Le pouvoir – Naomi Alderman

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Et si les femmes prenaient enfin le pouvoir dans le monde entier ? Aux quatre coins du monde, les femmes découvrent qu’elles détiennent le « pouvoir ». Du bout des doigts, elles peuvent infliger une douleur fulgurante. Et même la mort. Soudain, les hommes comprennent qu’ils deviennent le « sexe faible ». Mais jusqu’où iront les femmes pour imposer ce nouvel ordre ?

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J’ai commencé mon mois de janvier avec des livres écrits par des femmes afin de raviver la flamme féministe qui s’était quelque peu atténuée ces derniers temps. Virginia Woolf, Virginia Despentes, (il y assurément un truc avec le prénom Virginia), Siri Husvedt, Yasmina Reza, Toni Morrison… et enfin Naomi Alderman! On commence très fort et je dois dire que toutes ces lectures sont assez jouissives. Beaucoup plus la force de dire Fu** aux pervers psychopathes. C’est donc du bout de mes doigts qui crépitent encore que j’écris cette chronique.

Ce livre est présenté comme un récit historique écrit par Neil Adam Armon. Il interroge l’origine de la domination féminine sous le regard amusé de sa correspondante, en partant du présupposé que jadis le monde était patriarcal. Il imagine que très peu de temps avant « la chute », les femmes n’avaient pas encore LE POUVOIR, ce fuseau leur permettant de faire jaillir de l’électricité du bout de leurs doigts, de blesser, de détruire, de guérir…

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Suite à une mutation génétique, les adolescentes développent LE POUVOIR partout dans le monde et arrivent à le transmettre à leurs aînées par le toucher (j’adore cette idée de transmission). Au début c’est l’incompréhension, on crie aux fake news devant les vidéos qui se multiplient sur les réseaux sociaux, on s’interroge et puis très vite, la peur. Il faut faire quelque chose. Elles deviennent incontrôlables, dangereuses. Comment lutter contre ce nouvel ordre mondial ? Et pour toutes les filles la question se pose : que faire de ce nouveau pouvoir?

On suit alors la destinée d’Allie, jeune femme qui se fait appeler Eve et prône une nouvelle religion en réécrivant les évangiles avec Dieu la Mère. De son côté, Margot  représente la politicienne qui entrevoit les enjeux géopolitiques de cette nouvelle prise de pouvoir. Roxy, fille de gangsters au pouvoir particulièrement développé, compte bien mettre à profit le pouvoir des femmes et enfin le sympathique Tunde, journaliste globe-trotter, documente la révolution mondiale et nous la fait voir du point de vue d’un homme.

« Elle sait qu’elle ne doit pas le faire, qu’elle ne le fera jamais, mais là encore, peu importe. Tout ce qui compte, c’est qu’elle le pourrait si elle le voulait. Le pouvoir de nuire, de faire mal, est une sorte de richesse. »

On suit l’évolution des personnages et du monde sur une dizaine d’années. La passation de pouvoir avant le déluge. C’est beau, puissant, presque crédible. La vraie force de ce roman tient dans le fait qu’il nous interroge : sur la mémoire, sur l’Histoire, sur la domination qui finalement relève plus du pouvoir que du genre. L’autrice, à travers cet exercice nous incite à nous interroger sur notre société, sur ces acquis qui pourraient disparaître grâce à l’étincelle d’un claquement de doigt. Non les femmes ne sont pas plus vertueuses, plus douces, plus ceci ou plus cela. Le matriarcat ne serait pas une contrée douce et paisible car le pouvoir corrompt…

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Et que dire de ces échanges épistolaires entre l’auteur et son amie qui considère son livre avec une légère pointe d’amusement et de condescendance?

« Neil, je sais que cette suggestion risque de te sembler de très mauvais goût, mais as-tu envisagé de publier ce livre sous un pseudonyme féminin ?« 

Oh cette dernière ligne… Merci Madame Alderman, j’ai presque l’impression d’avoir les doigts qui crépitent à la fin de cette lecture.

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En refermant ce livre j’ai encore l’image de cette bande de filles qui se balade en riant le soir dans la rue, s’amusant à faire apparaître des petits arcs d’électricité entre leurs doigts. Elles devaient se sentir si invulnérables, comme si le monde leur appartenait. Et en voyant la scène à travers les yeux d’un homme, on sent en lui cette peur viscérale si familière, celle du sexe faible. C’est peut-être finalement ça le pouvoir. Ce sentiment d’impunité, grisant et électrique. La possibilité de faire ce que l’on veut. Le passage à l’acte est accessoire. Ce qui fait toute la différence c’est la possibilité, LE Pouvoir.

Nota Bene : A lire avant de s’endormir, en comptant les moutons électriques 

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : CALMANN LEVY
Date parution : 03/01/18
ISBN : 9782702163405
Nb de pages : 400 pages

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