Une saison au Cambodge – Lawrence Osborne

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Robert Grieve, jeune enseignant britannique, s’offre un superbe voyage en Asie. Plus son séjour s’écoule, plus il se met à rêver de ne jamais rentrer chez lui… Or tout bascule lorsqu’il franchit la frontière thaïlandaise pour rejoindre le Cambodge. Ses économies épuisées, il tente sa chance au casino : c’est le jackpot. Mais aussi un déclencheur pour changer de vie à jamais, et disparaître.

Cependant, ses poches pleines de billets ne sont pas passées inaperçues. Alors que Robert endosse une nouvelle identité, un expat américain charmeur, un flic corrompu, un escroc chauffeur de taxi et la fille d’un riche médecin vont tour à tour modifier le cours de son existence.

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Ce livre raconte l’histoire de Robert Grieve, un jeune professeur enseignant dans un petit village d’Angleterre qui réalise que sa vie monacale et routinière n’a pas vraiment de sens. Il décide alors de tout plaquer pour voyager en Thaïlande, quelques semaines pendant les vacances d’été, tout en se demandant au fond de lui s’il ne ferait pas mieux de rester en exil, libéré de ses obligations.

On le trouve au début du livre au Cambodge, où, sans le sou, il décide de jouer les quelques dollars qui lui reste dans un Casino. Il  gagnera une somme conséquente (ce qui ne passera pas inaperçu aux yeux des locaux) et ce gain providentiel (vraiment ?) l’entrainera à la rencontre de nombreux personnages (son chauffeur, un américain expatrié etc) qui le conduiront jusqu’à la capitale où sa vie prendra un tournant décisif.

Je ne vais pas vous cacher que l’histoire ne m’a pas paru tellement trépidante. En revanche, ce qui fait la force de ce roman c’est l’ambiance lourde et moite qui ne nous quitte pas tout au long du livre, ce sont toutes les incises de l’auteur qui nous rappelle que les croyances, les fantômes, le karma sont comme des personnages à part entière du roman. Bref, on en apprend beaucoup sur la culture cambodgienne mais le thriller, en soi, ne m’a pas convaincue.

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Un bilan mitigé pour ce livre. Si j’ai été séduite pas l’ambiance et le style de l’auteur, l’histoire en elle-même ne m’a pas intéressée plus que ça. Je ne me suis pas vraiment attachée au personnage principal, ni même aux secondaires. Une petite déception donc… (à relativiser puisque j’ai lu ce livre après l’excellent Kafka sur le rivage. Ceci explique peut-être cela).

Nota Bene : A lire à l’abri des pluies diluviennes lors d’une échappée au Cambodge.

Ma note :

troissurcinq


Editeur : CALMANN-LEVY
Date parution : 10/05/17
ISBN : 9782702159484
Nb de pages : 384 pages

Kafka sur le rivage – Haruki Murakami

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Magique, hypnotique, Kafka sur le rivage est un roman d’initiation où se déploient, avec une grâce infinie et une imagination stupéfiante, toute la profondeur, la richesse de Haruki Murakami. Une œuvre majeure qui s’inscrit parmi les plus grands romans d’apprentissage de la littérature.

Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui.
Nakata, vieil homme simple d’esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse.
Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus, un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et encore bien d’autres choses… Avant de voir leur destin converger inexorablement, et de découvrir leur propre vérité.

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Il est assez difficile pour moi de rédiger cette chronique tant ce livre a pu être différent de ceux que j’ai eu l’occasion de lire ces derniers mois.

J’y appose une grille de lecture qui m’est très personnelle. Ce récit d’apprentissage onirique étant fait de métaphores et de symboles, je suppose que chacun y trouvera quelque chose de différent. Cela sera sûrement également mon cas lorsque je le relirai dans quelques années parce que je ne verrai plus la vie de la même manière, j’aurai fait de nouvelles expériences et les mots d’Haruki Murakami résonneront autrement en moi.

C’est la raison pour laquelle l’interprétation que j’en donne ici n’est pas nécessairement la bonne. D’ailleurs, je ne pense pas qu’au fond, il y ait une bonne interprétation (bonne au sens vraie). C’est ça qui fait la force de ce livre. Chacun peut y trouver ce qu’il est venu y chercher, consciemment ou pas.

