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Ho-Ho-Ho, La Wishlist de l’Eté

Les beaux jours arrivant (les beaux jours et le chômage pour être honnête) voilà une nouvelle wishlist de livres que je compte me procurer et lire pour le mois de Juillet.

Liste non exhaustive bien sûr !

 

Les madeleines de Proust :

  • Le chant d’Achille de Madeline Miller : Après l’excellent Circé qui m’avait remémoré mon amour pour la mythologie.
  • Les intéressants de Meg Wolitzer : les grandes fresques qui dépeignent sur des années la complexité des amitiés c’est un grand OUI aka If we were villains ou Le chardonneret !
  • Graine de sorcière de Margaret Atwood : Parce qu’une réadaptation du chef d’oeuvre de Shakespeare par Atwood ne pourra être que très satisfaisant.

 

Commencer la rentrée littéraire étrangère 2020 (to be continued…):

  • Nickel Boys de Colson Whitehead : une petite perle que j’avais lue en VO
  • Balèze de Kiese Laymon 
  • Ohio de Stephen Markley
  • Glory d’Elisabeth Wetmore

 

Pour coller à l’actualité (#BLM), et parce que fondamentalement, il serait heureux de lire des écrits d’auteurs/rices noires. Voici quelques bons livres lus dernièrement en vrac 🙂

  • La couleur pourpre d’Alice Walker : beaucoup de temps pour m’en remettre. Magnifique.
  • Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage de Maya Angelou : rien que ce titre, d’une telle poésie
  • Comme un million de papillons noirs de Laura Nsafou : féérie ❤ Parfait pour les grands et les petits, et oui je parle comme dans un Disney parce que c’est un titre Jeunesse !
  • My sister, the serial killer d’Oyinkan Braithwaite : impertinent et little bit psycho !

 

Une bonne liste doit tout de même contenir un livre FEMINISTE et un livre de JUNKIE donc on terminera avec :

  • Vers le phare de Virginia Woolf : valeur sûre avec V!
  • Skagboys d’Irvine Welsh : ça faisait beaucoup trop longtemps que je bavais devant

 

Voilà pour le programme du mois de Juillet ! 🙂

Circé – Madeline Miller

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Après Le chant d’Achille, Madeline Miller s’empare d’une autre figure mythologique : Circé, la sorcière, experte en sorts et poisons, celle qui fut la compagne d’Ulysse. Elle en tire un véritable roman, mené avec un sens du suspens unique et explore toutes les facettes de cette femme. Circé, rejetée par sa famille, tiraillée entre les hommes et les dieux, fascine par son indépendance, sa liberté et son courage.

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Je continue sur ma petite lancée de livres féministes et merveilleusement jouissifs avec Circé de Madeline Miller. Je l’avais dans ma PAL depuis quelques mois et confinement oblige, je me suis jetée sur ce livre comme Scylla aurait pu se jeter sur des marins et les dévorer tout crus!

Pour les férus de mythologie, il y a un réel plaisir à lire cette histoire, redécouvrir sous un nouveau prisme la vie de Circé – qui tient généralement du personnage secondaire. Comment est-elle devenue cette sorcière exilée sur une île, transformant les hommes en cochons ? Faut-il uniquement la réduire à ses vices ? La réponse est évidemment non ! Miller nous présente dans ce roman qui mêle fiction et légendes, une héroïne complexe, attachante, sans concessions, qui grandit et évolue pour enfin trouver sa place dans le monde et sa liberté, entre le monde des dieux et celui des hommes.

*

Circé, c’est tout d’abord le vilain petit canard, dans le monde passablement cruel et magnifique des Dieux. Fille du titan Hélios et de l’Océanide Perséis, Circé détonne dès son enfance parmi les siens. Elle ne possède pas cette grâce et cette beauté redoutable que partagent les autres nymphes, est régulièrement méprisée par ses frères et soeurs et ignorée par son père éblouissant. On se moque. Circé avec ses yeux jaunes, avec sa voix de crécelle, Circé l’idiote qui s’émeut du destin des hommes et – oh sacrilège – est un peu moins indécente que les autres divinités. Ferait-elle preuve de pitié ou même… d’humanité?

