oppositions dans l’art

Skandar ne m’a pas intéressé plus que ça jusqu’au moment où il découvre l’œuvre de Nora. Ce qui m’amène à un point majeur du livre : les différentes conceptions artistiques de Nora et Sirena et ce que ça dit de leur personnalité.

Nora a un art recroquevillé sur lui-même, minutieux, introverti, elle s’efface, invisible, pour laisser la place aux femmes qu’elle admire et dont elle imagine le lieu d’intimité par excellence (la chambre donc) tandis que Sirena envisage une œuvre grandiose, exposée à la lumière, éclatante de joie, à la taille de son ego et de son ambition. On a également une opposition entre les photos professionnelles de Sirena qui témoigne, qui s’assume, et les polaroids flous et fantasmagoriques de Nora qui s’amuse à être quelqu’un d’autre, qui s’excuse presque d’exister. L’opposition entre l’ombre et la lumière.

On ne peut décemment pas parler de leur opposition sans évoquer le titre de l’œuvre de Sirena (là-encore on apprécie le clin d’œil à Lewis Caroll : Alice au pays des merveilles jusqu’à l’autre côté du miroir). L’œuvre de Sirena (qui porte décidément bien son nom !) fait également écho à la métaphore du début, celle du Palais des Glaces, des miroirs déformants qui embellissent, asservissent, transforment la réalité.

Il y aurait surement beaucoup de chose à dire sur le détail de la construction de leurs œuvres respectives mais là n’est peut-être pas l’essentiel du livre, c’est surtout le fil conducteur, une illustration imagée des rapports qu’elles ont avec la vie, avec elles-mêmes.

Le tragique du départ de « la famille » de Nora

J’ai toujours su que mon désir ne pourrait pas être satisfait, qu’il ne le serait jamais ; mais que j’étais encore assez près pour me cramponner, par intermittence, au fantasme de sa satisfaction, et que cela même suffisait à le maintenir, si longtemps, en vie.

Quand la famille part, l’obsession de Nora prend une dimension toute particulière. Et personne, même pas Didi, ne comprend. Comment le pourrait-elle ? A-t‘elle seulement déjà vécu quelque chose de similaire ? Nora ne vit encore une fois que dans l’attente et regarde le monde par le prisme de sa relation avec eux. Eux qui sont tellement parfaits par rapport à elle qui, au fond, à part cette année partagée avec eux, n’a pas accompli grand-chose.

Le départ de Sirena est vécu comme une petite mort. Je pense que le mot « mort » n’est pas exagéré (lorsqu’elle compare cet abandon à la mort de sa mère). C’est une mort, la fin d’une histoire, le démantèlement de l’œuvre pour laquelle elle a tant travaillé (réellement et symboliquement), la fin des jours heureux. Comme si tout cela n’avait été qu’une parenthèse imaginée/imaginaire.

Et puis Sirena revient, elle irradie, elle rayonne comme un soleil et même Anna (la galeriste) ne peut détourner son regard d’elle. Est-elle vraiment aussi magnétique ou bien est-ce une déformation de ce que croit voir Nora ?

La trahison

Nora était déjà amère lorsque Skandar lui avait donné ses vieilles affaires en partant (une concession et pas réel cadeau) et on ne peut que la comprendre. Mais même ça elle était prête à le comprendre et à l’accepter parce qu’elle se trouvait insignifiante. Ce qu’elle ne pourra pas pardonner en revanche c’est la trahison ultime de Sirena et le silence complice de Skandar. Réaliser que leur famille n’était pas sincère, que cette amitié/cet amour n’était pas réciproque.

Au fond c’est peut être un mal pour un bien parce que, une fois trahie, Nora se donne la permission de vivre. Elle s’autorise à avoir une fureur de vivre, à laisser éclater sa colère et à dire FUCK sur sa tombe. Le monde peut trembler parce que maintenant « vous allez voir ce que vous allez voir ».

3/. Une nouvelle lucidité

Parfois, vous ne saisissez même pas l’importance d’un évènement avant longtemps, car vous n’arrivez pas à croire qu’un fait aussi capital ait pu présenter une apparence aussi anodine.

