Moon Brothers – Sarah Crossan

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Joe Moon a dix-sept ans. Il vient de quitter New York pour aller vivre un temps au Texas. Son frère aîné, Ed, est en prison là-bas. Jugé coupable du meurtre d’un policier, il attend son exécution dans le couloir de la mort. Or, la date approche. Alors Joe veut être là, aider son frère à affronter ces dernières semaines. Car sinon, Ed sera tout seul. Mais voilà qu’un nouvel avocat reprend la défense du condamné… et il a l’air d’y croire. Joe osera-t-il espérer encore ?

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Tout d’abord j’ai envie de dire bravo. Parce que c’est le genre de livre qui se lit d’un coup. D’une traite. Comme ça. Un rythme martelé, un style cash. Une fuite en avant vers une issue que l’on sait inévitable.

Joe nous raconte, par bribes, son histoire et celle de son frère Edward. Ed va mourir. Parce qu’il a tué un homme 10 ans auparavant. Ou peut-être pas. Mais ça on s’en fout. On s’en fout parce que ce n’est pas vraiment la question de sa culpabilité qui se joue ici. C’est l’histoire d’une famille, brisée par un drame, comme il en arrive tant et comme il en arrivera encore. Ce sont les injustices, c’est la tante Karen qui croit Ed coupable, c’est une mère défaillante et absente. Mais c’est surtout Joe. Joe qui doit se construire et vivre avec le souvenir de cette figure paternelle en prison.
Il espère.
Paumé.
Entre deux footing dans la chaleur étouffante du Texas.

Le système est contre son frère et il sait, même s’il ne veut pas vraiment se l’avouer, que rien de pourra les sauver.

« Les pires choses qu’on fait, ça nous définit pas,
ni les pires choses qu’on nous fait à nous.
On est plein d’autres trucs au-delà de ça.
Comme par exemple…
On est toutes les fois
où on se prépare un bol de céréales,
où on regarde Buffy contre les vampires,
où on aide une vieille dame à descendre du bus.
On est les bons, les brutes et les idiots, tout à la fois,
tu vois ?« 

Cette histoire c’est surtout celle de la double-peine. Celle infligée aux familles des coupables. Les regards mauvais dans la rue.

Si le thème abordé par l’auteure est puissant, le propos est sublimé par l’écriture de Sarah Crossan. Elle ne s’embarrasse pas de phrases à rallonge, de descriptions à n’en plus finir sur les états d’âmes des personnages (ce qui m’a manqué d’une certaine manière car c’est souvent ce que je recherche dans des romans) mais le parti-pris reste intéressant. C’est brut. Morcelé. Comme la vie de Joe.

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Un roman fort pour les YA. Le ton n’est pas moralisateur, le débat sur la peine de mort n’est finalement évoqué qu’en filigrane le long du texte. Ce livre est l’histoire d’un jeune homme de 17 ans, qui cherche des réponses, qui essaie de traverser cette épreuve qu’on lui impose : le meurtre légalisé de son grand-frère, réduit pour la société à cette image terrifiante d’un mugshot, réduit à un acte qu’il a prétendument commis.

Nota Bene : A lire entre deux les deux coups du marteau de la justice.

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Editeur : RAGEOT
Date parution : 11/09/19
ISBN : 9782700273687
Nb de pages : 384 pages

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Mensonge – JP Delaney

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Claire, étudiante anglaise en art dramatique, finance ses études d’une manière peu conventionnel e : elle flirte, pour le compte d’un cabinet d’avocats spécialisé dans les divorces, avec des hommes mariés suspectés d’infidélité. Lorsque la femme de l’un d’entre eux est retrouvée morte, tout change… La police exige de Claire qu’elle utilise ses talents d’actrice pour faire avouer le mari. Dès le début, elle n’est cependant pas sûre du rôle qu’elle doit jouer dans cette mise en scène mensongère, mais elle ne veut pas non plus que les enquêteurs la questionnent sur la nuit du meurtre. Bientôt, Claire se rend compte qu’elle est en train de jouer le rôle le plus mortel de sa vie…

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Cela faisait une éternité que je ne m’étais pas plongée dans un thriller mais JP  Delaney oblige, j’ai cédé à la tentation. Ma première impression, quelques minutes à peine après la lecture de ce roman reste assez mitigée. Oui je l’ai lu d’une traite, oui on sent la maîtrise et l’efficacité dans la plume de l’auteur mais il manquait quelque chose dans ce livre. Cet attachement au personnage principal, Claire, qui nous raconte l’histoire.

