Portraits d’idoles – Frédéric Martinez

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Six actrices.
Six stars hollywoodiennes.
Six idoles du XXe siècle.

L’histoire d’Ava Gardner, de Grace Kelly, de Norma Jeane alias Marilyn, de Rita Hayworth, d’Audrey Hepburn et d’Ingrid Bergman. Nous sommes dans les années 1950 à Hollywood, en Californie, où parfois la terre tremble. Les sirènes boivent des cocktails au bord des piscines. Condamnées au sourire, elles ont vendu leur âme aux studios. Le diable est dans le décor. C’est une histoire d’amour, avec des millions de spectateurs. Alors forcément, ce n’est pas une histoire simple.

Voici six portraits de femmes, où le sublime côtoie le pathétique et le tragique coudoie le comique, portés par la plume ciselée, et unique, de Frédéric Martinez.

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Frédéric Martinez nous embarque dans une Odyssée folle avec le portrait de sa Vénus, Ava Gardner. De la petite fille qui grandit, anonyme, dans une famille modeste de Caroline du Nord, à la déesse qui fit tourner bien des têtes à Hollywood, il n’y eut que quelques années et des multiples prétendants. Mais celui que l’on retiendra c’est Franck Sinatra, avec lequel elle formera un couple mythique.

Franck aimait Ava. Elle non plus.

Tout est dit. Un amour passionné, destructeur que vivra cette sirène échouée sur les rivages alcoolisés, noyée par son succès. Ava a-t ’elle seulement été heureuse ? La beauté est-elle toujours un don de Dieu ? Il semblerait plutôt que son portrait soit celui d’une illusion, d’un fantasme parmi les hommes.

Direction Grace Kelly et son visage en porcelaine que l’on retrouve sur le couverture du livre. Cette poupée Hitcockienne jouera peut-être le plus grand rôle de sa vie, à corps perdu, en tant que princesse de Monaco. Elle renonce alors à son indépendance et à sa liberté. Beauté fragile, épiée comme un oiseau en cage par le monde entier, elle restera toujours, en un sens une icône inaccessible.

L’auteur nous propose ensuite une escale auprès d’Ingrid Bergman. Vive, intelligente et sûre d’elle. Ingrid a une idée bien précise de ce qu’elle veut dans la vie mais le rôle qu’elle avait peut-être le plus de mal à jouer c’était le sien. Rossellini, avec lequel elle vivra une histoire survoltée le comprendra bien en capturant son essence dans le magistral et moderne Stromboli, véritable documentaire de la vie de son égérie.

Vivre, c’était jouer. Entre les prises, il fallait être Ingrid Bergman.

Brève échappée vers Rita Hayworth. A-t-elle jamais pu être maîtresse de ses choix ? C’est le portrait qui m’a peut-être le plus touchée tant on sent sa détresse dans les ellipses, voulues, par l’auteur.

Son père lui avait volé son enfance, son mari lui volait sa vie, tout continuait.

La chasse aux trésors continue avec un diamant brut posé sur canapé. L’indémodable Audrey Hepburn avec son sourire malicieux et ses yeux espiègles. Véritable icône, élégante et sophistiquée. Pourtant, Audrey n’a pas connu une enfance facile, embarquée dans les tourments de l’Histoire et de la WW2, elle se réfugie dans les livres. Une vie exempte de scandale, teintée par l’amertume du destin des enfants qu’elle a vu déportés et de l’horreur de la guerre. C’est peut-être ce qui donnera un air mystérieux à son regard envoûtant.

Enfin, une arrivée à bon port avec celle qui entonnera la version la plus sensuelle de « Happy Birthday Mister President ». J’ai nommé Marilyn Monroe, cette étrange créature qui jonglera habilement entre son personnage de séductrice, fatale et celui de la ravissante idiote qui connaîtra un destin tragique.

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J’ai beaucoup aimé cette galerie de portraits et la plume de F. Martinez qui propose ici un véritable exercice de style. Portraits d’idoles : Le titre est bien choisi. On les adule, on les adore, on les idol(âtre). Peut-être trop. La beauté a toujours fasciné même lorsqu’elle se fane et subit les affres du temps. Il ressort de ces portraits une violence, une cruauté des spectateurs qui scrutent et sacrent leurs reines de beauté puis attendent d’elles qu’elles soient à la hauteur de leur statut. N’oublions pas qu’il y avait des femmes, des personnes, derrière ces idoles. Des âmes qui ont ri, pleuré et aimé avant de se déliter sous le feu des projecteurs.