On pourrait écrire des pages et des pages sur cette phrase. Parce qu’elle est vraie. Parce qu’il suffit d’un rien pour changer une vie, de cinq malheureuses petites minutes et c’est fini, tout bascule. Irrémédiablement. C’est la « fêlure fatale » dont parlait Donna Tartt (de manière générale tout est dans le livre de DT).

On peut se demander si c’était une bonne chose que Nora croise le chemin de la famille Shahid. Est-ce qu’il aurait mieux valu qu’elle reste « la femme d’en haut » ou bien est-ce que cette rage de vie est préférable ? Je tends à préférer la seconde option. Pourquoi ? Déjà parce que c’est impossible de revenir sur le passé mais surtout parce que l’important c’est ce qu’elle va faire de cette expérience. C’est qu’elle se batte, c’est qu’elle dise FUCK sur sa tombe, c’est qu’elle devienne l’artiste qu’elle a toujours voulu être et qu’elle arrête de se mettre toute seule des barrières. Sirena aura au moins eu le mérite de la révéler à elle-même. Bien sûr elle lui aura fait du mal. Terriblement. Mais Nora ne va plus se laisser faire ! Elle choisit la Vie avec un V majuscule.

J’aimerai terminer sur une petite phrase de Martha Graham que j’avais notée sur un petit carnet parce que je trouve qu’elle correspond bien au nouvel esprit combatif de Nora (et surtout parce que je n’ai pas trop d’inspiration pour une conclusion !):

There is a vitality, a life force, a quickening that is translated through you into action, and there is only one of you in all time, this expression is unique, and if you block it, it will never exist through any other medium; and be lost. The world will not have it. It is not your business to determine how good it is, not how it compares with other expression. It is your business to keep it yours clearly and directly, to keep the channel open. You do not even have to believe in yourself or your work. You have to keep open and aware directly to the urges that motivate you. Keep the channel open

C’est un peu la leçon que donne Nora finalement : Keep the channel open

Mamie Cascade – Paul Ivoire

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Ancienne cascadeuse professionnelle, Marguerite Courbet a quatre-vingts ans. Veuve, délaissée par son fils unique et dépendante de son aide à domicile, elle songe sérieusement à en finir avec la vie. Sa spécialité, c’est la chute libre. Mais comment se suicider lorsqu’on est en fauteuil roulant et qu’on habite dans un pavillon de plain-pied ? Une proposition inattendue d’un ami réalisateur lui apporte une solution. Elle tirera sa révérence lors du tournage de Mamie Cascade, un long métrage inspiré de sa vie exceptionnelle. La dernière chute libre, de quarante mètres en décapotable, prévue dans le scénario lui sera fatale. Marguerite est une professionnelle : avant de mourir, elle doit honorer son contrat et réussir les autres cascades du film. Elle reprend donc contact avec Micka, son ancien mécanicien, qui l’aidera à préparer les voitures et à chorégraphier les scènes d’action. Elle sollicite son vieux médecin, à qui elle donne cinq mois pour  » réparer  » sa cheville blessée. Et elle embauche Gustave, un jeune homme de vingt-neuf ans, traducteur de notices techniques, afin qu’il écrive ses mémoires. Contre toute attente, Marguerite va s’attacher à Gustave et à son entourage. Les discussions sont riches. Ils se livrent et se comprennent. Les certitudes de la cascadeuse vacillent. Le traducteur se découvre. Une profonde amitié naît. Et s’il suffisait d’une rencontre pour changer une vie ?

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Ca faisait un petit moment que je voulais lire le dernier livre de Paul Ivoire et c’est désormais chose faite! J’avais découvert cet auteur à la lecture de son premier roman A chacun son rêve et j’avais réellement aimé cette plume simple et sympathique.

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Anne Carrière et Paul pour l’envoi et cette magnifique dédicace (avec le petit dessin en prime!). Ce n’est qu’un détail sur la forme mais on A-DORE les petites voitures pour marquer les transitions au sein des chapitres!