Mais n’était-ce pas aussi voulu de la part de l’auteur? Qu’on s’interroge, qu’on remette tout en cause, encore et encore, qu’on se perde ou qu’on se gagne comme cette jeune femme qui a fait de sa vie un film jusqu’à parfois être sur la tangente?

« Suis-je la seule qui se voit constamment jouer dans le film de sa vie? Lorsque je pose la question à mes amis, la plupart répondent que ça ne leur arrive jamais. Mais je les soupçonne de mentir. Pourquoi devenir comédien, sinon pour modifier la réalité? »

Le pitch du livre est assez tentant. Une jeune femme qui use de ses talents d’actrice pour financer ses études jusqu’au drame : l’assassinat d’une mystérieuse Stella. La police lui demande alors d’enquêter sur son mari, Patrick, le principal suspect, en lui créant une couverture à la hauteur de son talent. Mais dans ce jeu dangereux, qui est le chat? Qui est la souris? Qui manipule qui?

Ce qui était intéressant, au-delà du doute tout au long du roman quant à ce qui est vraiment en jeu dans cette histoire, c’est finalement le doute identitaire de Claire, qui elle-même ne sait plus parfois si elle porte un masque ou pas. Très psycho.

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J’avais beaucoup apprécié la lecture de La fille d’avant qui m’avait réellement tenue en haleine mais le bilan est un peu plus mitigé pour moi cette fois-ci. En résumé, cela reste tout de même une bonne lecture pour les amateurs de thrillers et de retournements de situation !

Nota Bene : A lire entre deux poèmes de Baudelaire.

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Editeur : FAYARD
Date parution : 18/09/19
ISBN : 9782863745137
Nb de pages : 432 pages

La femme d’en haut – Claire Messud

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Nora ressemble à votre voisine du dessus, celle qui vous sourit chaleureusement dans l’escalier mais dont vous ignorez tout. Lorsque la belle Sirena, accompagnée de son mari et de son fils, fait irruption dans son existence d’institutrice dévouée, elle réveille un flot de sentiments longtemps réprimés. Mais échappe-t-on réellement au statut de femme de second plan ?

Claire Messud brise avec acidité le mythe de la femme sans histoires, pour la révéler grinçante et en colère, habitée d’espoirs fous et, inévitablement, de fracassantes désillusions.

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Les gens n’ont pas envie de s’inquiéter pour la femme d’en haut. Elle est fiable, organisée, sans histoires. 

J’ai tout de suite été séduite par la 4ème de couverture, cette description de la voisine sans histoire qui semble avoir la vie banale et normale par excellence. Qui se cache derrière cette femme ni belle ni moche, ni jeune ni vieille, ni blonde ni brune ?

Nora est cette fille/femme qui a toujours fait plus ou moins ce que l’on attendait d’elle (la bonne copine, la bonne prof, la digne héritière des rêves contrariés de sa mère et de ses envies d’évasion). Elle n’a jamais eu le courage de vivre ses ambitions, d’oser être pleinement elle-même ; comme si son avis était un critère parmi tant d’autres dans son processus de décision, un critère d’une importance relative par rapport aux exigences de ses parents et des valeurs reçues par son éducation.

Lorsque les trois membres de la famille Shahid font irruption dans sa vie terne et grise, Nora semble enfin timidement commencer à connaitre le bonheur et voir la vie en couleur en se révélant en tant que mère, que femme et qu’artiste. Mais le tableau n’est pas si rose car au-delà de l’amitié apparente que lui porte cette famille on voit se dessiner une relation à sens unique, une amitié/amour non partagée qui finira à obliger Nora à se remettre en question et s’autoriser à Vivre avec un V majuscule.

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Une lecture extrêmement intéressante sur les vices de l’amitié, sur la confiance en soi et la création artistique.

Nota Bene : A lire en écoutant « The Ballad of Lucy Jordan » après une promenade en voiture de sport dans le dédale des rues parisiennes. Pour les curieux vous pouvez vous rendre ici pour avoir un avis plus détaillé !

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Editeur : FOLIO
Date parution : 17/03/16
ISBN : 9782070468881
Nb de pages : 416

Not a « what if » situation anymore

We often reach this point in a distopian series where we wonder what we would do in this situation. What would we do if women were deprived of basic human rights ? What would we do if a bunch of white old men would casually treat women like living wombs ? What would we do if women were taken away their rights to read, to write, to breathe? What would we do during this slow and scary revolution to dictatorship ?
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Would we turn a blind eye on it? Would we tweet about it? Would we discuss it on dinners among friends? Would we stand together and protest on the streets?
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Well. I wish it could only have been a « what if » situation, a random train of thoughts and a wild escape in our imagination but it is not a « what if » situation anymore. Today, in America, doctors can actually go to jail for performing abortions, woman face prison if not death for it. Rapists face less consequences than their victims. This is not just « another bad news » among the bad news. This is clearly war on women. And America is next door. Let’s wake up and not allow any longer our basic rights to be challenged. As much as I love reading and watching The Handmaid’s Tale by the brilliant Margaret Atwood, let’s not make it our reality. Humanity can do better. We can do better.
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Le chardonneret – Donna Tartt