Nota Bene : A lire en prenant la pose comme une star de cinéma.

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : PERRIN
Date parution : 15/10/15
ISBN : 9782262047191
Nb de pages : 400 pages

Le Street Art au tournant – Christophe Genin

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Même si le street art est indéniablement devenu une part importante du marché de l’art et un renouvellement de notre univers visuel, il continue de témoigner d’une intelligence de la rue comme rendez-vous de la variété humaine. Des mots d’amour, jetés à même le sol, aux fresques monumentales, des oeuvres à petit budget aux enchères internationales de haut vol, il s’agit d’un phénomène planétaire et contradictoire. Il court dans tous les pays, des plus développés aux plus pauvres, des plus sages aux plus turbulents. Ce phénomène donne lieu à des interprétations contradictoires, des débats d’école qui reposent le plus souvent sur une vision parcellaire. Opposer le graffiti au street art semble relever plus d’une querelle de parts de marché que d’une distinction ontologiquement fondée. Dans nos sociétés policées et policières qui font de la rue un espace sous surveillance, un lieu de contrôle insidieux pour homogénéiser les comportements et anticiper toute forme de dissidence, l’art urbain réintroduit du grain, de la disparité, de la surprise et des rencontres, redonnant des occasions de mélange et d’échange. Il redonne à nos trajectoires, à nos humeurs, à nos songes cette part d’imprévisibilité, et par là même d’incertitude, où flotte un air de liberté.

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« Je ne vois que des couleurs confusément amassées et contenues par une multitude de lignes bizarres qui forment une muraille de peinture » – Balzac, Le chef d’œuvre inconnu

Ce livre, prêté par ma tante (merci à elle au passage!) est une très belle découverte pour tous les amateurs de Street Art.

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J’ai découvert le Street Art de manière très peu originale je vous le concède, grâce aux représentations de Bansky qui égayaient joyeusement mon fil d’actualité Facebook il y a quelques années.

Comme toujours, lorsqu’un sujet m’intéresse, j’ai fait preuve d’un très (trop?) grand enthousiasme vis à vis du Street Art, guettant toutes les informations traitant de ce sujet que je trouvais passionnant. Passionnant ces graffitis me-dira-t’on? Eh bien OUI! Passionnant!

Parce que l’on ne peut pas dire que l’on n’aime pas le Street Art, de la même manière qu’on ne peut pas dire que l’on n’aime pas les livres. Ça serait absurde tant le concept revêt de formes, de genres, de messages différents. Il y a forcément une pièce qui vous parlera, à vous et rien qu’à vous!

« (…) Entre une vedette américaine de quarante ans qui passe son temps dans les galeries huppées de Londres et de New York, un anarchiste allemand de soixante ans qui vit dans un squat altermondialiste, un Parisien de vingt ans qui meurt électrifié sur les rails du métro, un Brésilien qui dépeint le désespoir de la rue, une Egyptienne qui marque son vœu d’émancipation, on a affaire à des phénomènes sociaux, politiques, économiques, esthétiques, foncièrement différents. »

Cet extrait est finalement assez parlant et l’auteur, Christophe Génin, nous révèle bien comment, d’une certaine manière, les origines et les finalités du Street Art relèvent de réalités distinctes. Le point commun de ces artistes serait peut-être l’appropriation  d’un espace appartenant à tous, la rue, ainsi que la vocation à aller contre l’ordre établi, à protester pour telle ou telle cause (l’affirmation de soi et de son identité, un signe de reconnaissance d’un entre soi ou bien un message universel).

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Cette pratique qui s’est voulue par sa forme antisystème s’est vue progressivement cannibalisée par le monde et le marché de l’art. C’est un des points sur lesquels s’attarde l’auteur et que j’ai trouvé assez intéressant puisqu’il montre, au fond, comment certains artistes ont peur de dénaturer leur travail en rentrant dans le marché (qui adore soit dit en passant ce côté un peu rock et rebelle au niveau des campagnes marketing).

Même si le Street Art n’a pas toujours gagné ses lettres de noblesse,  il n’est pas aujourd’hui une capitale qui n’a pas son exposition, son festival, de street art et qui ne glorifie pas ses plus grands représentants dans des beaux livres (comme celui-ci!) ou dans les salles d’enchères où sont vendus les graffs des artistes les plus connus et reconnus. Bansky, Ludo, Space Invader ou encore Speedy Graphito. Ils ont tous leur légitimité mais peut-on réellement parler d’Art, de courant, de mouvement artistique ?