« Ils se fichent que tu sois gentille. Ils remarquent à peine si tu es méchante. La seule chose qui puisse les obliger à t’écouter c’est le pouvoir.« 

Mais un jour, désespérée de voir l’amour lui échapper, elle découvre son pouvoir de sorcière. Le Pouvoir. C’est bien de cela qu’il s’agit et qui fera tant peur à ses pairs (et la raison pour laquelle, suite à une vengeance contre sa rivale Scylla, elle sera hautement punie, exilée sur une île). Elle parfaira alors son talent pendant des générations et des générations…

Circé apprends, se façonne et gagne son indépendance. Elle se confronte à la cruauté des hommes, à la folie des Dieux. Personnage secondaire Circé ? Pas tant que ça finalement. Loin de faire de la figuration dans les aventures héroïques de Jason ou d’Ulysse, elle côtoie aussi de près les Dieux et se mêle à leurs querelles. Ces Dieux cruels et capricieux qui jouent avec le destin des hommes comme les enfants avec des insectes fragiles dont l’existence parait si éphémère.

« Les dieux prétendent être des parents […] Alors que ce sont des enfants qui applaudissent en en redemandant.« 

Au-delà de ces grandes aventures, Madeline Miller nous compte aussi avec talent les histoires d’amour de Circé, nous propose une réflexion sur l’exil, solitude imposée qui permet de se confronter à soi-même et exister en dehors de son rapport aux autres.

Une histoire parmi les Dieux et les hommes, une histoire de nymphe, d’exilée, de sorcière, d’amante, de guérisseuse, de mère. Une histoire de femme puissante qui effraie parce qu’elle trace sa propre route et doit tout à elle-même. En définitive, un texte terriblement actuel.

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Au-delà d’une histoire faite de mille péripéties et aventures, reprenant les grands classiques de la mythologie, on sent la maîtrise de l’autrice. Elle recrée pour nous un monde poétique et violent et une héroïne dont le souvenir restera gravé dans mon esprit. Je reprendrai la critique de Donna Tartt chérie en conclusion. « Impossible de lâcher ce livre. Toute la sauvagerie et le frisson de l’Antiquité« . Brillantissime.

Nota Bene : A lire cachée à l’orée de la forêt, en dégustant une coupe d’hydromel, la boisson des dieux.

Ma note :

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Editeur : POCKET
Date parution : 02/05/19
ISBN : 9782266278638
Nb de pages : 576 pages

Le pouvoir – Naomi Alderman

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Et si les femmes prenaient enfin le pouvoir dans le monde entier ? Aux quatre coins du monde, les femmes découvrent qu’elles détiennent le « pouvoir ». Du bout des doigts, elles peuvent infliger une douleur fulgurante. Et même la mort. Soudain, les hommes comprennent qu’ils deviennent le « sexe faible ». Mais jusqu’où iront les femmes pour imposer ce nouvel ordre ?

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J’ai commencé mon mois de janvier avec des livres écrits par des femmes afin de raviver la flamme féministe qui s’était quelque peu atténuée ces derniers temps. Virginia Woolf, Virginia Despentes, (il y assurément un truc avec le prénom Virginia), Siri Husvedt, Yasmina Reza, Toni Morrison… et enfin Naomi Alderman! On commence très fort et je dois dire que toutes ces lectures sont assez jouissives. Beaucoup plus la force de dire Fu** aux pervers psychopathes. C’est donc du bout de mes doigts qui crépitent encore que j’écris cette chronique.

Ce livre est présenté comme un récit historique écrit par Neil Adam Armon. Il interroge l’origine de la domination féminine sous le regard amusé de sa correspondante, en partant du présupposé que jadis le monde était patriarcal. Il imagine que très peu de temps avant « la chute », les femmes n’avaient pas encore LE POUVOIR, ce fuseau leur permettant de faire jaillir de l’électricité du bout de leurs doigts, de blesser, de détruire, de guérir…

*

Suite à une mutation génétique, les adolescentes développent LE POUVOIR partout dans le monde et arrivent à le transmettre à leurs aînées par le toucher (j’adore cette idée de transmission). Au début c’est l’incompréhension, on crie aux fake news devant les vidéos qui se multiplient sur les réseaux sociaux, on s’interroge et puis très vite, la peur. Il faut faire quelque chose. Elles deviennent incontrôlables, dangereuses. Comment lutter contre ce nouvel ordre mondial ? Et pour toutes les filles la question se pose : que faire de ce nouveau pouvoir?

