Une vie à t’écrire – Julia Montejo

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L’histoire incroyable d’une rebelle passionnée qui a su affronter le temps et les océans pour tracer son propre chemin et faire le choix de la liberté.
Un soir, sur une plage du Pays basque espagnol, un écrivain en mal d’inspiration rencontre Amaia, une jeune femme mystérieuse. Elle est persuadée d’avoir déjà vécu au XVIIe siècle et d’avoir alors traversé les océans pour gagner l’Islande où les Basques partaient chasser la baleine. Au péril de sa vie, à une époque où les femmes n’avaient d’autres choix que l’obéissance et le silence, elle a su conquérir son indépendance et sa liberté. Là-bas, elle a rencontré Erik, son amour éternel, dont le souvenir ne cesse de la hanter.
Amaia est-elle folle à lier ? C’est ce que commence par croire Asier avant d’être emporté par la force de son histoire. Envoûté, le jeune homme transforme le récit de cette étrange et attirante muse en roman. Le souffle des mots l’habite enfin.

Est-ce seulement un roman qui s’écrit ou une histoire est-elle en train de naître entre ces deux âmes solitaires ?

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Je ressors un peu étourdie de cette lecture, comme si en lisant la dernière page on m’avait sortie précocement d’un rêve.  C’est donc l’esprit encore un peu embrumé que je fais cette chronique d’un roman qui rentre définitivement dans mon top 3 des Escales.

Ce récit m’a terriblement touchée, viscéralement je veux dire, à travers le duo inextricable entre terreur et beauté, entre une vie fade et la poursuite d’un idéal. Si l’on pouvait rencontrer des personnages de romans, il ne fait aucun doute qu’Amaia/Amalur serait sur la liste. Peut-être qu’au fond je la connais déjà cette femme qui sommeille sûrement dans le coeur de beaucoup d’entre nous. Une femme qui a l’intuition que le secret de la vie est mystérieux et fait de quelque chose qui nous dépasse: un cycle infini, un éternel recommencement ou les âmes unies par un lien plus fort que la mort sont destinées à se retrouver.

Amaia savait que pour espérer vivre heureux, il fallait se sentir entier et que le véritable amour ne naissait pas d’une rencontre, mais de retrouvailles. C’était inscrit dans sa mémoire.

*

Amaia n’est pas folle. Lorsqu’elle s’enfonce dans la mer, le regard perdu au loin et est retrouvée de justesse pas Astier, elle prend cette rencontre comme un signe du destin. Qui d’autres que LUI aurait bravé la tempête pour la sortir des eaux agitées ce soir-là. Astier c’est cet écrivain qui souffre du syndrome de la page blanche. Cette nuit-là il se sent un peu comme un héros en sauvant Amaia et devient étrangement fasciné par cette femme  qui est persuadée d’avoir déjà vécu au 17ème et qui désespère de revoir Erik, son grand amour.

Elle lui confie ses souvenirs comme un trésor afin qu’il trouve les mots, qu’il écrive et publie son histoire, avec l’espoir fou que son bien aimé recouvre cette mémoire ancestrale et qu’ils puissent enfin être réunis. Amaia entraine alors Astier sur le chemin de son passé dans une aventure incroyable, celle d’une femme dans un monde d’hommes, celle d’une extraordinaire histoire d’amour qui transcende l’espace et le temps.

Son histoire? C’est celle d’Amalur Mendaro, jeune espagnole du 17ème au caractère bien trempé et aux rêves plein la tête qui refuse la vie qui lui est destinée et s’enfuit à bord d’un baleinier avec son meilleur ami Iñigo en se faisant passer pour un homme. En enfilant cette armure ce n’est plus seulement des autres qu’elle se protège mais surtout d’elle-même et des sentiments qu’elle se doit de réprimer afin d’oublier et survivre. Car c’est surtout de cela qu’il s’agit. Survivre dans une fuite en avant pour échapper à une vie aux côtés de la brute épaisse à laquelle elle est promise (un autre terme me vient en tête pour le qualifier mais passons), échapper à une vie sans passion et sans but, rythmée par le bon vouloir des hommes.

Amalur forgera son destin dans la mort et dans l’amour. Un amour féroce d’une vie qu’elle sera prête à sacrifier pour l’être perdu et retrouvé, au loin, dans les terres glaciales et hostiles de l’Islande.

Peut-être si je tombais amoureuse comme cela est arrivé à ma cousine Francesca… On dit qu’elle est morte d’amour parce que son fiancé n’est pas revenu de la mer. J’ai toujours pensé que c’était une bêtise. Maintenant, je l’envie. Mourir d’amour, mourir parce qu’un tel désir te consume de l’intérieur, ce doit être splendide. Tu imagines ce que tu dois sentir pour en arriver à te tuer?

*

Au-delà de l’histoire qui s’inscrit dans l’éternité, à la fois dans le passé et le présent mais aussi dans la promesse d’un futur, j’ai été touchée par l’écriture et la sensibilité de Julia Montejo. Cette poétique de la nature, de l’ivresse de l’infini des étoiles du firmament, de la mer majestueuse et indomptable comme les sentiments qui habitent et traversent l’héroïne. Les fans de Karen Viggers (La maison des hautes falaises) devraient être conquis.

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Finalement ce livre était peut-être une histoire de retrouvailles entre un auteur et ses lecteurs, entre une écriture poétique et une histoire poignante. Un rappel que la vie mérite d’être vécue et que peu importe les obstacles il faut s’autoriser à rêver jusqu’au bout de la nuit… « Tout ce qui a un nom existe« .

Nota Bene : A lire en écoutant Anthem de Leonard Cohen because « There is a crack in everything/ that’s how the light gets in »

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Editeur : LES ESCALES
Date parution : 02/02/17
ISBN : 9782365693172
Nb de pages : 384 pages

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7 réflexions sur “Une vie à t’écrire – Julia Montejo

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