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Christophe Génin évacue assez rapidement cette question car au-delà du vandalisme pur et dur (qui existe certes), le Street art, dans sa multiplicité, est un courant vaste, porteur d’autant de messages que d’artistes. Il est témoin d’une « intelligence de rue », d’un souffle de liberté, d’une parole qu’il faut savoir voir et écouter.

Même s’il est difficile d’étudier ce mouvement hétéroclite en constante évolution,  l’auteur nous transmet ici quelques clés de lecture, pose un diagnostic sur le Street Art et assouvit cette curiosité que l’on a face à ce nouveau phénomène artistique.

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Un très beau livre illustré qui explique de manière simple et claire les enjeux du Street Art. A partir de quand peut-on parler d’Art? Comment envisager ce mouvement par rapport aux autres arts, à l’économie et à la géopolitique? Vaste sujet qui mériterait un second tome 🙂

Nota Bene : A lire entre deux séances de marouflage 🙂

Ma note : 

quatresurcinq


Editeur : LES IMPRESSIONS NOUVELLES
Date parution : 17/11/16
ISBN : 9782874494307
Nb de pages : 258 pages

Un avion sans elle – Michel Bussi

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23 décembre 1980. Un crash d’avion dans le Jura. Une petite libellule de 3 mois tombe du ciel, orpheline. Deux familles que tout oppose se la disputent. La justice tranche : elle sera Émilie Vitral. Aujourd’hui, elle a 18 ans, la vie devant elle mais des questions plein la tête. Qui est-elle vraiment ?
Dix-huit ans que Crédule Grand-Duc, détective privé, se pose la même question. Alors qu’il s’apprête à abandonner, la vérité surgit devant ses yeux, qu’il referme aussitôt, assassiné.
Il ne reste plus à Émilie qu’un vieux carnet de notes, des souvenirs, et Marc, son frère, pour découvrir la vérité…

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Michel Bussi. Il fallait vraiment vivre sur une autre planète pour ne pas avoir entendu parler de cet auteur dont les livres sont toujours en tête de gondoles (et en tête des ventes) avec les irréductibles Musso et Levi. Si pendant quelques années j’ai succombé je l’avoue aux livres de Musso et Levi qui restent quand même des feel-good sympas à lire à la plage ou dans le train, je n’avais jamais tenté l’expérience Michel Bussi. C’est maintenant chose faite.

Je ne m’attendais pas à une écriture transcendante. À un polar efficace tout au plus. Et de  ce point de vue là je n’ai pas été déçue. L’histoire est plutôt bien menée et le véritable talent de Bussi est d’arriver à nous tenir en haleine sur une histoire un peu bancale. Le fameux « oui ce n’est pas dingue mais je veux quand même avoir le fin mot de l’histoire« !

L’histoire repose sur un drame qui a eu lieu fin décembre 1980. Un crash d’où il ne restera qu’une survivante, un petit bébé d’à peine trois mois, une véritable miraculée. Hasard du destin, il y avait deux bébés du même âge dans l’avion et très vite se pose alors la question de son identité. Est-elle Emilie Vitral ou Lyse-Rose de Calville? Les deux familles se la disputent, se l’arrachent à une époque où l’on ne parle pas encore de test ADN. La justice tranche, elle sera Emilie Vitral. Mais le doute subsiste, surtout chez son frère Marc qui ne la voit pas uniquement comme sa petite soeur et chez Malvina de Calville qui est convaincue dans son esprit torturé que c’est Lyse-Rose qui a survécu.

Le jour de ses 18 ans, Emilie reçoit un carnet d’un détective privé engagé par les De Carville qui est un véritable témoignage de presque 18 années d’enquête pour découvrir la vérité. Dans une enquête à deux vitesses, celle qui se déroule sur une journée dans le présent et celle du carnet du détective le lecteur hésite : Qui est donc Lilly, la petite libellule?

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C’était mon premier Michel Bussi. Un livre assez prenant puisque je l’ai lu d’une traite mais l’intrigue aurait gagné à être plus resserrée et plus concise. Quitte à choisir je reviens donc à mes premières amoures: les romans de plages ça restera l’exclusivité de Guillaume Musso 🙂

Nota Bene A lire dans l’avion pendant un long courrier.