On suit alors la destinée d’Allie, jeune femme qui se fait appeler Eve et prône une nouvelle religion en réécrivant les évangiles avec Dieu la Mère. De son côté, Margot  représente la politicienne qui entrevoit les enjeux géopolitiques de cette nouvelle prise de pouvoir. Roxy, fille de gangsters au pouvoir particulièrement développé, compte bien mettre à profit le pouvoir des femmes et enfin le sympathique Tunde, journaliste globe-trotter, documente la révolution mondiale et nous la fait voir du point de vue d’un homme.

« Elle sait qu’elle ne doit pas le faire, qu’elle ne le fera jamais, mais là encore, peu importe. Tout ce qui compte, c’est qu’elle le pourrait si elle le voulait. Le pouvoir de nuire, de faire mal, est une sorte de richesse. »

On suit l’évolution des personnages et du monde sur une dizaine d’années. La passation de pouvoir avant le déluge. C’est beau, puissant, presque crédible. La vraie force de ce roman tient dans le fait qu’il nous interroge : sur la mémoire, sur l’Histoire, sur la domination qui finalement relève plus du pouvoir que du genre. L’autrice, à travers cet exercice nous incite à nous interroger sur notre société, sur ces acquis qui pourraient disparaître grâce à l’étincelle d’un claquement de doigt. Non les femmes ne sont pas plus vertueuses, plus douces, plus ceci ou plus cela. Le matriarcat ne serait pas une contrée douce et paisible car le pouvoir corrompt…

*

Et que dire de ces échanges épistolaires entre l’auteur et son amie qui considère son livre avec une légère pointe d’amusement et de condescendance?

« Neil, je sais que cette suggestion risque de te sembler de très mauvais goût, mais as-tu envisagé de publier ce livre sous un pseudonyme féminin ?« 

Oh cette dernière ligne… Merci Madame Alderman, j’ai presque l’impression d’avoir les doigts qui crépitent à la fin de cette lecture.

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En refermant ce livre j’ai encore l’image de cette bande de filles qui se balade en riant le soir dans la rue, s’amusant à faire apparaître des petits arcs d’électricité entre leurs doigts. Elles devaient se sentir si invulnérables, comme si le monde leur appartenait. Et en voyant la scène à travers les yeux d’un homme, on sent en lui cette peur viscérale si familière, celle du sexe faible. C’est peut-être finalement ça le pouvoir. Ce sentiment d’impunité, grisant et électrique. La possibilité de faire ce que l’on veut. Le passage à l’acte est accessoire. Ce qui fait toute la différence c’est la possibilité, LE Pouvoir.

Nota Bene : A lire avant de s’endormir, en comptant les moutons électriques 

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : CALMANN LEVY
Date parution : 03/01/18
ISBN : 9782702163405
Nb de pages : 400 pages

Babylone – Yasmina Reza

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« Tout le monde riait. Les Manoscrivi riaient. C’est l’image d’eux qui est restée. Jean-Lino, en chemise parme, avec ses nouvelles lunettes jaunes semi-rondes, debout derrière le canapé, empourpré par le champagne ou par l’excitation d’être en société, toutes dents exposées. Lydie, assise en dessous, jupe déployée de part et d’autre, visage penché vers la gauche et riant aux éclats. Riant sans doute du dernier rire de sa vie. Un rire que je scrute à l’infini. Un rire sans malice, sans coquetterie, que j’entends encore résonner avec son fond bêta, un rire que rien ne menace, qui ne devine rien, ne sait rien. Nous ne sommes pas prévenus de l’irrémédiable ».

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Yasmina Reza. Je la connaissais pour Art bien sûr (la version avec Arditi, Luchini et Vaneck) et j’ai eu envie de la découvrir sous un autre prisme que celui d’une pièce de théâtre. Pour être parfaitement honnête, je n’ai ni lu le résumé, ni prêté attention plus que ça au bordereau qui mentionnait le prix Renaudot lorsque j’ai choisi ce livre au hasard des rayons de ma librairie (parce que toutes ces histoires d’attribution de prix m’ont toujours paru suspectes).