« Quand on cherche désespérément quelque chose, on ne le trouve pas. Et quand on s’efforce d’éviter quelque chose, on peut être sûr que ça va venir vers nous tout naturellement »

Ce qui a été ouvert doit être fermé. Si je devais résumer ce livre en une phrase, ça serait celle-ci. Ce n’est sûrement pas la plus poétique ni la plus belle mais elle fait écho en moi parce que j’ai cette vague impression qu’elle résume ce livre si compliqué à résumer. Ce qui a été ouvert doit être fermé.

Pour moi ce livre raconte le cheminement que tout à chacun doit accomplir pour se libérer de son passé, de ses entraves et devenir soi-même, trouver son identité.

Kafka Tamura, jeune garçon de 15 ans, abandonné par sa mère partie avec sa sœur ainée, et délaissé par un  père qui ne l’aime pas, décide de partir de chez lui et de faire une fugue. Il s’y prépare consciencieusement avec le garçon nommé Corbeau (que j’interprète comme la voix intérieure qui lui insuffle courage et détermination). Son but est de trouver refuge dans une bibliothèque pour pouvoir y lire à loisir et échapper entre autre à la terrible prédiction œdipienne professée par son père (tu tueras ton père et tu coucheras avec ta mère et ta sœur).

S’ensuit alors un voyage où Kafka (ce n’est pas son prénom d’origine mais celui qu’il s’est choisi – il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire sur ce sujet !) essaiera d’échapper à cette malédiction tout en s’efforçant inconsciemment de la réaliser (en couchant avec celles qu’il considère symboliquement comme sa mère et sa sœur). Au cours de son périple, il arrivera dans une bibliothèque, symbole de la mémoire dans laquelle les livres représentent le passé et les souvenirs. Kafka y cherchera sans doute les réponses à ses questions existentielles : pourquoi sa mère l’a-t-elle abandonné ? Mademoiselle Saeki, femme dont il devait nécessairement tomber amoureux, est-elle sa mère ?

Je me permets ici un petit point sur le personnage de Mademoiselle Saeki que j’ai trouvé fascinant. C’est peut-être une des pierres angulaires du livre. Une de celles qui est entrée mais qui n’est pas totalement sortie. Mademoiselle Saeki a perdu son amour de jeunesse, évènement traumatisant à la suite duquel elle n’a plus jamais vraiment été la même. C’est comme si ce jour-là, la jeune fille pleine de vie qu’elle était pendant les jours heureux de ses quinze ans l’avait abandonnée, restant coincée dans les limbes, dans cet ailleurs à peine perceptible, dans ce lieu de mémoire entre le vie et la mort ou Kafka peut percevoir à la fois la jeune fille qu’elle a été et la femme qu’elle est aujourd’hui. Il y aurait, là-encore, beaucoup à dire sur Mademoiselle Saeki, touchante à de multiples niveaux.

Kafka poursuivra sa quête, son cheminement personnel (la forêt labyrinthique), se perdra dans ses souvenirs, dans une vie n’étant qu’hypothèses et possibilités mais il décidera, au contraire d’Orphée, de ne pas se retourner et de laisser Eurydice derrière lui. Il faut fermer ce qui a été ouvert. Il faut laisser Eurydice de l’autre côté, sa mère, sa sœur, le souvenir de Mademoiselle Saeki. Kafka doit les laisser pour se retrouver, à son réveil, dans un monde complètement différent.

L’histoire de Kafka n’aurait pas été si puissante et si onirique (malgré la somme astronomique de symboles distillés tout au long du livre) sans les péripéties en parallèle de  Nakata, vieil homme un peu simplet (au premier abord) qui lui aussi chemine dans cette quête identitaire, quête dont il n’a que vaguement conscience.

Voyez-vous, Nakata n’est pas un vieil homme comme les autres. Il est entré mais il n’est jamais vraiment ressorti. Lors d’un évènement inexplicable au Japon lors de la seconde guerre mondiale, un groupe d’enfants a perdu connaissance dans la forêt et s’est réveillé quelques minutes plus tard sans le moindre souvenir de ce qui leur était arrivé et sans aucunes séquelles apparentes. Tous sauf un. Nakata est resté de l’autre côté, dans le coma, pendant quelques semaines et s’est réveillé complètement vide. Ses souvenirs effacés comme une bibliothèque sans livres.

