La maison des hautes falaises – Karen Viggers

9782365691864

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Une magnifique méditation sur le pouvoir de la nature et la force de l’amour. Hanté par un passé douloureux, Lex Henderson part s’installer dans un petit village isolé, sur la côte australienne. Très vite, il tombe sous le charme de cet endroit sauvage, où les journées sont rythmées par le sac et le ressac de l’océan. Au loin, il aperçoit parfois des baleines. Majestueuses, elles le fascinent. Peu de temps après son arrivée, sa route croise celle de Callista, artiste passionnée, elle aussi blessée par la vie. Attirés l’un par l’autre, ils ont pourtant du mal à se comprendre et à laisser libre cours à leurs sentiments. Parviendront-ils à oublier leurs passés respectifs pour guérir et faire de nouveau confiance à la vie ?

Dans la lignée de La Mémoire des embruns, ce roman en finesse est une véritable ode à la nature et à son admirable pouvoir de guérison. 

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Ecorchés vif, Lex et Callista portent sur eux comme un fardeau les stigmates de leur passé. Comme des cicatrices qui se refermeront peut-être un jour. Voilà à quoi ils m’ont fait penser, à des cicatrices. Elles sont là, béantes, mais ne sont pas tant des témoins de leurs blessures que du fait qu’ils ont survécu, qu’ils ont choisi de vivre, de continuer, pour trouver un sens à ce qui n’en a pas : la perte d’un enfant. D’où l’importance de la communion avec la nature. De se fondre, de s’oublier dans quelque chose de plus grand (l’art pour Callista/la contemplation de la nature pour Lex), qui les dépasse pour s’accrocher à la vie. Ce livre m’a fait penser à ce que Pascal disait sur la finitude de l’homme terriblement insignifiant face au silence éternel des espaces infinis.

On pouvait faire ça avec l’art: changer les règles, modifier l’horizon, embellir les couleurs. Dommage que se ne soit pas si facile de faire pareil dans la vraie vie.

Comme dans La mémoire des embruns, la nature est véritablement le personnage principal du roman. Puissante, sauvage, immuable. Indomptable souvent, rassurante parfois.

C’est ça la vie : c’est toucher le fond et toucher le ciel. Une vie plate et sans reliefs n’a aucun intérêt (ce n’est pas que moi qui le dis Nietzsche est d’accord avec moi – ou plutôt c’est moi qui suis d’accord avec lui !). Evidemment, c’est préférable lorsque le fond n’est pas trop profond parce que sinon le risque est de ne pas réussir à remonter à la surface et les trop rares bouffées d’oxygènes ne seront qu’un soulagement illusoire/temporaire permis et promis par des chimères (l’alcool pour Lex par exemple). L’alcool étant une aide paradoxale car elle permet à Lex d’anesthésier sa peine mais aussi, parfois, de la ressentir avec d’autant plus d’intensité devenant de fait le seul lien qui lui reste avec sa fille. Indispensable.

Lex et Callista sont deux âmes en peine qui se sont trouvées. Deux issues auraient été possibles : qu’ils se tirent mutuellement vers le haut… ou vers le bas. Dans tous les cas ça aurait été préférable à la solitude et là j’ai tendance à penser qu’il vaut mieux toucher le fond à deux que d’être un peu moins brisé mais tout seul. La solitude, l’indifférence des autres étant souvent une peine supplémentaire, plus difficilement supportable que le problème initial. Comme deux âmes blessées, sauvages, Lex et Callista se cherchent, se perdent, cherchent à s’apprivoiser, se perdent à nouveau… pour peut-être se retrouver. La fin reste ouverte.

*

Etrangement j’ai bien aimé le long passage du sauvetage de la baleine malgré quelques longueurs. Fallait-il la sauver ? La question fait écho aux personnages : Aurait-on pu sauver Isabel ? Le bébé de Callista ? Kate l’ex de Jordi ? Helen la femme du boucher ? Et surtout peut-on sauver Lex et Callista ?

J’ai appris que la nature appartient à tout le monde. Et que les baleines appartiennent au royaume du sacré. Quand la vie d’une baleine est en jeu rien ne justifie l’euthanasie. La baleine nous appartient à tous et nous voulons tous la sauver.

Se sauver : c’est s’aider mais c’est aussi partir. C’est vrai que cela fait sens. C’était la stratégie de Lex : partir de chez lui pour se sauver, Callista aussi est partie mais autrement, en vivant en marge de la société, en n’étant qu’une présence désincarnée vivotant grâce à la vente de ses peintures au marché. Mais voilà, s’éloigner physiquement ne permet de se sauver que pour un temps car on s’emporte avec soi. Les stratégies de Callista ou de Jordi sont plus efficaces même si dommageables à long terme.

EnconclusionV2

Ce livre m’a donné des envies d’évasion, il m’a fait me sentir toute petite sur une terre hostile en écoutant le chant des baleines. Un roman tout en douceur sur la résilience, la reconstruction de soi. Une ode à la nature.

Nota Bene : A lire les orteils en éventail sur une plage sauvage en écoutant le chant des baleines.

quatresurcinq


Editeur : LES ESCALES
Date parution : 31/03/16
ISBN : 9782365692007
Nb de pages : 304 pages

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4 réflexions sur “La maison des hautes falaises – Karen Viggers

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