« Je ne pourrais pas dire que j’ai su être heureuse dans la vie, je ne pourrais pas me donner quatorze sur vingt à l’heure de ma mort, comme ce collègue de Pierre qui avait dit allez, disons quatorze sur vingt, moi je dirais plutôt douze, parce que moins j’aurais l’impression d’être ingrate ou de blesser, je dirais douze sur vingt en trichant.« 

Ce livre est très curieux parce qu’il m’a tout d’abord fait penser à Mrs Dalloway que j’ai découvert il y a quelques semaines, ce tourbillon de pensées, l’importance des petits riens et les émotions qui sont parfois (souvent?) bien plus révélatrices d’un être que ses actions. Oui, j’avais été sous le charme de Clarissa et j’ai quitté à regrets l’univers de Virginia Woolf pour me plonger dans celui de Yasmina Reza. Coïncidence ou pas, on se retrouve là-encore dans la tête d’une femme l’espace de deux journées significatives.

« La femme doit être gaie. Contrairement à l’homme qui a droit au spleen et à la mélancolie. A partir d’un certain âge une femme est condamnée à la bonne humeur. Quand tu fais la gueule à vingt ans c’est sexy, quand tu la fais à soixante c’est chiant.« 

Elisabeth, femme d’une soixantaine d’années qui s’ennuie un peu dans son quotidien décide d’organiser une soirée et d’y inviter quelques amis et ses voisins du dessus. Notamment l’excentrique Lydie et son mari Jean-Lino, avec lequel elle a noué au fil des années une véritable amitié. La soirée se passe somme toute relativement bien, les dialogues sont incisifs, on boit, on mange, on s’amuse. Il faudrait être bien observateur pour deviner le drame qui se profile sous les plaisanteries et les rires des invités.

Et puis la soirée se termine et… Et c’est le drame. Pendant un coup de folie et une dispute anodine, Jean Lino tue sa femme et, sous le choc, descend voir ses voisins parce qu’il ne sait pas quoi faire. On entre alors dans cette délicieuse seconde partie de roman avec des accents plus policiers où l’on suit les événements rocambolesques qui vont amener Elisabeth à aider son voisin à dissimuler le crime. On s’y croirait!

« Je regardais mes pieds, mon pantalon de pyjama à carreaux, mes chaussons en fausse fourrure. Je descendais seule quatre étages avec un cadavre. Aucune panique. Je me suis trouvée ultra-gonflée. Je me suis plu. Je me suis dit, tu aurais eu ta place dans l’armée des Ombres ou dans le service action de la DGSE.« 

C’est amusant, rempli de justesse et assez brillant tout de même. Petite pensée particulière au passage avec la mouche (qui, pour une raison qui m’échappe, m’a particulièrement marquée).

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Un tourbillon magnifique. Un bel hommage à l’amitié et une lecture précise et intelligente de la nature humaine. Petit bijou pour bien commencer l’année.

Nota Bene : A lire dans la cage d’escaliers de son immeuble après la fête des voisins.

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : FLAMMARION
Date parution : 31/08/16
ISBN : 9782081375994
Nb de pages : 300 pages

Un(e)secte – Maxime Chattam

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Et si tous les insectes du monde se mettaient soudainement à communiquer entre eux ? À s’organiser ? Nous ne survivrions pas plus de quelques jours.

Entre un crime spectaculaire et la disparition inexpliquée d’une jeune femme, les chemins du détective Atticus Gore et de la privée Kat Kordell vont s’entremêler. Et les confronter à une vérité effrayante.

Des montagnes de Los Angeles aux bas-fonds de New York, un thriller implacable et documenté qui va vous démanger.

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Ding Dong, il était enfin temps de lire le nouveau Chattam.

On ne le présente plus. Les US ont Stephen King, l’Italie a Donato Carrisi et la France a Maxime Chattam. J’ai sûrement dû découvrir Chattam il y a quelques années lorsque j’étais dans ma période thrillers mais mémoire de poisson rouge oblige, je ne me souvenais plus du style, de la plume de l’auteur… C’est donc avec une certaine curiosité (et une légère appréhension) que j’ai ouvert Un(e)secte.

*

L’histoire est finalement assez classique. Deux enquêtes menées en parallèle entre New York et Los Angeles. Des meurtres mystérieux, une jeune femme un peu flippante, des insectes, et finalement deux intrigues qui se rejoignent pour un final ou les deux héros s’unissent contre un méchant mégalo qui révèle son plan diabolique à la fin…

L’histoire est sympa, on se laisse prendre par la main assez facilement dans ces enquêtes et on sent que derrière ce roman policier, Maxime Chattam veut nous proposer une vraie réflexion sur la place de l’homme sur la planète, la surconsommation etc mais si cette histoire est plutôt bien ficelée il m’a manqué le pendant « thriller psychologique qui farfouille dans la noirceur de l’âme humaine ». Un peu déçue donc…

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Assez décevant finalement le dernier Chattam. Je voulais me faire peur, frissonner, me gratter compulsivement et devoir arrêter ma lecture parce que j’aurais VRAIMENT trop peur mais malgré un prologue prometteur, la suite est retombée comme un soufflé. Même pas peur Mister Chattam !