« Nous perdons tous sans cesse des choses qui nous sont précieuses, déclare-t-il quand la sonnerie du téléphone a enfin cessé de retentir. Des occasions précieuses, des possibilités, des sentiments qu’on ne pourra pas retrouver. C’est cela aussi, vivre. Mais à l’intérieur de notre esprit – je crois que c’est à l’intérieur de notre esprit -, il y a une petite pièce dans laquelle nous stockons le souvenir de toutes ces occasions perdues. Une pièce avec des rayonnages, comme dans cette bibliothèque, j’imagine. Et il faut que nous fabriquions un index, avec des cartes de références, pour connaître précisément ce qu’il y a dans nos cœurs. Il faut aussi balayer cette pièce, l’aérer ; changer l’eau des fleurs. En d’autres termes, tu devras vivre dans ta propre bibliothèque »

Il devient alors cet homme un peu simplet, décalé, qui voit le monde d’une manière totalement différente (est-il simplet pour autant ? Là est toute la question). Il gagne cependant la faculté de pouvoir converser avec les chats et suite à une série d’évènements improbables en vient à quitter son quartier natal pour s’embarquer dans une aventure dont il ne connait pas la fin. Il sait juste qu’il doit aller quelque part pour aller faire quelque chose d’important. Aller où et faire quoi ? Il ne sait pas. Il le saura au moment venu. Il en est convaincu et parvient presque à nous en convaincre aussi, en même temps que Hoshino, son compagnon de voyage qui, d’individu rationnel, parvient peu à peu à lâcher prise et à accepter l’étrange et l’incongru.

« Même si j’y comprends que dalle, je fais ce que vous me dites, comme vous me le dites. J’ai pris conscience de ça hier soir. Je me suis dit qu’il était inutile de me poser des questions normales à propos de trucs qui ne le sont pas. »

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Bref, je pourrai parler de ce livre pendant des heures tant il est intéressant, riche et complexe. Merci à Cyntia de me l’avoir fait découvrir. J’en ressors différente et c’est pour moi la caractéristique d’un grand livre.

Nota Bene : A lire en écoutant le chant envoûtant de Mademoiselle Saeki qui chante « Kafka sur le Rivage ».

Ma note :lovediit


Editeur : BELFOND
Date parution : 05/01/06
ISBN : 9782714440419
Nb de pages : 624 pages

La vengeance des mères – Jim Fergus

9782749143293

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1875.
Dans le but de favoriser l’intégration, un chef cheyenne, Little Wolf, propose au président Grant d’échanger mille chevaux contre mille femmes blanches pour les marier à ses guerriers. Grant accepte et envoie dans les contrées reculées du Nebraska les premières femmes, pour la plupart « recrutées » de force dans les pénitenciers et les asiles du pays. En dépit de tous les traités, la tribu de Little Wolf ne tarde pas à être exterminée par l’armée américaine, et quelques femmes blanches seulement échappent à ce massacre.
Parmi elles, deux sœurs, Margaret et Susan Kelly, qui, traumatisées par la perte de leurs enfants et par le comportement sanguinaire de l’armée, refusent de rejoindre la « civilisation ». Après avoir trouvé refuge dans la tribu de Sitting Bull, elles vont prendre le parti du peuple indien et se lancer, avec quelques prisonnières des Sioux, dans une lutte désespérée pour leur survie.

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Ce n’est pas l’attrait de la découverte mais le plaisir des retrouvailles que j’ai ressenti en lisant la suite de 1000 femmes blanches.

Même s’il est possible de lire ce tome sans avoir lu le précédent, il est tout de même conseillé d’avoir lu le premier pour bien comprendre les enjeux et le contexte de l’histoire. On quittait les carnets de May Dodd, morte après le carnage de l’armée américaine au sein du campement de Little Wolf. Il n’y aura que quelques rescapées après le massacre. Parmi elles, les sœurs Kelly, les tornades rousses qui ont vu périr sous leurs yeux leurs amies, maris et enfants. Elles n’ont désormais qu’une idée en tête: se venger. C’est viscéral. Un besoin, une nécessité.

Même en enfer, on sait pas ce que c’est, la vengeance d’une mère.