Ma note :

troissurcinq


Editeur : POCKET
Date parution : 03/13
ISBN : 9782266233897
Nb de pages : 573 pages

La vie serait simple à Manneville – Pierre Cochez

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Les murs mangés par la vigne vierge, les fenêtres grandes ouvertes, Manneville est une maison de famille, celle qui abrite le jeune Bruce Dehaut, ses soeurs, de joyeux cousins, et puis des adultes occupés à profiter de l’été en lisant le journal ou en préparant des pastis-grenadine. La vie serait simple à Manneville, mais Bruce doit partir. L’Angleterre l’attend : Oxford, les études, un début de vie adulte. Là-bas, Bruce fera la rencontre d’Alex, un grand roux à la veste de tweed beige, qui fume des cigarettes en jouant au jacquet. Bruce n’avait pas prévu ça. L’amour, l’éblouissement. Et l’impossibilité d’une vie partagée.
Devenu journaliste, il sillonnera le monde, des îles Féroé au Mozambique, en quête de vérité, en quête de lui-même, pris dans un mouvement permanent. Mais Bruce l’apprendra, l’attente aussi est une façon d’aimer.

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J’aimerai dire que j’ai été totalement dépaysée en lisant ce livre mais cela ne serait pas la vérité. Le côté Neuilly/Auteuil/Passy, les parents distants, les rallyes pour rencontrer des « gens biens », et les week-end dans les châteaux de tel ou tel. Si je ne l’ai pas vécu directement j’ai pu côtoyer des personnes pour qui c’était le cas et le portrait qui en est fait me parait assez juste.

Bruce se complait vaguement dans le confort de cette vie de « gosse de riche », disons le clairement, même s’il sent bien que tout ceci reste quand même assez superficiel. La vie serait plus simple aux côtés de son meilleur ami, Armand, qui, comme lui, vit dans l’expectative de partir à Oxford, de se défaire de son nom et de se faire, en tant qu’homme, en tant que personne.

« Je sais que c’est la dernière fois que je ne suis qu’un fils heureux. Je le redoute et je l’espère. Partir doit être une joie.« 

Il est temps pour Bruce de partir à Oxford, au collège de Brasenose, (Marie si tu me lis!!!!!). Il quitte une bulle pour une autre. Le dépaysement le satisfait surtout lorsqu’il rencontre Alexander, un grand roux qui l’intrigue et le fascine.

« Les jours suivants, nous parlons peu. Nous croisons nos regards. Cela suffit à me nourrir. J’ai trop peur que la parole craque le rêve qui me berce. C’est lui qui décide de m’adresser ou non la parole.« 

Ils vivent alors leur histoire, prudemment, entre les portes. Un peu à Oxford, surtout à Manneville, l’été, dans ce point d’ancrage, ce lieu qui échappe à l’érosion du temps et où, finalement, tout est plus simple. Les années passent, Alex s’en va et Bruce reste seul, triste, avec pour seule compagnie son métier d’apprenti journaliste pour occuper ses journées.

« Je m’enfonce dans l’actualité. Elle me mange. C’est ce que je demandais. Etre mangé par la marche du monde. Je vis au rythme des sonneries. Je contemple le monde s’écrouler, exploser, s’entretuer. »

Ses voyages initiatiques, avec le souvenir d’Alex en filigrane, apprendront alors à Bruce à se connaître et apprendre à vivre.

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Le personnage de Bruce est attachant et j’ai apprécié ces quelques heures en sa compagnie. Un livre à emporter dans ses valises.

Nota Bene : A lire toujours plutôt que jamais.

Ma note : 

quatresurcinq


Editeur : ESCALES
Date parution : 13/04/17
ISBN : 9782365692694
Nb de pages : 240 pages

Quand on a que l’humour… – Amélie Antoine

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C’est l’histoire d’un humoriste en pleine gloire, adulé de tous, mais qui pense ne pas le mériter. Un homme que tout le monde envie et admire, mais que personne ne connaît vraiment. Un homme blessé qui s’est accroché au rire comme on se cramponne à une bouée de sauvetage. C’est aussi l’histoire d’un garçon qui aurait voulu un père plus présent. Un garçon qui a grandi dans l’attente et l’incompréhension. Un garçon qui a laissé la colère et le ressentiment le dévorer.

C’est une histoire de paillettes et de célébrité, mais, surtout, l’histoire d’un père et d’un fils à qui il aura fallu plus d’une vie pour se trouver.