Nota Bene : A lire, allongé(e) sur la toile d’une araignée.

Ma note :

troissurcinq


Editeur : ALBIN MICHEL
Date parution : 30/10/19
ISBN : 9782226319494
Nb de pages : 480 pages

D’extase et d’amour féroce – Dylan Landis

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Le bouleversant roman d’apprentissage d’une jeune femme dans le New York bohème des années 1970.

New York, Greenwich Village, années 1970. Rainey Royal, quatorze ans, habite une maison autrefois élégante mais aujourd’hui délabrée. Elle vit avec son père, musicien de jazz culte, qui mène une existence bohème dans cette grande demeure ouverte à tous. Sa mère ayant déserté le foyer pour aller vivre dans un ashram, Rainey est livrée à elle-même, proie facile pour les protégés de son père qui vont et viennent dans la maison. À l’extérieur, l’adolescente rebelle se révèle forte et cruelle, violente même, jouant du pouvoir de séduction qu’elle exerce sur les autres pour trouver son chemin.
Avec une élégance rare, Dylan Landis dessine le portrait d’une jeune fille à la fois conquérante et vulnérable. Personnage envoûtant, Rainey Royal déploie sa beauté au fil de ce bouleversant roman d’apprentissage.

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New York, dans les années 70.

Tout le monde connaît une Rainey Royal, cette fille un peu trop belle, un peu trop populaire qui utilise sans complexe son pouvoir de séduction pour manipuler son petit monde. Impertinente, insolente et arrogante, Rainey n’a peur de rien et ne semble reculer devant aucun défi avec sa meilleure amie Tina : allumer ses professeurs, braquer des passants dans la rue… Rainey est la Queen B du lycée et les autres n’ont qu’à bien se tenir. Non, rien ne semble faire peur à Rainey ni même lui causer des cas de conscience. Il y a juste l’ami de son père, Gordy qui la borde tous les soirs et lui caresse le dos, il y a juste des colocataires d’infortune, souvent des amies de son père, jazzman réputé, qui viennent squatter sa chambre et emprunter ses affaires sans qu’elle ait son mot à dire, il y a juste sa mère qui est partie vivre dans un Ashram et qui l’a laissée toute seule dans ce simulacre de famille. Dans ce mode de vie bohème avec des rires, du sexe et de la musique à chaque étage. Non rien ne fait peur à Rainey.

Ce qu’elle veut vraiment savoir, c’est à quel endroit, sous l’aisselle d’une fille, finit le dos et commence le côté? Elle peut partager sa chambre rose avec des étrangères, mais il faut qu’elle sache: y a-t-il une partie du corps entre le dos et la poitrine qui puisse, quand on se fait masser le dos, être considérée comme neutre?

A travers son point de vue, celui de sa meilleure amie Tina, et celui de Léah une amie du tandem, on va suivre Rainey sur une dizaine d’année depuis ses 14 ans. C’est un véritable roman d’apprentissage que nous propose l’auteur où l’on voit finalement comment Rainey aborde la vie avec férocité, comment elle prend ce qu’on ne lui a pas donné et façonne le monde selon sa volonté.

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Livre très sympa qui nous plonge dans les pensées de Rainey, attachante malgré elle dans sa fragilité et son inconscience.

Nota Bene : A lire en tailleur sur le toit d’un immeuble, un verre et un joint à la main en écoutant « Bad Things » de Meiko 

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : PLON
Date parution : 18/08/16
ISBN : 9782259241373
Nb de pages : 256 pages

If we were villains – ML Rio

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Oliver Marks has just served ten years in jail – for a murder he may or may not have committed. On the day he’s released, he’s greeted by the man who put him in prison. Detective Colborne is retiring, but before he does, he wants to know what really happened a decade before.

As a young actor at an elite conservatory, Oliver noticed that his talented classmates seem to play the same characters onstage and off – villain, hero, temptress – though he was always a supporting role. But when the teachers change the casting, a good-natured rivalry turns ugly, and the and the plays spill dangerously over into real life.