L’auteur nous raconte alors, à travers des carnets encore une fois (pourquoi changer une recette qui marche?), le périple de Meggy et Susie ainsi que celui de Molly, nouvelle forte figure féminine faisant partie d’un autre convoi de femmes blanches. A travers leurs portraits, leurs histoires, on nous transporte une nouvelle fois dans les coutumes indiennes, dans cette nature sauvage où les femmes ne cesseront d’essayer de prendre la place qui leur revient.

Moi, c’est Meggie Kelly, et avec Susie, ma sœur jumelle, on a décidé de prendre la plume. Un crayon, quoi. Il nous reste plus rien à nous, moins que rien. Le village de notre Peuple est détruit, tout ce qu’on avait a brûlé. Nos amis massacrés par les soldats… nos petites filles mortes de froid pendant cette horrible marche dans ces montagnes pleines de cailloux. C’est comme si on sentait plus rien, on est nous-mêmes à moitié mortes. Et de nous, ce qui reste, c’est nos cœurs, des cœurs de pierre maintenant. Maudit soit l’État américain ! Maudite soit son armée ! Cette humanité de sauvages, les Blancs comme les Indiens ! Et le bon Dieu dans les cieux ! Faut pas prendre ça à la légère, la vengeance d’une mère, vous allez voir ce que vous allez voir…

 

EnconclusionV2

L’histoire sent peut-être un peu le réchauffé parce qu’au fond, l’histoire est tout de même moins trépidante que lors du premier tome mais l’auteur a un tel talent pour raconter ses histoires et nous emporter avec lui, aux côtés de ces femmes et de leur destin que je pense que cette suite mérite largement d’être lue, connue et reconnue.

Nota Bene : A lire au coin du feu, emmitouflé dans une peau de bison…

Ma note : 

cinqsurcinq


Editeur : CHERCHE MIDI
Date parution : 22/09/16
ISBN : 9782749143293
Nb de pages : 464 pages

Les Mandible – Lionel Shriver

9782714474230

SynopsisV2

Aux États-Unis, en 2029.

Les États-Unis ont élu leur premier président latino, l’Espagnol est devenu la première langue du pays, l’Indonésie a annexé l’Australie et Poutine est toujours au pouvoir.
Comme toutes les familles américaines, les Mandible subissent la crise économique. La situation est grave mais pas désespérées : certes, les légumes sont devenus hors de prix, l’eau est une denrée rare, même le papier toilette est soumis à la plus grande rigueur, mais les comptes du patriarche sont bien garnis, l’heure de l’héritage est proche.
C’est alors que le Président Alvarado annonce la faillite des États-Unis : l’argent des particuliers est réquisitionné, les seniors sont expulsés de leur maison de retraite, les salaires ne sont plus versés. La maison de Florence Mandible devient le dernier refuge de toute la famille. Mais combien de personnes peuvent vivre en totale promiscuité dans une petite maison de Brooklyn ? Combien de temps avant que la solidarité entre ses habitants ne laisse place à la colère, à la haine ? Avant que la famille Mandible ne s’écroule, comme le reste du monde qui l’entoure ?

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J’ai lu ce livre la semaine des élections, autant dire que j’étais plein dans la dynamique « quel serait le pire monde possible »? #Voltaire.

J’ai abordé cette histoire avec curiosité parce que j’avais entendu beaucoup de bien de Lionel Shriver et de ces précédents livres mais pour être honnête, celui-ci m’est un peu tombé des mains. Pourtant je suis une grande fan de dystopies (à niveau presque maladif soit dit en passant). Coucou Margaret Atwood! Si je n’ai absolument rien à reprocher à l’écriture et aux portraits extrêmement précis et réalistes des personnages, j’ai en revanche été très vite agacée par les longues (très longues, trop longues?) considérations économiques de l’auteure à tel point que parfois j’avais l’impression d’avoir sous les yeux un essai d’éco et non pas un roman. Et pourtant je suis en école de commerce donc je devrais être habituée.

Mais je lis principalement pour me détendre, m’évader un peu, très loin si possible alors me replonger dans des taux d’intérêts, fonds de pension et tutti quanti. Au secours. Je vous met à titre d’exemple un des (nombreux) passages qui entrecoupait de manière quasi-systématique l’intrigue.