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Je ne sais pas pourquoi j’ai été attirée par ce résumé. Par curiosité peut-être. J’ai toujours eu horreur des humoristes.  Il y a une tristesse, une mélancolie dans cette joie exacerbée qui me fout le cafard. Donc généralement j’évite, mais ici j’ai fait une exception. Grande fan de street art, j’ai été tout de suite séduite par la couverture à la Bansky que j’ai trouvé très belle et poétique. Ce petit garçon qui s’accroche et se laisse emporter par l’espoir, ce ballon coloré dérivant au gré des aléas de la vie et de ses incertitudes.

*

Amélie Antoine nous raconte ici l’histoire d’Edouard Bresson, humoriste a succès qui, ce soir du 31 mars 2017 s’apprête à tirer sa révérence après son spectacle.

Alors qu’il réfléchit sur ce qu’a été sa vie, sur la frénésie de la scène qui peine à compenser ses démons, les pensées de l’humoriste sont entrecoupées par des flashbacks de sa vie – de son enfance à aujourd’hui. La seconde partie du livre m’a beaucoup fait penser à PS, I love you. Elle est écrite du point de vue d’Arthur, le fils d’Edouard, qui tel un petit Poucet cherche les cailloux que son père à semé sur son chemin.

Au-delà de l’histoire que j’ai trouvé très belle, j’ai beaucoup aimé l’écriture de l’auteure, les petites touches et détails du quotidien qu’elle a distillé tout au long du livre et qui sonnent plus vrai que nature. Par exemple, le fait de vérifier cinquante fois le quai avant de prendre son train, les petites superstitions avec nous-meme « si je ne reçois pas de message avant… alors tout ira bien… » En un sens, on se sent moins seul après cette lecture. Comme si, à la manière d’Edouard et d’Arthur (son fils), nous aussi on prenait conscience au fur et à mesure de la lecture de l’essentiel: Dire les choses, dire aux gens qu’on les aime avant qu’il ne soit trop tard.

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Ce livre c’est un bel acte manqué. Une rencontre qui n’a pas eu lieu entre un père et son fils. Emouvant, plein de justesse. Inutile de se perdre dans trop de blabla je vais m’en tenir au fait que j’ai adoré. Amélie Antoine est définitivement une auteure à suivre 🙂

Nota Bene A lire, dans un coin calfeutré des coulisses du Stade de France en écoutant Papaoutai de Stromae.

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : MICHEL LAFON
Date parution : 04/05/17
ISBN : 9782749932651
Nb de pages : 275 pages

Je suis un tueur humaniste – David Zaoui

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Babinsky a un don. Un don du ciel. Il vise et il tire comme personne. Repêché dans l’orphelinat où il a grandi par un professionnel du crime, il devient malgré lui tueur à gages. Mais attention !  Un tueur à gages, certes, mais humaniste !
Et… qui a mis un point d’honneur à son job de liquidateur : rendre heureuses ses futures victimes avant de les tuer.

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Le pitch du livre? Un tueur qui veut rendre heureuses ses victimes avant de les tuer. Rien que le concept du livre m’a séduite tant il est bourré de références. Cela m’a tout de suite fait penser bien évidemment à Amélie Nothomb et ses romans qui mettent souvent en scène les duos mort/amour mais surtout à Un employé modèle (il faudrait d’ailleurs que je songe à publier sa critique qui traîne dans les brouillons depuis un bon moment) qui met en scène un thriller du point de vue du tueur en série (Joe Middleton).

Mais assez parlé des influences revenons-en au roman de David Zaoui! C’est assez compliqué pour moi de faire cette chronique car je n’ai pas vraiment été emballée par ce livre à la fois sur le fond et sur la forme. On nous raconte ici l’histoire d’un orphelin, Babinsky, qui est doué d’un certain talent pour le tir. Il se fait adopter par Cyrus, qui, ayant repéré les dons de son protégé se met en tête de les cultiver et peu à peu le forme à tuer.

Il ne devint pas un père de substitution, non. Mais mon pédagogue en criminalité. Un très bon instructeur chez qui j’étais nourri, logé, blanchi et armé.

J’ai eu du mal à m’attacher et à m’identifier aux personnages qui sont vraiment des caricatures par exemple dans le cas de Cyrus :  le type sans morale qui veut juste gagner du fric grâce à ses contrats. Babinsky quant à lui est une énigme. On peine à trouver de la cohérence dans sa psychologie, il apparait plutôt généreux, cherche le bonheur des autres au détriment du sien mais dans le même temps tuer ne le dérange pas plus que ça. Il s’intéresse à la philosophie mais s’exprime vraiment mal, a des pensées assez « basiques » sans réelle profondeur. Et le pire ! Le pire est ce besoin constant, dans toute la première partie du livre du moins, de répéter qu’il est un tueur humaniste …

Je me souviens avoir pensé : «Babinsky, tu vas rendre heureux plein de monde même si tu devras les refroidir après leur avoir fait vivre le plus beau jour de leur vie. Voilà ton futur métier.» J’ai commencé dès le lendemain et je suis devenu un enfant de chœur en criminalité, qui tire comme personne.