When tragedy strikes, one of the seven friends is found dead. The rest face their greatest acting challenge yet: convincing the police, and themselves, that they are blameless…

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You can justify anything if you do it poetically enough.”

Ce premier roman de ML Rio est vendu comme une histoire inspirée du Maître des illusions de Donna Tartt, qui mêle amour, amitié et obsession sur fond de drame Shakespearien. La comparaison était audacieuse et si le thème de départ n’est pas sans rappeler celui du chef d’œuvre de Tartt, elle s’arrête là. Niveau style et profondeur des personnages, on n’arrive évidemment pas au niveau de Tartt (qui restera toujours le maître incontesté du genre). Toutefois, ce livre n’est pas dépourvu d’intérêt et de qualités.

Il est un peu compliqué de parler de ce livre en français car la musicalité du texte sonne beaucoup mieux dans la langue de Shakespeare (qui est, on peut le dire, un des personnages principaux du texte). Tout n’y est qu’apparence, comédie, théâtre, où les passions violentes d’un petit groupe d’étudiants vont se confondre avec celles des personnages qu’ils incarnent tout au long du livre.

Far too many times I had asked myself whether art was imitating life or if it was the other way round.”

L’histoire commence avec le personnage d’Oliver, jeune trentenaire, qui sort d’une peine de 10 ans de prison à la suite du meurtre d’un membre de son groupe d’amis dont il s’est accusé. Il décide alors de se confesser au commissaire qui était chargé de l’enquête à l’époque. Ce dernier va bientôt partir à la retraite et aimerait avoir le fin mot de ce qui s’est réellement passé, toutes ces années auparavant, dans l’intimité de ce petit groupe d’étudiants férus de théâtre.

Dans une pièce en 5 actes (le livre est découpé en actes et scènes, à la manière d’une pièce de théâtre), Oliver raconte. On est tout de suite embarqué dans l’atmosphère feutrée, presque irréelle de l’université élitiste de Dellecher où 6 étudiants de dernière année vivent dans une ambiance assez sectaire (toujours ensemble, à confondre parfois (souvent ?) la réalité et les drames des personnages qu’ils incarnent).

“When we first walked through those doors, we did so without knowing that we were now part of some strange fanatic religion where anything could be excused as long as it was offered at the altar of the Muses. Ritual madness, ecstasy, human sacrifice. Were we bewitched? Brainwashed? Perhaps.”

Les personnages peuvent sembler un peu clichés au premier abord : Meredith la femme fatale, Richard l’égo maniaque, Wren l’ingénue etc… Mais au fur et à mesure de l’histoire et des castings qui vont leur faire jouer d’autres rôles que ceux dont ils avaient l’habitude, tout se fissure, se délite, et on voit le drame se profiler inexorablement vers une fin tragique. Comme dans une pièce de Shakespeare. Jusqu’où est-on prêt à aller pour la beauté du geste ? Est-ce que vivre ce n’est pas finalement se mettre en scène de la manière la plus belle manière possible ? Comment définir la frontière si poreuse entre art et réalité ?

Donna Tartt disait dans Le maître des illusions « Beauty is terror ». Ce roman de ML Rio en est la preuve.

“What is more important, that Caesar is assassinated or that he is assassinated by his intimate friends?” It wasn’t the sort of question that needed an answer, so no one replied. Frederick was watching me, I realized, with the proud, fatherly affection he usually reserved for James – who gave me a faint but encouraging smile when I glanced across the table. “That,” Frederick said, “is where the tragedy is.””

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L’autrice, au-delà d’un thriller bien ficelé, rend également un très bel hommage à Shakespeare (par tout un tas de références et de citations, ainsi que la manière ampoulée dont les étudiants parlent entre eux). En bref, une réussite !

Nota Bene A lire entre La Tempête et Hamlet !

Ma note :

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Editeur : TITAN BOOKS
Date parution : 13/06/17
ISBN : 9781785656477
Nb de pages : 400 pages

The Nickel Boys – Colson Whitehead

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As the civil rights movement begins to reach the black enclave of Frenchtown in segregated Tallahassee, Elwood Curtis takes the words of Dr. Martin Luther King Jr. to heart: He is “as good as anyone.” Abandoned by his parents, but kept on the straight and narrow by his grandmother, Elwood is about to enroll in the local black college. But for a black boy in the Jim Crow South of the early 1960s, one innocent mistake is enough to destroy the future. Elwood is sentenced to a juvenile reformatory called the Nickel Academy, whose mission statement says it provides “physical, intellectual and moral training” so the delinquent boys in their charge can become “honorable and honest men.”