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C’est un minuscule tableau de maître. Un oiseau fascinant. Inestimable.
La raison pour laquelle Theo Decker, 13 ans, s’est retrouvé en possession de ce chef-d’œuvre de l’art flamand est une longue histoire… Un hasard qui, huit ans après ce jour tragique de pluie et de cendres à New York, l’obsède toujours autant. Des salons huppés de Manhattan aux bas-fonds mafieux d’Amsterdam ou de Las Vegas, Le Chardonneret surveille l’effroyable descente aux enfers de Theo et préside à son étrange destin…

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Donna Tartt écrit un livre tous les 10 ans. Son premier? Le maître des illusions, peut-être le livre qui m’a le plus marqué et qui m’a définitivement convaincue que je voulais travailler dans l’édition. Son second? Le petit copain, J’ai craqué au bout de quoi? 3 semaines? Brillant encore, on y retrouve l’atmosphère et la beauté de son univers. Le Chardonneret je voulais me le garder pour un moment spécial, comme une petite pépite parce que je savais qu’une fois lu, ingurgité, dévoré (il fait quand même près de 1000 pages) il ne me resterait plus qu’à attendre, bêtement comme une âme en peine, de longues années avant de tenir entre les mains un nouveau livre qui vaille la peine d’être lu. Si elle suit son schéma habituel son prochain livre sortira en 2023… 4 years to go…

Bref, ce livre c’était mon cadeau de Noël de moi à moi (meilleur cadeau je précise) et je l’ai lu emmitouflée dans mon plaid pendant les vacances qui ont suivi. Là encore, une claque. Comment résumer ce livre? En fait ce n’était pas UN livre, c’était une longue immersion de plus d’une dizaine d’années dans la vie de Théo, de New York à Amsterdam en passant par Las Vegas. J’ai peut-être plus appris, plus compris de chose à ma vie, à LA vie en général en lisant ce livre qu’en de nombreuses années d’existence. J’en suis ressortie tellement exaltée que j’ai été incapable de lire quoi que soit d’autre pendant plusieurs semaines tant j’étais habitée par l’univers de Donna Tartt. Inutile de préciser que toutes les lectures qui ont suivi ont été fades et insipides…

Ce livre n’est pas juste un livre c’est tellement plus. C’est une expérience de vie, une révélation. Donna Tartt a achevé mon coeur à coup de plume, à coup de mots tranchants sur le papier. Si je devais résumer ce livre :

  • en un tableau ça serait Le Chardonneret de Fabritius (évidemment)
  • en un extrait de film ça serait la scène du sac plastique d’American Beauty,
  • en une affliction ça serait Le syndrome de Stendhal

 

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Donna Tartt disait « la musique est l’espace entre les notes ». La magie du Chardonneret c’est l’espace entre ses mots, le silence envoutant après avoir lu la dernière page qui appartient tout entier à l’auteur. Un chef d’oeuvre magistral, un coup de coeur.

Nota Bene A lire en se laissant fondre et emporter dans l’écriture subtile et intense, authentique et poétique de Donna Tartt.

Ma note :

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Editeur : POCKET
Date parution : 2/01/15
ISBN : 9782266250764
Nb de pages : 1 102 pages

The rules do not apply – Ariel Levy

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« I wanted what we all want: everything. We want a mate who feels like family and a lover who is exotic, surprising. We want to be youthful adventurers and middle-aged mothers. We want intimacy and autonomy, safety and stimulation, reassurance and novelty, coziness and thrills. But we can’t have it all. »

Ariel Levy picks you up and hurls you through the story of how she lived believing that conventional rules no longer applied – that marriage doesn’t have to mean monogamy, that aging doesn’t have to mean infertility, that she could be ‘the kind of woman who is free to do whatever she chooses’. But all of her assumptions about what she can control are undone after a string of overwhelming losses.

« I thought I had harnessed the power of my own strength and greed and love in a life that could contain it. But it has exploded. »

Levy’s own story of resilience becomes an unforgettable portrait of the shifting forces in our culture, of what has changed – and what never can.

 

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Ariel Levy is way too cool.