Mais revenons-en à l’essentiel : L’histoire. Il y a des auteurs comme ça dont on reconnait la patte au bout de quelques pages et c’est le cas avec Paul Ivoire. J’y ai retrouvé son sens de la description, la gentillesse de ses personnages, même la grand-mère un peu bougonne et coriace reste finalement un personnage auquel on adhère. Pour être parfaitement honnête, je trouve que le récit, là encore, est bien ficelé, les intrigues s’entremêlent intelligemment les unes avec les autres mais pour moi il manquait un peu de piquant. J’ai eu un peu de mal à m’impliquer dans l’histoire à cause d’un détail tout à fait anecdotique qui est l’usage des prénoms/noms de la dream team de Librinova. On a l’explication dans les remerciements et c’est vrai que le choix des prénoms est un sujet à part entière lorsque l’on créée des personnages mais connaissant les « protagonistes » en question, j’avais ce constant rappel à la réalité et donc une difficulté à m’impliquer réellement dans l’histoire. Mais ce point est tout à fait subjectif donc ne devrait pas concerner la majorité des lecteurs.

Le résumé de l’éditeur est assez complet et je ne voudrais pas spoiler les détails de l’intrigue mais si vous aimez les romans feel-good, où la gentillesse et l’altruisme ont une vraie place, je vous conseille ce livre ! On découvre aussi quelques ficelles du métier de cascadeur et l’héroïne est une vieille femme et la féministe en moi qui adule Mona Chollet ne peut dire qu’un grand OUI à ce choix de mettre sur le devant de la scène une personne âgée qui ne se définit pas uniquement (et heureusement!) par ses années!

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Un roman feel-good malgré le thème de départ qui semblait promettre un récit un peu triste. Les personnages (surtout Marguerite) sont assez sympathique et nous entraînent assez facilement dans leurs péripéties. Hâte de lire ce que Paul Ivoire compte nous préparer pour la suite 🙂 !

Nota Bene : A lire avec sa grand-mère préférée autour d’un thé glacé, entre deux récits de ses aventures de jeunesse.

troissurcinq


Editeur : ANNE CARRIERE
Date parution : 05/04/19
ISBN : 9782843379420
Nb de pages : 272 pages

Nos trente Ans – Arthur Dreyfus

Nos trente Ans. La série complète par Dreyfus

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Un micro. Un intervieweur invisible. Trois garçons et trois filles. Six personnages qui, ensemble, incarnent la génération dite des « millenials » – ceux qui sont devenus des adultes au tournant du nouveau millénaire. Qui ont appris à vivre à travers des écrans. Et qui tous, à leur manière, cherchent à comprendre ce que signifie « devenir adulte ». Ou plutôt : à garder espoir dans un monde déjà foutu, où la politique ne pourrait plus rien…

Qui sont nos héros ? Sonia, l’idéaliste un peu trop naïve. Samir, le garçon un peu trop sérieux. Mikaël, qui a brûlé sa jeunesse. Claire, enfermée dans une vie bourgeoise. Gauthier, l’adulescent artiste dans l’âme. Et Sibylle, qui a tout vécu avant de naître. À travers leurs confessions, leurs failles – mais aussi les surprises de la vie -, ils nous entraînent dans une aventure intime, drôle et universelle.

MonavisV2

Tout d’abord je tiens à remercier Babelio qui a pensé à moi dans le cadre de l’opération Masse Critique pour découvrir un nouveau titre. J’avoue que l’unique raison pour laquelle j’ai accepté était qu’il s’agissait d’un livre audio et que je n’avais jamais eu l’occasion de découvrir une telle expérience. Et j’ai une chose à dire : c’est une réussite totale!