In reality, the Nickel Academy is a grotesque chamber of horrors where the sadistic staff beats and sexually abuses the students, corrupt officials and locals steal food and supplies, and any boy who resists is likely to disappear “out back.” Stunned to find himself in such a vicious environment, Elwood tries to hold onto Dr. King’s ringing assertion “Throw us in jail and we will still love you.” His friend Turner thinks Elwood is worse than naive, that the world is crooked, and that the only way to survive is to scheme and avoid trouble.

The tension between Elwood’s ideals and Turner’s skepticism leads to a decision whose repercussions will echo down the decades. Formed in the crucible of the evils Jim Crow wrought, the boys’ fates will be determined by what they endured at the Nickel Academy.

Based on the real story of a reform school in Florida that operated for one hundred and eleven years and warped the lives of thousands of children, The Nickel Boys is a devastating, driven narrative that showcases a great American novelist writing at the height of his power.

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We must believe in our souls that we are somebody, that we are significant, that we are worthful, and we must walk the streets of life every day with this sense of dignity and this sense of somebody-ness.

Colson Whitehead. Une valeur sûre.

Généralement, les auteurs qui ont remporté un Pulitzer sont toujours excellents (coucou Toni Morrison et Donna Tartt <3). Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire The underground railroad, alors je découvre cet auteur par ce nouveau titre, chaudement conseillé par une amie militante pour la cause (par la cause j’entends : « contre le racisme »).

J’allais donc lire ce livre pour lui faire plaisir et, très vite, j’ai été happée par l’histoire. On suit la vie d’Elwood Curtis, un jeune homme noir qui vit dans l’Amérique de Jim Crow, dans les années 60. De nature profondément curieuse, Elwood veut tout comprendre, tout savoir, et rêve d’entrer à l’université. Il voit la vie d’une façon naïve et attachante, pensant que tout le monde devrait respecter les principes qui lui tiennent à coeur. Je ne vais pas critiquer, j’ai tendance à faire partie de la team idéaliste moi aussi. Elwood, c’est le good guy par excellence.

Elwood said, « It’s against the law. » State law, but also Elwood’s. If everyone looked the other way, then everybody was in on it. If he looked the other way, he was as implicated as the rest. That’s how he saw it, how he’d always seen things.

Mais un jour, alors qu’il fait un trajet en stop, il est arrêté par la police sur un malentendu parce que la voiture a été volée (là, on sent que la suite risque d’être moins chatoyante…). Elwood est immédiatement embarqué dans la Nickel Academy, une maison de redressement pour les mauvaises graines ou règne la ségrégation et la terreur évidemment (là je commence à grimacer). Et puis on apprends ce qui se passe dans cette fameuse Academy: la maltraitance, les actes de tortures banalisés… On rappelle ici que Colson Whitehead s’est inspiré de faits réels. Glaçants.

The Nickel Boys est une lecture très difficile. Non pas que les actes de torture etc soient explicites. Tout est toujours suggéré (ce qui est pire quelque part). On assiste, impuissant, au sadisme des uns, à la désillusion des autres, comme un adolescent qui  grandit et réalise que le monde est vraiment moche.

J’entends encore, comme Elwood, la prière de Martin Luther King, qu’il se répète en se disant qu’il faut aimer ses bourreaux, qu’on sera toujours meilleurs qu’eux et qu’ils ne nous atteindront pas. Plus facile à dire qu’à faire…

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Un de ces livres qui marque. Une histoire importante qui doit être racontée encore et toujours, pour ne pas être oubliée. Le talent de Colson Whitehead sublime le propos, terrible parce que trop vrai, trop juste, trop « humain ». Dans toute l’horreur que ce dernier mot comporte. Pour les anglophones à découvrir en anglais bien sûr 🙂 Pour les autres, il sortira chez Albin en VF dans quelques mois !

Nota Bene A lire entre deux recueils de poèmes de Langston Hughes.