She made me think of this friend, sort of crazy (not in a clinical sense, crazy in a good way! most of times at least), that is also a little « too much ». The kind that dies her hair pink a Tuesday on the spur of the moment because she cried in front of the perfection of a sunset and she realized that « Pink is a psychedelic color, I swear hun, you were not there you can’t get it! » (The girl is 30. Everything is fiiiine. Thanks to her, I’m the one that seems to be « all together » for once. So refreshing.) My friend also speaks with a flow so high that it defies imagination. She’s always way way too happy about the little things of life. I love people like that, for whom everything is so intense, people that don’t follow the rules and that, contrary to most people (contrary to me), allow themselves to say fuck to conventions.

.« Daring to think that the rules do not apply is the mark of a visionary. It’s also a symptom of narcissism. »

Still, it’s nice to read the story of an imperfect person that is trying (shouldn’t we all?) to be honest with herself. She’s really self-conscious about who she is and what she wants and she manages to get it. Fake it until you make it. This might be another definition of bravery, I guess. It’s allowing oneself to be happy even though we don’t think we deserve it because, let’s face it, we haven’t always been « perfect ».

« I didn’t want her girlfriend to suffer. But I didn’t feel particularly guilty, either. They seemed so far from love, I even thought (stupidly) that the girlfriend might be happy to have Lucy taken off her hand. They had become strangers. Maybe they always had been. And we were magic. »

For instance when she cheats on her girlfriend and she justifies it with this nebulous theory that love dedicated to only ONE person is not contradictory to sleeping from time to time with random people, if there is attraction etc… Well, well, well. Let’s test this theory. I’m not sure my boyfriend would be that tolerant! But, to be perfectly honest, I kind of agree with Ariel about this « cheating issue ». This is quite ridiculous and childish when you think about it. Mariage is a social construction that hasn’t been existing for so long regarding the story of mankind. And being physically attracted to sb else doesn’t take anything from your loved one. Of course, the advantage to submit to social pressure/the norm is to be « part of the group  » (i feel like I’m talking about animals… weird). ANYWAY. You sort of have to get married, have children, a long-term contract (I wish!) to check the boxes of a « successful life » (says who?) but… Is that really what we want? Is that really what we should do?

« One day you are very young and the suddenly you are thirty-five and it is Time. You have to reproduce, or else. »

The mere thought of having to stay stuck with the same person till the end of my life is terribly scary… It’s like, voluntarily, getting on a highway to hell, direction death, without any fun on the way. But since divorce is an option, and so a real possibility, all is not necessarily lost dixit Ariel.

*

I also really liked all the moments where she talks about her job as a journalist, as a writer, about the fact that she needs to tell stories and live things twice (live them and then write them). I think she tried (unconsciously maybe) to turn her life into something « novel material » so she could write about it. Isn’t it what we all secretly want? To have a crazy destiny? Because we always believe that we are invulnerable (obviously since we are the main character of our story) but we get back from it. No, no. We are the main character of absolutely nothing at all. Nada. Niet. Rien du tout. First disillusionment of life when you realize that, actually, you don’t control anything and in face of hard ordeals, you’re not this hero you thought you would be. You’re just that pathetic little thing, crying over your terrible fate. The thing is, I guess, at least to try to become the best version of yourself. Fake it until you make it. Always and forever. And maybe someday, it will become true…

I could talk about this book forever. I’ll have my pink-haired friend read it, maybe she’ll get inspired and dye them green who knows!

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Plus, Ariel liked my tweet. Ariel. I know, right ??? Like we’re already on first-name basis, like we’re kind of best friends now. God, I’m so delusional. Anyway, if you want to have a long talk with a friend just dive in, dive in this book, take a breath and enjoy the journey because man, it’s worth it ! AND READ IT IN ENGLISH PLEASE (way better this way, french fellows <3).

Nota Bene : I read it on my first day to work, heading to a job I’m passionate about and this book really comforted me that life is too short for compromise. Life is made to be lived 100%. Don’t waste your time with things you « kind of » like. Dream and live Big. Dare to be « too much ». And READ THIS BOOK!

My grade :

quatresurcinq


Editeur : RANDOM HOUSE
Date parution : 03/17
ISBN : 9780812996937
Nb de pages : 224 pages

 

Le maître des illusions – Donna Tartt

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En décrochant une bourse à l’université de Hampden, dans le Vermont, Richard Papen ne laisse pas grand chose derrière lui : la Californie, qui lui déplaît ; son adolescence, faite de souvenirs incolores ; et ses parents, avec qui il ne s’entend pas. Hampden est une porte de sortie inespérée, l’opportunité de vivre une nouvelle vie. Passées quelques semaines, il est bientôt attiré par un professeur atypique, Julian Morrow, esthète capricieux qui enseigne les lettres classiques à cinq étudiants apparemment très liés. Contre l’avis de ses professeurs, il tente de s’introduire dans le groupe de ces jeunes gens marginaux sur qui courent les plus folles rumeurs. Et il est loin d’imaginer ce que lui coûtera sa curiosité.