Exactement. Tu as la France qui se trouve dans l’incapacité totale de refinancer une tranche de la dette arrivée à échéance, mais l’Allemagne et la BCE sont intervenues immédiatement, donc ce n’est pas comme s’ils risquaient de fermer la tour Eiffel par manque de financement. Ils en ont contrarié quelques-uns, c’est tout. Quant à Barclay’s au Royaume-Uni, la version officielle est que le gouvernement d’Ed Balls ne peut pas la renflouer cette fois-ci, mais ce n’est qu’une posture stratégique. Je suis prêt à parier qu’ils trouveront assez de pièces de dix pence entre les coussins des canapés de Downing Street pour empêcher la banque d’aller dans le mur. Et hier, deux fonds spéculatifs un peu nerveux de Zurich et de Bruxelles ont quasiment soldé à zéro leurs positions en dollars et investi dans l’or. Grand bien leur fasse. Ils se serviront de leurs beaux lingots comme presse-papiers quand l’or s’effondrera de nouveau.

Bon OK je vous l’accorde c’est compréhensible mais quand même, je trouvais que vu le sujet choisi, on aurait pu partir sur des pistes beaucoup plus intéressantes et vraiment mettre les personnages au centre plutôt que explications qui n’en finissaient pas.

Tout ça pour dire que ce détail m’a réellement gâché une lecture qui aurait été agréable sans ce fâcheux aspect.

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Une thèse assez intéressante sur une alternative de notre société. Si vous aimez l’économie foncez sinon… Foncez quand même, ça vaut le coup de découvrir cette auteure 🙂

Nota Bene : A lire dans un régime démocratique, sans l’ombre d’un populiste avec sa petite frisure blonde sur le crâne.

Ma note : 

troissurcinq


Editeur : BELFOND
Date parution : 04/05/17
ISBN : 9782714474230
Nb de pages : 528 pages

La maison de poupée – MJ Arlidge

9782365692953

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Une jeune femme se réveille, désorientée. Elle n’est pas dans son lit mais dans une cave. Prisonnière d’un simulacre de chambre. La panique monte. Comment a-t-elle atterri là ?Pourquoi ?
Non loin de là, des promeneurs font une découverte macabre : le corps décomposé d’une femme. Sa disparition n’a jamais été signalée : sa famille recevait régulièrement de ses nouvelles via les réseaux sociaux et n’avait donc aucune raison de s’inquiéter. Quel assassin peut être assez pervers pour jouer ainsi avec les proches de ses victimes ?
La détective Helen Grace se lance sur la piste de ce meurtrier redoutable. Un prédateur vicieux et intelligent qui ne recule devant rien. Mais elle doit faire vite. Quelque part, une femme lutte pour sa survie…

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Voilà un nouveau livre de MJ Arlidge dont j’avais déjà lu un précédent livre: Am Stram Gram. Elle en publié un autre l’année dernière « Il court, il court le furet » pour ceux que ça intéresse. Là encore, il s’agit d’une histoire qui met en scène sa détective fétiche, Helen Grace, sur les traces d’un serial killer.

Le principal talent de l’auteure réside dans la construction de son intrigue et l’alternance des points de vue entre Ruby (la jeune femme qui a été enlevée), le serial killer et la partie concernant l’enquête. Il est toujours intéressant d’avoir plusieurs perspectives d’un même évènement et passer d’un personnage à l’autre. Cela permet de construire de manière efficace la tension dramatique.

Brièvement, le pitch : C’est l’histoire d’un psychopathe qui a pour particularité d’enlever ses victimes (jeunes femmes isolées ou ayant plus ou moins perdu contact avec leur entourage) et de continuer à les faire vivre sur les réseaux sociaux, par SMS etc. Ce mécanisme est extrêmement pervers (est-il nécessaire de le préciser) mais j’ai trouvé que c’était une excellente idée. J‘avais envie de savoir le pourquoi de tout ça, qu’est-ce qui avait bien pu arriver au tueur pour qu’il en arrive là. Mais encore une fois, j’ai été déçue par la réponse qui me paraissait trop simple, pas assez fouillée.