Si j’ai mis quelques minutes à vraiment me mettre dans l’ambiance, j’ai du me faire violence pour mettre le récit sur pause à 3 heures du matin (oui j’ai écouté tout le livre en une fois #bingelistening). Ce livre n’est pas une histoire au sens traditionnel du terme avec un début, un milieu, une fin. On y découvre tour à tour les voix de six jeunes trentenaires qui répondent aux questions d’un interviewer invisible dont on ne fait que deviner les questions. Chaque chapitre est organisé par thème et on valse, tour à tour, entre les réponses des uns et des autres. L’amour, le travail, la politique… pour ne parler que des 3 premiers chapitres. Petit à petit on s’éloigne du sujet de base pour y revenir d’autant plus fort. On s’attache à ces personnages dont finalement on ne connait pas grand chose mais qui nous racontent des précieux instants de vie. Leurs histoires se télescopent parfois, ce qui donne à l’ensemble une unité réellement plaisante.

Les comédiens sont excellents et font vivre le texte avec brillo. J’ai été à la fois exaspérée, amusée, parfois touchée par ces récits de vie si authentiques, les joies et les peines des personnages. Celle qui m’a le plus touchée est Sybille, son cynisme et son ironie qui cachent une grande solitude, peut-être parce que je me suis reconnue en elle parfois, à l’aube de la trentaine… Une de ses nombreuses phrases qui m’a beaucoup marquée lorsqu’elle dit que le verbe aimer est le seul auquel ajouter un superlatif en diminue le sens et l’intensité.

« Aimer beaucoup c’est moins fort qu’aimer »

Peu à peu, au fil des heures, on se surprend à se mettre à la place de l’interviewer, on se sent proche des 6 personnages et on ressort de l’expérience avec l’impression d’avoir eu une longue discussion avec des amis. Une table ronde essentielle.

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Ce livre est beaucoup plus qu’un simple livre, une petite histoire que l’on écoute en dilettante en cuisinant des pâtes. C’est une fresque assez juste de la trentaine, 6 portraits, 6 destins qui font fi des préjugés de genre, des milieux sociaux… J’ai beaucoup appris et remis en perspective certaines opinions que j’avais si tranchées. Une belle leçon et définitivement un livre à écouter!

Nota Bene : A écouter, l’été, allongée sur l’herbe dans un parc, en regardant la lente traversée des nuages dans le ciel.

Ma note :quatresurcinq


Editeur : AUDIBLE STUDIOS
Date parution : 23/05/19
ASIN : B07S2SWTDP
Durée : 5h51

Sous Influence #2

Ma toute toute toute première interview réalisée par Tema Beraoud dans le journal de l’EM Lyon : Ça se fête (j’ai l’impression que tout est l’occasion de fêter quelque chose ces temps-ci)

Nota: Vous pourrez retrouver la version chatoyante avec la magnifique mise en page ICI!

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Auteur en herbe à emlyon

par Tema Beraoud

A toi qui aime plus que tout manier la plume, à toi qui ressens une liaison profonde à l’art de l’écriture, ou tout simplement à toi qui a un projet au coin de la tête sans oser penser qu’il puisse se réaliser… Ségolène Bourlard est la preuve qu’il suffit d’y croire et de s’y mettre pour atteindre ses objectifs. En dernière année à l’EM, elle a publié le mois dernier son premier livre, Sous Influence. Nous sommes allés à sa rencontre, en espérant que son exemple en inspire plus d’un.

Quand as-tu commencé à écrire ton livre et pourquoi ?

Tout a commencé dans un train le 14 Octobre 2016, et j’ai fini le 7 juin 2017, pour être précise (rires). L’élément déclencheur a été la lecture du Goncourt 2016 : “Chanson douce” de Leïla Slimani. C’est l’histoire d’une mère qui découvre en rentrant chez elle que sa nounou, qui avait l’air d’une femme bien sous tout rapport, a tué ses deux enfants avant de tenter de se suicider. Il faut croire que ce roman m’a inspiré le début de mon histoire. Alors que je repensais à ce livre pendant mon trajet de retour à Lyon, la première phrase de mon livre m’est venue : “Emilie n’avait jamais aimé les enfants”.

Ensuite, les mots se sont enchaînés tout seuls, et j’ai quasiment écrit tout le prologue dans le train, sans avoir aucune idée de la manière dont allait se terminer l’histoire.