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Les choses terribles et sanglantes sont parfois les plus belles. 

Je vous le conseille vraiment parce que c’est un texte merveilleux tant sur le fond que sur la forme. Donna Tartt écrit de manière fluide, simple et très juste. Elle a surtout le mérite de réussir à créer une atmosphère, une ambiance particulière qui est à la fois, lourde, malsaine mais qui a aussi par moments des accents de légèreté et de poésie. Il ne suffit que de quelques pages pour entrer dans cet univers qu’elle dépeint avec talent.

J’errais comme un somnambule, abasourdi et ivre de beauté. Un groupe de filles aux joues rouges qui jouaient au football, queues de cheval au vent, leurs cris et leurs rires atténués par la prairie veloutée au déclin du jour. Des pommiers craquants sous les pommes, avec en dessous des fruits rouges tombés sur l’herbe, l’odeur lourde et sucrée des pommes qui pourrissaient par terre, le bourdonnement régulier des guêpes (…) Le choc de voir pour la première fois un bouleau se dresser dans le noir, le soir, aussi mince et indifférent qu’un fantôme. Et les nuits d’une ampleur inimaginable : noires et venteuses, énormes et agitées, traversées d’étoiles. 

Sur le fond c’est un véritable chef-d’œuvre parce que Donna Tartt aborde les sujets les plus fondamentaux de la vie (la mort, la vanité, la beauté, la culpabilité, la morale…) avec plusieurs niveaux de lecture, tout en finesse et subtilité. Le thème est vu est revu : l’histoire d’une bande d’étudiants riches et débauchés qui en arrive à tuer l’un des leurs (ce n’est pas un spoiler on le sait dès la 2ème ligne du texte).

Si le thème de départ paraît simpliste, c’est surtout le développement, la psychologie des personnages, qui est au cœur du livre. Le thème principal n’est pas tant le côté enquête puisque l’on sait dès le prologue qui sont les coupables, mais le pourquoi du meurtre et la gestion de l’après (comment vivre avec et assumer). Plus généralement, ce livre parle du moment particulier que constitue la fracture dans une vie. On pourrait même presque parler de fracture identitaire, du moment où une décision, un événement, nous transforme profondément. C’est finalement cela que l’on vit par les yeux de Richard (le narrateur) quelques années après les faits : comment il a été amené à traverser, à (sur)vivre cette fracture.

Richard, jeune boursier, quitte sa Californie natale pour étudier à l’université de Hampden dans le Vermont où très vite il est intrigué par un petit groupe d’étudiants qui se détache de l’ensemble de sa promotion. Fascinés par la culture classique, les grands philosophes grecs et le magnétisme de leur charismatique maitre à penser, Julian, ils décident d’explorer les limites de leur conscience en se livrant à des rituels anciens. Un soir, l’expérience tourne au drame lorsque quatre d’entre eux, sous l’influence de puissants psychotropes tuent un homme. Richard, le narrateur, nous compte alors comment le cinquième membre du groupe, Bunny, qui n’avait pas été convié à la Bacchanale (le fameux rituel), comprend ce qui s’est passé et se met progressivement à faire planer de manière cruelle et insidieuse la menace sur les autres, qui, impuissants, en arriveront à envisager l’inenvisageable…

Sur fond de cours de grec, de week-ends dans l’ivresse à la campagne et de sophistication extrême, le masque de perfection glacée des personnages se fissure. Irrémédiablement. On reste spectateur, à travers les yeux de Richard, de cette lente descente aux enfers, mécanique, qui les mènera à un destin tragique…

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Je reprendrai la critique d’Olivia de Lamberterie qui résume finalement mon ressenti « Le maître des illusions : un coup de maître ». Alors, pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, êtes vous prêts à quitter le monde phénoménal et à entrer dans le sublime?

Nota Bene : A lire et à relire, partout, tout le temps. Je l’ai lu en écoutant en boucle Lorde (Team, A world Alone) et Feder ft Lyse (Goodbye), musiques qui correspondent bien à l’ambiance du livre. Pour les passionnés ou les curieux vous pouvez vous rendre ici pour avoir un avis plus détaillé !

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Editeur : PLON
Date parution : 1993 (NED 2014)
ISBN : 9782259221917
Nb de pages : 600 pages