Néanmoins, les passages avec Ruby (la victime) sont très bien écrits et font froid dans le dos, ce qui relève sensiblement le niveau d’un roman qui sinon aurait été moyen (dans la mesure où le côté enquête n’était pas des plus trépidants).

« C’était dit avec le sourire, mais Ruby en eut froid dans le dos. A cet instant, elle comprit avec clarté ce qu’elle aurait dû savoir depuis le début: cet inconnu exerçait un droit de vie et de mort sur elle.« 

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J’ai l’impression que c’est une malédiction avec cette auteure. A chaque fois le pitch me fait terriblement envie, les scènes avec les victimes et du point de vue du serial killer sont excellentes mais là où le bat blesse c’est dans l’enquête avec la détective Helen Grace. J’ai vraiment du mal à accrocher avec son personnage récurrent à travers les tomes. En somme, La maison de poupée est un bon thriller, dans la même veine qu’Am Stram Gram mais il ne répond pas à toutes ses promesses.

Nota Bene : A lire dans une cave noire. Noire et obscure. Obscure et sombre, après une soirée un peu rock’n’roll 😛

troissurcinq


Editeur : ESCALES
Date parution : 30/03/17
ISBN : 9782365693240
Nb de pages : 284 pages

Am stram gram – MJ Alridge

9782365690812

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Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d’une piscine vide dont il est impossible de s’échapper. A côté d’eux, un pistolet chargé d’une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message : « Vous devez tuer pour vivre. » Les jours passent, la faim et la soif s’intensifient, l’angoisse monte. Jusqu’à l’issue fatale. Les enlèvements se répètent.

Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n’avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire. Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe. Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.

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Je me suis jetée sur ce livre comme la misère sur le pauvre monde ou comme une addict au chocolat sur un macaron Pierre Hermé. Aussitôt dans les mains, aussitôt soupesé, lu, dévoré.

Am Stram Gram pique et pique et colegram bourre et bourre et ratatam Am Stram Gram.

Un tueur qui aime jouer avec ses victimes comme avec des marionnettes. On l’imagine, assis derrière son écran avec un grand saladier de pop corn en train de se délecter du spectacle. A chaque fois ses deux « joueurs » sont précautionneusement choisis : un jeune couple, des collègues de travail, une mère et sa fille… Et à chaque fois la même règle. Il place méticuleusement les éléments du décor et les acteurs et c’est parti. Am stram Gram. A partir de combien de temps envisage-t-on sérieusement de tuer l’autre pour sauver sa peau ? Quand est-ce que l’on perd son humanité ? Est-on réellement prêt à tout pour survivre ?

La recette semblait fonctionner. Le concept était terriblement attirant, je m’attendais à de grands drames psychologiques, à un plan machiavélique mené par un tueur tout aussi tordu que ses mises en scène mais…non. La policière en charge de l’enquête, Helen, torturée, un brin masochiste, est en charge de l’enquête et si l’auteur maitrise bien les ficelles du polar traditionnel il manque ce petit truc en plus qui nous fait tourner les pages avec une frénésie presque maladive. On est trop dans la caricature, les portraits ne sont pas assez fouillés à mon goût et la fin est… décevante. Tout ça pour ça. Surtout au regard de la quatrième de couverture qui m’avait vraiment donné envie.

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Am Stram Gram, encore une comptine qui prends un aspect glaçant comme celle des Dix petits nègres d’Agatha Christie. Le concept est particulièrement pervers et efficace : tuer ou être tué. Pas d’échappatoire. Pour le concept : chapeau bas, pour le reste… pas à la hauteur de mes attentes. Je lui met cette note principalement à cause du concept et de la scène d’ouverture dans la piscine. MJ Arlidge revient d’ailleurs dans un nouveau polar « La maison de Poupée » dont je publierai la critique la semaine pro 🙂

Nota Bene : A lire au fond d’une piscine vide avec son meilleur ami. Ambiance.

troissurcinq


Editeur : ESCALES
Date parution : 19/03/16
ISBN : 9782365690812
Nb de pages : 364 pages

Le murmure du vent – Karen Viggers

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L’auteur des best-sellers La Mémoire des embruns et La Maison des hautes falaises revient avec un troisième roman bouleversant.