Tu n’avais donc vraiment pas préparé la trame ?

Pas du tout. Il y avait certes des thèmes que je voulais aborder, mais j’ai été totalement embarquée par l’histoire. J’ai écrit les dix premiers chapitres d’une traite. Ensuite, il y a eu une période où je n’avais ni temps ni l’inspiration (et je pense qu’écrire doit rester un plaisir) donc j’ai un peu laissé ce projet de côté. J’ai aussi lu un livre excellent qui m’a découragée par rapport à la pertinence de mon histoire alors j’ai décidé de faire une pause de quelques mois dans l’écriture. Ceci dit, cela m’a aussi permis de mûrir mon projet, peut-être de manière plus inconsciente.

J’ai ensuite repris le livre lors d’un stage à Bruxelles. J’en ai profité pour me consacrer entièrement à son écriture (trois/quatre heures par soir). Mon objectif était vraiment de terminer le livre avant la fin de l’été.

Que dirais-tu de ton livre à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler?

Je dirais que c’est un thriller psychologique. C’est l’histoire d’un homme qui découvre le corps de sa fille lorsqu’il rentre du travail, à côté de sa femme, Emilie. Cette dernière s’emmure alors dans le silence, laissant tout son entourage sous le choc et dans l’incompréhension la plus totale.

Le livre alterne entre deux timelines : les chapitres “du présent” sur une période d’un an et “flashbacks” de la vie d’Émilie, de ses huit ans au jour du drame, qui nous permettent finalement de comprendre qui elle est, si elle a commis le crime et pourquoi. La timeline du présent montre les points de vue de son entourage qui réagit, chacun à sa manière, à ce qui s’est passé.

J’ai trouvé intéressant d’étudier les différentes réactions possibles face à traumatisme. Ce qui me passionne aussi, du point de vue écriture, c’est de distiller mes indices tout au long du livre, d’ouvrir et de refermer des parenthèses au bon moment pour créer du suspense. Finalement, ce livre m’a aussi permis de mieux comprendre mes personnages : comment une personne a priori normale peut-elle “péter les plombs ?”.

Quelles sont les principales difficultés ?

C’est de persévérer et de croire en son histoire. C’est assez bateau mais il ne faut vraiment pas se décourager dans les moments de doutes. J’avais déjà commencé une histoire auparavant mais je l’avais laissée de côté, peut-être parce que ce n’était pas L’Idée avec un I majuscule. Pour « Sous Influence », je savais dès la première phrase que ça serait un roman et qu’il faudrait que je le termine.

Une autre difficulté est de résister à la tentation de « tout dire » et de se perdre dans trop de personnages (le fameux écueil d’une idée = un personnage). Il est clairement impossible de traiter tous les sujets en un seul livre !

Comment fais-tu pour faire connaître ton livre ?

Déjà, je compte sur cette interview (rires). Je me suis également entourée d’une équipe de « professionnels » puisque c’est assez compliqué d’être objectif face à quelque chose que l’on a fait soi-même.

En ce qui concerne la promo pure et dure, je suis présente sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) et sur mon blog de Critiques Littéraires (Le Petit Crayon). Les blogueuses sont assez prescriptrices donc c’est une piste à ne pas négliger !

Raconte-nous le processus que tu as suivi pour être publiée.

J’avais vu sur mon fil d’actualité le concours de Librinova (agent littéraire). Il fallait écrire une histoire sur le thème “Faits divers et histoires diverses”. Je n’ai pas vraiment réfléchi et j’ai participé avec la version que j’avais finie quelques jours auparavant. Je ne m’attendais pas du tout à gagner et en Septembre, notification Facebook : “Vous avez gagné le premier prix”. C’était juste dingue, surtout que j’avais écrit beaucoup plus que le nombre maximum de mots autorisés ! Comme quoi, c’est bien d’être un peu culotté dans la vie !

Librinova va donc publier mon livre en version numérique le 25 novembre 2017 et le deal est qu’ils pourront me trouver un éditeur (pour la version papier) si j’arrive à faire 1 000 ventes dans les dix-huit mois suivant la publication.

