Honoré et moi – Titiou Lecoq

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« Parce qu’il était fauché, parce qu’il a couru après l’amour et l’argent, parce qu’il finissait toujours par craquer et s’acheter le beau manteau de ses rêves, parce qu’il refusait d’accepter que certains aient une vie facile et pas lui, parce que, avec La Comédie humaine, il a parlé de nous, j’aime passionnément Balzac. »
Tout le monde connaît Balzac, mais bien souvent son nom reste associé aux bancs de l’école. Avec la drôlerie qu’on lui connaît, Titiou Lecoq décape le personnage. Elle en fait un homme d’aujourd’hui, obsédé par l’argent, le succès, l’amour, dans un monde où le paraître l’emporte sur le reste. Sous sa plume, ce géant de la littérature devient plus vivant que jamais.

MonavisV2

Quand on me dit Balzac, je repense à cette citation magique de Flaubert :  « Quel homme aurait été Balzac s’il eût su écrire! » Boom ! Ca tirait déjà à balles réelles à l’époque. Les twittos n’ont qu’à bien se tenir. Je repense donc à Flaubert, Stendhal et toute la petite clique des auteurs qu’il « faut avoir lu » (et je mets de gros guillemets) mais je repense surtout à ces heures interminables en cours de français au collège où l’on était OBLIGES (ô rage, ô désespoir, ô cours de français ennemi) de lire et étudier les grands classiques. Traumatisme bien vif de beaucoup d’étudiants. J’ai toujours tendance à penser qu’une œuvre nous appelle, qu’il y a un moment pour lire certains livres. Lire un livre par devoir ne mets pas dans de bonnes prédispositions pour l’apprécier… En tout cas c’est mon avis.

On ne va pas se mentir, a priori, une biographie de Balzac n’était sûrement pas mon premier choix en librairie (ni même le second hein…), mais la couv était sympa et décalée, il y avait une petite rencontre Babelio avec l’autrice à la clé (même si évidemment je n’ai pas été foutue de décrocher un mot ni même d’aller faire signer mon exemplaire) alors je me suis dit pourquoi pas. Soyons fous, tentons l’aventure (on note mon courage inouï) ! Et vous savez quoi ? Titiou m’a donné envie de relire Balzac ce qui n’était pas une mince affaire !

On peut se demander l’intérêt de lire une énième biographie de Balzac et pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre. Pour trois raisons principalement (je ne sais pas ce que j’ai avec les plans en trois parties en ce moment, je me fatigue moi-même…) :

1/. Où il s’agit de connaître l’homme derrière l’œuvre

On en revient souvent à ce débat finalement… Est-ce qu’on peut apprécier une œuvre indépendamment de l’artiste : Apprécier Voyage au bout de la Nuit malgré Céline, apprécier les films de Polanski malgré son petit côté pervers et pédophile (euphémisme) ? Il reste tout de même un goût amer dans la bouche. S’agissant de Balzac, c’est intéressant car on apprends à connaître Honoré et malgré ses failles et ses vrais airs de sale gosse, il est attachant. Parce qu’il est tout de même un peu paumé le pauvre garçon, ce qui nous le rends infiniment plus sympathique que s’il avait tout réussi. – concept très français ça – L’avantage de connaître l’homme, au-delà de satisfaire notre curiosité, c’est peut-être d’accéder à un niveau de compréhension plus profond de ses textes : comprendre ses sous-entendus, ses petites private jokes qu’il distille dans ses romans (dixit Titiou et on la croit sur parole !).

2/. Où Titiou, fière journaliste indépendante (précaire mais plus pour longtemps !) nous apporte un éclairage nouveau sur Balzac

Oui Balzac, la biographie de Balzac. OK ça existe déjà, et au pire il y a la fiche Wikipédia pour les feignasses comme moi. Mais ce qu’on ne trouvera pas dans les sombres dédales d’Internet et les rayons désertés des bibliothèques, c’est le sens de l’humour piquant de Titiou Lecoq, c’est sa vision personnelle qui donne un tout autre éclairage à la vie d’Honoré (même si tout est vrai et rien ne relève de la fiction dans son livre).  Cette histoire se lit comme un roman et en refermant le livre, on a l’impression de quitter un personnage, de perdre un ami qui nous aurait quitté trop tôt. Il faut alors faire cet effort de se rappeler que tout a bien été réel, ses aventures, ses misères, son œuvre. Oui. Il a été Balzac mais il a aussi été Honoré et il serait bien difficile de choisir celui que l’on préfère.

3/. Où l’héritage de Balzac a encore de beaux jours devant lui

J’ai souvent fait la différence entre la littérature étrangère (anglo-saxonne principalement) et française où, pour résumer, on peut dire que les écrivains français privilégient le style tandis que les anglais l’histoire, le héros etc. Balzac lui, est le premier à avoir lancé cette tradition littéraire du réalisme avec des héros à qui il arrive d’incroyables aventures. L’autrice soulignait par exemple qu’avec lui les femmes n’étaient pas juste des amoureuses transies ou des mères dévouées. Elles n’étaient pas uniquement capable d’éprouver une seule émotion à la fois comme les fées dans Peter Pan. Non, avec Balzac, les personnages sont dépeints dans toute leur complexité et c’est peut-être cette idée de sortir des clichés qui rend ses écrits si uniques.

EnconclusionV2

Dans une mise en abîme assez rigolote j’ai eu l’occasion d’assister à une rencontre avec l’autrice et découvrir (relativement évidemment) cette fameuse Titiou.

Découverte assez artificielle parce que cela faisait quelques mois que je la connaissais de nom et de réputation (les articles sur Slate, toutes ces journalistes que je classe dans la team Mona Chollet qui est un peu mon héroïne du moment ^^). Bref, le livre est canon, je conseille, à découvrir sans plus tarder.

Nota Bene : A lire en dégustant un Saint-Honoré tout en se promenant rue Visconti dans le 6ème, lieu de l’ancienne imprimerie de Balzac.

Ma note :

quatresurcinq


Editeur : L’ICONOCLASTE
Date parution : 02/10/19
ISBN : 9782378801045
Nb de pages : 304 pages

2 réflexions sur « Honoré et moi – Titiou Lecoq »

  1. En ce moment je me lance dans différentes biographies, je trouve que c’est sympa cette manière de proposer des biographies de façon un peu légère et amusante. Jamais je n’aurais pensé être attiré par une biographie de cet auteur, mais elle me tente vraiment ! Merci pour la découverte 😀

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, c’est vrai que je n’en avais pas trop l’habitude (ou plutôt sous la forme d’autofiction) mais c’est un genre plutôt sympa si c’est bien réalisé ! Je vais essayer de passer faire un tour sur ton blog cette semaine!!

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