Ma note :

lovediit


Editeur : DOUBLEDAY
Date parution : 16/07/19
ISBN : 9780385537070
Nb de pages : 224 pages

Jouir – Sarah Barmak

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Libérée, la sexualité des femmes d’aujourd’hui ? On serait tenté de croire que oui. Pourtant, plus de 50 % d’entre elles se disent insatisfaites, que ce soit à cause d’un manque de désir ou de difficultés à atteindre l’orgasme. Si tant de femmes ordinaires sont concernées, peut-être qu’elles n’ont rien d’anormal et que ce n’est pas à la pharmacie qu’il faut aller chercher la solution. Le remède dont elles ont besoin est plus certainement culturel, et passe par une réorientation de notre approche androcentrée du sexe et du plaisir.
Tour à tour reportage, essai et recueil de réflexions à la première personne, cet ouvrage enquête sur les dernières découvertes scientifiques ayant trait à l’orgasme féminin. On y apprend ainsi qu’une chercheuse en psychologie clinique a recours à la méditation de pleine conscience pour traiter les troubles à caractère sexuel. On y découvre aussi diverses façons dont les femmes choisissent de redéfinir leur sexualité. Cette aventure aux confins de la jouissance nous emmène jusqu’au festival Burning Man, où l’orgasme féminin est donné à voir sur scène, ou encore dans le cabinet feutré d’une thérapeute qui propose de soigner les traumatismes liés au viol à l’aide de massages sensuels.

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« Si le champ des plaisirs érotiques nous semble parfois étriqué, tassé dans des normes trop petites et des potentiels de jouissance finalement décevants, cet essai constitue un fantastique antidote.  » – Préface de Maia Mazaurette

Jouir. Tout un programme.

Il est vrai que le titre laisse peu place à l’imagination. Je découvre avec curiosité ce nouveau titre de la génialissime collection Zones (qui rappelons-le a publié Mona Chollet et ses essais : Chez soi, Beauté Fatale et le fameux Sorcières dont je persiste à conseiller la lecture à à peu près tout le monde). Bref, a priori, j’ai goûté au nectar des essais, aux propos intelligents et documentés des essais Zones qui réussissent à ne pas tomber dans qqch de trop intello et jargonneux. Jouir, un essai écrit par Sarah Barmak qui perce le mystère de la jouissance féminine.

Parce que oui, la question de l’orgasme a toujours été dépeinte comme qqch d’assez mystérieux, mystique presque. La découverte même du clitoris n’a pas été si évidente que cela. Découvert, oublié, découvert à nouveau, puis réoublié, le clito a fait une partie de cache-cache soutenue dans les manuels d’anatomie. Et Sarah s’interroge : Comment se fait-il que ce sujet soit aussi absent des recherches ? Pourquoi le plaisir semble-t’il être si peu évoqué alors que cela reste une préoccupation omniprésente pour la plupart d’entre nous? Un orgasme ou plusieurs orgasmes?

Alors elle enquête. Elle lit, elle interroge, elle se réconcilie avec sa sexualité. Elle donne la parole à ces femmes qui prennent leur sexualité en main (no pun intended XD) et vont à la conquête de la jouissance. Un essai libérateur et profondément féministe !

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Un essai extrêmement instructif, intelligent, qui, au-delà d’une simple vulgarisation scientifique nous explique en quoi : OUI, c’est important de connaître son corps et savoir en jouir. Savoir jouir tout court. On kiffe !

Nota Bene : Oh my…. A lire en écoutant Sexual healing bien sûr ^^

Ma note :

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Editeur : ZONES
Date parution : 03/10/19
ISBN : 9782355221453
Nb de pages : 208 pages

I, Too – Langston Hughes

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Petit article qui n’en est pas vraiment un. Je regardais le dernier épisode de la magnifique série This is Us (S4E7) et j’ai été incroyablement touchée par cette scène interprétée brillamment par le jeune Randall qui lit I, too de Langston Hughes à son père.

Parce que parfois il est vain de vouloir expliquer un poème.

Parce que la musique des mots se suffit à elle-même.

Parce que c’est un texte important.

*

I, too, sing America.
I am the darker brother.
They send me to eat in the kitchen
When company comes,
But I laugh,
And eat well,
And grow strong.
Tomorrow,
I’ll be at the table
When company comes.
Nobody’ll dare
Say to me,
“Eat in the kitchen,”
Then.
Besides,
They’ll see how beautiful I am
And be ashamed—
I, too, am America.

*