A part ça, qui est Ségolène Bourlard ?

Rien de très original, parcours classique prépa/emlyon. Ce qui l’est moins en revanche c’est que je souhaite travailler dans l’édition (#cohérence !). Même si j’ai eu un parcours assez atypique avec mes stages, je crois qu’il est essentiel de rechercher dans sa vie pro quelque chose qui nous passionne plutôt que de suivre les voies toutes tracées. On aura bien le temps de s’ennuyer plus tard, non ?

En ce qui concerne mes projets littéraires, un livre c’est bien, deux livres c’est mieux. Je compte bien attaquer le deuxième dès que j’aurais assez de temps pour m’y consacrer.

 

 

 

La joueuse d’échecs – Bertina Henrichs

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Un jeu peut-il faire basculer la vie d’une femme ? Difficile de le croire. Dans l’île de Naxos, les joueurs de trictrac sont légion, mais jamais aucune femme n’a approché les pions noirs et blancs. Quant à ceux d’un échiquier, n’y pensez même pas ! Cependant, pour Eleni, prise dans une vie sans aspérités et sans folie, le plus vieux jeu du monde sera le début d’une aventure qui la mènera jusqu’à l’émancipation.

MonavisV2

Eleni est une femme de chambres à l’hôtel Dionysos sur la petite île de Naxos (en Grèce). Elle évolue avec simplicité dans la routine plaisante de son travail à l’hôtel, de ses discussions avec son amie Katarina et de sa vie de famille avec Panis, son mari, et ses deux enfants. Ses journées sont rythmées par une régularité rassurante sous le regard serein des habitants de la ville de Naxos où chacun épie les moindres gestes des uns et des autres.

Un jour, alors qu’elle faisait la chambre d’un jeune couple de vacanciers français elle aperçoit un jeu d’échecs qui l’intrigue. Quel est donc ce jeu si sophistiqué dont elle ne comprend absolument pas les règles à la première vue?

Eleni n’était pas une femme à pincements. mais Paris constituait une exception. Sa passion rêveuse était demeurée d’ailleurs totalement inavouée. C’était son jardin secret.

Eleni sait qu’elle n’ira jamais à Paris, qu’elle ne possèdera surement jamais ces parfums élégants de parisiennes mais elle décide d’entreprendre une folle entreprise. La plus folle de toute son existence. Elle va acheter un jeu d’échec à Panis (son mari) et elle va apprendre à y jouer. Panis, perplexe ne comprend pas l’intérêt soudain de sa femme pour les échecs et se détourne de ce cadeau incongru mais Eleni ne compte pas abandonner. Elle décide se se tourner vers Kouros, son ancien professeur pour qu’il lui enseigne le plus vieux jeu du monde.

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Très belle histoire d’une femme qui s’émancipe grâce aux échecs et gagnera le courage de s’affirmer et être pleinement elle-même. Ce livre est simple, sans prétention comme son héroïne et c’est peut-être sa plus grande qualité.

Nota Bene A lire en écoutant “La vie en rose” d’Edith Piaf, après avoir déposé délicatement une goutte du parfum “Eau sauvage” de Dior derrière ses oreilles.

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : LIANA LEVI
Date parution : 2005
ISBN : 9782867464195
Nb de pages : 212 pages

 

Sous Influence #1

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Hugo et Émilie incarnent le couple parfait aux yeux de leurs proches, jusqu’au jour où Émilie perd pied, jusqu’au jour où Hugo rentre chez lui pour découvrir le cadavre à la bouche encore barbouillée de chocolat de sa fille.
Après tout, Émilie n’avait jamais aimé les enfants…
C’est une longue descente aux enfers qui s’amorce. Emilie, tiraillée entre innocence et culpabilité, replonge dans ses souvenirs et sombre doucement dans la folie. Son entourage, sous le choc, hésite entre déni et recherche de la vérité. Comment Emilie a t-elle pu en arriver là ? Quelle faille pourrait expliquer ce terrible basculement ? Personne ne semble avoir la réponse… Mais peut-être qu’IL sait ?