Bref, pour moi ce livre partait d’une bonne intention mais n’est pas assez étoffé, on n’arrive pas à s’attacher aux personnages secondaires qui sont trop clichés ou qui n’agissent pas de manière réaliste ou cohérente..

EnconclusionV2

Merci à David Zaoui pour l’envoi du livre. Je reste sur ma première idée que le pitch était intéressant : Un tueur qui veut rendre heureuses ses victimes avant de les éliminer. Cependant, le texte aurait gagné à être plus travaillé notamment la psychologie des personnages qui manquait de réalisme et de profondeur. En bref, un bilan en demi-teinte.

Nota Bene : A lire en écoutant du Brahms, avant d’aller chez son psy et après s’être débarrassé du corps de sa dernière victime !

deuxsurcinq


Editeur : PAUL & MIKE
Date parution : 25/11/16
ISBN : 9782366510942
Nb de pages : 240 pages

Je ne sais pas dire je t’aime – Nicolas Robin

9782843378614FS

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Paris, tu l’aimes ou tu la quittes. C’est une injonction quotidienne pour qui se retrouve la joue écrasée contre la vitre d’un métro bondé, ou se fait bousculer sur le trottoir par un type mal dégrossi. Dans ce tohu-bohu parisien, Francine déterre un passé longtemps enseveli devant un guichet d’état civil ; Juliette rêve d’avoir la beauté fulgurante d’une actrice qui éclate de rire sur un tapis rouge ; Joachim devient célèbre malgré lui en se faisant larguer en direct à la télé ; Ben essaie de ne pas finir comme ceux qui picorent leurs petits pois, le nez dans l’assiette, sans adresser un mot à l’autre.
Un chassé-croisé plein d’humour et de tendresse dans lequel chacun cherche son salut et espère entendre parler de sentiments, au coeur d’une ville épicentre de l’amour, où il est parfois difficile de se dire je t’aime.
À tous les éclopés du coeur, les éternels pudiques, les incorrigibles passionnés, ce roman  est pour vous.

MonavisV2

J’aime beaucoup les films chorale, comme « Sous les jupes des filles » , « Love actually » ou « Le code a changé ». Il faut croire qu’une histoire « chorale » sous le format livre est toute aussi distrayante qu’un de ces films feel good.

Dans son nouveau roman, Nicolas Robin nous entraîne dans ce Paris d’aujourd’hui sur fond d’élections présidentielles, dans le quotidien de personnes ordinaires. On découvre  par courts chapitres les portraits de Francine, vieille femme qui souffre du secret de ses origines; Ben, qui voit avec impuissance son couple se déliter sous ses yeux; Juliette qui se demande quand est-ce que sa vie va enfin commencer et puis Joachim qui s’est fait larguer en direct devant la France entière par sa copine.

– Vous pensez que je suis une salope?
– Pas vraiment. Vous êtes une névrosée en démarche affective.
– C’est beau, ce que vous dites.

Chaque personnage mène sa barque difficilement, comme il peut, jusqu’à ce que leurs destins ordinaires se télescopent, s’entrechoquent pour aller vers de nouveaux horizons. Je résiste à vous raconter le fin mot de l’histoire (pour ça => direction la librairie).

En attendant, ne serait-ce que pour le style, ce roman vaut la peine d’être lu! Les personnages sont frais, amusants, authentiques. On a envie de rester plus longtemps en immersion dans cette histoire. Un petit coup de coeur pour la scène mémorable du dîner! A quand le prochain?

EnconclusionV2

Un roman feel-good qui donne le SMIIILE! A mettre dans ses valises pour les vacances et pour décompresser face à l’actualité. Merci beaucoup aux éditions Anne Carrière pour ce SP

Nota Bene A lire dans un petit café à Saint Michel en écoutant « La vie en rose » d’Edith Piaf

Ma note :
quatresurcinq


Editeur : ANNE CARRIERE
Date parution : 13/04/17
ISBN : 9782843378614
Nb de pages : 260 pages