Quand Abby rencontre Cameron, tout en lui l’agace. Biologiste, elle arpente seule la vallée des monts Brindabella pour observer le comportement des kangourous. Il est un jeune journaliste enquête d’un article pouvant susciter la polémique. Quand il cherche à la revoir, elle fait tout pour l’éloigner. Pourquoi prendrait-elle le risque d’être à nouveau blessée par la vie ?
Un jour, elle rencontre une vieille dame, Daphné, qui a passé sa jeunesse dans ces montagnes et vient régulièrement se ressourcer dans cette nature si chère à son coeur. Malgré leur différence d’âge, les deux femmes se rapprochent. Avec délicatesse, Daphné essaye de sortir Abby de son marasme. Leur amitié leur permettra peut-être enfin de se libérer du passé et de sourire à l’avenir ?

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JOIE, BONHEUR! Un nouveau Karen Viggers, je suis ravie! Après les baleines voilà les kangourous, après Lex et Callista voilà Cameron et Abby. On prend de nouveaux ingrédients, on applique la recette magique et on recommence.

J’avais déjà été conquise par La maison des hautes falaises et ce nouveau livre de Karen Viggers ne m’a absolument pas déçue. Dès les premières lignes, on retrouve cette même écriture, cette poésie, ainsi que ces personnages torturés qui évoluent dans de grands espaces, dans les montagnes et le bush australien. La nature, là encore, est omniprésente.

Ce roman c’est d’abord une histoire d’amour entre Cameron et Abby. Cette dernière est une jeune femme de 23 ans qui est biologiste et étudie les kangourous, une activité solitaire et passionnante qui lui permet de rester seule avec elle-même et de ne pas être dans la superficialité des relations avec les personnes de son âge. Elle rencontre Cameron, un jeune journaliste dans le cadre d’une interview et même si fatalement, elle est attirée par lui, elle a peur de s’attacher, de le perdre. De se perdre.

– Je ne sais pas, mais j’ai l’impression que tu me tiens à distance. Laisse-moi percer ton mystère.
– Donne moi un peu de temps. Le temps de fuir, complète-t-elle intérieurement en se levant pour aller à la salle de bains.

Cette histoire c’est aussi la rencontre d’Abby avec Daphné, cette vieille femme qui lui rappelle sa grand-mère et avec qui elle se sent en confiance. Au long de son roman, Karen Viggers souligne l’importance des liens avec les autres générations, comment chacun peut apporter à l’autre et nouer des relations sincères.

– J’ai pas besoin d’une maman, grogne-t-il. Je suis assez grand pour faire face tout seul. Mais Abby sait bien que ce n’est pas vrai. Tout le monde a besoin d’une mère. Ceux qui ont en une ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont.

Au fond, Karen Viggers traite de thèmes essentiels dans ses livres et particulièrement celui-ci: comment les hommes s’inscrivent dans la nature (a t’on le droit de tuer les kangourous pour préserver un écosystème?), comment faire face à la perte, le deuil. Et surtout, surtout, comment réussir à revivre? Elle réhabilite également le peuple des aborigènes persécutés par les blancs et dont l’histoire a trop souvent été effacée des mémoires.

Un goût de bile lui remplit la bouche, elle s’étrangle. Les yeux morts fixent le vide. Dire qu’il y a quelques minutes à peine le kangourou était bien vivant et qu’il ne reste de lui que cette carcasse à présent. Si peu de chose sépare la vie de la mort. Abby en sait quelque chose.

Si l’on apprend quelque chose dans ce livre c’est qu’on a tous le droit de trouver sa place au soleil. Je vous conseille réellement de découvrir cette auteur qui est juste adorable, aussi sincère et authentique que son écriture 🙂 Je suis encore dans une petite période post lune de miel après le brunch organisé par Le Livre de Poche et Les Escales samedi dernier 🙂

EnconclusionV2

Une très belle escale en Australie, une bouffée d’oxygène qui nous enseigne l’humilité face à la nature et le courage d’affronter ses peurs. Vivre plutôt que survivre. Mon seul reproche serait peut-être la trop grande similarité entre ce livre et son précédent. Saura-t-elle se renouveler pour ses prochains titres?

Nota Bene : A lire d’une main, en tenant un joey dans ses bras.

quatresurcinq


Editeur : LES ESCALES
Date parution : 06/04/17
ISBN : 9782365692861
Nb de pages : 546 pages