Lauréat du concours Librinova 2017 « Faits divers et histoires diverses ».

Trailer

MonavisV2

Il y a quelques mois, j’ai ouvert un document Word et j’ai écrit les premiers mots de ce qui constituerait un jour Sous Influence. Je ne pensais pas que je serai embarquée à ce point par l’histoire. Le fait d’être seule, face à une feuille vierge, face à un univers de possibilités est terriblement grisant. Alors j’ai écrit, au Starbucks pour le cliché, dans mon lit avec mon ordi sur les genoux à des heures improbables, pendant les pauses entre deux cours de market. Et puis j’ai mis un point final à l’histoire. Ce fichier était destiné à vieillir dans mon ordinateur jusqu’au jour où je suis tombée sur ce concours, presque par hasard, organisé par Librinova. Le sujet: « Faits divers et histoires diverses ».

J’ai participé et envoyé mon texte sans vraiment y croire. Et il y a eu ce fameux mail deux mois plus tard : Vous avez gagné le premier prix. Vous avez remporté la publication de votre livre. Petit shot de réalité, ce n’est plus juste moi et mon Word. Ce n’est plus uniquement un Word, c’est un livre en devenir.

Écrire un roman, c’est un de ces projets qui avait toujours été dans ma check-list de vie et même si ce n’est pas le livre de la décennie, même si ce n’est qu’un premier roman, je suis tout de même fière d’avoir pu mener mon idée à terme. On a tous des rêves un peu fous et voilà, si j’ai un conseil à vous donner à mon tour c’est de vous lancer ! Si on s’en donne les moyens, on peut y arriver et je vous assure que ce sentiment, une fois la tâche accomplie, est juste incroyable. Alors, comme le dit Shonda Rhimes:

Don’t be a dreamer be a doer

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Je sais bien que l’on n’est pas aux Oscars mais je tiens tout de même à remercier l’équipe de Librinova (particulièrement Laure, Charlotte, Anais et Ophélie) pour leur réactivité, leur dynamisme et leurs précieux conseils. Pour tous ceux qui veulent se lancer dans l’auto-édition => Librinova est un bon plan je vous assure. Merci également à Paul Ivoire (un des membres du jury du concours) pour sa relecture et merci à la dream team constituée par Justine Coppeaux (éditrice), Clémentine Guyot (correctrice) et Cyntia Bertacchini (graphiste, auteure entre autre du teaser !) pour leur amitié et leur professionnalisme, pour avoir supporté mes appels et messages hystériques à des heures improbables pour respecter les deadlines et répondre à mes questions existentielles. N’hésitez pas à me contacter si vous voulez leurs coordonnées pour vos projets pro (elles sont toutes les trois sur LinkedIn!).

Et enfin, merci à tous ceux qui ont cru et continuent à croire en ce projet : Particulièrement Delphine (pour avoir consciencieusement lu chaque chapitre dans sa première version qui n’était pas transcendante), Caroline (et son enthousiasme qui m’a toujours motivé à continuer lors des moments de doute), Youmelle (pour ta bonne humeur), Marine (pour m’avoir toujours encouragée et avoir cru en cette histoire), ML, Momo, Julie, Marie, Inès, Elodie, Anne-So, les petites zouz des stages en édition et la préférée (Juliette :P).

EnconclusionV2

Voilà, c’est assez compliqué de parler de manière objective de cette histoire, je préfère ne pas vous spoiler, mais j’espère en tout cas que le teaser vous a donné envie de découvrir Sous Influence et d’en parler autour de vous !! (oui oui l’espoir fait vivre). Pour celles et ceux d’entre vous qui sont blogueurs et qui souhaiteraient que je leur envoie les premiers chap, n’hésitez pas à me contacter en MP sur la page Facebook auteur ou en commentaires 🙂

#SousInfluence est disponible à 3,99€ depuis le 13/11 en pré-commande sur Kobo et Amazon 🙂


Editeur : LIBRINOVA
Date parution : 25/11/17
ISBN : 9791026213543
Nb de pages : 387 pages