Mon amie la douleur – Lanahmé V

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Valérie, chef d’entreprise, est admise en maison de santé en novembre 2015, après 5 ans de souffrance. Avec un ton juste et sincère, elle dresse un portrait sévère du monde des chirurgiens. « Sur une échelle de 1 à 10, à combien situez-vous votre douleur? ». Elle dit 1000, on lui répond « tout est normal ! ». Elle préférerait qu’on lui découvre une maladie rare pour qu’enfin on la prenne au sérieux et que ses douleurs au ventre cessent.

De rage d’abord, elle se met à écrire. Elle continue ensuite pour sa famille et pour tous les autres, afin de dédramatiser la dépression et le burn out, maladies de notre génération. Par ce livre, elle souhaite aider les proches des malades à les comprendre, à leur montrer qu’il existe des solutions, et que le soleil est seulement caché derrière les nuages.

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Parfois on arbore ce sourire de façade alors qu’intérieurement on a juste envie de se tirer une balle. « Tout va bien ». Ca fait mal et alors? La douleur ça prouve qu’on est en vie et si on s’accroche et on continue on est d’autant plus fort non?

Sauf au moment où ça devient insupportable et que le corps, précurseur à ce que cette petite voix intérieure répète depuis quelque temps, dit STOP. C’est ce qui est arrivé à Valérie. Superwoman des temps modernes, elle gère sa carrière (son entreprise), sa famille, sa maison d’une main de maître avec le soutien indéfectible de son mari et vit à 1000 à l’heure. Aucun défi n’est trop grand, aucun horaire n’est insurmontable. Après tout, elle a toujours été adepte du célèbre mantra « Toujours plus ». Ce n’est pas le genre à se plaindre et à abandonner la partie à la première occasion.

Dans la première partie de son récit elle nous raconte, avec une véritable sincérité comment elle en est arrivée là. A ce moment où elle a dû mettre sa vie entre parenthèse. L’écriture y est saccadée, on passe d’un thème à l’autre, ses pensées paraissent embrouillées comme si elle-même ne savait pas trop où elle allait et que jeter les mots sur le papier était la seule manière qu’elle avait trouvé pour essayer de faire le bilan et comprendre afin de se débarrasser de ce poison:  son amie la Douleur.

Au moment où j’écris, tout est confus et je ne connais pas encore le chemin que je vais devoir emprunter. 

Son amie la Douleur? C’est assez curieux comme expression mais c’est pourtant la réalité des choses. A force de la trainer avec elle constamment comme un boulet, elle s’est perdue dans le processus et ne vit qu’à travers le prisme de la souffrance. Son psy décide de l’envoyer quelques semaines en HP. Elle y tient alors un journal de bord qui décrit ses journées, entre séances chez le psy et activités avec les autres patients elle réapprend à vivre  … C’est honnêtement ma partie préférée du livre.

De nouvelles têtes, une ambiance scolaire. Un point commun, tout le monde est en jean ou en jogging, aucune femme n’est maquillée. Et pourtant personne ne s’est passé le mot. Quand on souffre, la pyramide de Maslow nous renvoie à nos besoins primaires et le surfait passe alors aux oubliettes. 

En somme ce livre démystifie les arcanes des HP et prouve que ce n’est pas faire preuve de faiblesse que d’accepter de se faire aider. Si la vie n’était que plate, sans passions et sans douleurs ce ne serait qu’une vie parodique. Pour accéder aux sommets de joie et retrouver le goût et la faculté d’être tranquille dans une chambre il faut parfois devoir regarder les choses en face et comprendre qu’aller en HP n’est pas un échec, c’est une mise à distance, l’occasion de faire le point et décider que la vie ne devrait pas être si difficile. C’est apprendre à se connaitre, s’accepter et avoir le courage d’être heureux.

Les semaines passent et à force d’obstination Valérie arrive à s’en sortir et à comprendre que parfois en faire plus c’est en faire moins, c’est trouver de la joie dans un film regardé  devant la télé avec sa fille, c’est jouer avec son nouveau chien, c’est profiter de la vie et rompre les liens avec sa meilleure ennemie, la douleur.

Je ne peux pas m’empêcher de me questionner sur le monde médical encore une fois mais si on m’avait expliqué que ce médicament allait me redonner mon ancien moi, si on avait appelé cette pilule un Pourlavie au lieu d’un Antidépresseur qui porte en son nom une sonorité négative sur une maladie de la psyché qui est elle-même une interrogation pour le corps médical, alors j’aurais foncé dessus depuis bien longtemps. 

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Un récit sincère et touchant qui décrit la descente aux enfers d’une super woman qui s’est retrouvée à devoir dire stop lorsque son corps a tiré la sonnette d’alarme. Un beau message d’espoir qui, entre anecdotes et humour montre qu’il existe un chemin pour aller mieux et pour se retrouver.

Nota Bene : A lire entre deux mails urgents et trois épisodes de Grey’s Anatomy. Toujours plus.

troissurcinq


Editeur : LIBRINOVA
Date parution : 02/02/17
ISBN :  9791026208884
Nb de pages : 135 pages

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